France : le déficit de l'Etat grimpe en flèche

Le déficit de l'Etat grimpe en 2008 à 56,2 milliards d'euros, a annoncé ce vendredi le ministère du Budget. Il était de 34,7 milliards l'année précédente. A l'origine de cette hausse impressionnante, la baisse des recettes des deux impôts "les plus sensibles à la conjoncture", la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et l'impôt sur les sociétés.

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Le déficit de l'Etat français a fortement augmenté en 2008 à 56,2 milliards d'euros contre 34,7 milliards l'année précédente, a annoncé ce vendredi le ministère du Budget dans un communiqué. Soit au final une hausse de plus de 60% d'une année sur l'autre.

Le ministre du Budget, Eric Woerth, avait anticipé fin janvier l'annonce de ce chiffre qui représente une dégradation de 4,7 milliards par rapport au collectif budgétaire voté en décembre, l'attribuant "à la conjoncture" qui pèse sur les recettes fiscales.

Fin décembre 2008, les recettes nettes du budget général de l'Etat ont baissé de 11 milliards pour s'établir à 221,4 milliards d'euros contre 232,4 milliards un an plus tôt. Les dépenses ont en revanche augmenté de 7,6 milliards d'euros à 278,2 milliards d'euros.

La baisse des recettes fiscales

Eric Woerth avait souligné devant les députés de la commission des Finances que les baisses de recettes fiscales s'étaient "concentrées sur les deux derniers mois de l'année et sur les deux impôts les plus sensibles à la conjoncture, la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et l'impôt sur les sociétés".

La baisse des recouvrements de TVA est essentiellement due au "comportement des entreprises, baisse de l'investissement et déstockage" et non à la consommation des ménages, selon le ministre. En 2008, les rentrées fiscales de TVA ont diminué de 1,3% à périmètre courant, et celles liées à la taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP) ont chuté de 6,9%.

La diminution des recettes de l'impôt sur les sociétés est quanelle liée "à des provisions" passées par les entreprises touchées par la crise, selon Eric Woerth. En 2008, les recettes d'impôt sur le revenu ont augmenté de 3,4% à périmètre courant (à 51,757 milliards d'euros) mais celles de l'impôt sur les sociétés ont reculé de 3,3% (à 49,179 milliards).

Les dépenses de l'Etat ont en revanche augmenté de 7,6 milliards d'euros à 278,2 milliards d'euros, soit une hausse de 2,8% sur un an, soit le taux d'inflation moyen de la France en 2008, ce qui est conforme aux engagements du gouvernement. La progression des dépenses de l'Etat est due principalement à la charge de la dette, qui a bondi de 12,4% à périmètre courant.

Quel remède ? Hausse d'impôts ou baisse d'impôts ?

Le président de la Cour des comptes, Philippe Séguin, a lancé vendredi une mise en garde sur les baisses d'impôts, Nicolas Sarkozy ayant envisagé, pour relancer l'économie, une suppression de l'impôt sur le revenu pour les contribuables les moins favorisés, ou une annulation du deuxième tiers provisionnel que doit percevoir le fisc cette année.

"Crise, cela donne l'impression que c'est un mauvais moment à passer, qu'on va surmonter. En fait, on vit une maladie chronique, depuis une trentaine d'années, où on accumule les déficits", a dénoncé Philippe Seguin. "Chaque année, la première dépense du budget de la France, c'est le remboursement", a-t-il déclaré sur Canal Plus.

Le ministre du Budget Eric Woerth a assuré pour sa part qu'il n'y aurait pas de hausse des impôts pour compenser le déficit de l'Etat. "Bien sûr qu'il y aura une décroissance dans l'année 2009", et "bien sûr les déficits vont augmenter mécaniquement", a expliqué Eric Woerth sur LCI ce vendredi, précisant que "les déficits se creusent à partir du moment où les recettes fiscales rentrent moins bien". Mais "si on augmente les impôts, c'est la crise qu'on approfondit".

"L'idée, c'est qu'on investisse au maximum avec de l'argent public et que toutes les dépenses courantes soient des dépenses tenues [c'est-à-dire conformes au budget, sans dérapage, Ndlr]", a ajouté Eric Woerth, en référence au plan de relance. "Une fois la crise passée, on revient à un niveau de déficit presque structurel de la France de 2,5%, qui n'est pas acceptable et que nous devons continuer à diviser", a-t-il souligné.

Concernant les dépenses publiques, le ministre a jugé qu'il fallait "continuer à réduire le nombre de fonctionnaires", tout en faisant "augmenter leur statut individuel", notamment par "des revalorisations", en leur affectant "la moitié des économies qu'on fait quand on ne remplace pas un fonctionnaire sur deux".

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Commentaires 9
à écrit le 09/10/2009 à 13:41
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soyons fous !!! mais jusqu'où iront les différents gouvernements qu'ils soient de gauche ou de droite ? Quelle crédibilité vis à vis de l'Europe ! bravo la France

à écrit le 09/10/2009 à 13:41
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Le déficit se creuse, les dépenses augmentent: ce qui veut dire qu'on va dans le mur si des coupes sombres ne sont pas faites dans les dépenses publiques (fonction publique, ministres, etc... soyez les premiers à serrer les boulons (vos trains de vie...

à écrit le 09/10/2009 à 13:41
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Très bon article, mais on oublie souvent que la principale cause du déficit de l'état est la fraude fiscale. (cf : http://www.lefigaro.fr/impots/20070220.WWW000000288_chaque_annee_c_est_l_equivalent_du_deficit_budgetaire_de_l_etat_qui_est_detourne.h...

à écrit le 09/10/2009 à 13:41
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Supprimer les dispositifs de défiscalisation qui profitent à des minorités - La Réunion est peuplée de retraités, d'arrivistes et de tricheurs français qui bénéficient de privilèges fiscaux non justifiés. De surcroit il faudrai vérifier comment arriv...

à écrit le 09/10/2009 à 13:41
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En fait l Etat vit au dessus de ses moyens depuis bien longtemps, tant que nous n'aurons pas touché le fond la France fera des déficits. Pars ailleurs je ne crois pas a l'investissement public pour relancer la demande, a part suréquiper le pays de ro...

à écrit le 09/10/2009 à 13:41
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Lorsqu'une entreprise perd de l'argent, la direction réduit les dépenses, notamment les dépenses de confort. Les gouvernements de gauche comme de droite ont toujours vécu dans le paraître et l'opulence. Qu?avons nous besoin de tous ces avantages que ...

à écrit le 09/10/2009 à 13:41
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JE PERSISTE POUR QUE LA COUR DES COMPTES FASSE UN AUDIT DE L'ETAT ET DE L'ENSEMBLE DES STRUCTURES DEFICITAIRES PUBLIQUE ET PARA-PUBLIQUE. A LA SUITE DE CES AUDITS UN PLAN DE REMISE A NIVEAU DEVRA ETRE MIS EN PLACE ET CONTROLE PAR LA COUR DES COMPTES....

à écrit le 09/10/2009 à 13:41
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La dépense publique, c'est pas automatique.

à écrit le 09/10/2009 à 13:41
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Plus simple pour éviter un déficit Prenons exemple d'un pays balte qui réduit de 15 % la rémunération des fonctionnaires au minimum...

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