Les clés de l'innovation en débat à Avoriaz

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Frederic Bedin Président de CroissancePlus. EK
Frederic Bedin Président de CroissancePlus. EK (Crédits : EK)
Réunis ce week-end à Avoriaz pour le Spring Campus de l'association CroissancePlus, les patrons d'entreprises en forte croissance et autres acteurs proches de secteurs en essor ont planché sur le thème de l'innovation. Voici leurs propositions pour soutenir l'innovation en France.

La troisième édition du Spring campus se tenait du 23 au 26 mars à l'initiative de l'association Croissance Plus autour, cette année, du thème de l'innovation. Entrepreneurs mais aussi professeurs, syndicalistes et même un moine se sont retrouvés à Avoriaz pour réfléchir à la promotion de l'innovation, pour partager les problèmes que chacun rencontre avec la conviction qu'innover est aujourd'hui indispensable à la croissance sinon à la survie d'un groupe. Cinq idées fortes de cet évènement.

Le consommateur au c?ur de l'innovation

Avec l'idée que le consommateur est finalement l'arbitre qui décide du succès d'une innovation les entrepreneurs ont témoigné d'une attention particulière à rendre une innovation appropriable par le consommateur. Certains font appel au consommateur pour guider l'innovation, pour la copnception la nouvelle Mégane Renault qui s'est faite avec l'intervention de femmes enceintes. Plus ambitieuse encore la solution qui consiste à observer les utilisateurs, à dépasser ce qu'ils réclament déjà, en comprenant l'amélioration dont ils n'ont pas vraiment conscience, à la clé une potentielle innovation de rupture, et la forte croissance liée à la création d'un nouveau marché. Mais pour cela Christophe Rebours, fondateur d' InProcess, agence spécialisée dans la gestion de projets innovants, rappelle également l'importance de la scénarisation, il faut présenter le produit et le service de façon à aboutir à une "conscientisation et permettre au consommateur potentiel de comprendre l'usage d'un produit, de se représenter en train de l'utiliser".

Donner une plus grande place aux PME

Les différents débats ont été l'occasion de mettre en avant la diversité des modes d'innovation. L'abbé Pierre a ainsi été présenté comme un entrepreneur innovant avec les compagnons d'Emmaüs en proposant un nouveau service et en créant ainsi de nombreux emploi, les Restos du c?ur de Coluche font aussi exemple. Eric de Riedmatten, essayiste en a profité pour souligner l'importance de l'individu dans l'innovation. "La rupture vient de l'individu, pas de l'organisation où il y a une culture du compromis, l'Etat ne doit être là que pour fournir l'écosystème permettant d'innover." Dans cette perspective les intervenants ont été particulièrement attentifs au soutien des PME présentées comme plus dynamiques de par leur petite structure. Certains ont ainsi appelé à rendre obligatoire le recours aux PME pour pouvoir bénéficier du Crédit Impôt Recherche (CIR). Cette idée reste toutefois controversée dans la mesure où elle rendrait moins facile la lecture d'un dispositif qui doit son succès à sa simplicité.

Continuer de rapprocher la recherche et l'innovation

Comme l'a expliqué Marc Giget, intervenant lors d'un des ateliers débats, l'innovation ne repose pas uniquement sur la technologie mais sur son usage. Pour favoriser l'innovation un rapprochement entre chercheurs et concepteurs entrepreneurs est important. A ce propos, les participants n'ont pas manqué de féliciter Valérie Pécresse, invitée d'honneur, pour sa politique de renforcement du crédit impôt recherche. Toutefois ils veulent aller plus loin et pensent comme la ministre que le renforcement des stages rémunérés, avant le niveau licence, permettrait de former des étudiants capables de trouver des applications concrètes en connaissant mieux le monde de l'entreprise. Proposition qui semble néanmoins rencontrer l'opposition du Medef retissant à l'idée de la rémunération de ces nouveaux stagiaires. Une autres solution proposées consisterait à rapprocher les professeurs des entreprises, certains ont même été jusqu'à proposer un stage pour les professeurs afin d'influencer le contenu de leur cours. En réponse à ces demandes la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche a expliqué qu'un tel phénomène commençait déjà à émerger dans les universités où jeunes étudiants et adultes en formation continues, rompu aux impératifs actuels du marché et de l'entreprise, suivaient les mêmes cours.


L'exemplarité des dirigeants pour mieux tirer profit du capital humain

Une autre clé de l'innovation est la gestion du capital humain. Améliorer les modes de management pour mieux innover était un thème à part entière d'un des ateliers de réflexion du week-end. Laurent Blanchard, directeur général de Cisco France, est notamment revenu sur l'importance de l'incarnation du changement par le dirigeant. Pour susciter l'esprit créatif laisser et une certaine liberté aux employés, "il faut commencer soi-même par faire confiance, savoir déléguer et savoir accepter l'erreur, ne pas vouloir toujours tout diriger et contrôler". Autre atout important de l'innovation managériale, elle est beaucoup plus difficile à copier qu'une innovation technologique.

Améliorer les modes de financement

François Bloch, associé KPMG et animateur national des entreprises de croissance, a insisté sur les problèmes de financement et leurs importance sur les performances d'une entreprise. "Une dimension décisive pour assurer la réussite d'un projet innovant est de pouvoir agir vite, de l'amener rapidement jusqu'au marché faute de quoi l'innovation risque d'être dépassée". Egalement conscient de ce problème, Frédéric Bedin, président de Croissance Plus demande un financement publique automatique pour des projets qui ont déjà trouvé un investisseur privée. "Si on peut faire confiance aux cochons pour trouver des truffes, pourquoi l'Etat ne ferait pas confiances aux investisseurs privés pour trouver des innovations qui méritent d'être soutenues ?".

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Commentaires
a écrit le 01/04/2011 à 12:08 :
Bonjour les fautes d'orthographe ! Au moins trois à la première lecture.

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