Jean-Michel Severino : "notre survie passe par un autre développement du Sud"

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Chaque jour, cet été, nous interrogeons un grand témoin de l'actualité sur sa vision de l'après-crise. Aujourd'hui, pour Jean-Michel Severino, les exportations ne doivent plus être privilégiées au détriment des salaires et de la consommation intérieure.

La crise a révélé de nombreux dysfonctionnements dans la finance et l'économie. Pensez-vous que l'on en tire les leçons aujourd'hui ?

Il n'est pas encore tout à fait clair que les leçons de la crise soient réellement tirées. Les cinq milliards d'habitants des pays en développement ou émergents constituent l'angle mort de notre analyse de cette crise économique mondiale. Ils occupent et façonnent pourtant notre planète d'une manière radicale, et c'est peut être là qu'il faut chercher les racines de la situation actuelle. Cette crise s'explique finalement davantage dans les déséquilibres macroéconomiques entre l'Europe et les Etats-Unis et le monde émergent que par les bonus des traders. Pendant 50 ans, nous avons en effet convaincu les pays en développement qu'une croissance rapide passerait nécessairement par les exportations et la conquête de nos marchés. Cette stratégie était sans doute cohérente lorsque le rapport des populations du Nord et du Sud était de l'ordre de 1 à 3. Elle ne l'est sans doute plus aujourd'hui avec un rapport de 1 à 5 et a fortiori demain lorsque ce rapport sera de 1 à 8. Pour l'heure, cette politique s'est surtout traduite par une accumulation d'excédents dans les pays émergents et de déficits dans le monde industrialisé, qui a été le moteur de la financiarisation de l'économie et source de tous les excès des intermédiaires financiers, contraints de placer à tout prix des liquidités surabondantes sans grande rationalité économique. Elle se paie dans le monde en développement par un fort ralentissement de la croissance, mais aussi par une profonde baisse de la crédibilité des pays du Nord et de leurs recommandations.

Pensez-vous que la crise va permettre à de nouveaux modèles de développement de s'imposer ?

Il est clair qu'il existe d'autres façons de gérer les excédents que de les placer sur les marchés financiers. D'une certaine manière, la Chine a commencé le recyclage de son épargne en investissant massivement en Afrique ou dans nos industries via les fonds souverains. Mais cette crise interpelle de façon très concrète les gouvernements et les institutions internationales sur les modèles de développement. La première conséquence que l'on peut imaginer est sans doute un recentrage de la croissance économique sur la dynamique des marchés intérieurs, ce à quoi même le Fonds Monétaire International appelle aujourd'hui. Autrement dit, amorcer un rééquilibrage entre les différentes sources de croissance, en arrêtant de privilégier systématiquement les exportations au détriment des revenus réels et la consommation intérieure.

Cela veut-il dire moins de mondialisation ?

Il faudra savoir entrer dans un monde plus raisonnable, plus équilibré et surtout plus centré sur la demande de plus de 80 % de la population mondiale. C'est bien là que se trouve à la fois le plus fort potentiel de croissance, y compris pour nos économies, et la meilleure voie possible pour une sortie de crise durable. Cela ne signe pas pour autant un retour du protectionnisme ou un repli sur soi. Les échanges entre nations demeurent primordiaux mais il n'est pas sain de voir un commerce international croître trois fois plus vite que la croissance économique. Bien entendu, les exportations resteront un élément important pour la croissance, mais elles ne devront plus mobiliser l'essentiel des efforts. La réduction des déséquilibres dépendra notamment de la capacité de la Chine à doper sa consommation intérieure ou de celle de l'Afrique, dont la population croit de 3 % l'an, à capter une partie supplémentaire de l'épargne mondiale.

Peut-on espérer une réduction de la pauvreté dans le monde d'après crise ?

Il faut être lucide. D'ici la fin de siècle, rien ne permet d'espérer une égalisation des conditions de vie sur la planète. Nous aurons toujours de grandes disparités et d'immenses bassins de misère, et ceci même si la croissance des pays en développement est vive et la pauvreté recule, ce qui est par ailleurs très vraisemblable. Il faut accepter ce constat et en tirer deux conséquences. La première est de revoir toutes nos politiques économiques pour économiser les ressources naturelles en favorisant l'intensification urbaine et productive, en valorisant l'univers du renouvelable et en diminuant notre intensité énergétique pour faire davantage de place à la vaste majorité de l'humanité localisée dans les pays en développement. La seconde serait d'organiser une redistribution globale des richesses, qui pourrait ressembler dans son esprit à une sécurité sociale, pour gérer au mieux les poches de pauvreté. Des filets de protection existent déjà, comme la contribution du Nord au budget climat du Sud, mais dans le désordre et la confusion. Prenons garde à ce que les écarts de richesse et les gaspillages ne soient pas trop importants. Il en va de notre propre survie, et de celle des modèles politiques qui nous sont chers. Il faut toujours se rappeler que nous vivons dans un monde où la démocratie n'est pas la fin de l'histoire, mais un combat permanent.
 

Bio express : Inspecteur général des finances, Jean-Michel Severino est depuis 2001 en charge de l'AFD, pilier central du dispositif français d'aide publique au développement. Il a auparavant exercé des responsabilités à la coopération et à la Banque mondiale. Membre de la Fondation Jean-Jaurès, il publie régulièrement ses analyses et a lancé, en 2007, un blog, Idées pour le développement, aux côtés de nombreuses personnalités, dont Pascal Lamy et Abdou Diouf.

Lundi, suite de notre série avec l'interview de Michel Aglietta

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Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
S'il y a une telle différence entre les pays occidentaux et le reste du monde c'est avant tout qu'il y a une culture du travail inscrite dans les mentalités occidentales depuis des siècles... Cette façon de penser n'est pas mise en valeur partout dans le monde... Par exemple si les Etats-Unis sont devenus la première puissance mondiale ce n'est pas à cause de sa superficie, ni du nombre de sa population mais avant tout parce que les Etats-Unis ont été peuplé de gens qui ont fuit La famine. L'Europe a une culture du travail ancrée dans les mentalités, il n'y a qu'a voir le nombre de monuments historiques qu'elle contient. Si l'Inde et la Chine émergent c'est depuis que la valeur travail est ... valorisée..
Il sera quand même plus difficile pour un pays comme le Mali d'accéder au développement que pour d'autres pays du même continent parce que la répartion des richesses naturelles est inégale. Je pense que notre survie passe par une vérification de ce sur quoi nos investissements sont basés, on a trop longtemps investi dans des opérations au seul regard des performances financières d'où le développement des chaînes de Ponzi au détriment d'investissements dans opérations basées sur des ralisations qui sont le fruit d'un travail bien réel, on a trop longtemps pensé que la finance s'autogénérait or Ce qui est valable pour la monnaie est valable pour tout le reste il faut une contrepartie matière, les postes du passif doivent correspondre aux postes de l'actif du bilan pour toute entreprise sinon forcément çà crée un déséquilibre qui déchouche sur une crise....
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Quand JM Severino dit : "La première est de revoir toutes nos politiques économiques pour économiser les ressources naturelles en favorisant l'intensification urbaine et productive, en valorisant l'univers du renouvelable et en diminuant notre intensité énergétique pour faire davantage de place à la vaste majorité de l'humanité localisée dans les pays en développement", il manque totalement de lucidité. En effet, le rapport de force n'est plus en notre faveur. Avec une croissance exponentielle de la population africaine de 3% par an et plus encore dans des pays comme le bangladesh, il faudrait économiser notre consommation de ressources naturelles de plus de 10% chaque année, ce qui est impossible puisque des pays comme la France ont également une croissance exponentielle de la population ! Et notre survie passe par un autre développement du Sud et du Nord en régulant de façon drastique la démographie mondiale. Nous avons cette liberté qui est le choix de la vie ou plutôt de la survie.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
C'est bien beau de détourner le problème
Quel est le partage des richesses et des privilèges France ?
Il y a combien de fils de et de filles de
dans les filières du cinéma ( certains brouillent les cartes en portant le nom du père ou de la mère moins connu(e) )
ont ils du talent et du génie , ces deux facteurs sont ils héréditaires !
1% des ménages détiennent les 90 % du patrimoine !
La plupart des français touchent des salaires de misère , mais par contre ils sont pour la plupart assistés !
alloc logement , alloc familiales , alloc rentrée et j'en passe !
un travail doit donner un revenu correct ; nous n'avons pas besoin de toutes ces aides !
Laissez nous vivre debout !
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Et après...
C'est encore un constat...
Et encore un inspecteur général des finances, une des élites qui nous dirigent: une de plus...
Le même type de Fonctionnaire FMI que Joseph Stiglitz dénonce dans son livre la « Grande désillusion ».
Comment peut-on écrire cela "D'ici la fin de siècle, rien ne permet d'espérer une égalisation des conditions de vie sur la planète." et occuper les responsabilités qu'il occupe.
Ah le fameux « responsable mais pas coupable », aussi dans le font responsable de pas grand-chose si ce n?est des émoluments qui vont avec le Titre de Haut Fonctionnaire.
Si l?on est certain que les jeux sont faits, alors on agit comme Joseph Stiglitz: on quitte le navire.
Concernant le devenir de notre humanité, nous ne sommes pas capables de dire de quoi sera fait demain. Demain qui sera peut être comme hier: alors dans un siècle?
Il y a l?intime conviction, il y a des faisceaux de présomptions mais qui sont autant de raisons pour aller de l?avant.
La posture de la Chine est de croitre: coûte que coûte (8% mini pour agglomérer les nouveaux actifs).
Aussi si la Chine doit préserver sa croissance en exportant, la Chine continuera à exporter.
Et les excédents seront utilisés par la planète finance pour nous permettre entre autre en occident de vivre au dessus de nos moyens. Et ses excédents fourniront les munitions pour les futurs spéculateurs sans scrupules.
La Chine délocalisera vers l'intérieur pour probablement continuer à préserver un coût du travail attractif et pour exporter. Ceci aura peut être un impacte sur les importations si ces nouveaux actifs consomment. Mais je gage que la Chine cherchera son intérêt propre en privilégiant les joint ventures. Ou les produits strictement Chinois seront consommés par ces nouveaux actifs de la croissance absolue Chinoise.
Quel levier avons-nous?
Aucun concernant les Etats Unis.
Ils ont un tel besoin de cash que le secret bancaire Suisse va disparaitre. Alors imaginer que les USA remettrait en cause les accords tacites en cours et qui vont perdurer, c'est faire preuve d'une énorme naïveté. Le yuan restera comme il est, encore longtemps.
Et enfin sur le plan des ressources finis.
Comment peut-on envisager de donner une bagnole à chaque Chinois, Indien, et Africain.
Et pourtant c'est ce à quoi nous aspirons: préserver un modèle de croissance absolue jusqu'à la dernière goutte de tout.
Et l'Europe dans tout cela.
Je m'attends à lire un politique, un philosophe, un scientifique qui nous dépeindrait sa vision d'une Europe Politique, Sociale, Economique, se recentrant sur des valeurs locales et commune bien au delà de ses frontières à définir.
Une Europe qui serait rayonnante dans le monde.
Une Europe des raisons d?aller de l?avant et d?entreprendre pour ce qui est fondamental et durable : l?humain et la vie.
Tous ceux qui ne parlent que des deux rives du Pacific se complaisent dans des déséquilibres qui nous conduiront probablement au chaos dans une "montée inexorable aux extrêmes" : ce monde là est absolu dans un environnement relatif.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :

Les déséquilibres Nord-Sud mentionnés sont essentiels dans le traitement des problèmes fondamentaux de la planète que les pays auront à traiter dans les années qui viennent sauf à conduire à des catastrophes. Mais je ne suivrai pas complètement l'auteur quand il dit que cela a déjà été la cause profonde de la crise ouverte depuis août 2007.

Le déficit extérieur US remonte aux années 60 : il faut se rappeler la fin des années 70 où chaque semaine les marchés se demandaient si les Japonais achèteraient bien tous les bons du Trésor américains nécessaires pour couvrir le déficit public: les Japonais étaient les Chinois de l'époque ! Les déséquilibres entre grandes zones économiques ne sont ni nouveaux ni près de se tarir - même s'il est indispensable d'en réduire l'ampleur par des actions de fond comme le préconise M. Severino.
L'ampleur de la crise actuelle vient des turpitudes de la finance occidentale avec la course à des rendements globalement intenables des fonds propres (plus de 15 % exigés d'abord des sociétés cotées; exigence se diffusant rapidement et touchant même les grands groupes mutualistes) par les délocalisations industrielles et dans la finance par l'emballement des crédits par leur titrisation, l'explosion du compte propre sur des produits dérivés ... C'est un peu comme pour le pétrole et les matières premières : des déséquilibres entre l'offre et la demande apparaissent bien dans l'économie réelle et sont bien la cause profonde d'un changement de leur valeur. Mais au lieu d'avoir des systèmes intelligents de gestion coopérative et durable de la question, nos pays développés y propulsent nos salles de marchés et leur cortège de spéculation. Et les études de tout bord de dire que la spéculation n'est pas la cause des très fortes variations des cours; tout juste si elles reconnaissent qu'elle ont en ont quelque peu amplifié l'importance .Or sans position purement spéculative le pétrole ne serait jamais passé de 60 $ à 145 pour retomber à 40 en moins de deux ans.

Notre première contribution au traitement des disparités Nord-Sud et aux dysfonctionnements de toute nature constatées partout serait de ramener la finance à la raison. Bon serviteur elle est un mauvais maître.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Sans doute la meilleure analyse parue depuis le début de cette série, par sa lucidité et sa hauteur de vue. Bravo Monsieur Severino de nous rappeler que si petit qu'il soit, le monde est plus grand que celui des divers financiers nombrilistes qui se sont exprimés ici avant vous.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
SUD NORD : Je n'ai rien vu sur le développement du micro crédit ni de l'effacement de la dette du tiers monde. Pourquoi ?
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Comparer la chine d'aujourd'hui et le japon d'il y a 40 ans c'est grotesque.
Comparer le monde bipolaire d'il y a 40ans, et ce brouillon global et relativiste dans sa composante majeur (l'information) c'est puéril.
Au sortir des trente glorieuses on voyait se dessiner les prémisses d'un futur 1929 que nous subissons aujourd'hui: sans aucun doute.
Ce 1929, sans tous les artifices économiques utilisés depuis 40ans, aurait eu lieu probablement bien avant: sans doute.
Mais je pense malgré tout que ce que nous vivons aujourd'hui est tout simplement unique dans l'histoire des civilisations modernes.
De par la conjonction de tous les possibles au même instant, l'avenir n'a jamais été aussi précaire. Et pourtant il n'a peut être jamais été également aussi passionnant.
Car nous n'avons d'autre choix que d'imaginer une croissance radicalement à l'opposé de ce qu'elle a été jusqu'à présent. Formidable raison d'entreprendre. Tous ceux qui bourssicotent aujourd'hui, spéculent sur un futur qui n'existe déjà plus.
Notre futur est pour l'instant une équation complexe qui génère malgré nous de l'entropie, et nous sommes tous dans l'expectative. Des spécialistes prospectent. Les plus sérieux se contentent d'analyser et de s'interroger sur l'avenir. Certain espèrent.
Mais tous soyons modeste: demain est une grande inconnue. Ce qui est sans aucun doute la seule constante vraiment commune à toutes les époques.
Moi je suis naïf: peut être.
Je pense que nous dégagerons d'une citoyenneté Européenne ce leadership que ce brouillon attend avec impatience.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Ramener la finance à la raison, tant que l'on considérera l'argent comme un but et non comme un moyen, rien ne changera.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Beatus Vie,
Vous avez, en quelques mots, parfaitement exprimé ( et probablement mieux que je ne l'aurais fait moi-même ) ce que j'ai ressenti à la lecture des très pertinentes réponses que M.Michel Sévérino a apportées aux questions posées par M.Eric Benhamou.
Soyez en chaudement remercié !
Antoine GED
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Le commentaire que j'avais adressé à La Tribune sur le présent article dans l'après-midi ne s'est pas affiché. Délai normal ou fausse manoeuvre de ma part ? Dans le doute, je préferre vous redire ici tout le bien que je pense de l'appréciation portée par M.Beatus Vie en ce qui concerne les propos tenus par Jean-Michel Sévérino dans ces colonnes en réponse aux très pertinentes questions posées par Eric Benhamou.
Sachez que j'en approuve tous les termes et que je trouve, moi aussi, rafraichissant de constater que l'on peut fort bien parler de la crise que nous traversons en ce moment sans verser dans ces niaiseries à connotation pseudo-financière dont nous ont souvent abreuvés les soi-disant experts qui l'ont précédé et qui n'ont d'experts que le qualificatif qu'ils veulent bien abusivement s'octroyer à eux-mêmes. Leurs propos abscons n'apportent strictement rien à la compréhension de la crise que nous traversons et nous laissent, pauvres victimes impuissantes que nous sommes, dans le plus total désarroi et la plus complète et vaine déréliction.
Antoine GED
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
A vous, nos brillants économistes,

Rappel liminaire :

A l'âge de dix ans, dans le grenier de la maison de mon père, radiologue à Parthenay ( Deux-Sèvres ) j'ai découvert, j'ai lu et j'ai relu cent fois cet ouvrage fondamental de Claude Bernard qui a nom : " Introduction à l'étude de la médecine expérimentale ".

Et, pour qui se mèle d'élaborer une théorie, j'ai appris que l'on doit d'abord partir des faits, qu'alors seulement on est en mesure d'en induire une théorie générale explicative mais que cette théorie générale explicative on doit alors avoir l'humilité de la vérifier dans les faits avant de la proclamer pour vraie.

Or vous, pratiquement, que semblez-vous faire ?

Vous semblez vous contentez d'aligner des mots, de les mettre grossièrement les uns au bout des autres et vous prétendez alors avoir apporté une contribution novatrice à la compréhension des phénomènes économiques !

Eh bien, je dis : Non ! Claude Bernard nous a enseigné que ce n'est pas ainsi qu'il convient de procéder !

Souvenez-vous :

" On part des faits ; on en induit une théorie générale explicative ; et on la vérifie ensuite par les faits ! "

Je crois sincèrement que si vous prenez la peine d' appliquer à l'étude des phénomènes économiques la méthode expérimentale édictée par Claude Bernard, alors vous ne vous égarerez plus dans de futiles, vaines et stériles considérations.
Peut-être alors découvrirez-vous les vraies lois économiques qui régissent notre univers.

Cest ce que le monde entier attend de vous.
C'est aussi ce que, personnellement, j'espère et j'attends.

A vous lire, très bientôt,
Antoine GED
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
une des meilleures analyses faites sur ce site, cependant, ce penseur n'ose pas franchir le pas en indiquant qu'il sera peut être nécessaire de passer par du protectionnisme- un vilain mot dans la pensée unique des pseudos experts-conseillers qui réfléchissaient jusque à et régissaint ce monde- mr severino esquisse un timide 'il n'est pas bon que le transport de biens croissent 3 fois plus.... en bref on appelle cela du protectionnisme, les échanges doivent donc diminuer. quand on vous diit qu'exiger des fraises en décembre n'est pas bon, c'est d'une part brider la liberté de chacun d'une part et d'autre part diminuer les importations de ces produits. enfin n'est qu'esquissé le fait que le pouvoir change de main et que l'europe, un peu le ventre mou de l'europe devrati prendre ses responsabilités au niveau mondial, que les états unis ne sont plus la grande puissance mondiale que l'on a connu-le déclin ayant commencé au vietnam et se poursuit par son incapacité ou son manque de volonté à régler les problèmes, tant au moyen orient, qu'en irak et en aphganistan, son armée étant comme l'union soviétique incapable
de venir à bout de combattants locaux censés être beaucoup moins bien équipés et entrainés. ce qui retire beaucoup à sa crédibilité en général. d'autre nations qui ont des ambitions mondialistes, comme la chine ou la russie pour défendre leurs propres intérêts sont donc la et commencent à frapper à la porte, elles subissent de plein fouet la crise provoquée par un système bien sur généralisé au monde entier mais généré, promu, labellisé dirai je par les état unis, d'où est parti la crise qui touche tous les pays et qui fait que certains dans le tiers monde ou le monde émergent finissent par penser que finalement l'iran, a finalement raison de traiter cette grande nation de "grand satan".
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
@La Tribune
Cette série est très riche, avec des interventions qui se complètent, et parfois se contredisent - et malheureusement quand même dans l'ensemble assez peu de mesures concrètes recommandées. Vous devriez aussi laisser la parole à qualqu'un comme Frédéric Lordon: son analyse d'ensemble de la crise est extrêmement convaincante et il propose des solutions, parfois radicales, mais qui font vraiment progresser la réflexion. En plus il parle tout sauf la langue de bois et a un sens de la formule rafraîchissant.
Il serait intéressant et utile pour nous autres lecteurs béotiens que vous fassiez l'effort d'une synthèse de l'ensemble de la série.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Chers Vous, les journalistes de La Tribune,
Tout comme Coralie, j'espère pour bientôt cette lumineuse synthèse que nous attendons tous avec tant d'impatience.
A vous lire prochainement dans ces colonnes,
Antoine GED
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Chère Coralie,
Tout comme vous, j'attends maintenant des journalistes de La Tribune qu'arrivés au terme de cette série si riche et foisonnante ils s'essayent à nous fournir cette lumineuse synthèse de tous les points de vue qui se sont exprimés dans ces colonnes sur le thème de cette angoissante crise que nous traversons aujourd'hui.
J'ai l'intime conviction que la vérité est polymorphe, qu'aucun d'entre nous n'en détient seul la clef, et que c'est grâce à une judicieuse combinatoire de toutes les analyses ici formulées que nous pourrons atteindre à cette lunimeuse synthèse que vous, tout comme moi, vous attendez.
Antoine GED
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Chers lecteurs de La Tribune,

Je vous prie de trouver ci-après, la synthèse que m'ont inspiré, ce soir, vos divers analyses et commentaires :

A) Les symptômes de la crise :

- Cette crise n'est pas de nature cyclique.
- L'origine en est l'excès de liquidités largement entretenue par les autorités monétaires américaines et dont l'élément déclencheur a été l'incapacité pour les ménages à rembourser les prêts immobiliers colossaux qui leur avaient été accordés ( Cette crise est plus connue sous le nom de crise des subprimes ).
- Ce phénomène a été accentué par l'insuffisance des fonds propres des banques américaines en regard du montant des prêts accordés à leur clientèle.
- Des dérèglements financiers liés à un excès de création monétaire ont conduit, en outre, les pays en voie de développement à accumuler d'énormes excédents et à placer, sans grande rationalité, ces liquidités surabondantes sur les places du monde industrialisé ce qui notablement contribué au très net ralentissement constaté dans le rythme de croissance de leurs propres économies.
- Mais l'élément nouveau est, sans conteste, l'émergence d'un risque majeur, le risque écologique lié au réchauffement climatique qui menace notre planète.
- On aura, accesoirement, pu noter que les efforts déployés pour contrer ces phénomènes s'est traduit par un renforcement très net des interventions directes des Etats.

Le diagnostic :

- Selon toute évidence le modèle néolibéral qui régentait nos économies a tourné court.
- La crise confirme que le capitalisme est incapable de se réguler lui-même d'une façon qui soit socialement et moralement acceptable.
- Sa manifestation la plus tangible a été de financer des ménages sans s'assurer de leur capacité à rembourser leurs emprunts dans des économies devenues très dépendantes de l'immobilier.
- La crise a, par voie de conséquence, fait naître une demande forte de régulation, de protection, de solidarité, de qualité, de vision à long terme de la part des populations qui appellera sans nul doute un retour de l'Etat.
- Si les Etats ne parvenaient pas à remettre rapidement de l'ordre dans cette gouvernance mondiale, alors de nouvelles crises pourraient réapparaître avec, comme risque ultime, un retour du protectionisme et de ses effets dévastateurs.
- Il semble bien que nous soyons aujourd'hui en panne de projet et donc incapables de susciter l'immense mobilisation collective qui serait nécessaire pour fournir une alternative crédible au mode de fonctionnement actuel de nos économies sans toutefois remettre en cause la doctrine libérale qui en est le fondement.

Les mesures préconisées :

- Il apparaît qu'on ne peut faire confiance à la concurrence financière pour produire un système efficace et que les marchés ne peuvent régler à eux seuls tous les problèmes de la société et de l'économie.
- Il apparait donc urgent de mettre en place les organes d'une régulation mondiale.
- Les pistes de réflexion, en ce qui concerne les pays émergents ( 80 % de la population mondiale ), pourraient être les suivantes :
- Recentrer la croissance économique sur la dynamique des marchés intérieurs.
- Cesser de privilégier systématiquement les exportations au détriment des revenus réels et de la consommation intérieure.
- Valoriser l'univers du renouvelable.
- Diminuer l'intensité énergétique.
- Redistribuer plus équitablement les richesses.

Conclusion :

- La crise que nous traversons devrait marquer le retour de la communauté contre l'individualisme, de la logique de l'Etat contre les intérêts particuliers, du développement durable contre la croissance forte, du politique contre le tout économique.
- Il nous faudra donc inventer un contre-modèle de développement prenant davantage appui sur une ressource naturelle qui, elle, est inépuisable : les ressources humaines car d'elles dépendent essentiellement les performances des entreprises et des territoires.
- Un nouveau monde est inéluctable.
- La crise que nous traversons est, peut-être, une immense chance de réaliser les réformes que nous n'avons pas pu faire dans la société d'abondance.

antoine GED

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