Les entreprises italiennes et françaises se préparent pour la relève

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Les entreprises françaises ont multiplié les missions auprès du Conseil national de transition libyen. Les groupes italiens du pétrole et de la construction sont l'arme au pied.

S'il n'épargne pas ses efforts pour aider les entreprises françaises à participer aux travaux de reconstruction en Libye, Michel Casals, président de la chambre de commerce franco-libyenne, reste lucide : « La concurrence sera vive sur un marché au potentiel important. » La France se situe au 6e rang des partenaires commerciaux de Tripoli, avec 1 milliard de dollars d'exportations en 2010, loin derrière l'Italie, premier fournisseur de la Libye (3,43 milliards de dollars de marchandises vendues). Pour autant, les entreprises françaises se préparent activement à jouer un rôle important dans l'ère post-Kadhafi.

Avec le soutien de Bercy, la chambre de commerce franco-libyenne a d'ores et déjà, en juin et juillet, conduit à Benghazi une mission d'une bonne vingtaine d'entreprises françaises (dont Alcatel-Lucent, Bolloréeacute;, Total, Thales, Entrepose, EADS, Sanofi, Veolia, GDF Suez, Sidem et Denos) pour évaluer les possibilités de développer leurs activités avec le Conseil national de transition. Elles y ont rencontré des gens « très crédibles, d'un excellent niveau et avec une vision claire et réaliste » et sont donc « raisonnablement optimistes », même si les outils de paiement ne sont pas encore en place et la plupart des avoirs bloqués, explique Michel Casals.

D'autres missions sont prévues sur place dans les prochaines semaines, avec une priorité donnée à la remise en état de l'outil de production pétrolière et aux projets d'infrastructures. « La France a pris des positions politiques et militaires risquées, ce qui nous vaut un certain crédit, mais probablement pas jusqu'à nous faire bénéficier de contrats de gré à gré », souligne Michel Casals.

Les groupes italiens, traditionnellement très implantés en Libye, sont également déjà sur les rangs. Les titres d'entreprises comme Ansaldo STS, qui a signé un contrat pour développer la première ligne ferroviaire du pays, le pétrolier ENI, qui réalise 17 % de sa production en Libye, ou encore le spécialiste du BTP Impregilo se sont envolés hier à la Bourse de Milan. « Les accords pétroliers ont été confirmés, a précisé dimanche le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, les techniciens de Saipem (filiale ingénierie de l'ENI) sont déjà au travail depuis un certain temps pour remettre en fonction les installations. » Selon le ministre, « avec le retour de la paix, de grandes opportunités s'ouvriront dans le domaine de la santé et du BTP ».

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