La Tribune

A table avec Picasso

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Jérome Stern  |   -  571  mots
Le peintre catalan a abordé toutes les facettes artistiques, toujours avec talent. Il est également un grand céramiste et a décliné vases, assiettes, plats ou pichets. Ses travaux sous la houlette de l'atelier Madoura sont désormais recherchés. Trois vacations en proposent à Monte Carlo. A des prix encore accessibles.

Si Picasso a peint quelques assiettes dans les années 1895 - Malaga, sa ville natale est riche en potiers -, sa production, conséquente puisqu'on recense plus de 3.500 modèles, couvre les années 1947 à 1954. C'est en voisin, que visitant l'atelier Madoura à Vallauris (Alpes Maritimes) qu'il s'initie à la technique de l'argile, de l'émail et de la cuisson. Très vite, il passe des formes traditionnelles, plats, assiettes, vases, pichets, à des modèles plus personnalisés, même si son inspiration reste identique : tauromachie, chèvres, chouettes, visages multi facettes,.... Les plats rectangulaires deviennent une tête, les vases des corps de femmes, les pichets des personnages.

Même en céramique, Picasso fait du Picasso. Artiste scrupuleux, Picasso, soutenu par la rigueur de l'atelier Madoura avec qui il signe un contrat d'exclusivité, limite la production de chaque pièce répertoriée avec soin, rarement à plus de 500 exemplaires.

Jusque dans les années 1990, les céramiques de Picasso n'étaient guère recherchées, sauf les pièces uniques qui cotent le prix d'un dessin original, voire d'une petite toile (350.000 à un million d'euros). Aujourd'hui, le marché, surtout américain, s'est emballé: selon le site spécialisé Artprice.com, 100 euros investis au début du XXIème siècle dans une céramique de Picasso valent 180 euros une décennie plus tard. Avec des prix jugés encore raisonnables, ce marché devrait continuer à progresser.

Il existe deux types de céramiques de Picasso. Les "?uvres originales" reproduisent un modèle conçu par l'artiste et respectent très exactement le volume, le décor, les couleurs et les empreintes réalisées avec une matrice de plâtre gravée par Picasso et dupliquée en quantité répertoriée. Elles se reconnaissent au tampon "Madoura, empreinte originale" avec le numéro de série.

Il y a ensuite, les "répliques ou éditions" qui ont été réalisées, comme le précise la mention au tampon au dos de la céramique, "Madoura d'après Picasso". La différence de prix peut être minime si l'?uvre originale a été tirée à de nombreux exemplaires. Les experts s'attachent davantage à l'état de conservation, à sa représentation, au motif, aux couleurs, à sa qualité artistique et son originalité.

Lors des vacations estivales à Monte Carlo, trois sociétés de ventes mettent aux enchères, dans un ensemble d'oeuvres très variées, quelques-unes de ces céramiques. Artcurial le 25 juillet, entre un bronze de Rodin (110.000 euros) et une sculpture en résine de Mel Ramos (200.000 euros), met aux enchères 15 pichets, assiettes et plats de ou d'après Picasso (de 1.200 à 5.000 euros).

Suit la SVV Marc-Arthur Kohn, le 30 juillet, toujours dans un ensemble dédié aux oeuvres du XXème siècle, entre une huile de Chagall (450.000 euros) et une gouache de Miro (150.000 euros) sans oublier les inévitables multiples d'Arman et les carrelages de J.P. Raynaud, met à l'encan 8 céramiques du maître de Malaga (5 à 8.000 euros) dont une rare tomette hexagonale de 1957 estimée 80.000 euros.

Enfin Tajan, le 3 août, met en vente, entre une grande huile de Sayed Raza (200.000 euros) et une « Mauresque » de Picabia (220.000 euros) quatre « répliques authentiques, empreinte de Picasso » estimées en 1.200 et 3.000 euros.

Le 25 juillet, Monte Carlo, Hotel Hermitage, renseignements: www.artcurial.com Le 30 juillet, Monte carlo, Sporting d'hiver, renseignements: www.kohn-svv.com Le 2 août, Monte carlo, Café de Paris, renseignements: www.tajan.com
 

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