Nicole Bricq : les dessous d'une mutation

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Nicole Bricq sera restée à peine plus d'un mois à l'Ecologie Copyright Reuters
Nicole Bricq sera restée à peine plus d'un mois à l'Ecologie Copyright Reuters
La ministre de l'Ecologie a été mutée jeudi soir au commerce extérieur. Les élus Verts demandent des explications, alors que les associations environnementales soulignent qu'elle s'était opposée à Shell à propos d'un permis de forage en Guyane.


Tout paraissait se passer si bien au sein du gouvernement... des ministres tous élus ou réélus aux législatives, une équipe apparemment soudée, sans couacs ni bugs d'aucun genre. Communication parfaite... Le remaniement ministériel annoncé jeudi soir a mis fin à ce bel ordonnancement, avec le départ inopiné de Nicole Bricq du ministère de l'Ecologie, mutée sans préavis au commerce extérieur. Il est évident qu'il s'agit là d'une rétrogradation dans la hiérarchie gouvernementale, même si la sénatrice socialiste hérite, sur le papier, d'un ministère plein (elle n'est rattachée à aucun autre membre du gouvernement).
Pourquoi Nicole Bricq serait-elle ainsi punie ? La décision de François Hollande fait jaser, en tous cas.
Le sénateur Europe Ecologie-Les Verts, Jean-Vincent Placé, a ainsi évoqué, vendredimatin sur Europe 1, sa surprise, à propos de ce qu'il appelle « une éviction ». « Je voudrais connaître les tenants et les aboutissement » de ce remplacement, a-t-il déclaré, en souhaitant que le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, « puisse donner des explications sur le sujet ». Car « on sait que Mme Bricq connaît très très bien les dossiers économiques et écologiques ».
S'agissant « du seul portefeuille qui a changé », il a estime que c'est « un bémol » au remaniement intervenu jeudi, et un « drôle de message envoyé » aux écologistes.
Pascal Durand, qui doit remplacer Cécile Duflot à la tête d'Europe Ecologie les Verts, ce week-end, s'est dit, sur i-Télé, « surpris » par ce remplacement. « Manifestement, il s'est passé quelque chose dont j'ignore les tenants et les aboutissants" .

Victime des lobbies pétroliers?

Certaines associations environnementales croient savoir ce qui s'est passé. Elles estiment que le revirement gouvernemental sur les forages en Guyane a motivé l'éviction de Nicole Bricq du ministère de l'Ecologie. La ministre avait annoncé le 13 juin la « remise à plat » du permis de forage pétrolier de Shell en Guyane, disant vouloir rééxaminer l'ensemble des permis d'exploration d'hydrocarbures, y compris ceux déjà attribués, dans l'attente d'une refonte du code minier datant de 1810.
Son annonce avait suscité un tollé chez les élus guyanais, et du ministre de l'Outre mer Victorin Lurel qui espèrent des retombées économiques positives pour ce Département d'Outre-mer.
Or, l'Elysée et Matignon ont finalement arbitré contre Nicole Bricq, confortant le permis accordé à Shell. Des parlementaires guyanais en ont fait l'annonce jeudi, affirmant que les forages exploratoires de Shell allaient pouvoir reprendre, juste au moment où Nicole Bricq apprenait son transfert au commerce extérieur. Vendredi, le groupe pétrolier a confirmé avoir reçu une copie des permis l'autorisant à réaliser de nouvelles explorations pétrolières au large de la Guyane. « Je confirme que les forages ont été autorisé »", a déclaré la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem.
saisie de ce premier couac au sein de la majorité présidentielle.
Pour Benoît Hartmann, porte-parole de France Nature Environnement, qui regroupe 3.000 associations environnementales, cette affaire "donne l'impression que les lobbies ont gagné." «Le problème ce n'est pas tellement de changer de ministre, mais de changer à peine un mois après sa nomination et en pleine préparation de la conférence environnementale de cet été », a-t-il déclaré à Reuters. "On vient de louper un geste fort du gouvernement et une avancée du code minier",  déplore de son côté Christian Rougé, coordinateur de Guyane Nature Environnement, évoquant les risques de marée noire et l'impact des recherches sur la biodiversité marine.

D'autres motifs de transfert...

Cependant, le dossier des forages guyanais n'est peut-être pas la seule motivation de François Hollande, dans sa volonté de changer la sénatrice d'affectation. Certains conseillers ministériels font remarquer que Nicole Bricq n'avait pas pris toute la mesure de son ministère. Son portefeuille est large, en effet, puisqu'il comprend l'écologie, mais aussi l'Equipement et les transports. Il s'agit de gérer quelque 60.000 fonctionnaires...
Du reste, lors de l'annonce du premier gouvernement Ayrault, la plupart des élus PS voyaient Nicole Bricq atterrir au commerce extérieur, compte tenu de ses compétences économiques. Leur surprise fut grande de la voir nommée au ministère de l'Ecologie. Pour certains, il était d'ailleurs clair, à la mi mai, qu'il ne s'agissait là que d'un intérim, le poste Ecologie-Equipement-Transports devant échoir à un communiste, après les législatives. Mais, on le sait, les communistes ont finalement décidé de ne pas participer au gouvernement...



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Commentaires
a écrit le 25/06/2012 à 13:44 :
Le Commerce Extérieur pis aller pour cette écologiste.
Que je sache, la balance du commerce extérieur est le coeur de notre richesse nationale, c'est le pilier de notre économie. Sans richesse, nous ne pourrons rien entreprendre, entre autre dans le domaine de l'Environnement.
C'est un domaine ultra sensible et ultra complexe, où sont à gérer des susceptibilités de certains pays, où il faut utiliser les limites du droit commercial pour aider nos exportateurs et contrer les importations.
NON, rien que pour des raisons démagogiques on y met une femme sans aucune expérience parce qu'il fallait bien la caser. J'ai vraiment peur.
a écrit le 25/06/2012 à 12:07 :
Qui pouvait croire qu'un gouvernement actuel était l'ultime décideur dans ce monde d'affairistes. Le vrai pouvoir est , si l'on en doutait encore, dans les mains des multinationales et Hollande, la normalité de salon, n'est qu'un pantin comme ces prédécesseurs qui eux en sont complices depuis des années. Hollande n'a eu qu'un mois pour se fondre dans le moule des serviles serviteurs des multinationales.
a écrit le 25/06/2012 à 8:12 :
Une brique lui est tombee dessus
Réponse de le 25/06/2012 à 10:36 :
on dit qu'elle l'a avalée de trvars
Réponse de le 25/06/2012 à 15:36 :
Quel "Bricq" à brac.....
a écrit le 24/06/2012 à 19:57 :
Sous le titre : " Rio+20" : le flop", la webradio indépendante AWI revient, à partir du 25 juin, sur les enjeux de l'économie verte. Une piste créatrice d'activités et d'emplois dont plusieurs pays se sont emparés avec un certain succès, laissant la France face à son problème majeur de compétitivité.
a écrit le 23/06/2012 à 21:46 :
La réponse est dans la question, il n'y a aucun dessous a cette affaire
des la première seconde ou elle s'est opposée aux pétroliers c'était complètement
prévisible.
Je travaille régulièrement dans ce milieux ou les enjeux, l'argent et le pouvoir vont bien
au delà d'un petit président de la république fraîchement élu et encore bien plus des ses ministres.
Il semble qu'elle n'avais aucune envie de rester ministre de l'écologie ou quelle est complètement idiote et vue qu'elle à quand même héritée d'un autre ministère je préfère
croire la première supposition.
a écrit le 23/06/2012 à 21:36 :
yo
a écrit le 22/06/2012 à 22:45 :
normal,tous ces écolos sont contre le progrès!
Réponse de le 23/06/2012 à 11:06 :

Tous au ramassage des algues VERTE sur les plages Bretonnes

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