Grand emprunt : la commission choisit un recours exclusif aux marchés

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Dans un entretien à Direct Matin ce mercredi, Michel Rocard, co-président de la commission chargée du grand emprunt, annonce finalement que les Français ne seront pas sollicités pour récolter les 35 milliards d'euros.

Nouveau rebondissement dans la mise en place du grand emprunt. Dans un entretien au journal Direct Matin, le co-président (avec Alain Juppé) de la commission chargée d'établir les grandes lignes du projet, Michel Rocard, annonce que les 35 milliards d'euros qui seront récoltés seront souscrit exclusivement auprès des marchés et non du grand public.

Ce grand emprunt national devait au départ être souscrit, au moins en partie, auprès des Français.

"Nous lèverons tout auprès des marchés, sans doute en deux fois, mais avec une sélection de secteurs", déclare-t-il dans l'entretien, écartant de facto le recours aux particuliers. Selon lui, "pour lever auprès des particuliers, il faudrait les allécher, ce qui coûte plus cher. Ça ne vaut pas le coup".

Sur les 35 milliards, 20 à 22 milliards d'euros devraient donc être levés sur les marchés, le gouvernement ayant déjà annoncé qu'il affecterait aussi à cet emprunt les 13,4 milliards d'euros remboursés par les banques aidées par l'Etat au moment de la crise.

"Le Trésor public dit qu'un emprunt entre 20 et 22 milliards d'euros ne remet pas en cause la signature de la France. Nous allons donc arriver aux environs de 35 milliards d'euros", a réaffirmé Michel Rocard.

Ce revirement de taille a été confirmé ce mercredi matin par la ministre de l'Economie Christine Lagarde, sur France Info. "Ca me parait, si c'est le cas, une bonne décision sur le plan financier. Un grand emprunt qui est financé par appel aux marchés coûte généralement moins cher qu'un grand emprunt qui s'adresse à l'ensemble de nos concitoyens", a-t-elle expliqué. "Je crois que ce qui est important dans le grand emprunt, c'est le mot 'grand', c'est pas forcément le mot 'emprunt'".

Compétitivité

L'ancien Premier ministre socialiste a également levé le voile sur l'utilisation qui sera faite de cette somme en annonçant que 16 milliards seraient alloués à l'enseignement et à la recherche.

Le grand emprunt "va permettre la poursuite des recherches dans les sciences du vivant, les énergies nouvelles, la mobilité du futur, dont l'aéronautique (...) Le Président nous a demandé de réfléchir au long terme pour redonner un rayonnement à la recherche française. Nous avons considéré que les lignes TGV, les autoroutes, le canal Seine-Nord, les ponts ou le chemin de fer entre Lyon et Turin ne représentent pas assez d'innovations pour répondre à l'exigence demandée", a-t-il dit.

La commission qu'il préside aux côté d'Alain Juppé doit rendre ce jeudi son rapport à Nicolas Sarkozy. Le tout dans une atmosphère polémique. Plus d'un Français sur deux juge "inutile" le futur grand emprunt, selon un récent sondage TNS Sofres.

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Commentaires
a écrit le 18/11/2009 à 9:33 :
Pourquoi limiter cet emprunt ? Financer la recherche , c'est trés bien mais où seront les emplois dont nous avons besoin et que seuls des grands chantiers permettront . La
France est en retard , peu de pistes cyclables , peu d'équipements adaptés aux handicapés etc .. etc .. alors les fonctionnaires vous manquez d'idées ?
a écrit le 18/11/2009 à 8:50 :
Je dois avoir la mémoire courte, mais tout cela semble un remake des poles de compétitivité, qui devaient préparer le futur technologique de la France, et qui ont bénéficiés de nombreux financements publics, payaient des cohortes de consultants et nouveaux fonctionnaires, etc, etc. Tout cela est-il arrété, plus stratégique, etc??? Jamais de continuité et de cohérence dans ces affaires politico-économiques.

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