La situation des PME s'est détériorée depuis dix ans

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La crise de 2008-2009 n'explique pas à elle seule la fragilité des entreprises de moins de 250 salariés. Malgré les initiatives des différents gouvernements depuis le début des années 2000, elles souffrent de multiples maux qui freinent leur développement et fragilisent leur avenir.

Dévoilés en avant-première jeudi lors de la conférence de presse présentant le menu du prochain millésime de Planète PME ? qui se tiendra porte Maillot à Paris le 28 juin -, les extraits d?une étude du cabinet KPMG sont bien peu rassurants. En effet, malgré les initiatives du gouvernement (réduction des délais de paiement, plan PME pendant la crise, suppression de l'imposition forfaitaire annuelle et de la taxe professionnelle, simplification administrative..), la plupart des indicateurs se sont dégradés depuis dix ans en particulier l?investissement et l?export. En 2005, 70% des dirigeants de PME déclaraient avoir réalisé un investissement. Ils n?étaient plus que 55% en 2011 en raison notamment d'une augmentation des difficultés d?accès au crédit. En 2009, 48% des dirigeants interrogés par KPMG déclaraient se restreindre dans leurs investissements ou leurs demandes auprès des banques. Ils étaient 27% en mars 2012 !

Les PME investissent peu

Résultat, les investissements réalisés par les PME ne représentent que 23,2% des investissements des entreprises, contre 37,6% pour les ETI et 39,2% pour les grands groupes. Dans le domaine de l?export, la situation n?est guère plus glorieuse. Si la France comptait 108.000 entreprises exportatrices en 2002, elles n?étaient plus que 95.000 en 2010. Soit une baisse de 13% sur la période. Entre 2000 et 2010, ce nombre a augmenté de plus de 5% en Italie pour atteindre 184.000 entreprises et de près de 18% pour s?élever à 364.000 en Allemagne?

Cette dégradation de la situation des TPE et des PME est d?autant plus dommageable que ce sont les PME qui ont le plus créée d?emplois sur la période. En 2010, plus de 5,9 millions de personnes travaillaient dans des TPE contre 5,6 en 2001. Ils étaient près de 8,7 millions à être salariés dans les PME, contre 8,3 millions en 2001. En revanche, l?emploi dans les ETI et les grands groupes est resté stable, ou presque, une dizaine de milliers d?emplois ayant été créés dans ces entreprises qui employaient 1,76 million de personnes en 2010.

Heureusement, tout n'est pas noir

Quelques points positifs ressortent néanmoins de cette étude. Les PME ont décidé d?unir leurs forces pour pouvoir affronter la concurrence et accélérer leur développement.Si 16% des PME appartenaient à un petit groupement en 1997, elles étaient 38% en 2011. "Les acquisistions externes permettent d'augmenter très rapidement les compétences humaines, techniques et commerciales d'une entreprise", rappele Jacky Lintignat, le directeur général de KPMG France. Par ailleurs, ces entreprises innovent de plus en plus. Les demandes de brevets par les PME ont bondi de 18% en 2008 et 2011 « Enfin, en témoigne le succès du régime social de l?auto entrepreneur, la fibre entrepreneuriale est exceptionnellement forte en France en comparaison de celle observée dans les autres pays européens. Cette effervescence est indéniablement porteuse d?avenir », estime Jacky Lintignat.

En attendant que l?horizon se dégage, à court terme, les perspectives des TPE et des PME sont plutôt floues. « On ne peut pas dire que la situation actuelle est catastrophique. Elle est en revanche très floue. Les chefs d?entreprises souffrent d?un problème sérieux de lisibilité sur leurs carnets de commandes et sur l?environnement fiscale et réglementaire », constate Jean-François Roubaud, le président de la CGPME.
 

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Commentaires
a écrit le 01/06/2012 à 18:26 :
Le plus difficile pour une entreprise est de trouver un local adapté et investir dedans un minimum.
Donc l'idéal c'est de louer ,mais à des prix raisonnables ,ce qui est rarement le cas et le prix des locations ne donne pas la moindre chance de survie aux pme qui débutent ,une allocation locaux serait une bonne piste ,plus des blocages de prix ,la taxation de locaux inoccupés serait un plus.
Proposer un local à 2000 euro par mois à un artisan ,ce qui arrive souvent est parfaitement choquant.
a écrit le 01/06/2012 à 4:13 :
alors soit le nouveau gouvernement, contrairement à ce que les annonces electorales ont laissé entendre, se décide à aider les PME dans la création d'emploi: pour cela, moins de charges et moins de reglementation tatillonne ... soit on continue à privilégier les grosses boites qui continueront à ne pas payer d'impot et à faire des plans sociaux !
mais on incitera pas les petites abeilles productives à bosser pour la ruche en les arrosant avec du vinaigre !
a écrit le 31/05/2012 à 23:10 :
Un entrepreneur ne demande qu'un chose : qu'on lui FOUTE la paix ! Que mes revenus issus de mon travail et de mon résultat soit taxé à 5% et tout ira mieux !
Ce qui est fou dans ce pays, c'est que chacun demande du travail mais personne n'aime cela : on le taxe tellement qu'il vaut mieux être rentier dans du scellier, de l'art ou en offshore que de laisser ses capitaux dans une entreprise en France. Ne cherchez pas plus loin le mal français : le travail n'est pas aimé içi, et il le rend bien !
a écrit le 31/05/2012 à 21:27 :
La réponse à ce problème purement français, tout le monde la connait, mais personne ne veut la mettre en place. Ça s'appelle un "Small Business Act", mais comme c'est en anglais, visiblement, aucun politicien français n'arrive à comprendre. Espérons donc que Arnaud Montebourg, parle anglais ...
Réponse de le 31/05/2012 à 21:39 :
Je dis cela sérieusement ... Je rappelle que François Baroin ne parle pas anglais ! http://www.latribune.fr/blogs/british-blog/20110727trib000639122/baroin-speak-english-not.html
a écrit le 31/05/2012 à 18:11 :
La matrice française est à l'oeuvre on le voit. Plus de champions et moins d'entreprises actives internationalement comme nationalement. Il devrait rester à un terme de moins de 20 ans quelques 200 entreprises au grand maximum. Comme la France a fait avec la PAC la concentration des exploitations agricoles qui étaient plus de 4 millions avant guerre, elle fait avec différentes politiques dont le crédit d'impôt recherche et le résultat en est le même : concentration. ce qui était difficile à croire pour l'agriculture -qu'il reste au total 50 industras- est devenu une évidence. ce qui semble improbable pour les entreprises est en marche actuellement et nous ne le voyons pas. La question restera : Puisqu'il s'agit d'une économie politisée nationale qui pousse un processus mathématique déjà actif, qui seront in fine les bénéficiaires de l'avantage des grandes entreprises ? Il est temps de répondre à la question.
a écrit le 31/05/2012 à 15:49 :
La "fibre entrepreneuriale de l'auto-entrepreneur" est souvent la conséquence d'une perte d'emploi, puis d'une fin de droit au chômage. Les auto-entrepreneurs sont une bombe à retardement lorsque survient un accident de la vie et pire l'âge de la retraite.
Réponse de le 31/05/2012 à 18:49 :
Lorsque la Sarkologie et la Fillonnerie ont téléguidé le naïf ministraillon Hervé Novelli pour inventer l'auto-entrepreneur, la Sarkologie et la Fillonnerie savaient très bien qu'ils attraperaient des candidats auto-gogos, auto-benets et auto-pouffs pour les embarquer dans l'auto-misère.
Réponse de le 02/06/2012 à 4:33 :
les français sont vraiment des assistés : l'auto-entrepreneur, c'est comme le (PLE) système tant décrié pour permettre aux étudiants d'entrer dans une entreprise !
l'auto entrepreneur, c'est pareil cela comprendre comment fonctionne une entreprise autre que dans la théorie et de voir si l'idée peut
Réponse de le 02/06/2012 à 4:35 :
devenir un produit qui trouve quelqu'un qui fasse le chèque, et dont la valeur du chèque permettre de faire vivre l'entreprise ! ensuite, et si possible dans les 6 mois il faut partir sur un autre système juridique car l'auto entrepreneur ne fait de compta, pas de TVA, et là, il paiera beaucoup de charges
a écrit le 31/05/2012 à 14:36 :
Il est exact que la désindustrialisation touche les PME depuis 10 ans. Les gouvernements Raffarin (Sarkozy Ministre du budget) et puis Fillon ont été très néfastes aux PME. Les annonces pompeuses ont toutes été suivies d'aucun effet, les sommes faramineuses annoncées par les gouvernements Sarkozy Fillon ont été dilapidées en pure pertes auprès des "amis" co-sanguins pour leur octroyé des soutiens inutiles partis en fumée "fumeuse". Les strucutres parapubliques comme Oseo innovation, les CRITT, les agences de développement économiques nationale, régionales, départemantales et même les clusters sont fagocités par des "fonctionnaires" dont l'action consiste à répartir les capitaux auprès des "copains copines" de promotions universitaires. CE SONT DE VRAIS D2éTOURNEMENTS de FONDS PUBLICS auxquels il faut mettre fin.
Réponse de le 31/05/2012 à 20:05 :
Et oui. Mais on peut admirer les Fraunhoffer allemands. La France n'arrivera jamais à se décentraliser.

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