Comment faire baisser le coût du logement pour les étudiants ?

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Construire plus d'habitations dédiées fait partie des solutions permettant de réduire le coût du logement pour les étudiants
Construire plus d'habitations dédiées fait partie des solutions permettant de réduire le coût du logement pour les étudiants (Crédits : DR)
Le logement pèse toujours autant dans le budget des étudiants. Outre l'encadrement des loyers, dont les effets ne se font pas encore pleinement sentir, des remèdes existent-ils ?

Appuyé par deux études sorties en moins de trois jours, le constat est formel : le coût de la vie étudiante est en nette augmentation en 2016. L'Union nationale des étudiants de France (Unef) a publié le 14 août son enquête sur le coût de la vie étudiante 2016, qui faisait état d'une progression globale de ce coût de 1,23%. Le mardi 16 août, c'est la fédération des associations générales étudiantes (Fage) qui sort son traditionnel indicateur du coût de la rentrée. La hausse y est quantifiée à 1,01% et le coût moyen de la rentrée par étudiant s'élève désormais à 2.359 euros. Ces deux chiffres demeurent bien plus élevés que le niveau d'inflation générale en France, limité à 0,2% en 2016.

Le budget requis pour mener à bien un cursus universitaire est devenu trop important pour beaucoup d'étudiants. Selon l'Unef, 50% d'entre eux sont ainsi contraints de se salarier pour financer leurs études, ce qui soulève un problème important : le fait de travailler à côté de ses études est la première cause d'échec à l'université. Quelles sont donc les leviers, pour le gouvernement comme pour les particuliers, qui peuvent permettre d'endiguer cette hausse et de redonner de l'air aux budgets des étudiants ?

Sans surprise, le principal poste de dépense en cause dans cette hausse du coût de la vie étudiante est le logement. Le loyer mensuel moyen pour un étudiant en province est de 428 euros par mois, en augmentation de 0,6% par rapport à l'an dernier. Ce montant dépasse les 600 euros dans la plupart des villes universitaires d'Ile-de-France (674 euros à Nanterre, 685 euros à Créteil) et culmine à 806 euros à Paris (+1,38% depuis 2015), selon les chiffres de LocService.fr utilisés par l'Unef. C'est donc ce poste de dépense sur lequel il faut agir en priorité pour les étudiants.

Lire aussi : Nouvelle hausse du coût de la vie étudiante pour la rentrée 2016

Un encadrement des loyers efficace... mais peut mieux faire

Mis en place il y a tout juste un an, l'encadrement des loyers avait pour objectif d'éviter que les prix du marché locatif continuent leur envolée dans les zones tendues. Pour l'instant limité à Paris intra-muros, le dispositif semble commencer à faire ses preuves, avec une hausse des loyers limitée à 0,5%, se rapprochant de l'évolution de l'indice de référence des loyers (IRL), "dont la progression moyenne annuelle est de 0,2%", rappelle l'Observatoire des loyers. A titre de comparaison, les loyers parisiens augmentaient d'environ 3% chaque année entre 2006 et 2013. Cependant l'efficacité de l'encadrement des loyers n'est pas encore suffisante, comme on peut le constater avec le niveau des loyers payés par les étudiants à Paris en 2016 évoqué précédemment.

Les autres dispositions récemment prises par le gouvernement auront peut-être encore moins d'impact sur le montant des loyers payés par les étudiants. Ainsi, le rabotage des APL pour les loyers trop élevés pourrait en réalité pénaliser en premier lieu les locataires, avant d'inciter les propriétaires à ne pas inclure le montant des APL dans les loyers demandés. Le problème demeure le même : la demande est trop importante par rapport à l'offre de logement disponible et les locataires sont donc systématiquement en position de faiblesse par rapport aux propriétaires. Maigre consolation pour les étudiants, ils seront concernés par le dispositif Visale dès l'automne 2016. Cette caution publique, qui couvre les loyers impayés pendant les 3 premières années du bail, sera en effet étendue à tous les locataires de moins de 30 ans le 30 septembre au plus tard.

En attendant une réelle baisse des loyers dans les différentes villes universitaires françaises, les étudiants n'ont guère d'autre choix que celui de trouver des alternatives pour se loger moins cher. Beaucoup font le choix de rester habiter chez leurs parents, de prendre une chambre chez l'habitant ou de s'installer en colocation, ce qui paraît inévitable quand on constate les niveaux moyens demandés pour un studio de 20m2 dans certaines villes (chiffres de LocService) : 599 euros à Nice, 505 euros à Bordeaux, 534 euros à Lyon...

Pour essayer de faire baisser ces moyennes locales, la Fage demande l'extension de l'encadrement des loyers "dans toutes les agglomérations où la tension locative est élevée". Une augmentation de l'offre de logements dédiés aux étudiants pourrait également rééquilibrer le marché et rendre le logement plus accessible aux étudiants, dans tous les sens du terme.

Quelles solutions alternatives pour contourner les loyers trop élevés ?

Certaines solutions s'offrent aux étudiants pour trouver plus facilement un logement convenable. Ainsi, le site Studapart fournit aux 85 établissements avec lesquels il est partenaire une plateforme de logements qui centralise les annonces dédiées aux étudiants, près du campus ou à l'étranger, pour les étudiants en Erasmus.

L'échange de chambre entre les étudiants pourrait également prendre de l'ampleur dans les prochains mois. Sur le même principe qu'un échange de maison classique, un étudiant échange la chambre qu'il occupait dans la maison ou l'appartement de ses parents avec une chambre chez les parents d'un autre étudiant. Complètement gratuite pour les deux parties, cette solution peut s'avérer particulièrement pratique en cas de stage de quelques mois dans une autre ville, par exemple. Encore faut-il avoir l'accord des parents...

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Commentaires
a écrit le 15/09/2016 à 20:17 :
Avant d'envisager , il faudrait peut être ne plus octroyer les APL aux étudiants du Maghreb , qui pour la plupart lorsqu'ils viennent enFrance faire leurs études , les parents sont très très à l'aise ne paient aucun impôt sur notre territoire et bénéficient des aides pour leurs enfants ma remarque puisque je vis au Maroc répond du VÉCU
Et cela perdure depuis 20 ans au moins , j'avais découvert l'anomalie au cours d'un stage chez un syndic d'immeuble qui officiait rue de la pompe Paris 16
Arrêter de ne pas aller à la réalité et de ne sanctionner que les français moyens
Qui ont déjà bcp de problème
Je ne suis jamais intervenue sur les faits sociaux, mais la en tant qu'ex enseignante du
supérieure , trop c'est trop
a écrit le 24/08/2016 à 15:23 :
Devant trouver un logement sur Rennes pour octobre, je m'inquiète également du prix de la vie étudiante. Je ne suis pas sûre que mes économies seront suffisantes. Une colloc' serait peut être une bonne idée.
Réponse de le 25/08/2016 à 10:17 :
Tu peux dire merci à la spéculation qui s'est emparée du marché, avec la bienveillance du gouvernement de 2007 à 2012.
a écrit le 18/08/2016 à 14:58 :
Rien a voir? Mais si! Je suis favorable a un examen d'entré a l'université, seul les plus motivés mériteraient d'être dénommer "étudiant"!
a écrit le 18/08/2016 à 10:33 :
non seulement il faut supprimer les APL qui ne vont que pousser les prix vers le haut mais il faut surtout deconcentrer. Pourquoi avoir des universites la ou il y a deja trop de monde comme a paris ? pourquoi ne pas en faire dans des villes moyeens ou il y a de la place ?
a écrit le 18/08/2016 à 10:21 :
La colocation est toujours en plein essor du coup, c'est ce qui semble être la meilleure solution face à l'avidité des rentiers pour qui les politiciens gouvernent.
a écrit le 18/08/2016 à 9:37 :
si la france limite a 30 par promo le nombre d'etudiants en sociologie, philosophie, lettres anciennes, lettres modernes, etc etc, bref, tous ces gens qui vont de toute facon finir sans boulot, la pression sur les prix des logements s'ecroulera et ca va vite revenir a la normale..........
mais bon, ' etudiant poil aux dents', ceux qui pointent a la fac ne poitent pas chez pole emploi!!!! ca aide quand on veut inverser la courbe
Réponse de le 18/08/2016 à 10:31 :
Parce que vous croyez que c est les gens qui font fac de socio qui encombre le marché ? meme en ademttant qu ils arretent leurs etudes (et pour faire quoi ? dans votre logique, il faudra les exterminer pour qu ils ne soit pas a loger ni chomeurs), ca ne suffira pas
a écrit le 18/08/2016 à 8:18 :
Suppression total des APL et répercussion intégrale sur le montant des loyers
=> il s'agissait d'une subvention pour les propriétaires de manière a prolonger la bulle immobilière. Il serait temps qu'on arrête de subventionner les rentiers

Plafonnement plus important des loyers et avec une tendance a la baisse (-10%) par an
=> les défenseurs de la pierre nous dirons que cela conduira a un cataclysme car plus personne ne voudra investir dans la pierre. Et alors ? La demande actuelle pour "sécuriser" ses économies et profiter des taux faibles est telle qu'on peut se permettre de la faire fortement baisser. De toutes les manières les propriétaires ne vont pas casser leur appartement ou le retirer de la location (cela rapporte encore moins)

Interdiction d'avoir plus de 2 biens immobiliers dans la même zone tendue
=> trop de rentiers avec des immeubles entiers a paris. Qu'ils vendent une partie !

Limitation des sommes prêtés pour limiter la demande est faire baisser les prix
=> interdiction de s'endetter a plus de 15ans
=> minimum 30% d'apport
=> maximum 25% revenu



Avec toutes ces mesures ou juste les plus efficaces (limite des emprunts + Suppression APL ) on arrivera a revenir vers des prix moyens historiques en fonction des revenues
=> prix immobiliers divisés par 2.5



a écrit le 17/08/2016 à 22:43 :
Le site swapandstudy, 100% gratuit permet de réaliser un échange réciproque entre deux étudiants et de réduire à 0 les frais de logement pour eux. Cet echange peut être réalisé pour une année scolaire, un stage en France ou à l'étranger.

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