Immobilier : les hausses de prix en Europe sont-elles dangereuses ?

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A Londres, les prix de l'immobilier ont crû de 10% en septembre
A Londres, les prix de l'immobilier ont crû de 10% en septembre (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
En Angleterre et en Allemagne, les prix de l’immobilier progressent à une vitesse soutenue. Mais les risques d’emballement ne sont pas les mêmes.

Dans la plupart des pays d'Europe occidentale, les prix de l'immobilier baissent ou se stabilisent. Il n'y en fait a qu'en Allemagne et en Angleterre où la tendance est marquée à la hausse. Reste que dans ces deux pays, les raisons de la poussée des prix divergent. Souvent citée en exemple, l'Allemagne bénéficie pour sa part d'un environnement économique favorable.

La hausse des prix de l'immobilier y a été tout particulièrement maîtrisée entre 1999 et 2008, en comparaison avec les autres pays européens. Ce, grâce à une abondance de logements qui date du milieu des années 1990. Résultat, à la fin 2012, le marché de l'immobilier restait sous-évalué à hauteur de 16%, selon l'agence de notation Standard & Poor's. Depuis, les prix rattrapent leur retard. Ils devraient croître de 4% en 2013, et de 3% en 2014, toujours selon une étude de S&P.

La Bundesbank attentive au moindre mouvement suspect

Pour l'agence de notation, la hausse en Allemagne est soutenue naturellement par le haut niveau de revenus, par les bonnes perspectives en matière d'emploi, par des taux d'intérêt de crédits immobiliers faibles, ainsi que par la confiance des résidents et des non-résidents dans la pierre allemande.
Mais de là à affirmer que les prix vont s'emballer, il y a un gouffre. En effet, la Bundesbank veille au grain et est particulièrement attentive à tout mouvement trop prononcé du coût du logement. En outre, la démographie atone allemande ne laisse pas présager de hausse trop forte à terme.

La Royaume-uni soutient ardemment la demande

Du côté du Royaume-Uni, S&P prévoit un accroissement des prix encore plus fort qu'en Allemagne en 2013 (5%) et équivalent en 2014 (3%). La faute à plusieurs plans successifs de soutien de la demande assumés par le gouvernement britannique : En mars 2013, il a annoncé son plan "Help to Buy" destiné à garantir des prêts aux primo-accédants, et ciblant spécifiquement le marché immobilier en deçà de 600.000 livres (700.000 euros), pour des revenus inférieurs à 60.000 livres annuels. Le gouvernement Anglais souhaite ainsi consacrer 12 milliards de livres à ce programme.

En juillet 2012, il avait déjà lancé un plan de soutien au financement de l'économie dans son ensemble nommé "Funding for lending" par le biais de la Banque d'Angleterre. Il permet notamment aux ménages souhaitant acheter de bénéficier d'un prêt à taux zéro de 20% maximum de la valeur du bien, sous condition d'un apport minimum de 5%.

A Londres, les prix ont progressé de 10% en septembre

Avec ces mesures intensives de soutien à la demande, le risque inflationniste guette. D'aucuns craignent qu'une bulle se forme. A Londres notamment, les prix de l'immobilier ont progressé de 10% sur le seul mois de septembre, selon The Guardian. Les prix des biens ont ainsi en moyenne augmenté de 50.000 livres (59.000 euros), passant de 493.748 à 544.232 livres. La crainte est d'autant plus grande que par le passé, le marché immobilier anglais a été sujet à une forte volatilité.

Mais S&P ne s'inquiète pas pour autant. L'agence de notation estime que la Banque d'Angleterre et les régulateurs sont désormais totalement conscients des fluctuations du passé et sont très attentifs à l'évolution du marché immobilier. Ils seraient prêts à agir rapidement si une bulle immobilière venait à se former.

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a écrit le 09/11/2013 à 12:26 :
A Londres c'est de la folie, un immeuble sur 5 est en réfection dans les beaux quartiers. Les appartements s’achètent et se vendent a tour de bras par des russes des gens qui fuient le printemps arabe. Enfin des gens qui fuient avec l'argent du peuple. Les anglais sont bien gentils et bien éduqués. Ils observent et fuient tous à 2h de Londres ou les prix augmentent aussi. Si en moins ils en tiraient des bénéfices avec des impôts importants qui financent leurs hôpitaux et écoles, même pas! Ils sont biens gentils quand même. A part la main d’œuvre philippine, le secteur du bâtiment et Harrods, je ne suis pas sure que les anglais en tirent un bénéfice. Sur le long terme, ce n'est pas ça qui va relancer leur croissance.
a écrit le 06/11/2013 à 21:03 :
10% de hausse sur 1 mois ne serait pas un problème ou une anomalie !?! On ne parle pas du prix d'un paquet de bonbons, on parle de 59 000 euros de hausse en 1 mois ! C'est du délire !
Et quand bien même cela ne poserait pas de problème systémique quant au financement de ces biens, cela pose d'énormes problèmes sociétaux: fracture générationnelle, endettement croissant, etc.

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