La Tribune

Bilan en demi teinte du Salon de la copropriété 2009

Diane Lacaze  |   -  496  mots
Malgré l'actualité sur le sujet de la copropriété (ascenseurs, travaux écolo...), ce millésime aura attiré sûrement moins de visiteurs entre le 7 et le 9 octobre. La faute, sans doute, à un salon concurrent nouvellement créé.

Du 7 au 9 octobre, à Paris, s'est tenu le quinzième salon de la copropriété, où les professionnels du secteur sont venus exposer leur savoir-faire. Evénement important, car la France compte 7,6 millions de logements en copropriété.

Sauf que cette année, il a été concurrencé par le "Salon indépendant de la copropriété", se déroulant au même moment. Un télescopage tout à fait volontaire : l'Association des responsables de copropriété (ARC) ayant souhaité manifester son mécontentement suite à la décision des organisateurs du salon de ne pas accueillir d'association de copropriétaires comme exposants. Le salon de la copropriété 2009 a en effet choisi de s'adresser plus spécifiquement aux professionnels plutôt qu'aux copropriétaires non élus au conseil syndical.

Effet crise ou effet salon "parallèle"? Toujours est-il que la fréquentation semble avoir nettement diminué cette saison (en 2008, le salon avait attiré près de 10.000 spectateurs). Harmonie, spécialiste de la peinture, de la couverture et du ravalement, et stand phare du salon a bien noté qu'il y a "beaucoup moins de monde cette année. Nous sommes là tous les ans et celui là est spécialement calme".

Si les visiteurs ont quelque peu délaissé les stands, ils se sont en revanche rués sur les consultations gratuites. Des experts étaient présents pour répondre à leurs questions et les guider dans leurs projets. "Au départ, les consultations devaient durer une vingtaine de minutes, mais cette année, les gens ont tellement de questions qu'elles se prolongent jusqu'à une heure, une heure trente. Nous avons été obligés d'établir une liste avec des rendez-vous pris largement à l'avance", indique l'un d'entre eux.

Leurs principales interrogations ? Cela peut aller du coût de la rénovation des ascenseurs au choix d'un bon syndic. Mais cette année, la grande inconnue est, bien sûr, l'impact des normes écologiques. "Si on doit mettre l'immeuble aux normes, le chantier va être énorme et sera très lourd à gérer pour le syndic. Je viens m'informer", témoigne un visiteur présent.

Les syndics ont d'ailleurs profité de l'occasion pour tenter de restaurer l'image de leur profession. Pendant ce temps, à quelques kilomètres de là, l'ARC, jetait un pavé dans la marre en dénonçant, dans son étude la non-conformité de nombreux contrats de syndics. Sur 2.060 contrats de 1.290 syndics étudiés, la moitié ne serait pas réglementaires car ne respecterait pas l'avis du Conseil national de la consommation (CNC) sur la transparence des prestations proposées. Selon l'association, les syndics ont créé des nouveaux honoraires injustifiés et abusifs. Elle demande donc au gouvernement de prendre un arrêté qui établirait "la liste précise et exhaustive des tâches de gestion courante". Pourtant, de son coté, la Direction générale de la concurrence (DGCCRF) a estimé que le taux de conformité s'établissait entre 89% et de 92% lors de deux enquêtes réalisées en 2008.

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