Emploi : les seniors courent toujours

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Retrouver du travail après 50 ans relève encore et toujours en France de la quadrature du cercle. A l'occasion de la première journée pour l'emploi des seniors, l'association du même nom a commandité une étude sur les difficultés de carrière des plus de 50 ans. Et le député Jacques Kossowski défend son "check up d'employabilité".

Senior en entreprise n'est pas une sinécure. Les salariés Français ne s'y trompent pas qui estiment que l'on commence à être considéré comme un salarié trop âgé à 52 ans. Les plus jeunes estimant même que cette limite est atteinte à 48 ans. Alors que se déroule aujourd'hui la Journée pour l'Emploi des Seniors, la situation n'est pas brillante : leur taux d'emploi, autour de 40%, est toujours inférieur à la moyenne européenne. Même si les employeurs s'efforcent de maintenir en activité leurs salariés en fin de carrière, surtout depuis deux ans avec l'arrivée des "plan seniors" dans les entreprises, désormais contraintes de se soucier de leur sort sous peine de sanctions. Pire : leur taux de chômage a explosé ces dernières années et le marché de l'emploi leur reste toujours aussi hostile. "Retrouver un CDI est quasi impossible", souligne Sylvain Grevedon spécialiste de l'emploi des seniors au Cabinet Mercuri Urval, la plupart ne retrouvant que des missions et les cadres venant grossir les bataillons de consultants.

Faire le point sur son employabilité


Résultat : à la question posée par TNS Sofres sur les moyens qui permettent de se prémunir contre les difficultés de carrière l'âge venant, les salariés Français placent les formations en tête de leurs priorités, suivi du bilan de leurs compétences. Surtout ils sont 58% à juger qu'il est efficace de changer de métier pendant qu'il en est encore temps, le mieux étant de s'en préoccuper dès 41 ans. D'ailleurs 57% des sondés souhaitent changer de carrière avant la fin de leur parcours professionnel. Auteur du rapport "Y-a-t-il un avenir professionnel après 45 ans ?", le Député-Maire de Courbevoie Jacques Kossowski, secrétaire national de l'UMP pour l'emploi des seniors, estime qu'à partir d'un certain âge, "le bilan d'étape professionnel doit être un réflexe, comme pour le bilan de santé après 40 ans. Passé ce cap, tout salarié est plus vulnérable au chômage. La meilleure façon de s'en prémunir, c'est de faire le point sur son employabilité comme on fait le point sur sa santé". Par amendement dans le cadre de la loi du 24 Novembre 2009, Jacques Kossowski a fait adopter un double dispositif pour les plus de 45 ans qui comprend un entretien professionnel et un bilan d'étape professionnel. Un "check-up d'employabilité" rendu obligatoire pour les entreprises de plus de 50 salariés.

Finlande, première de la classe


Si ces mesures offrent un certain espoir aux quadras d'aujourd'hui, pour les quinquas la messe est dite. Dans un contexte de chômage élevé , l'emploi des jeunes est encore et toujours privilégié. D'autant que ces derniers ne sont pas très bien lotis non plus. En France, sur le marché de l'emploi, on est trop jeune avant 30 ans et trop vieux après 50...En parallèle des mesures politiques, il s'agit dès lors de s'attaquer à changer les mentalités. A l'instar des pays nordiques, qui ont organisé une mobilisation sociale autour de l'emploi des seniors. Des séminaires de formation sont organisés pour améliorer la gestion des âges au travail. Des labels sont accordés aux entreprises les plus engagées dans l'emploi des seniors. Des campagnes sont lancées en direction des salariés pour les inciter à travailler plus longtemps. La Finlande constitue un exemple hors pair en la matière, axé sur la prise de conscience collective de l'importance de l'enjeu social, et met en oeuvre une stratégie d'amélioration du bien-être au travail. Tous les trois ans après 45 ans, et chaque année passés 56 ans, les salariés rencontrent leur médecin du travail pour discuter de la pénibilité de leur poste et des perspectives d'évolution de carrière. La promotion de la santé a été améliorée, la formation encouragée, les postes de travail adaptés. Mais, surtout, des formations spéciales pour les managers ont été organisées, afin de leur faire changer leur façon de percevoir les salariés âgés, et pour qu'ils comprennent ce que la vieillesse peut leur apporter. Un lent processus qui a amené les attitudes et les mentalités à changer. Là-bas on parle ainsi de « stratégie de vieillissement actif ». Avec ces mesures, le taux d'emploi des 55-64 ans a grimpé de 35 % en 1998 à plus de 55 % en 2008. Dans le même temps, ce taux passait en France de 28 % à 39 %. Remonter le taux d'emploi des seniors en France revient donc à ne pas durcir les conditions de départ à la retraite avant que les entreprises ne soient disposées à conserver les seniors et surtout à améliorer leur vie au travail.


 

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Commentaires
a écrit le 13/02/2012 à 20:24 :
J'ai 48 ans seul avec mon enfant, lisenciée depuis le 23 janvier 2012, pas de mot pour vous dire comme ça fait mal.
Réponse de le 23/02/2012 à 11:13 :
47 ANS AU CHÖMAGE DEPUIS 2 ANS..........pas de mot non plus pour vous exprimer ma douleur.

j'ai tout fait pour ne pas perdre mon job........pas de bol mon secteur s'effondre.....et les recruteurs ne veulent pas embaucher sans expérience du secteur un type de 47 ans!! aucune formation ne résoudra mon probleme
a écrit le 13/02/2012 à 2:27 :
Les chiffres du chômage sont bidons et bien en de ça de la réalité, démonstration :

4 millions de sans-emploi, et sans doute bien plus, mais retenons ce chiffre
"paul emploi" annonçait - plus maintenant apparemment - en janvier 2012, environ 120 000 emploi, disons que c'est le tiers du marché

Ce qui nous donne la division suivante :

4 000 000 de sans-emploi
divisé par (pour)
400 000 offres d'emploi (arrondi)

Soit 1 emploi pour 10 sans-emploi !! et, à mon avis, c'est plutôt 11 sans-emploi pour un seul, ce qui veut dire que pour un emploi, 10 sans-emploi le resteront !!

N'en déplaise au "anti-raciste", le gouvernement fait venir plus de 200 000 personnes en 2010 et sans doute plus en 2011 - voir site www.ofii.fr - malgré ces pratiquement 5 millions de chômeurs !!
Ca dure depuis des décennies, et cela s'est accentué ces 10 dernières années...

Sans compter les contrats du maghreb en hôtellerie, en informatique, contrats soumis aux lois du pays de l'employé, car revenant moins cher aux grosses entreprises !!

Regarder renault ouvrir une usine au maroc, alors qu'ils veulent vendre leur voitures en France principalement !!


Piste pour réduire le déficit : réduire les salaires de tous ces sangsues de politiques, sénateurs et autres députés, à 3000E par mois, là, on verra qui veut toujours "servir" la France !! et aligner les retraites sur celles du privé !!

Sachez que le remplacement de population est une réalité, et que la mondialisation conduit à un chômage exponentiel, dont les seniors sont les variables d'ajustement, ainsi d'ailleurs que les moins de 25 ans...

Vivement que l'euro s'effondre, car tous les pays d'Europe, dont la France, vont devenir comme la Grèce, pays qui ne va plus tarder à entrer en révolte, avec des guerres civiles très bientôt, bien plus tôt que vous ne le pensez !!
a écrit le 10/02/2012 à 12:07 :
En france à partir de 45 ans on devient un senior pour une entreprise, donc une charge et rien n'est fait pour changer cet etat de fait.
En finlande on refléchit au problème et on trouve la solution, donc on emploi les seniors jusqu'à la retraite, et cela permet aux entreprises finlandaises d'être dans la compétivité mondiale.
a écrit le 10/02/2012 à 9:01 :
@ OBJECTIF : moins de fonctionnaire = chômeur en plus, et en plus il faut les privatiser notre très chère emploi de la fonction publique, il faut-être lucide si on ne privatise pas les fonctionnaires là ils auront ces très chère messieur travailler avec l'angoisse si une tâche qu'il doit faire, la remettre au lendemain utopie c'est beau de réver.
a écrit le 10/02/2012 à 7:30 :
42 années pour avoir sa retraite pleine en france contre 35 années en allemagne !!!!
bilan des seniors de plus en plus longtemps au chômage merci qui ?
a écrit le 10/02/2012 à 5:04 :
La seule solution pour un sénior est de se mettre à son compte. Personnellement, on m'a largué à 45 ans et pour pouvoir travailler, j'ai dû me mettre à mon compte et proposer mes services et je suis toujours en activité à 62 ans.
a écrit le 10/02/2012 à 4:40 :
Et si le taux de chomage en France était trop élevé par le fait qu'il y a trop de jeunes à cause de la politique démographique ? Ah oui, c'est politiquement de se poser de telles questions très incorrect mais quand on regarde l'Allemagne on se demande parfois quand-même.
a écrit le 09/02/2012 à 22:27 :
faut arreter le bla-bla de la formation ....en période de chomage massi et avec un patronat prédateur et cynique il n'y a aucune chance de améliorer l'emploi des seniors , tous ces beaux discours ne sont que de l'agitation stérile .....faut bien tenter de récolter des voix éléctorales par tous les moyens !!!!!!arretez votre cynisme de politiciens face à la détresse de ces seniors !!!!!!!!!!!!
a écrit le 09/02/2012 à 16:52 :
Au lieu de concentrer toute l'attention des français sur les chômeurs.....les politiques feraient mieux de travailler à créer des lois qui impliquent des emplois pour tous ceux qui le souhaitent.

Réponse de le 09/02/2012 à 17:46 :
Le problème c'est que les "officines" publiques ou parapubliques régionales et nationales sabotent et massacrent les projets présentés par des porteurs de projets... soit ces officines ne regardent pas les projets, soit elles conseillent de les vendre à l'étranger !!! Problème, c'est que dans ces Officines publiques troubles, il y a Oseo innovation, les collectivités locales, des centres régionaux qui brassent de l'air sans avoir la moindre connaissance en innovation ... Quand l'Etat va-t-il fermer toutes ces officines de fonctionnaires planqués, camouflés, fainéants, incultes, inutiles et qui coutent une fortune aux deniers publics ?
a écrit le 09/02/2012 à 16:49 :
47 ans et 2 ans de chomage. Je suis cadre avec 25 ans d'expérience et ne trouve pas d'employeur.
Dès qu'un employeur peut prendre quelque de plus jeune, il le fait.
Je n'y peu rien, je ne ménage pas ma peine pour trouver un job pourtant, mais je n'y arrive pas.

Réponse de le 09/02/2012 à 22:05 :
Merci pour votre témoignage ! Sarkozy annonce ce jour à grands fracas encore des obligations de formation pour les chômeurs et pas vraiment de solution pour vous tirer d'affaire .......
Réponse de le 11/02/2012 à 3:08 :
Il est 4heure du matin.....je ne peux pas dormir...le chômage ça mine!!!
Je n'arrive pas à en sortir....
je continue...encore et encore....pas de fin du tunnel...........encore et encore........pas assez de mot pour vous dire comme ça fait mal
a écrit le 09/02/2012 à 13:55 :
Le senior continue d?être perçu comme un salarié couteux, peu enclin à suivre des formations comparativement à un jeune souvent plus diplômé et moins cher il n?y a pas photographie pour un responsable d?entreprise .L?augmentation des départs dits à? l?amiable? chez les plus de 55ans génère une durée plus longue du traitement social pour les seniors du fait du report de la retraite à 62 ans . La transmission des savoirs, le travail à mi-temps , la formation tout au long de sa vie, la mobilité restent à mon avis plus pratiquée dans la vitrine sociale que dans les entreprises .
a écrit le 09/02/2012 à 10:52 :
en politique, plus t'es vieux mieux c'est!!
a écrit le 09/02/2012 à 10:27 :
Même dans l'Education Nationale, les professeurs en fin de carrière qui sont malades sont "licenciés sans salaire" par une mise en disponibilité d'office pour raisons de santé. C'est mon cas et étant fonctionnaire, je n'ai droit ni aux allocations chômage, ni au RSA, ni à aucune aide sociale. Eh oui, en 2012, l'Etat peut se permettre de laisser un de ses agents sans ressources. Mon cas n'est pas isolé.
Réponse de le 09/02/2012 à 11:49 :
C'est aussi le cas dans la fonction publique hospitalière et contrairement aux idées reçues, le fonctionnaire mis dans cette situation est plus perdant qu'un salarié du privé. Je subis le même sort.
Réponse de le 09/02/2012 à 14:30 :
Une seule solution au chômage:moins de fonctionnaires et de dépenses publiques et ipso facto plus d'entreprises compétitives.Dans cette hypothèse l'état aurait mauvaise grâce de vous laisser tomber.
Réponse de le 09/02/2012 à 14:42 :
@Prof: n'ayant pas cotisé en raison de ton statut de fonctionnaire, ce serait un scandale si tu touchais des allocs chômage !!!
Réponse de le 09/02/2012 à 15:04 :
Réponse à Patrickb.
Enfin il paye un peu,la contribution de solidarité de 1 %....sauf sur la partie de son traitement qui dépasse 4 fois le plafond de la sécurité sociale.
Réponse de le 09/02/2012 à 16:54 :
j'ai 45 ans et suis au chômage depuis deux ans. Je ne suis plus indemnisé et je n'ai pas retrouve de travail...alors si tu veux ma place de ce monde de l'entreprise privée qu tu trouves super.....prend là ami fonctionnaire!

a écrit le 09/02/2012 à 9:55 :
C'est une révolution des mentalités qui va demander des années. Il est important de se concentrer sur l'employabilité tout au long de la vie. D?où l'importance du bilan d'étape professionnel (ce que le Député appelle un check-up), de l'entretien professionnel obligatoire à partir de 45 ans et de la formation professionnelle. Ce sont les clés pour faire diminuer le chômage des seniors.
Réponse de le 09/02/2012 à 22:31 :
vous pouvez toujours continuer de rêver.......car le rêve va durer longtemps !!!!!!!

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