Réforme de la formation des enseignants : le gouvernement fait un petit geste

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Les ministres de l'Education nationale et de l'Enseignement supérieur ont apporté quelques aménagements à la formation des enseignants, mais sur le fond, la réforme reste inchangée.

Retouches cosmétiques sur le projet de réforme de la formation des enseignants, désormais au c?ur de la contestation universitaire. Xavier Darcos et Valérie Pécresse, respectivement ministre de l'Education nationale et de l'Enseignement supérieur, ont apporté jeudi soir quelques "aménagements" à leur réforme.

Le texte prévoit d'étaler sa mise en place de 2009 à 2011, soit un an plus tard que prévu initialement. Par contre, le gouvernement refuse toujours de reporter d'un an la première année des nouveaux concours, comme le demandent les présidents d'université.

La mesure phare de la réforme de la formation des enseignants reste la "masterisation". Jusqu'à maintenant, seule une licence (bac+3) était nécessaire pour passer les concours de l'Education nationale, désormais, les aspirants professeurs devront être détenteurs d'un master (bac+5 minimum).

La nouveauté apportée par le gouvernement hier, c'est que les modalités de ce processus de "masterisation" vont prendre un "caractère transitoire". En clair, elles ne prendront pleinement effet que lors de la session 2011 des concours.

Dans le domaine des stages, le gouvernement fait encore un effort et propose des stages d'observation et de pratique accompagnés de 108 heures lors des deux années de master, avant le concours. La mesure pourrait concerner 100.000 étudiants et le gouvernement assure que les stages seront rémunérés. Il s'agit là d'un geste en faveur des enseignants, qui dénoncent l'abandon de l'année de stage actuellement obligatoire pour tous les futurs professeurs.

Ces petits gestes ne dénaturent pas le fond de la réforme de la formation des enseignants, qui se concentre sur la "masterisation" de leur parcours ainsi que la suppression des IUFM (instituts universitaires de formation des maîtres), qui assuraient jusqu'alors la formation des professeurs en France avec une alternance de stages et de cours.

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Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Je le vois de loin car je ne suis pas directement concerné mais il me semble que deux choses posent problèmes :
1 - bac+5 pour etre prof de lycée, je sais pas s'il y aura beaucoup de candidats. A bac+5 on peut quand même prétendre à des métiers plus rémunérateurs. Donc un risque de disparition des "bons" éléments dans le privé.
2 - Disparition de l'IUFM. Ca veut dire qu'apres avoir passé 5 ans à la fac, dans un cocon, l'enseignant va se retrouver sans aucune notion de pédagogie, confronté à une classe et à devoir gérer des rapports humains alors qu'on ne lui aura pas appris à le faire.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Bon courage parce qu'aller jusqu'en master pour enseigner en collège ou en seconde il faut vraiment en vouloir.

Un ex-prof aujourd'hui dans le privé.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
quelle bizarrerie quand même que ce bricolage...le pire c'est qu'ils doivent bien s'apercevoir qu'ils sabotent les formations et donc la capacité d'être de bons enseignants!!un futur enseignant!
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Tiopépé, bac+5 ce n'est pas seulement le minimum proposé pour les profs de lycées mais aussi pour ceux des collèges et des écoles ! Et ce sera surement plus quand on sait qu'aujourd'hui vu le nombre de postes bcp le passent 4 fois voire plus avant d'abandonner.... Il faudra 5 ans pour uniquement avoir le droit d'échouer 4 fois avant d'abandonner en bref.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Attention! Bac + 5 n'est absolument pas la garantie d'un bon revenu! De plus, à ce que j'en connais, le rémunérations pour les enseignants ne sont pas aussi basses que certains voudraient le faire croire, en dehors des débuts de carrière. Je connais pas mal d'enseignants qui, en privé, reconnaissent volontiers qu'il ne sont pas à plaindre. Cessons donc l'hypocrisie à ce sujet.

Demander à ce que les enseignants aient un niveau plus élevé me paraît justifié, d'autant que le niveau des diplômes s'est sérieusement dégradé au cours des 3 dernières décennies...
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Bonjour,

Les IUFM ne vont pas disparaître mais être intégrés totalement aux universités.
Ca fait une différence non négligeable non ?
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
C'est normal que le niveau des enseignants soit soumis à évaluation---cela permettra de réhausser le niveau lamentable des enseignés!!! au 21ème siècle ?
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Bonjour, je suis professeur de français dans le secondaire, jeune professeur puisque j'étais l'année dernière stagiaire à l'iufm, je suis donc dans ma première année de titularisation. J'écris ici contre la masterisation de l'iufm et pourtant...je me suis beaucoup plaint l'année dernière de l'iufm, je trouvais qu'il y avait beaucoup de choses à améliorer. Mais je ne vois pas dans la suppression de l'année de stage une amélioration, au contraire, le noyau même de cette formation va être balayé alors que c'est autour de lui que le stagiaire pouvait véritablement découvrir un métier de plus en plus difficile. Cet allègement de l'emploi du temps lui permettait de construire et de penser la mise en forme des cours sans se précipiter, en prenant le recul nécessaire et en soignant son travail. La masterisation va créer de graves problèmes aux futurs enseignants qui seront rapidement surchargés par les 18 heures de cours et la préparation ( travail gigantesque !) qu'ils imposent, qui n'auront aucune visibilité (comment construire des séquences qui supposent une préparation en amont et en aval pour la lecture cursive ( français) par exemple): cette masterisation va donc créer de graves problèmes pour les élèves qui (sont déjà assez difficiles à canaliser et à intéresser!) ne bénéficierons pas de l'expérience d'un jeune titulaire qui aurait déjà fait ses armes dans les conditions avantageuses et nécessaires d'une année de stage mais qui subiront les difficultés (insurmontables) que rencontreront les futurs titulaires d'un point de vue didactique, pédagogique, disciplinaire etc...

Tout ce qui se pense clairement s'énonce clairement disait Boileau, la confusion qui règne autour de ce projet devrait donc inciter "le lettré Darcos" à repousser sa réforme pour mieux la préparer.
Cordialement...
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
"Il s'agit là d'un geste en faveur des enseignants"... jusqu'ici les enseignants étaient rémunérés dès leur deuxième année de formation, soit après l'obtention de leur concours à l'issue de la première année.
Aujourd'hui, le ministère parle de rémunération d'étudiants en Master 2, en stage pour 108 h, à hauteur de 2.000? sur l'année !!!!
Qu'on explique à qui profite "ce geste en faveur des enseignants stagiaires" !
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
précision pour "carpatrick". Bac+5, ne garantie même pas un emploi !! Alors tant qu'a avoir recruter des enseignants, autant les prendre dans les strates les plus dîplomé. Ca serait le monde à l'envers que la fonction publique se prive de compétences, et que ceux qui ont le plus étudié, se fasse doubler par ceux qui ontun peu moins appris. Et puis entre la licence (bac+3) et le master (bac+5), on a enfin, une vrai selection sur laquelle on peut se fier : c'est une selection sur dossier. tout ceux qui ont eut les meilleur résultats passe, les autres, non. On devrait carrément faire cette selection dès le bac, puis une autre aprés les deux première année de fac. En réorganisant les cursus pour que ceux qui ne passent aux echelons superieur ait un diplome qui compte... parce qu'avant le bac +5, on apprend que des généralité. N'est ce pas stupide d'attendre si longtemps ?
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Alors, on payera plus les profs pour garder des bons : moins de profs pour le même coût, c'est gagné
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Comme les médecins, les enseignants sont là pour nous sauver de l?ignorance comme ils nous sauvent la vie. Les enseignants ont une responsabilité en vers la nation car aujourd?hui ils garantissent le savoir-faire et savoir-être de nos citoyens. Les repères sont tronqués et le fondamental est presque lancinant. Une minorité, comme dans chaque corporatisme, prend fait et cause et agit afin d?assurer leur pérennité (non justifiée) en maintenant la majorité dans la médiocrité. C?est le paradoxe de notre société française de fonctionnaire. Il est urgent que la majorité des vrais enseignants prennent le flambeau pour défendre la liberté de se mettre en question et penser autrement que de contester systématiquement avec des méthodes archaïques. Cela va de votre crédibilité et de votre avenir. D?autres pays autour de nous ont déjà compris l?enjeu de cette belle institution. Un peu d?imagination sans contestation ferait du bien à tout le monde.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Quelle confusion !! Des réformes sans concertation, des déclaration à l'emporte-pièce, des conflits sociaux que l'on laisse s'éterniser. Puis, après des semaines de pourrissement, des reculades, des tergiversations, des positions ambigües, incompréhensibles. Du coup, on ne sait plus du tout à quoi va ressembler l'avenir. J'ai vraiment envie de poser la question : Y a-t-il encore un pilote dans l'avion ?
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Un des buts de la réforme était d'avoir des enseignants mieux formés. Pourquoi avoir voulu supprimer le stage (quelque soit le domaine, il permet de devenir opérationnel plus rapidement)? Je ne suis pas expert dans le domaine. Ce que tout le monde peut voir c'est le manque de résultats (comparaisons études internationales) et le conservatisme des enseignants (aucune volonté de changement de la structure même du système éducatif Français) qui se traduit par une opposition systématique. Comment dés lors juger du bien fondé de leurs griefs? Même le gouvernement Jospin s'y est cassé les dents, si ça n'est pas du corporatisme...
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Salut sceptique, je m'intersee beaucoup a lenseignement privé, peut on prendre contact ? Mail par exemple ?
Merci d'avance.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Vu de l'intérieur, l'annonce ne fait qu'envenimer les choses ! Je suis formateur à l?IUFM et je ne trouve pas drôle de voir les mouvements de grève se renouveler en permanence dans cette maison, mais nous n?avons rien d?autre pour manifester notre indignation.
L?inquiétude est encore plusi grande dans les IUFM pour tout le monde : étudiants, stagiaires, formateurs, personnels. Le communiqué de presse est un effet d?annonce (encore un !) qui veut faire croire à une reculade.
En fait, il ne fait que redire la réforme prévue point par point (masterisation, réduction drastique du stage en responsabilité qui serait limité à 108 heures au lieu de plus de 300 actuellement, suppression du statut rémunéré de PE2/PLC2,?). De plus, rien n?est dit sur les IUFM, il faut donc comprendre qu?il ne s?agira pas de transition, mais d?une fermeture dès Septembre.
Rien que du mépris et de l?huile sur le feu !
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Que de gachis et d'incompréhension! Beaucoup de jeunes ne savent plus ce que vaudront leur diplôme. Comment peut on être ministre ou secrétaire d'état avec aussi peu de pédagogie. Un parent qui ne comprend rien à ces réformes.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Bon ça dégraisse la? Un régime faut s'y mettre et ensuite tenir la distance. Si les socialistes repassent la prochaine fois ce sera à nouveau la route de l'obésité, avec toutes les complications associés.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Mieux payer les profs devient une nécessité surtout quand on voit leur dégaine !! Et c'est soit disant eux qui doivent donner envie à nos enfants de bosser ... et bien on est mal barré avec tout ça !!

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