La Tribune

Les professionnels militent pour une épargne retraite obligatoire

Franck Pauly  |   -  468  mots
L'Afpen, regroupant les professionnels de l'épargne, souhaite la mise en place d'un régime individuel obligatoire qui serait négocié par branche sur cinq ans.

Peu après l'Association française de la gestion financière (voir « La Tribune » du 1er juin), les professionnels de l'épargne retraite - les banques, les assurances et de grandes entreprises réunies dans l'Afpen (l'Association française professionnelle de l'épargne retraite) - ont à leur tour présenté leurs propositions en vue de financer l'épargne à long terme en France. L'enjeu est de taille (voir illustration), alors que le financement des retraites est au coeur des débats. Le projet de réforme sera en effet présenté mardi en Conseil des ministres, puis un texte sera examiné au Parlement à compter du 7 septembre.

L'Afpen met en avant diverses propositions - 31 au total - qui visent essentiellement à simplifier et à homogénéiser les différentes modalités d'épargne en vue de la retraite, à alléger la fiscalité et à permettre aux épargnants de sortir des ces produits d'épargne plus facilement, notamment pour acheter leur résidence principale. L'Afpen espère faire entendre sa voix via des amendements qui pourraient être portés par des députés lors de l'examen du texte de réforme de la retraite en septembre. Car le projet présenté demain par le gouvernement ne mentionnera pas les produits d'épargne. Mais certaines propositions peuvent aussi trouver leur place dans des amendements à la loi de financement de la Sécurité sociale ou à la loi de finances qui seront examinées en octobre, a expliqué le président de l'Afpen, Michel Le Boedec. « L'épargne retraite individuelle ne s'oppose pas à la retraite par répartition : c'est un complément », a-t-il souligné.

0,5 % du salaire

Concrètement, l'Afpen souhaite un « régime obligatoire d'épargne retraite, qui serait négocié par branche et étalé sur trois à cinq ans, avec une cotisation minimum par exemple de 0,5 % du salaire constituant une sorte d'amorce d'épargne », a expliqué le délégué général Lionel Tourtier. Une prime de l'État pourrait être versée aux plus jeunes. « Dans un système tunnel [avec une sortie possible seulement en rente], il est difficile d'épargner pour le logement. Du coup, les jeunes répugnent à entrer dans un système d'épargne retraite pour se concentrer sur l'accession à la propriété : tous les systèmes devraient permettrent une sortie vers la primo-accession », a-t-il argumenté. Actuellement, seul le Perco, le Plan d'épargne retraite collectif, accessible dans les entreprises, le permet. Plutôt que de créer de nouveaux produits, l'Afpen recommande « d'améliorer l'existant, par exemple en permettant de passer d'un Perp [ouvert à tous] à de l'épargne Madelin [réservée aux indépendants] ou un contrat Préfon [réservé aux fonctionnaires] ». De fait, les carrières seront de plus en plus heurtées passant par exemple du statut de salarié à celui d'indépendant ou de fonctionnaire.

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