Le Portugal vote un budget d'austérité pour 2011

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(Crédits : Reuters)
Le Portugal s'apprête un voter un budget de très grande rigueur pour 2011, après des mois de bras de fer entre l'opposition de centre-droit et le gouvernement socialiste, minoritaire à l'Assemblée.

Le Parlement portugais doit adopter ce mercredi dans la journée, en première lecture, un budget 2011 d'une rigueur inédite. L'adoption du texte définitif est prévue le 26 novembre.

Après des mois de tensions et de négociations,  le gouvernement socialiste, minoritaire à l'Assemblée, et le parti social-démocrate (le PSD, centre droit) sont enfin tombés d'accord, samedi, sur le vote de ce budget. En d'autres termes, le PSD a accepté de s'abstenir, en échange de quelques amendements allégeant la charge fiscale pesant sur la classe moyenne, afin de laisser passer le projet, jugé essentiel pour rassurer les marchés financiers.

Le PSD a tenté jusqu'au dernier moment d'obtenir des hausses d'impôts moins fortes et, à l'inverse, des coupes plus sévères dans les dépenses, notamment dans celles de la fonction publique. José Socrates, le Premier ministre, a même menacé de démissionner si le budget n'était pas voté.

Considéré comme l'un des pays les plus fragiles de la zone euro, à cause de son endettement mais aussi de ses faibles perspectives de croissance, le Portugal s'est engagé auprès de Bruxelles à ramener son déficit public de 7,3% du PIB en 2010 à 4,6% en 2011.

5 milliards d'économies

Le budget 2011 réalisera une économie de 5 milliards d'euros qui sera financée pour deux tiers par une coupe des dépenses et pour un tiers par une hausse des recettes, notamment fiscales.

Hausse de deux points de la TVA à 23%, gel des retraites, baisse des salaires des fonctionnaires, plafonnement des aides sociales et des déductions fiscales sur les dépenses de santé, d'éducation et de logement : ces mesures provoqueront, selon le gouvernement, un ralentissement de la croissance l'an prochain à 0,2% et une hausse du chômage à 10,8%.

Mouvements sociaux

"Crime social", "horreur économique", "diktat européen", la gauche non socialiste au Parlement n'a pas eu de mots assez durs pour critiquer le projet de budget. Mercredi, les agents du fisc ont entamé une grève tournante de 20 jours. Samedi prochain, les fonctionnaires ont prévu une manifestation nationale à Lisbonne, à l'appel de la CGTP, la principale centrale syndicale.

Elle précédera une grève générale le 24 novembre à l'appel des deux principales centrales portugaises, la CGTP et l'UGT, réunies pour la première fois depuis 1988. Selon les syndicats, ce mouvement pourrait être le plus important depuis l'instauration de la démocratie au Portugal en 1974.

Emissions de bons du Trésor

Dès ce mercredi, le Portugal a testé l'impact de ces mesures sur les marchés, avec l'émission de bons du Trésor à trois mois et à un an, pour un montant de 1,031 milliard d'euros. La demande a été 2,2 fois supérieure pour les deux émissions, en légère baisse toutefois par rapport aux offres précédentes.

Les taux d'intérêt exigés par les investisseurs ont en revanche été plus élevés que lors des précédentes émissions : 1,818% pour l'émission à trois mois, contre 1,595% lors de l'émission du 6 octobre ; 3,260% pour l'émission à un an, contre 2,886% lors l'émission du même type le 20 octobre.

 

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