Comment Laurent Wauquiez entend ramener les centres d'appel en France

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Le gouvernement étudie un plan d'action visant à inciter les entreprises à privilégier l'implantation de leurs centres d'appel sur le sol français. Laurent Wauquiez, le secrétaire d'Etat à l'Emploi a annoncé ce lundi la convocation au tout début de la rentrée "des assises des centres d'appels" réunissant les grand acteurs de ce secteur.

Pour relancer l'emploi en France, le secrétaire d'Etat souhaite favoriser la relocalisation en France des centres d'appel. Interrogé dimanche dans Le Parisien/Aujourd'hui en France, il a précisé son projet ce matin au micro de RMC. Laurent Wauquiez souhaite "arrêter un plan opérationnel dès le début de l'automne".
Parmi les solutions envisagées par le gouvernement figure en particulier une surtaxe des"appels provenant des sites implantés à l'étranger". Mais Laurent Wauquiez entend également s'appuyer sur  des aides au recrutement, à la formation, à l'installation en zone rurale ainsi que des allègements de cotisations sociales.
Le secrétariat d'Etat à l'emploi envisage par ailleurs "de passer des conventions" ou de rendre obligatoire l'application d'un code de bonne conduite pour les entreprises publiques ; il "existe déjà" mais "n'est pas contraignant". Il annonce avoir le soutien de grandes entreprises comme France Télécom dont le PDG Stéphane Richard a déclaré "être prêt à travailler" avec le secrétaire d'Etat, mais aussi  EDF, "prêt à avancer" ou encore la SNCF et Bouygues Télécom.

Les consommateurs force de pression pour des acteurs plus "socialement responsables"

C'est sur la quatrième mesure qui "viserait à rendre les pratiques plus transparentes", en dressant une "liste des mauvais élèves", qu'est revenu plus en détail ce matin le secrétaire d'Etat.
Dans "ce secteur où on peut porter le fer et ramener les emplois chez nous", Laurent Wauquiez entend bien "en finir avec cette hypocrisie et faire apparaître ceux qui jouent le jeu de ceux qui ne jouent pas le jeu", rappelant que de nombreux interlocuteurs étrangers francisent leur nom, pour faire croire aux consommateurs qu'ils travaillent dans l'Hexagone. Il pense notamment obliger les opérateurs à indiquer dès le début de l'appel la localisation de leur centre, ce qui permettrait de jouer sur l'image des grandes entreprises auprès des Français. Ces dernières ont tout intérêt à apparaître comme des "acteurs socialement responsables": Il compte ainsi sur l'aide des consommateurs et les appelle à être "une force de pression" qui incite les entreprises à jouer le jeu de l'emploi.


Un secteur en expansion surtout à l'étranger

Le secrétaire d'Etat à l'emploi a rappelé l'importance des centres d'appel en France : 250.000 emplois. Le secteur est en expansion à l'étranger, au cours des cinq dernières années, "les emplois y ont été multipliés par dix" précise-t-il. Pourtant il annonce que contrairement aux engagements pris il y a cinq ans par les entreprises françaises, une augmentation de 100.000 emplois en cinq ans, ces derniers ont stagné. Il dénonce ainsi un arbitrage en défaveur des emplois français, citant notamment les 837 licenciements en France dans l'entreprise Téléperformance alors que parmi ses sept sites à l'étranger le nombre d'emplois n'a pas diminué.

Selon des estimations en 2008 du Syndicat des professionnels des centres de contacts (SP2C), un salarié d'un centre d'appel marocain est payé entre 400 et 450 euros mensuels contre un minimum de 1.320 euros bruts en France (primes et 13e mois inclus).

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