Risque d'éclatement de la zone euro : Baroin se répand en confidences sur une réunion secrète

Il y a un an, lorsqu'il était encore ministre de l'Économie et des Finances, François Baroin demandait à des "personnes de confiance" d'étudier les conséquences pour la France d'un abandon de l'euro par la Grèce. C'est l'une des révélations qu'il livre dans son premier ouvrage, intitulé "Journal de crise" à paraître le 7 novembre.
Pour la première fois de sa vie, François Baroin publie un ouvrage. Il y raconte l'envers de l'exercice de sa fonction de ministre. Copyright Reuters
Pour la première fois de sa vie, François Baroin publie un ouvrage. Il y raconte l'envers de l'exercice de sa fonction de ministre. Copyright Reuters (Crédits : Reuters)

L'ex-ministre de l'Economie et des Finances vend la mèche. François Baroin révèle que la France a envisagé une sortie de la Grèce de la zone euro et un éclatement de l'union monétaire. C'était en novembre 2011, le ministère français de l'Economie a réfléchi aux conséquences pour la France d'un abandon de la monnaie unique par la Grèce lors d'une réunion secrète portant même un nom de code: "Black Swan".

Un an plus tard, le Maire de Troyes publie un essai, "Journal de crise"*, dont la sortie officielle aura lieu le 7 novembre prochain. L'ancien journaliste -il a travaillé à Europe 1 de 1988 à 1992- y raconte son expérience de ministre à la première personne, dévoilant la façon dont il a occupé son poste à Bercy. Différentes situations sont abordées. Certaines officielles : la cellule de crise de la zone euro, les relations avec Nicolas Sarkozy, les participations aux sommets internationaux, etc; et d'autres beaucoup plus secrètes, telle que cette entrevue de novembre.

"L'hypothèse la plus sombre de notre histoire économique"

Lors de cette réunion tout à fait confidentielle, le ministre de l'Economie et des Finances a demandé à "trois personnes de confiance" de travailler sur deux axes: le coût pour la France d'un abandon de l'euro par la Grèce, et l'éclatement de l'union monétaire. L'auteur garde pour lui l'identité des personnes chargées d'étudier ces hypothèses. Il situe la réunion dans son contexte: "A ce moment-là, le nouvel accord européen sur la Grèce, consistant à effacer 50% de sa dette, est près d'échouer, l'Union européenne est dans un cyclone, l'euro, attaqué de toutes parts". Les responsables politiques européens ont les yeux rivés sur la Grèce, crispés quant à l'avenir incertain de ses finances. Les banques françaises sont exposées à des risques importants suite à leurs activités dans le pays. La décision du Premier ministre grec George Papandreou de convoquer un référendum sur le nouveau plan européen de renflouement du pays suscite incompréhension et tensions en Europe. Pour François Baroin, l'important est alors d'anticiper et d'"d'imaginer l'hypothèse la plus sombre de notre histoire économique moderne".

» Vers une sortie de la Grèce de la zone euro? Le tabou éclate titrait alors La Tribune.

C'est la toute première fois qu'un membre du gouvernement Fillon alors en place reconnaît l'existence d'un tel travail. Aucune prise de note n'a été autorisée lors de la réunion, et bien entendu, aucun rapport n'a été rédigé sur cette rencontre. Il était primordial pour le mnistre de l'Economie de garder confidentiel cet axe de travail. "Chacun sait que l'objet seul de la réunion, s'il était connu, pourrait avoir des conséquences désastreuses", écrit l'ancien ministre. Mais l'homme politique estime qu'il aurait relevé "de l'inconscience de ne pas les envisager".

 

"Journal de Crise" sera publié par les éditions Lattès le 7 novembre 2012

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Commentaires 2
à écrit le 21/11/2012 à 12:45
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Il veut se faire plus gros que le boeuf......et oublier son incapacite a etre ministre des finances...on peut dire le Douillet de l economie ou le Bachelot ou l Estrosi ou... Pas tous quand meme

à écrit le 21/11/2012 à 12:31
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Et Alors ??? Heureusement que cette réunion a eu lieu. Et j'espère qu'il y en a eu d'autres et qu'aujourd'hui il y en a aussi. Heureusement qu'elles étaient secrètes c'est ce qui a permis de sauver (provisoirement l'Euro) en analysant la catastrophe ...

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