Luc Chatel s'attaque au harcèlement à l'école

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Le ministre de l'Education nationale veut refaire de l'école "un lieu d'humanité".
Le ministre de l'Education a annoncé ce lundi une série d'outils pour mieux prévenir le harcèlement à l'école. Un plan jugé "léger" par les syndicats, qui lui reprochent de multiplier les plans de communication.

Assises, conseils, comités, expérimentations font depuis plusieurs mois partie de la panoplie de communication de Luc Chatel. Ce lundi, dans la droite ligne des Etats généraux de la sécurité à l'école qui se sont tenus en avril 2010, le ministre de l'Education nationale a annoncé ce lundi en ouverture des Assises nationales sur le harcèlement à l'école une série de propositions qu'il entend "mettre en ?uvre dès la rentrée prochaine".

Ces propositions s'inspirent du rapport que lui a remis récemment Eric Debarbieux, président de l'Observatoire international de la violence à l'école. "Comment, dans ce lieu de transmission, de compréhension, d'ouverture, n'a-t-on pu appréhender les violences répétées dont étaient victimes certains élèves ? Comment, dans ce lieu de formation obligatoire, n'a-t-on pas pu, ne peut-on pas assurer la sécurité de ses principaux intéressés face à cette oppression constante qu'est le harcèlement ?", a interrogé en préambule Luc Chatel.

Selon le rapport Debarbieux, le nombre de victimes de harcèlement (verbal ou symbolique) est de 14% dans le primaire. Le harcèlement physique toucherait quant à lui un élève sur dix. Un phénomène qui touche "tous les établissements, quelle que soit leur sociologie", a souligné le ministre pour lequel "l'enjeu est donc capital". A cet égard, le pédopsychiatre Marcel Rufo a évoqué la perte d'estime de soi qui peut en découler, très dommageable à long terme pour les victimes.

Quatre axes

Plus qu'un véritable plan, Luc Chatel a détaillé une série d'outils en quatre axes devant permettre au milieu scolaire de mieux "appréhender cette souffrance". Outre l'intégration du harcèlement dans la nomenclature de l'enquête Sivis (Système d'information et de vigilance sur la sécurité scolaire), les études de victimation seront pérennisées "à une fréquence régulière, tous les deux ans" (les prochaines seront menées en 2013) et un guide sera mis à disposition des équipes éducatives (chefs d'établissement, enseignants, surveillants, infirmières scolaires) à l'automne. Une campagne d'information nationale va également être lancée à l'attention des enfants et des parents et le sujet devra être débattu au sein des instances de dialogue existantes (comités de la vie lycéenne notamment). Un site Internet consacré au sujet et un numéro d'appel unique verront parallèlement le jour. Axe crucial, la formation des personnels va être renforcée sur ce thème et les enseignants devront traiter de la lutte contre le harcèlement dans le cadre de l'éducation sociale et civique.

Trois expérimentations vont aussi être menées sur la formation de la problématique du harcèlement entre pairs, la médiation entre pairs lycéens et collégiens et l'élaboration d'outils pédagogiques. Luc Chatel, précisant que les "équipes de formateurs sur la tenue de classe sont aujourd'hui opérationnelles", a rappelé que, dans le cadre des ajustements prévus de la réforme de la formation des enseignants ("masterisation") la formation initiale des enseignants serait améliorée en ce sens. Depuis l'été 2010, le gouvernement ne cache pas son intention d'amender cette réforme, critiquée de toutes parts pour son manque d'enseignements pédagogiques et de pratique. Eric Debarbieux n'a d'ailleurs pas le gouvernement ce lundi, évoquant une "salve anti-pédagogistes" catastrophique. Luc Chatel et Valérie Pécresse, à l'Enseignement supérieur, doivent d'ailleurs faire des annonces à ce sujet dans les prochaines semaines, concernant notamment les stages des étudiants et le dialogue que devront mettre en place universités (chargées de mettre en ?uvre les master enseignement) et recteurs.

Enfin, concernant les "cas de harcèlement avérés", les commissions éducatives qui seront mises en place à la rentrée prochaine dans le cadre de la réforme des procédures et sanctions disciplinaires seront chargées de leur traitement.

"Léger"

Des mesures jugées "légères" par Christian Chevalier, secrétaire général du SE-Unsa : "ces Assises permettent de prendre conscience du problème et de libérer la parole mais aucune modalité n'est précisée." A l'heure où l'Education paie lourd son tribu à la politique de restrictions budgétaires de l'Etat (16.000 suppressions de postes par an), il n'est pas sûr que ces annonces, pleines de bon sens, soient à même de contenter la communauté éducative. Si Luc Chatel a tenu à préciser ce lundi que l'enjeu du harcèlement "ne relève pas de la question des postes", les enseignants, déçus par les revalorisations salariales consenties en 2010, et autres personnels éducatifs sont très critiques face à la politique menée par le ministre depuis plusieurs mois.

Politique qui consiste, selon eux, à ouvrir de nombreux seconds fronts de communication (harcèlement, sécurité, rythmes scolaires, sport, apprentissage des langues...) qui passent souvent par l'organisation de grandes conférences, l'installation de comités et de conseils divers et la remise de rapports alors que dans le même temps, les emplois fondent et le nombre d'élèves en difficulté augmente.

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Commentaires
a écrit le 14/10/2011 à 15:53 :
« Au niveau du vécu »,comme on disait jadis ,le 2ème clip de la récente campagne d?information de la CFDT-SGEN n'est pas le plus drôle.Il semblerait que les fameuses « ressources humaines » aient été inventées par les nazis.La source?Le réalisateur des Vivants et les morts,Gérard Mordillat,s'en est expliqué lors de la présentation de son film à la fête de l'Humanité en 2010.Pour ma part je suis prêt à témoigner des pratiques managériales qui ont cours dans l'Education Nationale.Non seulement ça ne manque pas de sel mais je confirme que l'idéologie que ces gens DEFENDENT est effectivement celle des nazis=racisme biologique,antisémitisme meurtrier,eugénisme....etc.Deux chefs d?établissement(un lycée et un collège) n?ont jamais fait mystère de leurs « convictions » :pour être clair les dites personnes savent qui est juif et qui ne l?est pas et distribuent des étiquettes religieuses,ethniques voire « raciales » comme bon leur semble,à la volée en quelque sorte.Sous la houlette de ces deux « responsables »menaces de mort,incitations répétées pour ne pas dire continuelle à la HAINE raciale(que même Jean-Marie Le Pen n?oserait pas proférer),insultes diverses et variées,diffamations publiques,harcèlement quotidien,appels téléphoniques anonymes,agressions jusqu?à mon domicile ne constituent en rien des délits.Il en va évidemment de même pour les Ressources Humaines du Rectorat de Créteil qui entretient avec les pouvoirs locaux en question des rapports de connivence:c?est la juste réponse à la pratique d?un enseignant qui ne se soumet pas à des incapables psychopathes(#névropathes)que je crois assez dangereux.En ce qui concerne mon identité,à partir de 1998,lors de ma mutation dans l?Académie de Créteil, je dois dire que je l'ai perdue.En effet selon ces gens-là je ne porte pas de nom patronymique:les courriers multiples et variés que je reçois de mon administration l'attestent.Il doit s'agir d'un "petit jeu" de la part de dirigeants de cette valeur humaine,intellectuelle et morale qui peuvent toujours se réfugier derrière la VH(=voie hiérarchique)et leurs amis.C?est surtout une façon de dire à leur interlocuteur « vous êtes rien » ou un instrument d?usage incommode.Il est surhumain de ne pas mépriser(entendons le mépris dans la pleine acception de ce terme)des gens à l'intelligence médiocre,à la culture fort modeste,au sens moral pour le moins douteux,aux conceptions POLITIQUES incompatibles avec la République(tout à fait compatibles en revanche avec les pires régimes dictatoriaux)et à l?arrogance illimitée.Il faut des NOMS maintenant pour cesser de continuer à parler dans le vide.Les personnes en question(inamovibles)ne peuvent plus continuer à agir en toute impunité.Que le ménage que certains dirigeants ont daigné faire au sein du Parti Socialiste soit également fait au sein de l?administration française en général et de l?Education Nationale en particulier.
Je suis d?accord avec ce que disent les syndicats d?une façon générale.mais il y a aussi des lois dans ce pays.A moins que la France soit une dictature qui s?ignore ? Les faits que je relate de façon lapidaire plus haut ont commencé à la fin des années 1990 !A moins qu?il faille attendre un meurtre ou l?immolation d?un(e)enseignant(e) pour que quelque chose change ? Les enseignants,les « profs » doivent témoigner maintenant.Il faut briser le mur du silence.Il est encore temps.

a écrit le 03/05/2011 à 21:38 :
La scolarité est une chance que l'on donne à TOUS les enfants quelques soient leur origine, milieux social et revenu. Il faut impérativement protéger l'école de TOUTE violence. Je prône donc le retour au port de l'uniforme (moins de racket) "moderne" (pas nécessairement le costume). Par contre ce n'est pas à l'école d'éduquer les enfants. Ceux qui empêche les autres de réussir doivent en être exclu, aux parents de faire comprendre le rôle essentiel de l'école à leur progéniture. C'est le MINIMUM requis pour être un bon parent, ... sinon on ne fait pas de gosses et surtout pas pour de mauvaises raisons (allocations familiales, ...)
a écrit le 03/05/2011 à 9:24 :
le harcèlement intervient principalement dans les interclasses, récréations et sur les trajets. Or, ces temps sont très mal/pas du tout surveillés. Si vous avez rendez-vous à l'école de vos enfants et que vous traversez la cour de récréation à ces heures là, vous verrez les maîtres de service, frileusement regroupés dans un coin/le hall, tournant le dos aux élèves et discutant des dernières nouvelles des experts/desperate houseviwes/etc...
Et si vous osez protester quand vous assistez à ce qu'on ne peut appeler autrement qu'un passage à tabac dans le coin opposé de la cour, on vous répondra "il faut bien qu'il apprenne à se défendre !" (le petit fermement maintenu par un autre visiblement plus grand pendant que deux ou trois autres le bourrent de coups)
a écrit le 02/05/2011 à 18:54 :
Aucune solution si ce n'est revenir à une société des années 50 ! On veut cela avec les écolos donc ,patience ....Nous n'étions pas traumatisés pour autant ....
a écrit le 02/05/2011 à 18:42 :
Ca commence a 7 ans. L ecole ne veut rien savoir et pour la victime c est pire qu avant. Il y faut faire evoluer les mentalites pour que l ecole ne se sente pas coupable et que le harceleur soit traite comme tel - maman de harcelee inquiete
a écrit le 02/05/2011 à 17:42 :
Ce sont plutôt les profs qui sont harcelés, avec le fait qu'on leur enlève à chaque fois les moyens de se défendre, les jeunes fauteurs de troubles deviennent rois. Que vont-ils faire pour éviter ce genre de troubles qui gênent autant les profs que les élèves qui voudraient malgré ça bosser?
a écrit le 02/05/2011 à 17:34 :
Luc et sa clique ont reçu ça aussi mais ils s'en ... : "Pour préparer le « rendez-vous salarial » du 19 avril, le ministère du budget, des comptes publics et de la fonction publique a publié un document intitulé « Rémunérations et pouvoir d?achat dans la Fonction publique ». Son étude est éclairante.

Alors que depuis 1982, l?inflation cumulée atteint 128,8%, l?augmentation de la valeur du point d?indice n?a été que de 80,38%. Perte : 48% ! Un fonctionnaire gagnant aujourd?hui 1200 euros devrait en gagner 1800 pour avoir le même pouvoir d?achat qu?en 1982 !

Alors que depuis 2000 les prix ont augmenté de 19,47%, le point d?indice n?a augmenté que de 9,05% soit une perte de pouvoir d?achat de plus de 10% ! Un fonctionnaire gagnant 1800 euros devrait en gagner 1980 euros pour conserver son pouvoir d?achat.

Il s?agit de chiffres officiels prenant en compte l?indice INSEE dont le panel pour fixer la hausse des prix n?est pas exempt de critiques."
NO COMMENT !
a écrit le 02/05/2011 à 17:09 :
imad lahoud professeur dans de grands lycées?? les" non-reconduits " ou "non-admis" dans l'éducation nationale apprécieront! quelqu'un a dit: l'éducation nationale est un "mammouth", n'est-il pas temps de dire comme l'instructeur dans le film "full metal jacket" que l'éducation nationale est un monde ("merdique")
a écrit le 02/05/2011 à 15:51 :
Il était largement temps de s"attaquer à ce phénomène qui commence par le communautarisme et fini par harcèlement ....

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