42% des Français ont restreint leur chauffage l'hiver dernier

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D'après le baromètre annuel d'Energie-Info, près de la moitié des Français affirment avoir baissé le chauffage l'hiver dernier pour diminuer le montant de leur facture.

Année après année, les Français sont plus préoccupés par leur facture énergétique. D?après le dernier baromètre annuel d?Energie-Info, 42% des ménages disent avoir restreint leur chauffage l?hiver dernier pour diminuer le montant de leur facture. Selon cette enquête, tout porte à croire qu?ils seront plus nombreux cette saison. Et pour cause : 97% des ménages "anticipent une hausse des prix les prochains mois".

Les dépenses contraintes augmentent

Surtout, "il y a une progression de la préoccupation des Français en matière d?énergie", constate Bruno Lechevin, délégué général du Médiateur national de l?énergie à l?AFP. Concrètement, ils étaient sept Français sur dix à s?en inquiéter d?après le baromètre 2010, contre huit sur dix cette année.

Ces chiffres ne constituent pas une surprise. Avec la crise, "la part des dépenses contraintes comme le logement, l?eau et bien sûr l?électricité, n?ont cessé d?augmenter", constate Stéphane Mialot, directeur des services au Médiateur de l'énergie. Résultat, la précarité énergétique - qui comptabilise les ménages consacrant plus de 10% de leurs revenus à l?énergie - s?accélère. En 2006, l?Insee en avait dénombré 3,8 millions dans l?Hexagone. En 2011, selon plusieurs experts et notamment la Fondation Abbé Pierre, 4 millions de ménages seraient concernés.

Bataille au Sénat


Si les populations les plus touchées sont logiquement les foyers les plus pauvres, qui s?enfoncent davantage dans la précarité, "on a constaté que les classes moyennes sont également de plus en plus touchées", précise Stéphane Mialot, pointant notamment le problème des logements anciens du parc privé. Mal isolés, ces logements sont parfois de véritables "passoires énergétiques", pointe-t-il. Autre population à accuser le coup : "les personnes âgées vivant à la campagne", poursuit le directeur des services au Médiateur de l'énergie.  Et pour cause : "Même si elles sont souvent propriétaires, celles-ci vivent parfois seules dans des logements destinés à accueillir des familles entières, avec des systèmes de chauffages anciens, qui consomment beaucoup." Un problème, étant donné que les personnes âgées sont globalement plus sensibles au froid.

Des tarifs sociaux cet hiver?

Visant entre autre à protéger les populations les plus précaires, la proposition de loi sur le bonus-malus doit être discutée ce mardi au Sénat. Le texte comprend notamment la trêve hivernale des coupures généralisées, ainsi qu?une extension des tarifs sociaux de l?énergie à 4 millions de personnes. Or, "l?adoption et l?entrée en vigueur du texte risque de prendre du temps", souligne Stéphane Mialot. Et pour cause : le projet de loi, particulièrement complexe, a fait l?objet d?un véritable tollé, après avoir été retoqué il y a deux semaines par des sénateurs UMP et communistes. A cela, il faut ajouter les difficultés liées à la mise en place des tarifs sociaux, qui impliquent de complexes recoupements de données entre les services publics, EDF et GDF. En clair, nombreux sont les observateurs à craindre que le texte ne soit pas effectif cet hiver, alors que le mercure est déjà tombé bien bas ces jours derniers.

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