Institutions (14/20) , Europe (10/20) , Immigration (14/20) : un président très présent

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Le gouvernement a vu ses prérogatives rognées au profit de l'Élysée du fait de l'omniprésence du président. Une omniprésence et une énergie qui auront en revanche permis à Nicolas Sarkozy de voir son bilan à la tête de l'Union européenne unanimement salué. Du côté de l'immigration, la politique fortement restrictive du président semble recueillir l'assentiment de l'opinion malgré les contestations de la gauche, notamment sur la multiplication des expulsions d'étrangers.

INSTITUTIONS : UN PRESIDENT OMNIPRESENT

« Je veux changer les m?urs politiques de notre pays », annonce Nicolas Sarkozy trois mois après son élection. Un an plus tard, le Congrès vote ? à deux voix de majorité ? une réforme constitutionnelle censée renforcer les pouvoirs des parlementaires et encadrer ceux du président. Mais l'hyper- activité de « l'omniprésident » a au moins autant modifié la donne institutionnelle que cette réforme. Si l'organisation ministérielle est améliorée, le gouvernement voit ses prérogatives rognées au profit de l'Élysée. Sans le fusible que représente le Premier ministre, le président se retrouve en première ligne en période de crise. Profitant du désir présidentiel de renforcer le rôle du Parlement, les élus de la majorité ont traîné des pieds pour voter certaines réformes comme celle du travail le dimanche. P. C.

 

EUROPE : LA REPRISE EN MAIN

Tout ça pour ça. Certes, Nicolas Sarkozy décroche la moyenne, échappant ainsi aux quolibets de ceux qui dénonçaient par avance son manque d'engagement européen, mais les efforts déployés pendant la présidence française de l'Union européenne (PFUE), au premier semestre 2008, ne semblent pas cher payés. Pourtant, à peine aux manettes, Nicolas Sarkozy n'a pas craint de s'investir tant sur les dossiers institutionnels que diplomatiques. Crise russo-géorgienne, minisommet pour répondre à la crise économique et financière, négociation du paquet énergie-climat : le président français s'est emparé de tous les sujets, courant d'une discussion à l'autre, forçant les compromis et redonnant vie à une Europe ankylosée.

Au-delà des avancées obtenues, il a apporté un style nouveau ? parfois brouillon, souvent pragmatique ? à une Europe qui avait perdu depuis longtemps sa capacité de réaction, et, logiquement, le bilan de la PFUE a été salué unanimement comme un succès. En témoigne la première place obtenue en décembre 2008 par Nicolas Sarkozy dans le palmarès Euro-« Tribune », jugeant l'action des 27 dirigeants de l'Union européenne. Cinq mois plus tard, le souffle de Bruxelles est retombé, sous l'effet de l'inactivité d'une Commission en fin de mandat et de l'indigence de la présidence tchèque de l'Union européenne.

Quand à la France, après avoir un temps espérer poursuivre son hyperactivisme européen, elle s'est ? provisoirement ? ? détournée de Bruxelles ou de Prague, comme en témoigne la moindre assiduité de ses ministres aux réunions des Vingt-Sept. Alors, après la PFUE, retour à la case départ ? La semaine dernière, Nicolas Sarkozy, en visite en Espagne, a pourtant redit son souhait d'instaurer une véritable gouvernance économique européenne.

Éric Chol

 

IMMIGRATION : ENGAGEMENTS TENUS

Sarkozy ministre de l'Intérieur avait initié à la fin du mandat Chirac : la politique « d'immigration choisie ». La loi du 21 novembre 2007, complétant un texte en 2006, a renforcé la lutte contre l'immigration clandestine et instauré des quotas d'étrangers dont la France juge avoir besoin et qu'elle estime être capable d'accueillir. Huit accords avec des pays africains ont d'ailleurs déjà été signés pour prévoir ces quotas. En contrepartie de cette politique d'immigration restrictive, la France s'est engagée dans une démarche de codéveloppement à l'égard des pays acceptant ces accords. Lors de la présidence française de l'Europe, Nicolas Sarkozy a réussi à faire adopter un pacte sur l'immigration s'inspirant de ces options. Mais sa mise en ?uvre reste à faire. Si cette politique est fortement contestée à gauche, en particulier la multiplication des expulsions d'étrangers en situation irrégulière, elle correspond aux engagements pris durant la campagne et semble recueillir l'assentiment d'une majorité de l'opinion. P. C.

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Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
je ne vois pas ce qui vous permet d'avancer que la politique des quotas d'expulsion "semble recueillir l'assentiment d'une majorité de l'opinion". je vous renvoie à un sondage IFOP réalisé début Avril pour la revue Acteurs Publics qui montre exactement l'inverse puisque près de 8 Français sur 10 condamne cette politique.J'attends votre réponse

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