L'efficacité des pôles de compétitivité doit encore être améliorée

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Réalisé par le consortium BearingPoint-Erdyn-Technopolis, le rapport d'évaluation des 71 pôles de compétitivité distribue les bons et les mauvais points. Si le pouvoir d'attraction des pôles est incontestée, la confiance entre acteurs doit être améliorée. Ils souffrent notamment d'une insuffisante puissance financière.

C'est un bilan mi-figue mi-raisin de l'activité des 71 pôles de compétitivité que dresse le consortium BearingPoint-Erdyn-Technopolis.

Lancés par le Comité Interministériel d'aménagement et de développement du territoire (CIADT) du 14 septembre 2004 suite au diagnostic de déficit structurel croissant de compétitivité de l'industrie française, les pôles ont pour objectif d'initier des dynamiques collaboratives réelles entre les entreprises et acteurs de la recherche publique autour de projets de R&D, répondant au manque d'articulation constaté au plan national entre ces acteurs.

Un pouvoir d'attraction indéniable
Ils y parviennent, mais en partie seulement. « La dynamique installée par les pôles attire des adhérents de plus en plus nombreux (+50% entre 2008 et 2011), et notamment des PME et des grands groupes, ce qui est un signe encourageant de la plus-value que voient ces acteurs dans les pôles ». Enfin, « les pôles ont optimisé leurs processus internes pour faire émerger les dynamiques collaboratives et accompagner le montage des projets de R&D ».

Evidemment, tout n'est pas parfait. Les experts souhaitent notamment une simplification du mode de pilotage des pôles. A l'échelle de l'État, celle-ci est actuellement gérée par le Groupe de Travail Interministériel (GTI), instance de pilotage opérationnel de la politique des pôles de compétitivité.

« La coordination interministérielle est perfectible avec les autres politiques de recherche et d'innovation, telles que le programme des investissements d'avenir et les dispositifs du ministère en charge de la recherche et de l'enseignement supérieur. Le rôle des collectivités régionales dans le pilotage des pôles pourrait être renforcé », estime le consortium. Le pilotage actuel n'impulserait pas suffisamment une vision stratégique de la politique des pôles.

Une classification des pôles jugée « obsolète »
Autre point faible, la classification actuelle des pôles. Actuellement, elle distingue les pôles mondiaux et les pôles à vocation mondiale des autres pôles de compétitivité. Or, celle-ci ne serait pas assimilable à un outil de pilotage de la politique des pôles. « Elle n'induit pas d'actions et de contreparties différenciées. Assise sur des critères non connus des pôles, et inchangés depuis le lancement de la politique, elle est désormais obsolète et nécessite d'être révisée », suggère le rapport.

Le rapport revient également sur un problème soulevé dès la création des pôles : le manque de confiance entre les acteurs. « Le suivi des projets des R&D reste faiblement investi par les équipes d'animation. L'accompagnement personnalisé de PME dans leur croissance lié à ces projets de R&D nécessite un investissement de ressources et un niveau important de confiance
mutuelle entre acteurs. Ce doit être un des axes clés d'une prochaine phase de la politique des pôles ». Reste à savoir comment le GTI et les Régions, dont le rôle est amené à grandir, s'y prendront pour instaurer un climat de confiance réciproque entre les PME, les grands groupes, les universités et les laboratoires.

Des moyens financiers insuffisants

Dans ce contexte, les experts préconisent de reconduire la politique des pôles sur une période de 8 ans, de 2013 à 2020 qui couvrirait la période de programmation des fonds structurels, de 2014 à 2020.
Mais avec quelles ambitions ? Le rapport rappelle que 5,7 milliards d'euros ont été investis dans les projets de R&D labellisés par les pôles de compétitivité en quatre ans, via le Fonds unique interministériel (FUI). Soit 4,5% des dépenses nationales de R&D sur la période ! A titre de copmparaison, les dépenses publiques et privées réalisées en Ile-de-France se sont élevées à 16,4 milliards d'euros en 2008 ...


 

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Commentaires
a écrit le 21/06/2012 à 21:13 :
Les pôles de compétitivité sont fagocités par les grands groupes indsutriels qui n'ont pas besoin de cette mane financière... en dessous les PME ramassent des miettes. Bref, les pôles de compétitivité, c'est comme Oseo Innovation ex Anvar, les CRITT, les agences de développement économiques bls blas, les chambres de commerce banquets, les centres d'expertise de rien du tout ... des FONCTIONNAIRES payées par l'Etat et les colelctivités locales pour une GABEGIE ... BOUCLER toutes ces officines précitées sera salutaire.
a écrit le 21/06/2012 à 20:26 :
C'est très bien, mais on ne voit pas d'offres d'emploi? Pourtant il existe du personnel qu'on a formé à cet effet?

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