Enseignement des sciences à l'école ? La France peut mieux faire

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Les membres de l'Académie des sciences se disent inquiets de la faiblesse de la formation continue des professeurs de sciences mais aussi de la place des sciences dans l'enseignement.

Hasard du calendrier ? Le ministre de l'Education nationale devrait présenter mi-décembre un plan en faveur de l'enseignement, alors que plusieurs signaux d'alerte sont en train de s'allumer. Après la pétition de plusieurs scientifiques de renom contre la baisse des enseignements scientifiques à l'occasion de la réforme du lycée, et avant les résultats le 7 décembre de la 4ème étude Pisa de l'OCDE sur les performances scolaires des élèves en écriture et en mathématique, c'est l'Académie des sciences qui a ce mardi alerté les pouvoirs publics sur le sujet.

Les membres de l'institution s'inquiètent notamment de l'absence de formation continue des professeurs en sciences, de l'école primaire au lycée. Un constat "préoccupant", selon Jean Salençon, le président de l'Académie des sciences, qui rappelle que l'Education "consacre une fraction financière très inférieure à sa masse salariale à la formation continue" contrairement à d'autres secteurs. "A peine plus de la moitié des professeurs participent à une action de formation continue tout au long de leur carrière", constate-t-il. Un comble dans des disciplines régulièrement soumises à des évolutions.

Dans certains pays comme Singapour, les professeurs de sciences bénéficient de 100 heures par an, contre 20 en France par année de service, cumulables. "Il ne s'agit nullement de stigmatiser les professeurs ! se défend Jean Salençon. D'ailleurs, nombre d'entre eux se débrouillent via leurs contacts personnels, Internet, des lectures... mais peu sont en lien direct avec des chercheurs de laboratoires par exemple."
Annualisation du temps de service

Les sages du quai Conti font donc plusieurs recommandations pour pallier cette faiblesse. Recommandation partagées par le ministère de l'Education nationale. Sur le court terme, ils préconisent de restructurer la formation continue en profondeur et de stopper la chute des moyens qui y sont alloués. Plus question d'en faire une variable d'ajustement. L'implication des organismes de recherche et des universités sont aussi vivement souhaitée avec à la clé, l'obtention d'un diplôme d'université (DU) "ouvert à tous les enseignants".

Un soutien plus fort des associations de professeurs, l'adossement des instituts de recherche sur l'enseignement des mathématiques (IREM) aux universités et l'instauration d'une structure nationale de dialogue sont aussi proposés. Conscients de la difficulté du sujet, ils renvoient cependant à plus tard la question de l'organisation de cette formation continue. Pendant le temps de service ? Les remplaçants, ne sont plus assez nombreux. Hors du temps de travail ? Les enseignants n'y sont pas favorables. "Il faudra bien trouver une solution grâce à l'annualisation du temps de service des enseignants, sujet  très présent dans les débats", anticipe Jean Salençon, précisant qu'une valorisation de cette formation dans le déroulement de carrière s'impose comme un juste retour. Un sujet sensible pour le prochain quinquennat ?


En attendant, les académiciens espèrent peser dans le débat sur la réforme du lycée afin que les sciences soient, d'une manière ou d'une autre, mieux prises en compte, y compris dans les filières littéraires. Un v?ux qui s'annonce pieux alors que les services de Luc Chatel étudient une tout autre solution pour des raisons d'économies de postes dans la perspective de la future classe de terminale : mettre en place un programme commun de mathématiques pour les filières ES et L afin de regrouper les élèves devant un même professeur.

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Commentaires
a écrit le 01/12/2010 à 10:12 :
L'avenir du pays ne réside malheureusement pas seulement dans le nombre de journalistes formés issus de Sciences Po ou encore de traders issus de quelques grandes écoles. Il demeure avant tout lié à la capacité d'innovation des élites scientifiques, à leur sens de la curiosité, à leur créativité, que sais-je encore. A trop être dans une société du paraître et de l?image on en vient à négliger tout le reste et à considérer que les scientifiques sont les gardiens d?un temple de la médiocrité des carrières professionnelles en général, afin mieux s?en détourner. Notre déclin presque inéluctable sera difficile à enrayer.
a écrit le 01/12/2010 à 7:54 :
Super !! on va encore recevoir plus de Chinois à la recherche de diplômes bas-de-gamme... qui ne valent rien à l'étranger, on va bientôt devoir DELOCALISER la scolarité de nos enfants dans les pays de l'Est....!!!!. Test simple à faire: Retrouvez vos vielles dictées, vos vieux exercices de math... etc etc... et soumettez les à des diplômés équivalents d'aujourd'hui.... SURPRISE !!!
a écrit le 30/11/2010 à 21:39 :
Les horaires des enseignements en sciences baissent sans cesse. Pour faire des économies à court terme. Parce qu'il est difficile de recruter des enseignants en sciences de bon niveau quand le privé propose aux étudiants des salaires nettement supérieurs (postes d'ingénieurs etc). Alors on remplace les cours de sciences, sur lesquels reposent l'avenir technologique du pays, par des cours artistiques et autres, cela coute nettement moins cher. Et le niveau scientifique français baisse, pour faire ces économies de bouts de chandelles. Lamentable et dangereux.

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