Logements neufs : la croissance montre des signes d'essoufflement

 |   |  601  mots
Le gouvernement doit présenter en septembre son plan de refonte de la politique du logement, qui visera notamment à provoquer un choc de l'offre.
Le gouvernement doit présenter en septembre son plan de refonte de la politique du logement, qui visera notamment à "provoquer un choc de l'offre". (Crédits : © Fred Prouser / Reuters)
En forte hausse sur un an, les mises en chantier affichent un recul de 4,8% en données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables de mai à juillet. Une étude publiée conjointement sur les chiffres de la commercialisation de logements neufs au deuxième trimestre suggère que cette tendance au ralentissement va se poursuivre dans les prochains mois.

Les mises en chantier de logements et les permis de construire en France, s'ils affichent toujours une forte croissance en rythme annuel, montrent des signes de ralentissement, selon des données publiées mardi par le gouvernement. La tendance sur trois mois à fin août est ainsi moins favorable, avec un recul des mises en chantier et une progression limitée des permis de construire par rapport aux trois mois précédents.

Sur les douze mois écoulés à fin juillet, le nombre de logements neufs commencés a progressé de 14,5% à 402.500 unités. Les mises en chantier ont donc légèrement décéléré après la hausse de 15,6% (révisée en hausse de 1,1 point par rapport aux chiffres diffusés fin juin) enregistrée sur les douze mois à fin juin par rapport aux douze mois précédents.

Plus haut depuis mars 2013

La tendance reste également orientée à la hausse pour les permis de construire : sur un an à fin juillet, le nombre cumulé de logements autorisés augmente de 13,3% en rythme annuel, après la progression de 13,8% (révisée en hausse de 0,6 point par rapport à l'estimation initiale) à fin juin.

Sur les douze mois à fin juillet, le cumul des permis de construire a atteint son plus haut niveau depuis mars 2013, à 482.800 autorisations, contre un total de 480.100 (chiffre revu en hausse de 6.000 unités) sur douze mois à fin juin. Les résultats sur trois mois suggèrent en revanche un essoufflement de la tendance. En données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables, les mises en chantier affichent un recul de 4,8%, sous l'effet d'une baisse de 8,6% dans le collectif que la progression de 1,1% dans l'individuel ne permet pas de compenser.

Sur la même période, les permis de construire connaissent une progression de 2,7%, avec une solide progression dans le collectif (+6,4%) et un recul dans l'individuel (-2,8%).

Les mises en vente plongent après un 2e trimestre dynamique en 2016

Une étude publiée conjointement sur les chiffres de la commercialisation de logements neufs au deuxième trimestre suggère que cette tendance au ralentissement va se poursuivre dans les prochains mois.

Au deuxième trimestre, par rapport à la même période en 2016, les réservations à la vente s'inscrivent en baisse de 9,4%, à 30.800 et les mises en ventes plongent de 17,1%, à 31.2170. "Cependant, le second trimestre 2016 avait été particulièrement dynamique et la tendance annuelle reste à la hausse", note le ministère. Au total, sur douze mois les réservations s'inscrivent en hausse de 13% et les mises en vente affichent une hausse de 5,9%.

Une refonte de la politique du logement en préparation

Le gouvernement doit présenter en septembre son plan de refonte de la politique du logement, qui visera notamment à "provoquer un choc de l'offre" et à améliorer l'efficacité des aides au logement, dans le cadre de ses efforts pour contenir la dépense publique. Le ministre de la Cohésion des territoires, Jacques Mézard, a déclaré fin juillet exclure un arrêt brutal du dispositif d'aide à l'investissement locatif dit "Pinel".

| Lire Logement : Macron s'inscrit dans la continuité de Hollande

Les fédérations professionnelles du bâtiment et de l'immobilier ont mis en garde l'exécutif, au début de l'été, contre une remise en cause des incitations fiscales ayant contribué à la reprise du secteur amorcée depuis fin 2014, comme le prêt à taux zéro (PTZ, prêt aidé par l'Etat pour faciliter l'accession à la propriété des personnes aux revenus modestes) et le dispositif "Pinel".

 >> Lire aussi HLM : le gouvernement pourrait assouplir les obligations des communes

(avec Reuters)

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 30/08/2017 à 10:33 :
Avec le nouvel ISF il faudra revoir les chiffres à la baisse.
Réponse de le 01/09/2017 à 9:50 :
Clairement, les moins de 40 ans dont les salaires stagnent depuis 10 ans sont très nombreux à pouvoir se payer une résidence principale d'une valeur de 1,7 millions d'euros.
Pardon, erreur, à 1,7 millions, on paye toujours 0 euro d'ISF, c'est sur les sommes au delà que l'ISF s'applique.
Vous n'êtes peut-être pas au courant, mais le logement n'est pas réservé aux 1% les plus riches du pays
a écrit le 29/08/2017 à 18:01 :
ça veut dire quoi un "choc de l'offre" ?
la France construit 400 000 logements (pour seulement 250 000 nouveaux ménages) contre 200 000 au UK ou 290 000 en Germanie.
la France a de loin le taux de construction de logements le plus élevé de l'UE : 6,8 pour 1000 habitants, contre 4,3 pour les 2 suivants Belgique/Pologne (Deloitte Property Index 2017).
en 2012, la demande potentielle de nouveaux logements avait été estimée entre 300 000 et 350 000 par an entre 2015 et 2020.
le taux de vacance des logements sociaux a augmenté de puis 2008 (Ministère Développement Durable). 130 000 nouveaux logements sociaux financés en 2016, niveau historique.
la France est un des pays européens ou le logement pèse le moins dans le budget des ménages (Crédit Foncier, "Logement en Europe", 11/2016).
Réponse de le 29/08/2017 à 21:45 :
@gfx: "la France construit 400 000 logements (pour seulement 250 000 nouveaux ménages) ". Tu oublies de compter les réfugiées qui, selon les chiffres les plus conservateurs, seraient de 250 à 300 000 par an. Il manque donc en effet au minimum 100 000 logements de plus par an... si l'immigration n'augmente pas :-)
Réponse de le 30/08/2017 à 16:48 :
"la France est un des pays européens ou le logement pèse le moins dans le budget des ménages" Vous etes sur la ?
A mon avis ce chiffre flatteur vient du fait que les baby boomers ne depensent en effet rien car proprietaire ayant rembourse le credit. Car pour les generations plus jeunes, c est bien plus cher de se loger en France qu en RFA par ex (certes vous avez des APL qui subventionne les loyer eleves mais c est malsain comme systeme car le logement pas cher se fait au prix d impots eleves (et encore tout le monde ne touche pas les APL)
Réponse de le 01/09/2017 à 9:48 :
@Patrickb
"Tu oublies de compter les réfugiées qui, selon les chiffres les plus conservateurs, seraient de 250 à 300 000 par an."
Manque de pot, non, les "réfugiées" sont bien comptabilisés dans les nouveaux foyers.
Et pour le joli chiffre abracadabrantesque de 300 000 par an, vous l'avez sorti d'où? Pour info, on a les données : la France a accueilli environ 30 000 réfugiés sur l'année 2016, et pas de grosse augmentation en vue pour l'année 2017. À comparer au million de réfugiés accueilli par l'Allemagne. Et encore, ces 30 000, il a fallu aller les chercher en bus en Allemagne, tant ils ne tenaient pas à venir en France (bizarre, pourtant nos vieux réacs nous vocifèrent à longueur de journée que la France serait un "paradis de l'assistanat"). Et sur ces 30 000, une partie a pour projet de quitter notre pays au plus vite pour passer en Angleterre (cf camps de Sangatte, Calais et autres, toujours à notre frontière Nord près des tunnels, tiens tiens.)
À moins que, pour mieux annoncer des chiffres qui paraissent énormes, parmi les "réfugiées" vous comptabilisiez les immigrés en général. Dans ce cas, ils sont effectivement aux alentours de 200 000 par an, soit deux fois moins que ce que reçoivent chacun des pays autour de nous (Allemagne, Angleterre, Espagne, Italie).
a écrit le 29/08/2017 à 16:08 :
Il faut comprendre que c'est Bercy qui dirige le pays, et qu'une bonne partie de nos problèmes en découlent. Depuis la monarchie jusqu'à la république, notre pays subit les conséquences d'une mauvaise gestion budgétaire, car mal conseillé. C'est ce qui a d'ailleurs causé la Révolution. Les conseilleurs ne défendent en fait que leurs intérêts propres.
a écrit le 29/08/2017 à 14:45 :
Meme si l arrte brutal du "pinel" n es pas a l ordre du jour, il va bien falloir que le secteur arret d etre accro aux subventions etatiques (pinel et PTZ notament). Autrement dit, que les prix soient en rapport avec les revenus des acheteurs -> baisse des prix sur le long terme
a écrit le 29/08/2017 à 14:42 :
Un coup l'immobilier monte, un coup l'immobilier descend, puis il remonte et redescend au gré du bon vouloir de la presse écrite et TV.
a écrit le 29/08/2017 à 13:15 :
1. Arrêter le délire de la loi ALUR
2. Arrêter le délire des normes
3. Arrêter de tirer en longueur les expulsions
4. Arrêter l'aide juridictionnelle gratuite dans un bon nombre de cas
5. Arrêter de vouloir loger toute la misère du monde
C'est au prix de cette transformation que des bailleurs privés reprendront confiance, investiront ou remettront sur le marché des logements vacants !
Réponse de le 29/08/2017 à 16:15 :
Tout à fait d'accord.
Réponse de le 30/08/2017 à 16:52 :
autre solution, faire comme en suisse ou aux USA:une bonne property tax (ou un loyer fictif ajoute a vos revenus). Vous allez voir que pepe va du coup vendre ou louer son appart vide

PS: les normes ca sert aussi a ce qu on construise pas n importe ou n importe comment. Car si on laissait faire le lobby du parpaing, on aurait des appart dans des zones inondables, mal isole avec pas de prises electiques pour faire moins cher
Réponse de le 30/08/2017 à 18:28 :
Réponse de cd le 30/08/2017 à 16:52 :
votre commentaire est pertinent. Je commente en tant que locataire qui a toujours payé son loyer, quitte à me priver de vacances, considérant que le toit sur ma tête est une priorité essentielle. Par contre, je me base sur l'expérience d'une amie qui a récupéré son appartement avec de nombreux impayés, d'énormes frais de justice, un temps d'expulsion très long, les lieux saccagés et un locataire parti à la cloche de bois. Après 4 ans de procédure, elle a vendu son appartement pour couvrir les frais de justice et profiter librement de son argent. Cet appartement disparait donc du secteur locatif privé qui représente env. 60 % des logements en France, car l'état ne peut pas loger tout le monde. Et si d'autres propriétaires font de même, le parc locatif sera encore plus restreint et forcément plus coûteux ! Par ailleurs, la loi ALUR favorise l'essor d'AirB&B et quelques appatés du gain aux dents très longues, se remplissent les poches, alors que l'état français n'est même pas capable de les taxer. Pour en terminer, j'ai aussi une pensée pour un vieil oncle de la famille décédé depuis quelques années qui m'avait dit un jour qu'il ne fallait pas construire pour les autres !
Réponse de le 01/09/2017 à 9:39 :
@ppdesabuse
"4 ans de procédure"

C'est une légende urbaine, le fait qu'il faut 2, 3 voire 4 ans de procédure.
J'ai été en couple à l'époque avec une avocate qui se chargeait de dossiers d'impayés. Elle m'a confirmé qu'avec un vrai avocat qui connaît son boulot et ne fait pas n'importe quoi, la procédure prend moins d'un an quelles que soient la situation et les manoeuvres de ceux d'en face. En revanche, effectivement, en prenant n'importe quel branquignole spécialisé dans d'autres domaines du droit mais qui vous affirme que "c'est bon je sais faire" (pour empocher des honoraires de votre part), effectivement ça peut même monter à 4 ans, au gré des bêtises qu'il fera.
Réponse de le 01/09/2017 à 14:42 :
Réponse à Alatar
vous êtes tout à fait en droit de ne pas me croire. Je complète donc mon post précédent : après une longue période de lettres de rappel recommandées pour impayés, voire huissier (car le bailleur doit prouver qu'il a agi) , vous prenez un avocat et le temps de constituer le dossier et de passer au tribunal requiert du temps car la partie adverse pose des questions frisant parfois l'absurdité et fait repousser la date d'audience. Dès lors que l'audience est fixée (et il faut savoir que les congés d'été reportent les dates de deux mois grosso modo, voire plus selon le surchargement des tribunaux) , le locataire de mauvaise foi commence par régler d'abord au compte goutte, puis paye ses loyers dus hormis un mois et le juge n'accepte pas l'expulsion et peut même condamner le bailleur pour mauvaise foi. Donc les impayés reprennent jusqu'à la date d'audience de l'appel qui exige un changement d'avocat et de juridiction, donc un long délai. Et si le méchant bailleur a la chance d'obtenir l'expulsion du gentil locataire, il se passe encore plusieurs mois avant que l'huissier ne puisse signifier le jugement et entrer dans les lieux, sauf si le gentil locataire est parti à la cloche de bois, ce qui exige des recherches. Demandez votre amie avocate, elle pourra confirmer.
Et vous n'êtes pas obligé de me croire : installez vous simplement dans un tribunal d'instance et vous verrez. Et si par hasard, le bailleur se défend tout seul, le juge fera juste une remontrance au locataire et notera que ce dernier s'engage à reprendre les versements de loyer et ce, malgré un surendettement massif.
Les locataires de très mauvaise foi qui pleurent de se faire expulser d'une minute à l'autre, sont des fieffés menteurs.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :