Grèves contre la réforme des retraites : les perturbations à prévoir

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SNCF, RATP, Air France, écoles : de nombreux préavis de grève ont été déposés en vue de la mobilisation sociale de ce jeudi 24 juin contre la réforme des retraites, à l'appel de l'intersyndicale CGT-CFDT-CFTC-Solidaires-FSU-Unsa.

L'intersyndicale CGT-CFDT-CFTC-Solidaires-FSU-Unsa mise sur la journée de grève et de manifestation de ce jeudi 24 juin pour faire entendre son opposition au projet de réforme des retraites jugé "inacceptable" et "injuste". Force ouvrière FO), qui a organisé le 15 juin sa propre mobilisation contre la réforme, n'appelle pas formellement à participer, mais n'exclut pas que des militants y prennent part localement. Le ministre du Travail Eric Woerth lui-même s'attend à une forte mobilisation.

Les perturbations annoncées pour les usagers sont les suivantes :

Dans l'enseignement

Plus d'un enseignant des écoles sur deux (52,5%) sera en grève, a annoncé le SNUipp-FSU, principal syndicat du primaire, à partir d'estimations de 39 départements. Le syndicat estime que la grève de jeudi sera la plus suivie par les professeurs des écoles depuis la rentrée scolaire, avec celle de la journée interprofessionnelle du 23 mars.  A l'époque, le SNUipp avait annoncé 52% de grévistes et le ministère de l'Education nationale 29,8%. Lors de la précédente journée de grève pour les retraites, le 27 mai, le syndicat avait fait état d'un tiers de grévistes et le ministère de 16%.

A Paris, un enseignant des écoles sur deux sera en grève et "80 écoles seront fermées sur 660", a affirmé le SNUipp-75 dans un communiqué.

Les régimes spéciaux : Air France et SNCF

Les salariés des régimes spéciaux, qui ne seront pourtant concernés qu'à partir de 2017 par le relèvement des âges de la retraite, se mobiliseront également. Les organisations CGT, CFDT, CFTC, FSU, Solidaires et Unsa de la compagnie aérienne ont appelé à une grève de 24 heures pour défendre le droit à la retraite à 60 ans. Les fédérations syndicales de cheminots CGT, CFDT, Sud-Rail et Unsa ont également posé un préavis de grève.

La SNCF prévoit en moyenne un train sur un pour les TGV français et internationaux et pour les TER. Pour les Transilien, le trafic sera proche d'un train sur deux mais seulement lors des heures de pointes. Les trains Corail seront plus perturbés: seulement un train sur quatre en moyenne.

Pour plus d'informations, connectez-vous sur www.sncf.com et sur www.infolignes.com pour tous les trafics. Pour les prévisions Transilien par gare, rendez-vous sur www.abcdtrains.com. Deux numéros ont été mis en place: 0 805 90 36 35 pour Grandes Lignes, TER, Téoz et Intercités; 0 805 70 08 05 pour Transilien.

Dans les transports parisiens

La RATP a prévu pour cette journée un trafic assuré à hauteur de six métros sur dix, deux RER A sur trois, un RER B sur cinq, tandis que le service des bus et tramways sera légèrement perturbé.

Selon un communiqué diffusé mardi, l'interconnexion avec la SNCF sera maintenue à Nanterre Préfecture pour le RER A, mais les RER B opérés par la RATP (entre Saint-Rémy-les-Chevreuse et Robinson au sud et gare du Nord) auront pour terminus Denfert-Rochereau. Aucun RER B ne circulera entre Denfert-Rochereau et gare du Nord.

La RATP met à la disposition des voyageurs un numéro vert: 0 800 15 11 11.

Dans les transports urbains en province

Des préavis de grève ont été déposés dans 69 réseaux de transports urbains, soit près de 50% de plus que lors de la précédente journée de mobilisation le 27 mai, a recensé mardi l'Union des transports publics et ferroviaires (UTP). "Le dépôt d'un préavis de grève ne permet en aucun cas de déduire le suivi réel du mouvement", a précisé dans un communiqué l'UTP.

Des préavis de 24 heures ont été déposés, par une ou plusieurs organisations syndicales, dans 65 réseaux sur les 107 interrogés: Aix-les-Bains, Alès, Angers, Annecy, Annemasse, Antibes, Aurillac, Avignon, Bayonne, Besançon, Bordeaux, Boulogne-sur-Mer, Bourges, Brest, Caen, Cannes, Châlons-en-Champagne, Chambéry, Charleville-Mézières, Le Creusot/Montceau-les-Mines, Clermont-Ferrand, Dieppe, Dijon, Douai, Dunkerque, Evreux, Istres, Laval, Lille, Lorient, Lyon, Marseille, Maubeuge, Mont-de-Marsan, Montélimar, Montluçon, Montpellier, Morlaix, Mulhouse, Nancy, Nantes, Nîmes, Orléans, Pau, Perpignan, Poitiers, Quimper, La Rochelle, Rennes, Rouen, Royan, Saint-Etienne, Saint-Malo, Saint-Nazaire, Saintes, Saumur, Strasbourg, Thionville, Toulon, Toulouse, Tours, Valence, Valenciennes, Vannes, Vierzon.

En outre, des préavis de moins de quatre heures ont été déposés à Angoulême et Nice, et des préavis de moins d'une heure à Béziers et Cherbourg.

Dans un communiqué, la CFDT des transports urbains a indiqué qu'elle avait appelé toutes ses sections à déposer des préavis contre le projet de réforme du gouvernement. Le syndicat souligne que dans ce secteur d'activité, "les agents de conduite représentent deux tiers des effectifs (43.000 salariés)" et "la validité du permis de conduire D (transport en commun), indispensable pour pouvoir exercer son métier, est remise en cause par un contrôle médical de l'agent tous les cinq ans jusqu'à 60 ans puis, au-delà, tous les ans". "Qu'adviendra-t-il d'un bon nombre d'entre eux d'ici quelques années, lorsque usés par plusieurs années d'exposition, ils ne seront plus en mesure d'exercer leur métier avant d'atteindre l'âge légal de départ en retraite ?", s'interroge-t-il, en demandant "la reconnaissance de la pénibilité dans le cadre d'une approche collective par la mise en place de dispositifs permettant des départs anticipés pour certains métiers" du transport urbain.

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