Europe : les résignés de la rigueur

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Comme la plupart de ses voisins européens, la France connaît, elle aussi, des mouvements contre les plans d'austérité mis en place. L'Intersyndicale organise un rassemblement ce mardi, place de la Concorde, à Paris.

Le Portugal, le Royaume-Uni, la Grèce, la Belgique la semaine dernière et maintenant l'Italie et la France. L'Europe doit faire face à une vague de protestations contre les plans d'austérité. En France, les syndicats veulent dire aux élus ce mardi qu'« ils font fausse route ». Les mesures de rigueur « antisociales » « ne vont pas résoudre la crise » et mener à une récession, a jugé lundi, sur RMC, le leader de la CGT, Bernard Thibault. C'est là toute la question. Quels plans de rigueur adopter pour juguler la crise, en creux de cycle, sans casser la croissance tout en contentant les agences de notation ?

À cette quadrature du cercle, le gouvernement Fillon a répondu en août puis en novembre par deux plans de rigueur qui visent à économiser au total 18 milliards d'euros en 2012. Objectif : respecter la trajectoire de réduction du déficit public (5,7 % du PIB en 2011, 4,5 % en 2012, 3 % en 2013, l'équilibre étant visé en 2016).

Au lendemain de la mise sous surveillance de la note française par S&P la semaine dernière, le Premier ministre n'a pas exclu un nouveau tour de vis si nécessaire, « en fonction de la réalité » de la croissance 2012. Prévoyant encore 1 % en 2012, Bercy estime pouvoir tenir jusqu'à 0,4 % de croissance grâce à sa réserve de précaution de 7 milliards d'euros. Mais les économistes tablent désormais sur un recul du PIB, soit un déficit public de plus de 5 % du PIB en 2012. D'où les critiques sur des plans à répétition trop timides par rapport aux voisins européens, mal équilibrés entre recettes et dépenses ou ne préservant pas assez la croissance. « En termes de milliards économisés, la France fait moins que l'Italie, l'Espagne et le Royaume-Uni, mais plus que l'Allemagne.

« Effets multiplicateurs »

En termes d'engagements vis-à-vis de Bruxelles, aucun pays, à part l'Allemagne, ne respectera ses objectifs », projette Éric Heyer, économiste à l'OFCE, les écarts allant de 0,8 point de PIB pour la France à 2 points pour le Royaume-Uni. Or, 1 point de PIB représente 20 milliards d'euros. Et en période de crise, les « effets multiplicateurs », non pris en compte par le gouvernement, jouent à plein (un plan de rigueur de 7 milliards pouvant entraîner une baisse d'activité équivalente). Partant, explique Éric Heyer, la France devrait théoriquement économiser... 30 milliards. Mais dans ce cas, le PIB reculerait de 0,6 % et s'installerait un cercle vicieux, amplifié au niveau européen. Inenvisageable en période préélectorale.

Y a-t-il seulement une austérité idéale ? L'opposition préconise de s'attaquer aux nombreuses niches fiscales inefficaces et de préserver la compétitivité. Les syndicats, eux, tempêtent contre les plans d'austérité perçus comme « injustes ». L'Intersyndicale (CGT, CFDT, FSU, Solidaires et Unsa), qui a lancé début décembre un appel à des mobilisations contre le plan d'austérité durant la première quinzaine de décembre, organise ce mardi le « point fort » de ces rassemblements, notamment à Paris sur le pont de la Concorde, à proximité de l'Assemblée nationale. Tandis que FO a décidé de laisser le soin à ses unions départementales de décider localement de participer aux rassemblements, mais martèle toujours sa proposition d'un appel à la grève. La CGT ne compte toutefois pas s'arrêter à cette journée de mardi. Après avoir indiqué qu'elle participerait au sommet sur l'emploi convoqué par Nicolas Sarkozy en janvier, elle proposera à ses partenaires de l'Intersyndicale d'organiser une « journée d'action » le jour de sa tenue. La proposition sera faite lors d'une réunion prévue le 19 décembre. Reste à savoir si elle sera reprise par les autres syndicats. La semaine dernière, François Chérèque estimait que le « contexte est difficile pour les syndicats d'organiser de grandes manifestations »...

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a écrit le 13/12/2011 à 14:37 :
le MEDEF a raison il n'y aura aucune révolution, mais certains patrons commencent à penser, les plus éclairés, que nous subirons une insurrection de grande ampleur ou une multitude d'insurrection lais tout cela se fera sans motivations politique ou syndical, mais sera un déchainement de Jalousie, de frustrations et de communautarisme, aucune revendication aucun attachement au x valeurs républicaines. Les syndicats n'auront aucune emprise sur ces mouvements car ils sont complétement affaiblis et ne représente plus rien. Certains patrons commencent à imaginer de renforcer le rôle des syndicats, car des sociétés de conseil DRH ont attirés l'intention de leurs clients sur le scénario précité. CONINGSBY
a écrit le 13/12/2011 à 14:29 :
La rigueur est forcement plus contesté la ou les gens n'ont que de quoi survivre. Il suffit de regarder dans les statistiques pour se rendre compte de la différence de revenus entre le Nord et le Sud. Quoi d'étonnant donc que les peuples se révoltent. La rigueur va accroitre les différences déjà existantes, alors que ce qu'il faut c'est une plus grande convergences des économies de l'Union Monétaire. La tendance actuelle cependant va dans le sens contraire, les divergences ne font qu'augmenter et certains pays du Sud deviendront en fait, si nous n'intervenons pas, des républiques bananières. (Le terme de république bananière désigne à l'origine un pays peu développé, dont l'industrie repose typiquement sur la seule production de bananes (olives), et dirigé par une petite ploutocratie autoritaire.)
On peut dans ces circonstances comprendre les Anglais qui de nouveau sont les seuls à refuser la dominance Allemande (servie et suivie par un Vassale fidèle?)
a écrit le 13/12/2011 à 14:12 :
On ne peut pas tout avoir le beurre l argent du beurre et le sourire de a crèmière c'est comme cela depuis la nuit des temps et cela restera encore longtemps aussi je dis qu en défilant comme il le font ils nous mettent encore plus dans la mouise aussi c'est un crime de perdre une journée de travail quand on sait que les caisses sont vides d une part et que d autre part on va nous dégradés et il faudra alors faire un autre paquet d austérité pour que cela soit enfin compris par ses imbéciles qui ne font rien pour nous redonner du punch alors ces messieurs et dames devraient comprendre qu il faut faire des efforts je sais bien que se n est pas la tasse de thé des français mais il faudra qu ils y passent.
a écrit le 13/12/2011 à 10:29 :
Les syndicats français ne représentent personne hormis eux-même !

Il suffit de regarder comment ils gèrent les CE (commes nos gouvernants UMPS) : pas terrible !

Combien de syndiqués en France (même dans le public et assimilé les adhérents se font rares aujourd'hui) : constat ils ne sont pas à la hauteur du tout !
Réponse de le 13/12/2011 à 11:36 :
Il faut rendre obligatoire l'adhésion à un syndicat, pour tout embauche dans ce pays. Au moins, la représentativité sera garantie...Et en augmentant leur base, il y aura aussi dans les syndicats des gens normaux, juste préoccupés par l'intérêt général, gage d'un vrai dialogue social. D'ailleurs, qui se plaint de la faible représentativité des syndicats ? Les patrons ! Mais pourquoi, ils devraient s'en réjouir plutôt. Ben c'est une critique ridicule, d'un patronat qui déteste les contre-pouvoirs, ce qui n'est pas un gage de démocratie, donc. CQFD...
Réponse de le 13/12/2011 à 12:12 :
Les syndicats en France sont des succursales du Medef : ils gèrent nos cotisations ensemble, "paritairement",... sans oublier de se rémunérer grassement au passage. Tout est en faillite mais personne n'est responsable.
a écrit le 13/12/2011 à 10:27 :
Allez, M. Le Pen va arriver là-dessus et prendre les mesures qui s'imposent. 10 ans à ce régime-là et la France sera redressée.
Réponse de le 13/12/2011 à 11:06 :
le Coq gaulois chantera les pieds dans la M....!
a écrit le 13/12/2011 à 9:38 :
On se demande bien où se trouve la rigueur dans le budget de l'état français, bien au contraire ce sont des effets d'annonce, les marchés ne se sont pas trompés, le déficit du budget est toujours gigantesque soit plus de 90 milliards d'euros pour 2011, 2012 etc..., et comme il n'est plus possible de dévaluer la monnaie nationale, la déficit de la balance commerciale toujours aussi important, ce qui veut dire que tant que le gouvernement français n'aura pas compris qu'il faut arrêter de faire des cadeaux aux assistés sociaux - le dernier en date, la prime de noêl et la prime rentrée et diminuer drastiquement les 34% de pnb aux assistés sociaux- et bien les marchés et les agences de notation dégraderont la note de la France notamment, ce qui veut dire que cela finira par coûter cher.
Ajoutez à cela les déficits chroniques de l'assurance maladie, des régimes de retraites - un agent de conduite sncf ratp prend sa retraite à 52 ans, comme la police, la gendarmerie - et bien la France sera scrutée sous tous les angles. Evidemment, il y a l'intelligence des politiques qui veulent toujours berner le peuple en faisant croire que les vilains sont les spéculateurs et les agences de notation, mais c'est bien les politiques qui ont toujours ruiné leur bon peuple. Ce ne sont pas les mesurettes comme la taxe sur les soda qui renfloueront le trou béant ni les gesticulations des économistes de gauches qui voudraient nous faire croire que c'est en taxant les riches en ajoutant une tranche à 50% sur les hauts revenus que l'on pourra boucher le trou béant du budget.
Réponse de le 13/12/2011 à 10:03 :
Vous avez tout compris. Soit nous avons des incapables ou des incompétents au gouvernement soit des irresponsables, soit encore tout à la fois. Dans tous les cas, il ne faut pas s'étonner si tout va clapoter très rapidement, peut-être avant Noël. Cela sent le roussi à plein nez !
Réponse de le 13/12/2011 à 14:50 :
l'etat achete la paix sociale mais ça finira par leur péter à lan gueule car la classe moyennne en a marre de bosser pour rien comparé à un assisté, vaut mieux être assisté que smicard par exemple.
a écrit le 13/12/2011 à 8:38 :
Défiler contre la rigueur : quelle stupidité. Autant défiler contre le temps qu'il fait. Ce n'eszt plus le moment de perdre son temps, mais celui de retrousser les manches.
Réponse de le 13/12/2011 à 9:38 :
Je suis bien d accord avec toi, c'est quoi tout ces gens qui se plaignent.
Ils ont le luxe de pouvoir manger de manger des pattes toute l'année et ils la ramènent !
non mais ho ! sérieux !
ps: c'est ironique
Réponse de le 13/12/2011 à 14:51 :
demosthene a un peu raison, perdre une journée de salaire ne sert à rien,, aller voter un dimanche matin pour renverser l'umps sera bien plus utile!
a écrit le 13/12/2011 à 8:15 :
qu'ils se rassurent; quand hollande sera elu, il votera une loi qui interdit la crise ( et une autre qui interdit le cancer)
Réponse de le 13/12/2011 à 9:29 :
Riquet à la houpette (l?avez vous vu dans son interview de RTI, agitant sa houpette) va bientôt apparaître en costume de père Noël avec des joujoux par milliers pour tous ceux qui croient encore au père Noël socialiste. Les niches (planquez celle de votre chien) apporteront l?argent, on dit même que la France envahira la Suisse, le Luxembourg, les Iles anglo normandes et Monaco pour ratisser tous les milliards planqués. On laissera le Liechtenstein pour les camarades intello et artistes amis de longue date et dont on augmentera les subventions pour théâtre insipides et films invendables. Ce sera la rigueur dans la dépense.
a écrit le 13/12/2011 à 8:08 :
La mondialisation c est legalisation des niveaux de vie mondiaux. Comme ce n est pas ni les chinois ni les indiens ni les africains qui vont avoir le meme niveau de vie que nous, ce sera forcement nous qui tendrons a nous rapprocher du leur. Comme tous les grands partis et tous les economistes nous disent que la mondialisation est le seul choix possible je ne vois pas comment il pourrait en etre autrement. Nos politiques etant elus par les francais et comme les francais pensent qu en reelisant les memes ils vont conserver leurs avantages et bien on verra les consequences. Ce n est pas avec nos syndicats qui defendent eux aussi leurs adh?nts ( cad ceux qui les payent) mais pas les francais que cela va changer non plus. Je suis tres pessimiste en l avenir.
a écrit le 13/12/2011 à 7:24 :
Je m'interroge que les syndicats osent encore s'insurger contre les plans d'austérité, après l'enterrement de première classe du rapport qui les met en cause au travers des CE d'EDF, RATp...UIMM.....ceux-ci représent-ils vraiment les français dans la crise....
Réponse de le 13/12/2011 à 9:17 :
Oui tout à fait d'accord,c'est honteux ,ils poussent les gens dehors pour manifester.rempli de fric ils osent encore!!!!!!
Réponse de le 13/12/2011 à 9:37 :
toujours les mêmes ...ceux responsables de notre inertie.....votre sauveur F.H .arrive
a écrit le 13/12/2011 à 7:09 :
L'austérité ? Mais quelle austérité ? Jusqu'à présent, l'Etat obèse a réalisé moins de 2 milliards d'économies sur plus de 1100 milliards de dépenses annuelles. Le reste de "l'effort" est déjà arraché aux français, assommés d'impôts pour plus de 1000 milliards par an. Pendant ce temps, l'AFT va devoir lever presque 200 milliards de dettes en 2012 (déficit et refinancement de la dette). L'austérité doit être réservée à l'Etat obèse, pas aux Français, pas à la France. L'Etat-providence obèse doit renoncer à ses dépenses et fixer tous ses budgets prévisionnels à -5% du montant de l'année précédente hors inflation. Nous sommes déjà trop taxés.
Réponse de le 13/12/2011 à 8:08 :
n'importe quoi comme d'hab.....
Réponse de le 13/12/2011 à 9:27 :
Les informations sont vérifiables si on fait l'effort de les chercher. L'austérité doit peser uniquement sur les dépenses publiques, pas sur les entreprises, les investisseurs, les entrepreneurs et les salariés du privé, qui font tous les efforts, subissent le chômage ou prennent des risques pour alimenter l'Etat-providence obèse. C'est en libérant l'économie de la contrainte publique que la croissance pourra revenir, pas autrement. L'Etat doit abandonner le modèle social spoliateur et injuste qu'il impose par la force. Ceux qui sont obligés de le payer n'en peuvent plus. Nous sommes déjà trop taxés.
Réponse de le 13/12/2011 à 9:33 :
@Déjà trop taxés. Vous avez parfaitement raison. laissez dire les hargneux et complexés, ils seront les premiers si leur Superman passe, à renier tout ce qu?ils disent aujourd?hui. Vous les reconnaîtrez sans peine, ils seront les premiers à retirer leur argent (car pour être de gauche, il en faut) des banques lors de la venue du paradis socialiste en France.
Réponse de le 13/12/2011 à 10:28 :
L'état et toutes les autres administrations doivent se réformer et couper d'urgence dans les dépenses et les budgets. Cela fera mal à certains privilégiés ou baronies politiques mais c'est la voie à suivre pour sortir le pays de ce bourbier!
a écrit le 13/12/2011 à 7:03 :
La rigueur est forcement plus contesté la ou les gens n'ont que de quoi survivre.
Il suffit de regarder dans les statistiques pour se rendre compte de la différence de revenus entre le Nord et le Sud.
Quoi d'étonnant donc que les peuples se révoltent.
La rigueur va accroitre les différences déjà existantes, alors que ce qu'il faut c'est une plus grande convergences des économies de l'Union Monétaire.
La tendance actuelle cependant va dans le sens contraire, les divergences ne font qu'augmenter et certains pays du Sud deviendront en fait, si nous n'intervenons pas, des républiques bananières.
(Le terme de république bananière désigne à l'origine un pays peu développé, dont l'industrie repose typiquement sur la seule production de bananes (olives), et dirigé par une petite ploutocratie autoritaire.) Comme c'est le cas déjà en Grèce et en Italie
On peut dans ces circonstances comprendre les Anglais qui de nouveau sont les seuls à refuser la dominance Allemande (servie et suivie par un Vassale fidèle?)
Réponse de le 13/12/2011 à 10:36 :
tu raconte n'importe quoi mon vieux . l'italie un pays peu develloppé !!!?? cest la 7eme puissance mondiale et l'industrie représente une part plus importente que la france dans son pnb

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