Le dispositif Envie d'Agir absorbé par le service civique

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(Crédits : DR)
Créé il y a plus de 20 ans, ce programme ne sera pas reconduit en tant que tel en 2011, sa ligne budgétaire étant supprimée. Pour le ministre de la Jeunesse, le service civique a vocation à absorber les autres initiatives à destination des jeunes.

Emoi au sein des associations d?aide aux jeunes. Le programme Envie d?agir est menacé de disparition.  C?est une circulaire adressée discrètement en août par le ministère de la Jeunesse et des Solidarités actives aux préfets et directions régionales et départementales de la cohésion sociale qui a mis le feu aux poudres.

Le texte demande à ces derniers d?inscrire "en 2011 leur démarche de soutien à l?initiative et à l?engagement des jeunes prioritairement dans le cadre du service civique" avant de préciser que "le dispositif Envie d?agir ne sera pas reconduit en 2011".

Associations et syndicats ont vite réagi, déplorant, comme le SEP-Unsa-Education (éducation populaire), "l?avortement du débat sur la jeunesse initié en 2009 " puisque, dans cette circulaire, "le ministère annonce que sa politique d?autonomie des jeunes se résumera dorénavant au service civique".

Mise en contact des jeunes avec les entreprises

Un rassemblement est prévu devant l?Assemblée nationale le 3 novembre, deux jours avant le vote du budget de la jeunesse, et des courriers ont été adressé au Premier ministre au ministre de la Jeunesse. Quant aux jeunes, ils sont "remontés", constate le sénateur Christian Demuynck (UMP, Seine-Saint-Denis, membre du comité stratégique de l?Agence du service civique) qui reproche au ministre de la Jeunesse et des Solidarités actives, Marc-Philippe Daubresse de vouloir le "l?intégrer au service civique".

"Or les deux dispositifs sont très différents. Le service civique est un engagement citoyen, Envie d?Agir met les jeunes en contact avec les entreprises" ; 361 entreprises ont ainsi été créées via ce programme.

Il est vrai que "Envie d?agir" s?est, depuis sa création en 1986, largement ancré dans le tissus local et associatif. Offrant des bourses pouvant aller jusqu?à 6.000 euros, il a financé 24.000 projets bénéficiant en tout à 80.000 jeunes lauréats de 11 à 30 ans. En 2009, il a été financé par le ministère à hauteur de 3,6 millions d?euros (plus 4,16 millions de soutiens financiers et matériels locaux).

"Manque de cohérence"

Mais le ministère lui reproche de "partir tous azimuts". "Ce n?est pas un problème financier, Envie d?Agir ne pesant que 3 % du budget du service civique [Ndlr : 97 millions d?euros de crédits prévus pour 2011], mais un manque de cohérence d?ensemble", argue-t-il. D?où sa volonté de "le reformater". Les projets vont continuer à vivre seront "regroupés avec d?autres actions dédiées à l?engagement citoyen comme le service civique", explique son entourage, ajoutant que le service civique a vocation à absorber progressivement une bonne partie des dispositifs en vigueur.

Sur le terrain, la plupart des acteurs du programme Envie d?agir devraient être conventionnés par l?Agence du service civique. Dans le cadre des huit laboratoires de la jeunesse en cours de création , il appartiendra aussi aux acteurs locaux (CIDJ) de "rerouter" les jeunes. "Envie d?agir correspondait à la phase 1, le service civique à la phase 2 et nous lançons maintenant la phase 3 : changer l?image des jeunes en montrant qu?ils s?engagent réellement", avance le ministère.
 

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