Rentrée 2011 : Luc Chatel confirme la fermeture de 1.500 classes dans le primaire

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Le ministre de l'Education nationale a confirmé ce mardi qu'environ 1.500 classes seraient fermées dans le primaire à la rentrée 2011. Il a rappelé qu'en dépit des suppressions de postes d'enseignant, il y a toujours plus de professeurs et moins d'élèves qu'il y a quinze ans.

Ca va mieux en le disant. Ce mardi matin sur l'antenne de RMC-BFM TV, Luc Chatel a annoncé qu" environ 1.500" classes seraient fermées à la rentrée prochaine dans le primaire, confirmant ainsi les estimations réalisées la semaine dernière par le Snuipp-FSU, principal syndicat d'enseignants du premier degré.

Ces fermetures de classes sont la conséquence logique des suppressions de postes qui sévissent dans l'Education nationale depuis 2007 en vertu de la fameuse règle du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Si l'on inclut les 16.000 suppressions de postes prévues à la rentrée 2011, ce sont pas moins de 65.000 de postes d'enseignants qui auront disparu en cinq ans. A la rentrée prochaine, disparaîtront ainsi 8.967 postes dans le primaire (qui intègrent la résorption de 5.600 "surnombres") et 4.800 postes dans le secondaire Une saignée d'autant plus dénoncée par les syndicats d'enseignants que parallèlement, le nombre d'élèves ne cesse de progresser, la France étant depuis plusieurs années l'une des championnes d'Europe en matière de fécondité.

Selon une enquête du Snuipp menée dans 62 départements, au moins 6.120 élèves supplémentaires sont attendus dans les classes de primaire en septembre. La communauté éducative craint donc une dégradation accrue du système éducatif français, alors que ce dernier est déjà en perte de vitesse depuis le début des années 2000, comme l'a encore mis en avant l'enquête Pisa 2009 sur les performances scolaires des élèves publiée par l'OCDE en décembre dernier.

Ligne de défense

Mi-avril, en plein débat au sein de la majorité sur le maintien ou non de la poursuite des suppressions de postes de fonctionnaires au-delà de 2012, Nicolas Sarkozy avait maintenu le cap lors d'un déplacement sur l'échec scolaire en Haute-Garonne. "Je voudrais faire comprendre que tout ne se résout pas par des problèmes de quantité, qu'il y a un problème de qualité aussi, que face à la massification, la société française a fait le choix d'augmenter le nombre de postes. C'était sans doute nécessaire, il ne m'appartient pas de juger. Mais réfléchissez : compte tenu des déficits, des problèmes que nous avons, on ne peut pas faire le choix à la fois d'augmenter sans cesse le nombre et en même temps d'augmenter la rémunération des statuts." C'est la ligne de défense du gouvernement : malgré les milliers de suppressions de postes d'enseignants depuis 2007, on compte encore 45.267 enseignants de plus et 604.300 élèves de moins par rapport à 1990 ; et le pic d'effectifs enseignants atteints il y a dix ans n'a pas permis d'améliorer les résultats scolaires. Quant au nombre de classes dans le premier degré, il sera de 245.000 à la rentrée, soit "sensiblement le même qu'il y a quatre ou cinq ans" a indiqué Luc Chatel ce mardi.

Selon lui, on comptera vingt-deux élèves par classe contre vingt-trois dans les années 90. Son entourage précise aussi que les fermetures de classes interviennent aussi souvent dans les communes rurales où le taux moyen d'encadrement (nombre d'élèves par enseignant) en primaire n'atteint que 11,3 élèves par professeurs contre 23,3 en France.

Mais cette moyenne nationale cache des disparités territoriales. Certaines classes en zones urbaines denses peuvent atteindre trente élèves. En février, le Conseil d'analyse stratégique soulignait dans son "Tableau de bord de l'emploi public" que "France présente le taux d'encadrement le plus faible" des pays membres l'OCDE, notamment dans le primaire. Quant aux fermetures en zones rurales, elles ont parfois des conséquences dramatiques : classes à trois, quatre voire cinq niveaux ou pire, fermetures d'écoles et donc désertification des campagnes et éloignement accru des élèves de leur lieu de scolarisation. Ce qui explique que depuis plusieurs semaines, la grogne monte dans de nombreux départements tels le Finistère, le Lot-et-Garonne, le Calvados ou encore le Lot.

Solde de classes négatif pour la première fois

Surtout, dénonce le secrétaire général du Snuipp, Sébastien Sihr, ces 1.500 fermetures de classes marquent une erupture sans précédent : c'est la première fois qu'il y a plus de fermetures que d'ouvertures de classese. De fait, les années précédentes, dans le but de sauvegarder les classes, les coupes touchaient essentiellement des postes d'enseignants non affectés à des classes (remplaçants, Rased, dits "hors la classe"...). Ce qui explique que le solde de fermetures-ouvertures restaient positif : 176 classes ont été créées en 2010, 325 en 2009. Selon l'entourage de Luc Chatel, plus de mille classes ont été créées entre 2006 et 2009. La rentrée 2011 va donc voir s'inverser la tendance. Dans ce contexte, relève Sébastien Sihr, il va être de plus en plus difficile de résorber les 15% à 20% d'élèves en difficulté, ceux-là même qui sont les plus affectés par les classes nombreuses, la disparition des Rased ou le manque de remplaçants.

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Commentaires
a écrit le 27/04/2011 à 20:35 :
Et combien coute les frais de déplacement de Sieur Sarkosy!
a écrit le 27/04/2011 à 15:15 :
OUI IL YA DES DEFICIT MAIS PAS POUR FAIRE LA GUERRE EN LYBIE, COTE D'IVOIRE ET EN AFGHANISTAN.
COMBIEN COUTENT LES BOMBES ET LES CIVILS TUES ??? COMBIEN COUTE UN PLEIN POUR UN AVION RAFALE ect..ect
a écrit le 27/04/2011 à 9:38 :
On dépense un fric fou au nom de la "CULTURE" personne proche du pouvoir, mais on est pas capable d'offrir de bonnes bases au primaire" gens du peuple"
a écrit le 27/04/2011 à 8:16 :
On se plaint que trop d'élèves sortent du primaire sans savoir lire correctement. En outre, "au moins 6.120 élèves supplémentaires sont attendus dans les classes de primaire en septembre". Et que fait-on ? "A la rentrée prochaine, disparaîtront ainsi 8.967 postes dans le primaire"... Logique Sarkozienne... (C'est l'inverse de "ouvrez une école, vous fermerez une prison").
Réponse de le 28/04/2011 à 6:33 :
Mais combien de personnes qualifiées pour enseigner qui font du secretariat ou tout autres fonctions autres que celles d'enseigner ? L'administration ,secretariat ...devraient etre privatisés afin de remettre ces enseignants dans le bon circuit :celui du service à l'élève .

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