La Tribune

Immobilier : acheter sans apport en France, c'est (de moins en moins) possible

(Crédits : Reuters)
Mathias Thépot  |   -  547  mots
Les financements d’achats immobiliers sans apport de l’acquéreur se font de plus en plus rares dans les grandes métropoles, les banques ayant resserré leurs conditions de crédits. Cependant, des logiques commerciales dans certaines zones font subsister ce type de financement.

Sauf exceptions, il est de plus en plus difficile de pouvoir acheter un bien immobilier sans apport personnel dans les grandes métropoles françaises. La faute à des conditions de crédits qui se resserrent depuis la crise, notamment sous le poids des nouvelles réglementations bancaires.
Spécialiste des dossiers immobiliers financés sans apport, le courtier Immoprêt a dressé un tour d'horizon des grandes régions hexagonales. Il y a constaté un certain nombre de disparités à l'échelle locale en matière de financement à 110%, c'est-à-dire un crédit qui comprend le prix net du bien, les frais d'agence, les frais de notaire, les frais de garantie, ainsi que les frais de dossier bancaire.
"Les politiques nationales des banques ne sont pas représentatives des situations villes par villes", estime Ulrich Maurel, président d'Immoprêt. En Ile-de-France par exemple, les financements à 110% ne sont plus légions. "Compte tenu des revenus moyens élevés des clients, les établissements bancaires estiment que les futurs acquéreurs doivent avoir de l'apport", explique-t-il. Il faut dire qu'à plus de 8.000 euros le mètre carré à Paris et à environ 5.500 euros dans le reste de l'Ile-de-France en moyenne, les primo-accédants, principaux bénéficiaires des financements à 110%, ne sont quasiment plus présents dans Paris et en première couronne.

Les banques ne se battent plus pour des profils risqués

De même à "Aix en Provence, une région où le foncier est l'un des plus cher de France, les demandes de financement à 110% rencontrent de plus en plus de difficultés pour trouver un établissement qui va jouer le jeu ", indique Ulrich Maurel. "On peut alors penser que, dans un climat où les banques ont atteint leurs objectifs rapidement grâce à une forte demande de renégociations de crédits depuis le début de l'année, elles se battent moins pour recruter ces profils "à risques"", ajoute-t-il.
A Reims ou à Lille intra-muros, les conclusions sont les mêmes : avec des profils aux revenus moyens plus élevés qui préparent mieux leur projet en amont, "le 110% est devenu quasi inexistant", constate Ulrich Maurel.

Des exceptions subsistent 

En revanche, dans certains pôles économiquement dynamiques comme Lyon ou Bordeaux, les politiques commerciales des banques prennent le pas sur le reste. Les équipes d'Immoprêt prétendent en effet n'y constater aucune difficulté pour faire financer leurs clients sans apport. Le but des banques étant de mener une politique agressive pour récupérer des clients primo-accédants.
Dans la partie nord de la France, des financements à 110% sont également régulièrement octroyés, mais pour d'autres raisons. Les revenus moyens dans certaines villes y étant parfois très faibles, "les banques ont adapté leurs offres et leurs critères d'acceptation du risque", explique Ulrich Maurel. La conseillère de l'agence Immoprêt à Calais Astrid Degryse, dit ainsi ne rencontrer "aucune difficulté pour trouver des solutions à 110% auprès des partenaires bancaires". De même à l'Est, où Corine Boiteux, directrice de l'agence Immoprêt de Troyes, constate que "les demandes de financement à 110% représentent 80% des familles que nous accompagnons".

 

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Commentaires

antoine  a écrit le 13/09/2013 à 17:52 :

cest juste que les banques refont leur boulot, cest tout! Alors qu'avant elles ont mis dans la merde une flopée de jeunes pigeons, qui aujourdhui ont du mal a boucler les fins de mois....

Il ne faut pas leur jeter la "pierre" ! Les jeunnots devraient meme remercier les banques de leur refuser les prets, et donc de leur avoir évité une situation de merdre synonyme bien souvent de divorce prématuré...

Bouba  a écrit le 21/08/2013 à 16:31 :

La France en crise = bouchon sur les autoroutes tout les jours.
les salles de cinéma font le plein même si Mr De-pardieu veut pas payer ses impôts en France.
il y a trop de monde à la caisse dans les magasins.
Merci la crise. la nouveauté maintenant les gens vont se servir directement chez le producteur pendant son absence sans payer un sou.

Audrey  a écrit le 21/08/2013 à 13:17 :

Comment savoir à quel moment acheter???

la fin  a répondu le 22/08/2013 à 12:26:

Votre suite ca fait au moins 13 ans qu on l attend... Continuer d attendre vous etes eternels..
Inutile d etre vulgaire ca montre votre niveau intellectuel.

Mecatroid  a écrit le 21/08/2013 à 13:05 :

La vraie question, c'est comment donner un coup de pouce à l'achat pour habiter et devenir propriétaire de son logement plutôt que l'achat pour investir et s'enrichir en exploitant ceux qui ne peuvent pas devenir propriétaires parce que les tarifs sont trop élevés ? Depuis plus de 20 ans, les cadeaux aux investisseurs et marchands de sommeil se sont succédé (Périssol, Robien, etc...) et rien n'a été fait pour permettre aux primo accédants de devenir propriétaire (43 PTZ ont été accordés en 20 ans tellement les critères sont financiers sont restrictifs). Cela arrangeait tout les intermédiaires de gonfler les prix (car ils sont payés en pourcentage de la vente). Le prix de l'immobilier a alors augmenté artificiellement, mettant le tout hors de portée des primo-accédants.

la fourmi  a écrit le 21/08/2013 à 11:25 :

un appartement lambda a Paris ca nous fait 500000e moins 20% d'apport, reste 400000e a emprunter, en gros 2300e par mois sur 20 ans, c'est sur que ca va monter !

Sarah  a écrit le 21/08/2013 à 11:16 :

Si l'on devait suivre les conseils de la plupart des gens présents dans cette discussion, jamais nous n' achèterions. Heureusement que j'ai sauté le pas car dans 4 ans mon bien est payé et je n'aurai plus à débourser 1200 euros chaque mois.

au_fou  a écrit le 21/08/2013 à 10:01 :

Des credit sur % du montant, c est au mieux la voie pour le surendettement et si les prix s effondrent, on va avoir de belles subprimes comme aux USA !!
Ils y en a qui apprennent jamais. Va t on devoir payer des impots pour renflouer des banques qui pretent a n importe qui non solvable et des types qui vont pleurer a la TV qu ils sont SDF car la banque leur a pris leur maison qu ils ne pouvaient plus payer comme en espagne

boaf  a écrit le 21/08/2013 à 8:41 :

Ne pas exiger d'apport revient à allonger la durée du prêt et donc à augmenter encore un peu plus l'endettement des ménages! Soutenable???? Sûrement pas!!!!

HmHm  a écrit le 21/08/2013 à 8:30 :

Bon, messieurs dames, il va falloir acheter et plus vite que ça ! les agences ferment, les notaires sont obligés de refaire du conseil et les collectivités territoriales se demandent comment elles vont financer tous les projets qu'elles ont lancés ces derniers années (ah, si, elle vont augmenter les impôts... fonciers :D).
Bref, c'est maintenant le moment d'acheter, hop hop hop.

ptitpère  a écrit le 21/08/2013 à 7:02 :

Qui aurait envie d'investir dans de l'immobilier dont les prix sont surévalués selon certaines sources de près de 60% (the economist...), dans un pays collectiviste au bord de la faillite, avec un chômage colossal, une immigration incontrolée et une délinquance monstre, dans lequel l'Etat pèse 57% du PIB et qui vous attend au coin du bois avec toutes ses taxes (taxes foncières, taxes d'habitation, taxes sur la plus value, loyers qui entrent dans le calcul de l'I.R et encore si le locataire inexpulsables accepte de vous payer, sans compter toutes les taxes à venir dont celle qui proposait de taxer d'un petit loyer les propriétaires qui auraient fini de rembourser leur emprûnt...)? Non compris le fait que lorsque le pays s'effondrera, votre immobilier fera que vous serez pieds et poings liés pour envisager une expatriation... Euh, non merci, je préfère m'abstenir je crois.

Dondiegodelavega  a écrit le 20/08/2013 à 20:22 :

Il est important pour des les petits investisseurs comme moi qu'il y ait des gens pour qui ce n'est jamais le moment d'acheter. Si la France ne comptait que des propriétaires, comment pourrais-je jouer au Monopoly? De toute façon bulle ou pas bulle, les français auront toujours besoin de se loger. J'achète quand c'est bas (comme maintenant), je loue en profitant des dispositifs et je revends quand c'est haut, pour racheter plus quand c'est bas... Gagnant/gagnant!

bim-bam-boum  a écrit le 20/08/2013 à 19:44 :

L'éclatement de le bulle ferait un bien fou à l'économie française et ferait grogner ces vieux rentiers qui gagnent de l'argent sans produire de richesse en travaillant. Voilà d'où vient la gangrène de l'économie française!!! Il faut absolument libérer du pouvoir d'achat et ça passe en partie par l?éclatement de cette bulle!!!

banquier  a écrit le 20/08/2013 à 16:52 :

le meilleur moyen d'assainir le marché immobilier est de revenir aux règles qui prévalaient il y a encore dix ans ; à savoir un apport de 20% et une durée maximale d'emprunt de 15 ans

nadine  a écrit le 20/08/2013 à 16:32 :

C'est quoi ça ? De tout temps il fallait avoir un apport. Mais avec la crise, la bulle immobilière, certains acheteurs désire avoir tout gratuit "le beurre et l'argent du beurre"

Mario  a écrit le 20/08/2013 à 16:15 :

Qui dit "pas d'apport " dans la majorité des cas dit " petit salaire "...donc ce n'est pas de moins en moins possible pour acheter en Ile de France, c'est impossible !

ya ka  a écrit le 20/08/2013 à 16:01 :

Le marché est truqué par les acteurs qui sont rémunérés au pourcentage, état, notaires, agents de l?immobilier? Les propriétaires n?ont pas de besoins immédiat de trésorerie et ont donc les moyens de suivre les conseils des acteurs. Pour débloquer le marché il suffit de rémunérer les acteurs d?un fixe sur chaque vente et ou de mettre les propriétaires dans le besoin, nouvelles taxes et obligation de sérieuses mise en conformité. Mais vue qui sont les acteurs ce n?est pas prés de changer car on oublie trop souvent que l?acheteur devient un propriétaire anxieux.

mouton  a écrit le 20/08/2013 à 15:38 :

Baisse du soutient de l'état à l'immobilier, chômage en hausse, incertitude économique, les pays autour de nous ont subit ou subissent une baisse importante de l'immobilier, les impôts/taxes/charges augmentent, prix immobilier mutliplié par deux ou trois en 15 ans selon les régions...
Vite, je vais me précipiter dans une agence immobilière pour cramer mon apport dans une studette délabrée et me prendre un prêt sur 30 ans. Un cadre sup me le rachètera 30% plus cher dans 2 ans pour y loger toute sa petite famille.

Bubu  a écrit le 20/08/2013 à 15:08 :

Jusque dans les années 80, début 90, la norme était un apport de 30% avec un endettement < 30% des revenus pour un prêt de 15 ans. On mesure bien la baisse du pouvoir d'achat qui s'est accélérée depuis 2000 ainsi que la bulle immobilière. Les taux bas ne régleront pas ce problème, même à taux zéro, beaucoup seraient insolvables avec les prix actuels.

toi toi mon toît  a écrit le 20/08/2013 à 15:04 :

J'habite à 15km de Paris bien desservi par les transports, le prix chute ou le bien ne se vend pas. C'est que pour acheter il faut déjà deux bons salaires un apport sans compter les taxes "notaire" qui ont augmenté les impôts fonciers et souvent des travaux à prévoir. Et avec tout cela l'espoir de garder son boulot.

Amarante  a écrit le 20/08/2013 à 14:39 :

@: 660 000 transactions en France en 2012 au plus fort de la crise (chiffres notariales). Non seulement le marché n'est pas bloqué mais on assiste à une augmentation des prix de 0,3% sur le premier trimestre 2013... Attendez-donc l'explosion de votre bulle (et surtout en attendant continuer à payer vos loyers auprès de vos proprios investisseurs...).

test  a écrit le 20/08/2013 à 14:14 :

Il faut chercher l'explication ailleurs: le banques se prémunissent de la baisse des prix qui est en marche.
En effet, l'apport est obligatoire pour couvrir cette forte probable baisse. Le pourcentage minimal du prix demande dans l'apport est en effet l'estimation de baisse du prix du bien sur les années qui viennent. Elles ne veulent pas assumer des pertes n cas de revente a perte. C'est le client qui paye en avance.......

fma44  a écrit le 20/08/2013 à 14:00 :

Exact, le marché ne dépend en majorité qu à des transferts de propriété, acheter en France avec un seul salaire c'est fini et du passé lointain. Mais les gouvernements le savent depuis longtemps, c'est un choix de société.

Mickador  a écrit le 20/08/2013 à 13:38 :

Rien d'étonnant : une personne qui ne peut mettre de l argent de coté, pourras t'elle payer une mensualité sous supérieur à son loyer actuel ? de plus, s'agissant d'une population plus modeste, donc "plus fragile" la garantie des banques de type hypothécaire sera inférieure au financement car en finançant à 110 % soit par exemple 220 000 ? on prend en garantie un bien d'une valeur net de 190 k ? on voit clairement l'asymétrie engendrée... Enfin, le problème des primo accédant en mon sens n'est pas là : faible revenus, prix de l'immobilier élevé, situation économique et professionnelle incertaine.

les banques francises n'ont pas eu de supprime, car malgré tout, elle respecte les limitent d'endettement et de "reste à vivre" pour s'assurer que les emprunteur ne soit pas étrangler par leur dette.