La note AAA de la France est dans le collimateur de Moody's

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L'agence Moody's a annoncé lundi qu'elle allait étudier au cours des trois prochains mois s'il y avait lieu de revoir la perspective d'évolution de la note souveraine de la France, qu'elle juge toujours pour l'instant "stable". François Baroin a déclaré qu'il ferait "tout" pour garder le "triple A" français. De son côté, Laurence Parisot s'estime confiante. Bruxelles aussi.

"Au cours des trois prochains mois, Moody's va surveiller et évaluer cette perspective stable, au regard des progrès effectués par le gouvernement pour mettre en oeuvre" les mesures annoncées de réduction du déficit budgétaire, souligne l'agence de notation dans un communiqué.

La France bénéficie actuellement de la meilleure note possible de la part de Moody's (un "Aaa"), comme de la part de ses grandes concurrentes Standard & Poor's et Fitch Ratings. Cette note lui permet d'emprunter dans des conditions très favorables pour financer ses déficits budgétaires.

Si la perspective de cette note devait être revenue à "négative", cela impliquerait que Moody's serait susceptible de l'abaisser à moyen terme (le plus souvent à une échéance de trois à douze mois).

Outre la capacité du gouvernement français à tenir ses engagements budgétaires, Moody's prendra en compte dans sa réflexion "tout nouveau développement négatif de l'économie ou des marchés financiers".

Dans son communiqué, Moody's relève que la solidité financière du gouvernement français, certes encore très élevée, "s'est affaiblie, comme c'est aussi le cas pour d'autres pays de la zone euro, car la crise économique et financière dans Le Monde a conduit à une détérioration de ses ratios d'endettement, qui sont désormais parmi les plus faibles des pays notés +Aaa+".

Pour Moody's, il est donc "crucial" pour la France de conserver "la confiance des investisseurs dans sa capacité et sa volonté de s'attaquer à des défis imprévus".

Or "la France pourrait faire face à un certain nombre de défis dans les mois à venir, comme par exemple la nécessite d'apporter un soutien additionnel à d'autres pays européens ou à son propre système bancaire, ce qui pourrait accroître de manière significative les engagements que doit supporter le budget du pays", note Moody's.

"La détérioration des ratios d'endettement et la possibilité de voir apparaître de nouvelles dettes potentielles exercent une pression sur la perspective stable de la note +Aaa+ du pays", souligne l'agence. Pour Moody's, le gouvernement français a désormais moins de marge de manoeuvre (...) qu'en 2008" lors de la crise des "subprimes".

"L'engagement poursuivi à mettre en oeuvre les mesures de réforme économique et budgétaire, ainsi que des progrès visibles dans les objectifs visés" en matière de réduction de la dette "seront importants pour maintenir la perspective stable" de la note du pays, prévient l'agence.

François Baroin décidé à garder le triple A

Le ministre de l'Economie et des Finances, François Baroin, a assuré aujourd'hui que la France mettrait "tout en oeuvre" pour conserver sa note "triple A" auprès des agences de notation, qui lui permet d'emprunter aux meilleures conditions possibles sur les marchés.

"Nous serons là pour conserver ce triple A. C'est une condition nécessaire pour protéger notre modèle social... Nous mettrons tout en oeuvre pour ne pas être dégradés", a déclaré François Baroin, réagissant sur France 2 à l'annonce par l'agence Moody's qu'elle pourrait revoir sa perspective sur la note française.

La prévision officielle de croissance de la France pour 2012 est "probablement trop élevée", a-t-il par ailleurs reconnu. Le gouvernement table pour 2012 sur une hausse de 1,75% du produit intérieur brut. 

Bruxelles minimise

La Commission européenne a minimisé mardi les craintes après la menace de l'agence Moody's. "Il n'y a pas lieu de s'alarmer et de spéculer sur quelque chose qui est très vague", a déclaré Amadeu Altafaj, porte-parole du commissaire aux Affaires économiques, Olli Rehn, lors d'une conférence de presse.

La patronne du Medef est confiante aussi

La patronne du Medef, Laurence Parisot, a estimé mardi que la France avait "tout à fait les moyens" de conserver sa note "triple A" auprès des principales agences de notation, qui lui permet d'emprunter aux meilleures conditions possibles sur les marchés.  "Le chemin pour le faire est connu, il faut le prendre. Mais il ne faut pas être dans le déni du risque, le risque existe", a déclaré Laurence Parisot lors de sa conférence de presse mensuelle.

"Je pense qu'il y a plusieurs choses que l'on peut entreprendre" pour conserver le triple A, a-t-elle relevé. Il conviendrait notamment de "voter un budget conforme à nos engagements vis-à-vis de Bruxelles" ce qui, selon elle, semble bien engagé, ou encore de "montrer nos capacités à avancer dans nos réformes structurelles".

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