Réélection de Laurence Parisot à la tête du Medef avec 94% des voix

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Seule candidate à sa succession pour un nouveau mandat, celle qui dirige le Medef depuis 2005 a obtenu 458 voix sur 488 votants, soit un score de 93,85%. Après son élection, Laurence Parisot a plaidé pour une "compétitivité équitable" des entreprises, qui sont selon elle la clé de la sortie de crise. Et elle s'en est prise aux 35 heures.

Laurence Parisot a été réélue ce jeudi sans surprise pour trois ans à la présidence du Medef lors de l'assemblée générale de l'organisation patronale, réunie à Paris. Seule candidate à sa succession pour un nouveau mandat, celle qui dirige le Medef depuis 2005 a obtenu 458 voix sur 488 votants, soit un score de 93,85%.
 

Le résultat a été annoncé sous les applaudissements de quelque 600 entrepreneurs réunis à la Halle Freyssinet, dans le XIIIe arrondissement de Paris.
Laurence Parisot, 50 ans, avait succédé il y a cinq ans à Ernest-Antoine Seillière à la tête du Medef, qui compte 780.000 entreprises adhérentes dont 90% de PME.
 

Elle était seule en course pour sa succession depuis le retrait de la compétition, en avril, de son adversaire le plus sérieux, Geoffroy Roux de Bézieux, patron de Virgin Mobile France et président de l'Unedic. Thibault Lanxade, PDG d'Aqoba, et Sophie de Menton, présidente du mouvement Ethic, ont également jeté l'éponge.

Après son élection, Laurence Parisot a plaidé pour une "compétitivité équitable" des entreprises, qui sont selon elle la clé de la sortie de crise. "Je me sens profondément honorée. Vos voix m'engagent, elles m'obligent, elles créent une responsabilité plus grande encore", a-t-elle déclaré à la proclamation des résultats.

"Ensemble nous allons porter haut la voix des entreprises de France", a-t-elle ajouté devant quelque 600 entrepreneurs réunis à la Halle Freyssinet, dans le XIIIe arrondissement de Paris.

Laurence Parisot, 50 ans, avait succédé il y a cinq ans à Ernest-Antoine Seillière à la tête du Medef, qui compte 780.000 entreprises adhérentes dont 90% de PME. Elle était seule en course depuis le retrait de la compétition de ses adversaires potentiels : Geoffroy Roux de Bézieux, patron de Virgin Mobile France et président de l'Unedic, Thibault Lanxade, PDG d'Aqoba, et Sophie de Menthon, présidente du mouvement Ethic.

"La crise n'est pas terminée", a prévenu Laurence Parisot dans son discours. "La solution à la crise existe. Elle passe par l'entreprise, et par la compétitivité des entreprises". La France n'a pas à choisir "entre relance ou austérité, mais entre compétitivité ou marasme", a-t-elle dit, faisant de la "compétitivité équitable" l'idée force de son prochain mandat. "Nous voulons tout simplement faire en sorte que toutes les entreprises aient également leurs chances, dire clairement que mettons le respect de l'homme au coeur de l'entreprise", a-t-elle expliqué à la presse.

Appelant ses adhérents à mettre "immédiatement et sans réserve toute notre énergie à promouvoir la lutte contre le chômage et contre les déficits et la dette", elle a pris date pour la prochaine campagne présidentielle en 2012 "pour que ni l'économie ni l'entreprise ne soient jamais traitées autrement qu'à leur juste place, c'est-à-dire à la première place".

LES 35 HEURES DANS LE COLLIMATEUR

Les 35 heures restent dans son collimateur : "Nous ne cesserons pas de faire des propositions pour corriger définitivement ce système abracadabrant", a-t-elle promis. Très critiquée il y a encore quelques mois pour sa gestion jugée trop autoritaire, Laurence Parisot a mis en avant son bilan, à travers un film et des témoignages rappelant notamment l'abandon de la taxe carbone.

Si certains, comme Sophie de Menthon, ont critiqué un discours "sans souffle" et un manque de débat, la plupart des patrons présents ont rendu hommage à Laurence Parisot. Pour l'un de ses prédécesseurs, François Périgot, l'unanimité autour du chef de file, "c'est beaucoup mieux". "Moi j'ai connu des périodes passionnées, avec des candidats se battant l'un contre l'autre. C'est extrêmement mauvais pour la maison. Il a fallu des années pour panser les plaies", a-t-il dit à Reuters.

A ses yeux, Laurence Parisot "comprend l'opinion publique mieux que tous ses prédécesseurs et elle donne au Medef l'image d'une maison ouverte, présente, qui essaie de comprendre". S'il lui trouve "moins de charisme et d'aura" que son prédécesseur, Vincent Durozey, président du Medef Haute-Normandie, apprécie que Laurence Parisot soit "partout dans les médias" et qu'elle n'ait "pas de souci pour voir des hauts responsables, pour se faire entendre et défendre la cause des chefs d'entreprise".

Pour le président du Medef Bretagne, Patrick Caré, sa principale qualité, c'est "la proximité, l'écoute du terrain". "Elle a cette volonté de faire autrement, même si entre la volonté et le pouvoir de faire ce n'est pas toujours évident. Et puis c'est une femme, on ne lui a pas fait beaucoup de cadeaux, mais elle est courageuse et tenace", a-t-il souligné.

Fille et petite-fille d'industriels, dont le grand-père avait fondé une entreprise de meubles en Franche-Comté, Laurence Parisot est née en août 1959 et a dirigé à partir de 2002 Optimum, une PME héritée de son père. Directrice générale de l'institut Louis-Harris à 26 ans, PDG de l'Ifop depuis 1990, elle fut membre du conseil exécutif et du bureau du Medef depuis 2003 avant d'en prendre la tête deux ans plus tard.

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