La Tribune

Mobilier, le grand retour du grand classique

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Jérôme Stern  |   -  464  mots
Longtemps délaissé, le mobilier du XVIIIème siècle revient à la mode. Doucement, mais sûrement. Avec des prix très élevés pour les plus belles pièces. En ces temps difficiles, le classique rassure : il reste à l'abri de la spéculation.

Depuis une bonne décennie, le mobilier classique du XVIIIème siècle a vu ses cotes baisser, voire dégringoler pour le tout-venant. Passé de mode, peu adapté aux logements contemporains, considéré comme trop traditionnel, objet de quelques mauvaises copies, ce style très travaillé, fait de bois précieux, de marqueteries savantes, de bronzes clinquants et de laques exotiques ne trouvait plus acheteur, sauf pour quelques pièces exceptionnelles. La chute des prix, de 15 à 60%, constatée au début de ce siècle est désormais enrayée.

Et si l'on peut encore trouver avec une très importante décote des commodes, des scribans, des bergères ou des guéridons anciens sans estampille, souvent (assez mal) restaurés, pour les objets de qualité et surtout ceux griffés d'un ébéniste reconnu, les prix ne cessent de reprendre de la hauteur. Un phénomène d'autant plus remarquable, que le marché retrouve nombre de pièces importantes, les vendeurs étant de nouveau présents, soutenus par des acheteurs, souvent de plus en plus initiés, parfois de plus en plus jeunes, pour qui le classique rassure en ces temps de hoquets financiers.

Fort de cette nouvelle tendance - quelques jeunes décorateurs n'hésitent plus à mettre en valeur un rare meuble de style dans un ensemble design - le dynamique expert Robert Bürgi et la SVV Europauction organisent le 21septembre à Drouot la dispersion de près de 300 lots de meubles, objets d'art , peintures et tapisseries classiques. On trouve plusieurs estimations à moins de 10.000 euros, tels cette banquette corbeille époque Louis XV (4.000 euros), ce bureau de pente Régence en palissandre estampillé Latz (5.000 euros) ou cette base d'encrier Urbino, XVIème, atelier des Patanazzi (8.000 euros).

Plus chers sont, notamment, un secrétaire à doucine à décor de frises marquetées estampillé PA Veaux, époque Louis XV (18.000 euros), une commode chantournée en bois de violette marqueté en feuilles, estampillé G.Peridiez, époque Louis XV (40.000 euros), ou un petit bureau de dame orné de bronzes ciselés estampillé Garnier, époque Louis XVI (50.000 euros). Enfin, parmi les pièces les plus notables, on peut citer un secrétaire en armoire à doucine en bois de rose à marqueterie de bois de violette estampillé L.Boudin, époque Louis XV (180.000 euros), une commode en laque de Chine et vernis à fond noir à décor de scène de chasse estampillée JL Cosson, époæque Louis XV (200.000 euros), une rare paire de bibliothèques à deux battants richement décorées en marqueterie Boulle attribuée à N.Sageot, époque Louis XIV (250.000 euros) ou un exceptionnel bureau plat en bois noirci de forme mouvementée à décor de panneaux en laque de Chine, estampillé I.Dubois, époque Louis XV (500.000 euros).

Le 21 septembre, Drouot Richelieu, salles 5 et 6, renseignements : www.europauction.com

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