2009, pire millésime pour l'emploi en France depuis 1976

 |   |  589  mots
(Crédits : Reuters)
L'an dernier, quelque 256.000 postes ont disparu. Ces destructions d'emplois salariés, qui ne concernent que le secteur privé, tiennent en partie à la disparition d'entreprises. Quelque 7.620 employeurs affiliés à l'assurance-chômage ont mis la clé sous la porte. Du jamais vu depuis 1976.

Avec 256.100 destructions de postes, l'emploi salarié en France a connu en 2009 une baisse record qui, pour la première fois depuis 1976, s'est accompagnée d'un recul du nombre d'entreprises affiliées à l'assurance-chômage, selon un bilan publié ce jeudi par Pôle emploi.

La plus forte récession depuis soixante ans - le PIB de la France s'est contracté de 2,5%, selon l'Insee - a fait reculer l'emploi salarié de 1,5% au total, un recul proche de celui de 1,6% subi en 1976, après le premier choc pétrolier, et qui correspondait alors à 214.100 destructions de postes. En 2008, avec le début de la récession, l'emploi salarié avait reculé de 0,5%.

La baisse de l'emploi en 2009 a ramené à 16.287.700 le nombre de salariés des secteurs concurrentiels à la fin de l'année, répartis dans 1.602.990 établissements affiliés à l'Assurance-chômage.

"Un tel niveau de destructions de nettes d'emploi salarié n'avait jamais été observé depuis l'après-guerre", souligne Pôle emploi dans un communiqué.

Après onze années de hausse ininterrompue, le secteur de la construction a réduit ses effectifs de 2,9% en 2009, soit 43.800 postes perdus.

Le secteur tertiaire a éliminé 44.300 postes, soit 0,4%, après une diminution de 0,1% en 2008. En recul depuis 2001, l'emploi industriel a encore perdu 168.200 postes, soit 5,2% après une baisse de 2,5% en 2008.

Quant au secteur de l'intérim, utilisé comme une variable d'ajustement en temps de crise, son emploi s'est inscrit en très légère hausse de 1,5% grâce à la remontée du travail temporaire dans la deuxième partie de l'année.

L'emploi féminin a diminué pour la première fois depuis 1993 mais en résistant mieux que celui des hommes : 51.400 postes perdus, soit un recul de 0,7%, contre 204.700 ou 2,2% dans la population masculine. La part des femmes dans l'emploi salarié a ainsi progressé de 0,4 point pour atteindre 44,5% fin décembre 2009, confortant une tendance longue qui reflète la tertiarisation de l'économie. Depuis 1981, la proportion des femmes dans l'emploi salarié a augmenté de 7,6 points.

Selon Pôle emploi, 85% des femmes occupées travaillent dans le secteur tertiaire - le seul secteur composé majoritairement de femmes (52,8%) - contre 61,1% des hommes.

Fin 2009, le tertiaire regroupait 71,9% de la population salariée totale, contre 71,1% en 2008. La part de la construction dans l'emploi total a diminué de 0,1 point à 9,1% tandis que le poids de l'industrie a continué de baisser à 19% - un recul de près de neuf points depuis 1993.

Avec la crise, le nombre d'établissements affiliés à l'assurance-chômage a baissé l'an dernier pour la première fois depuis 1976, avec 7.620 unités de moins représentant un recul de 0,5%.

Les entreprises employant moins de dix salariés, qui représentent 82,2% des établissements, ont concentré 67,9% des fermetures mais les pertes nettes d'emplois ont concerné à 98,5% celles de 10 salariés ou plus, où travaillent 75,2% des salariés.

Une seule région, la Corse, a été créatrice d'emplois en 2009 avec un solde net positif de 1.050 emplois (+1,7%). A l'opposé, les huit régions les plus touchées ont été la Picardie (-3,8%), la Haute-Normandie (-3%), la Lorraine (-2,6%), le Centre (-2,3%), l'Alsace (-2,2 %), Poitou-Charentes, Champagne-Ardenne et la Bourgogne (-2,1% chacune).

L'Ile-de-France, principale région en termes d'emploi avec un peu plus d'un quart des salariés du secteur privé, a enregistré une baisse de 1,4% qui la situe 0,1 point au-dessus de l'évolution globale de l'emploi salarié en France, résultant d'une diminution moins marquée que la moyenne nationale dans l'industrie (-4,8%, soit -21.990 emplois) et la construction (-1,5%, soit -4.180 postes).

Plus touché en revanche, le tertiaire francilien a perdu 1% de ses effectifs, ou 33.290 postes.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :