Immobilier : les séniors préfèrent rester chez eux, même en cas de pépin

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Le logement intergénérationnel pourrait être davantage développé.
Le logement intergénérationnel pourrait être davantage développé. (Crédits : © Charles Platiau / Reuters)
Les séniors restent très attachés au maintien à domicile en cas de dépendance, selon un sondage du réseau immobilier Orpi.

Même en cas de grande dépendance, les séniors préfèrent largement rester dans leur logement. N'en déplaise à certains acteurs de l'immobilier qui voient dans la silver économy un fabuleux moyen de faire de l'argent grâce aux résidences séniors. Une enquête réalisée par l'institut Ipsos pour le réseau d'agences immobilières Orpi montre en effet que 77 % des plus de 65 ans préfèrent rester dans leur logement en cas de grande dépendance, quitte à faire des travaux d'aménagement et à prendre une aide à domicile.

A titre de comparaison, ils ne sont que 14 % à préférer vivre dans un appartement au sein d'une résidence médicalisée, et 5 % dans une maison de retraite. « Il y a un véritable rejet des maisons de retraites chez les séniors », constate Etienne Mercier, directeur adjoint du département Opinion Ipsos. « En général dans ces lieux, les relations entre les résidents se passent très mal », abonde le sociologue Jean-Claude Kaufmann. Sur le terrain, Franck Sasso, président du GIE Orpi Val de Marne constate aussi que « les seniors diminués privilégient d'habiter dans leur logement, et demandent des aides à domicile et des services de santé à proximité ».

Les séniors sont casaniers

En plus de vouloir rester chez eux, les séniors restent en majorité casaniers. Ils souhaitent moins que les autres générations partager leur logement, notamment avec des jeunes. Les plus de 65 ans sont « 60 % à ne pas être intéressés pour louer à un étudiant une chambre de leur domicile avec l'assurance que la personne respecterait leurs règles de vie », explique le sondage Orpi/Ipsos. De même, 62 % des plus de 65 ans refusent de proposer une chambre à un étudiant en échange d'un service.

Le potentiel de logements intergénérationnels est pourtant loin d'être négligeable : un rapport du conseil d'orientation des retraites (COR) datant de la fin 2013 notait que l'offre potentielle (sans demander leur avis aux séniors) de logements en sous peuplement prononcé, occupés par un ménage d'une personne âgée de 60 ans ou plus, s'élevait à 2,2 millions de lots ; alors qu'en face, la demande potentielle des jeunes s'élève à .... 500.000 logements. Or le nombre de logements intergénérationnels est aujourd'hui marginal.

La retraite, le plus bel âge de la vie?

Un travail de sensibilisation reste clairement à faire pour les séniors isolés qui sont enclins à partager leur logement, et qui sont d'ailleurs de plus en plus nombreux. Mais force est de constater que la tendance la plus lourde est que les séniors préfèrent vivre tranquillement chez eux en fin de vie. La perception des Français est ainsi faite : « en France, le plus bel âge de la vie, c'est au moment de la retraite », a constaté Etienne Mercier au fil des sondages. Même chez les jeunes aujourd'hui, l'idée de sécuriser sa retraite est plus que jamais présente. C'est d'ailleurs l'une des plus fortes motivations pour devenir propriétaire de son logement. Et en ces temps de crise économique, les moins de 35 ans sont 64 % à considérer que l'accession à la propriété est plus importante pour eux que pour leurs parents.

Un plan épargne pour les séniors

Fort de ce constat, le président d'Orpi Bernard Cadeau milite pour l'instauration d'un nouveau produit d'épargne, « le plan épargne sénior logement » dont il ne serait possible de récolter les fruits qu'au moment de la perception des droits à la retraite. Celui-ci serait par ailleurs dédié à des dépenses liées au logement. Il pourrait notamment permettre, selon Bernard Cadeau, aux retraités contraints de vendre leur logement à cause de difficultés financières, de finalement le garder. Les jeunes qui pensent (déjà) à leur retraite pourraient ainsi être séduit par un tel produit d'épargne.

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Commentaires
a écrit le 07/12/2015 à 14:32 :
À force de tirer sur les électeurs, mais aussi sur les contribuables, ces électeurs se tournent, vers ce qui les respecte, du moment qu'il gère les finances, d'une ville ou d'une commune, sans que cela soit, un moment difficile à digérer, Pour Ce Qui Arrivent. tout juste à payer, ce qu'ils doivent, au trésor public, combien de famille retraitée, vivent avec des petites retraites, bien sur que certain, voudrait payé , beaucoup d'impôts, s'ils touchaient , des grosses retraites, malheureusement ce n'est pas le cas, même s'ils ont une maison, il y a beaucoup de choses à faire, pour préserver son lieu d'habitation, qui a été payée à crédit, pendant des années, en faisant des sacrifices, au niveau des vacances, aujourd'hui l'État, ne vous fait pas, des cadeaux, au niveau de la succession, alors que cela vous appartient,
a écrit le 26/11/2015 à 17:18 :
Dernier paragraphe:le "plan épargne sénior"proposé par Orpi:
--date d'utilisation imposée:au plus tôt qd perception des droits retraite.En cas de chômage les dernières années avant l'âge de la retraite,de plus en plus repoussée d'année en année,impossible de puiser ds SES économies.Ou pour un autre besoin ou projet..
--uniquement affecté aux dépenses liées au logement:encore une limitation d'utilisation de SES économies..Alors que les besoins immédiats en optique,appareils auditifs,appareils dentaires,aides à domicile... sont à prévoir..

Donc une proposition stupide,contraire aux intérêts des particuliers,peut-etre même inintéressante pour le secteur immobilier.en doublon avec l'assurance-vie plus de 8 ans,les aides spécifiques,techniques et financières existant déjà(caisses de retraite,mesures locales,ANAH...)
a écrit le 16/11/2015 à 16:20 :
Encore ce vieux débat entre acheteurs et loueur. Chacun peut débattre en avançant telle courbe, tel chiffre... Mais, les seuls qui ont raison sont les types comme moi (qui se reconnaîtront), qui connaissent la zenitude de posséder un bien adapté à leurs besoins, peu energivore, pour lequel ils ne doivent plus rien à la banque et qui n'ont pas l'intention de revendre. Pour résumer: plus de crédit, logement de qualité, économe, adapté, gros pouvoir d'achat dégagé (plus de loyer ni crédit) et joli capital à transmettre. Le reste, c'est du bla-bla. La zé-ni-tu-de!!!
a écrit le 09/11/2015 à 16:04 :
L'immobilier n'est déjà plus un investissement, c'est un boulet fiscal. Les subventions payés par nous même, les contribuables, aux rentiers via les PTZ et APL, servent aussi à appâter les acheteurs. Une fois assez de naïfs pris au piège, le déluge de taxes va se déverser sur ces pauvres âmes.
Déjà actuellement les investisseurs fuient l'immobilier: rentabilités négatives et moins-values énormes garanties! L'état a même été accusé de brader ses biens immobiliers... Bref tout les professionnels fuient l'immobilier. Ne vous y trompez pas.

Le chômage, la précarisation croissante des emplois, la pression démographique énorme (papyboom de 30 ans qui ne fait que commencer), BâleIII, fuite des rares jeunes qualifiés à l'étranger (ils étaient pre-destinés à acheter les biens Immo que les vieux libèrent)...
La pente sera descendante pour les proprios pour de longues années à venir.

Allez voir l'indice de tension immobilière de votre région! Par exemple à Paris, il y avait 5 acheteurs par vendeur il y a moins de trois ans, et désormais il n'y a plus qu'un acheteur par vendeur!
Ça c'est Paris, là où l'immobilier se porte le mieux, selon la légende, parce que la moyenne française, c'est 0,3 à 0,4 acheteurs par vendeur... C'est à dire qu'il y a presque 3 vendeurs par acheteur en France! Vous avez bien lu. Dans ce contexte, il n'y a même plus de "prix du marché" qui tienne. Seuls les plus désespérés vendent (parfois) à condition qu'ils baissent les prix suffisamment (et rapidement!)
Réponse de le 16/11/2015 à 16:13 :
Les chiffres notariaux annoncent 750 000 transactions rien que dans l'ancien. Donc les vendeurs vendent et les acheteurs achètent (encore plus que l'année dernière). Ces chiffres contredisent complètement les déclarations des pleureuses du secteur qui cherchent en permanence à obtenir quelque concession du gouvernement. On se rapproche des plus hauts en terme denombre de transactions (on ne parle pas de crédits renégocier mais bien de foncier qui a changé de main). Les chiffres!!
a écrit le 09/11/2015 à 9:40 :
ou on voit que la france marche sur la tete.
1) la retraite est le meilleur age de la vie . Pas etonnant car tout est fait pour choyer le retraité au detriment des actifs ! par contre il est illusoire de croire que ca va durer eternellement. la france est en train de couler et elle ne pourra pas eternellement pressurer les jeunes pour caliner les vieux
2) comment va t on payer ? que ca soit la maison de retraite ou l aide a domicile. qui va payer ? l article elude gentiment se point. et il faut pas rever, taxer plus les actifs ne suffira pas car de plus en plus de vieux. il faudra bien un jour faire que pepe vende sa maison. et la les prix vont s effondrer (vu qu il y aura assez peu d acheteur en face et ceux ci sont en majorite sans le sou vu les salaires des jeunes (et leur niveau de taxation))
a écrit le 08/11/2015 à 20:33 :
Certes la plupart des seniors sont propriétaires... Il faut toutefois rester optimiste, beaucoup on commencé à travailler jeune (16 ans pour mon épouse), ils ont habités dans des chambres de bonnes sans eau (WC et évier partagés sur le palier), ils ont souvent travaillé 50 heures par semaine... Et un jour ils ont obtenu un crédit, il ont payé l'appartement ou la maison pendant 20 ans... souvent sans partir en vacance.
C'est pourquoi aujourd'hui ils partent au Maroc.
Julie soyez réaliste: le prix des biens immobiliers ne baisseront pas en zone d'emplois.
a écrit le 08/11/2015 à 11:34 :
au moins les seniors ont un chez eux.
les jeunes pendant ce temps sont obligés de vivre en location dans des studios spoliés par ces seniors qui partent en vacances au maroc sur le dos des jeunes.
il faudrait interdire la mise en location des biens immobiliers pour pouvoir les mettre en vente et donc diminuer les prix par un afflux de biens sur le marché.
les prix seraient plus bas, l'argent circulerait car ce serait les banques qui auraient les crédits, les jeunes payant moins cher leur habitation pourrait consommer ou investir l'argent gagné dans des societés voir entreprendre.

les seniors c'est vraiment le probleme.
Réponse de le 09/11/2015 à 10:13 :
Interdire la location est une absurdité. Les jeunes en début de carrière et qui n'ont pas encore d'enfants ont besoin de mobilité et de pouvoir changer facilement de logement si la famille s'agrandit. Par ailleurs, tous n'ont pas envie de s'engager dans un projet immobiliser ou ne peuvent obtenir de crédit. La location n'est pas forcément une mauvaise solution et dire que les seniors s'enrichissent sur le dos des jeunes alors que le rendement de l'immobilier locatif est autour de 4 à 5% n'est pas pertinent.
Réponse de le 09/11/2015 à 11:21 :
@julie : vous devriez vous inspirez de la devise des 68tars :" il est interdit d interdire" mais plus sérieusement pourqoui pas interdire la location dans le privé : dans ce cas courez vite chez mme Hidalgo afin qu elle construise des milliers d hlm à paris et puisque vous voulez "interdire" , il faut surtaxer les milliers de parisiens qui habitent Paris et qui bossent en dehors ,y compris les étudiants ...ça vous va?
a écrit le 07/11/2015 à 21:27 :
Plus de 10 ans que les fans de la bulle-immobilière.org nous promettent l'éclatement de la bulle ...
Ça en fait des loyers perdus...
Réponse de le 08/11/2015 à 2:19 :
Vous oubliez que aujourd'hui on a le papyboom! Et le chômage record! Et les emplois précaires! Et baleIII... Je résume: on n'a pas assez de jeunes, et en plus ils sont au chômage (et ceux qui ne sont pas au chômage sont en emploi précaires non solvables...) et ceux qui sont solvables se voient réduire l'argent qu'ils peuvent emprunter à cause de baleIII... Je pense que sur ce coup la baisse que l'on observe dans les loyers ET dans les prix de limmo sont partis pour baisser de plus en plus dans les années à venir. Et je ne viens pas du site bulle-immobilière.org que vous citez mais j'imagine que ce site doit être très intéressant. Je vais aller y jeter un œil.
Réponse de le 09/11/2015 à 9:36 :
si vous louez vous payez un loyer a votre proprietaire. si vous achetez, vous payez un loyer a votre banque (eh oui, il faut bien payer les interets).
au final pour savoir qui est gagnant, il faut attendre la fin du credit et faire la difference entre l argent que vous avez investi ailleurs (si vous avez achetez des actions par ex avec l argent que vous n avez pas englouti dans votre maison) d un cote et la valeur d ela maison de l autre.
Pas sur qu en ayant achete cher vous puissiez revendre a un prix qui couvre les taxes et autres frais (j ai une tante qui elle va en etre se sa poche et qui meme comme ca n arrive pas a vendre -> coincee chez elle)
a écrit le 07/11/2015 à 18:34 :
Rien de nouveau. Cela a toujours été ainsi.
Par contre, il y a de plus en plus de vieux. L'effet papyboom va exploser la bulle de l'immobilier. L'immobilier est déjà mal barré alors que le papyboom ne fait que commencer. 30ans de papyboom. Ca va aller de mal en pire pour les proprios.
Réponse de le 08/11/2015 à 9:22 :
@riendenouveau: non cela n a jamais été toujours ainsi ! Vois pouvez toujours vous apuyer sur vos stats de bistrot mais lisez au moins les articles de la tribune! Le développement des aides à domicile est récent et il va falloir encore attendre pour pour voir les papy boomers vendent leur maison. L effet de la démographie favorable pour l immobilier ne tient pas d autant que le risque d une "vague" importante migratoire est en cours
Réponse de le 08/11/2015 à 9:27 :
Avec une augmentation moyenne de la population de 200 000 personnes par an dans l'hexagone soit l'équivalent d'une ville comme Dijon et sa banlieue l'immobilier n'est pas prêt de se casser la gueule. D'autant plus que cette augmentation se concentre dans les grands bassins d'emplois. Vous pouvez toujours attendre votre crach devant une agence immo du 6eme, et n'oubliez pas de prendre des provisions car certains y sèchent depuis 10 ans. Mais enfin c'est sûr, demain la bulle explose...ou pas!

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