Le programme économique et fiscal du candidat socialiste reste encore imprécis

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Les hausses d'impôts - 30 milliards d'euros - seront moins lourdes que prévu par le projet socialiste. Du coup, la disparition programmée du déficit public pour 2017 paraît encore plus difficile. Sauf à espérer une plus forte croissance.

« Sauf accident, François Hollande va gagner l'élection présidentielle, mais essentiellement par défaut. » C'est un responsable socialiste qui s'exprimait ainsi, bien entendu sous le couvert de l'anonymat, avant l'intervention du Bourget. Il ne reflétait pas forcément le sentiment majoritaire. Mais ce point de vue témoignait des doutes, nombreux, qui se sont fait jour au long des mois de décembre et de janvier, au sein du PS, s'agissant des chances de François Hollande. Trop mou, trop flou... L'épisode du quotient familial, quand le candidat socialiste a dû ajuster le tir en reniant pour partie le projet de réforme fiscale tel qu'il avait été conçu par le PS, avait renforcé cette inquiétude.

De ce point de vue, le discours prononcé dimanche par François Hollande apporte des réponses... mais soulève aussi des questions. Le candidat s'est montré offensif, ferme sur les valeurs de gauche, annonçant sa volonté d'introduire une dose de proportionnelle, faisant de la finance « son premier adversaire », annonçant la séparation des activités des banques (dépôts d'un côté, investissements de l'autre), la suppression des stock-options...

Mais il est resté plus flou sur son programme de redressement des finances publiques. Mine de rien, l'ex-premier secrétaire du PS en a rabattu sur les hausses d'impôts prévues (la remise en cause des niches et cadeaux fiscaux accordés depuis dix ans, selon ses termes). Adopté au printemps, le projet socialiste tablait sur 50 milliards d'euros de recettes-hausses d'impôts. Ce dimanche, François Hollande est revenu à un choc fiscal moins lourd, tablant sur 30 milliards d'euros d'impôts en plus. En évoquant simplement « la remise en cause des cadeaux et niches créés depuis dix ans ».

Deux seules précisions, qui ne font pas le compte, ont été apportées : l'instauration d'une tranche d'impôt sur le revenu à 45 %, au-delà de 150.000 euros de revenu (s'agit-il du revenu du foyer fiscal ?). Et le plafonnement du total des niches fiscales à 10.000 euros par foyer : autrement dit, nul ne pourrait réduire son impôt de plus de 10.000 euros au moyen des fameuses niches.

Dans les deux cas, la volonté est claire de donner des gages à la gauche, mais sans aller trop loin dans le « matraquage fiscal ». Certains experts du PS préconisaient d'aller beaucoup plus loin, en plafonnant le total de ces niches à 2.000 euros par foyer... Au total, ces deux mesures rapporteraient quelques milliards, au plus. La question reste donc entière des niches fiscales à supprimer pour parvenir aux 30 milliards évoqués par Hollande. Promis par le candidat PS, le rétablissement de l'ISF dans son ancienne version, un impôt véritablement progressif, ne suffira pas non plus à parvenir à ces 30 milliards.

En outre, se pose avec une acuité accrue le problème du bouclage macroéconomique de ce projet : François Hollande maintient l'objectif d'un retour à l'équilibre des finances publiques au terme de son mandat, en 2017. Comment y parvenir avec des recettes fiscales moins importantes qu'annoncé dans le projet socialiste ? Le candidat socialiste fait reposer en partie son projet sur une croissance miraculeusement retrouvée. On en saura sans doute un peu plus jeudi 26 janvier lors de la présentation officielle du projet.

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Commentaires
a écrit le 23/01/2012 à 15:14 :
Bien sur qu'il auras un duel François Hollande contre Sarkozy de là à dire que c'est Hollande qui seras président là vous tirez des plans sur la comête, laissons se passer les élections pour voir qui est le nouveau président de la république, Sarkozy. Mais c'est une grande erreur de dire que dans - de 100 jours Hollande de dire que ce Monsieur seras à la tête du pays chaque jour il y à un changement de politique.
a écrit le 23/01/2012 à 12:02 :
On parle toujours d'augmentation des impôts, mais jamais de diminution des dépenses....et je doute que le PS qui se base sur les fonctionnaires y soit favorable. Je ne vois cependant pas d'autre issue, car les impôts ont une limite, ils freinent la reprise économique et les dépenses des ménages. Je crois qu'il serait plus judicieux de favoriser l'investissement, pour embrayer la relance économique et de dégraisser l'administration qui coûte énormément en France mais ne rapporte pas grand chose.
Réponse de le 23/01/2012 à 16:21 :
+ 1 Bien vrai
a écrit le 23/01/2012 à 11:08 :
Mais encore ?
Ce n'est pas suffisant pour réduire les injustices .
Quel revenu maximum , quel taux d'imposition dissuasif ( 70 à 100 )%,
Aucune mesure sur la suppression des communes , des départements : c'est l'Etat qui doit faire des économies et montrer l'exemple
Il faudrait reconnaître le vote blanc pour empêcher le report des mécontents vers le FN
Réponse de le 23/01/2012 à 14:27 :
Pourquoi les mécontents ne voteraient FN?
a écrit le 23/01/2012 à 8:39 :
Parce que les autres registres -autres qu'idéologiques- sont plus précisément exposés ? Merci de nous signaler ou et quand...
a écrit le 23/01/2012 à 7:24 :
Ce fils de médecin a toujours eu le sens du patrimoine : http://www.societe.com/societe/societe-civile-la-sapiniere-377552955.html
a écrit le 23/01/2012 à 7:05 :
Et si les agences de notations notaient aussi les programmes des hommes politiques selon leur crédibilité ?
Réponse de le 23/01/2012 à 7:41 :
+1

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