Compétitivité : et si le gouvernement se trompait d'objectif ?

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Selon les calculs de l'institut Rexecode, les secteurs non délocalisables et peu concurrentiels seraient les principaux bénéficiaires du crédit d'impôt pour l'emploi et la compétitivité (CICE).

Les ordinateurs tournent. En attendant de connaître avec exactitude les modalités du CICE, le COE-Rexecode fait ses propres simulations pour tenter de déterminer l?impact du Crédit d?impôt pour l?emploi et la compétitivité (CICE), la mesure-phare du Pacte de compétitivité.

Une baisse théorique du coût du travail de 6%

« Le Premier ministre a indiqué que le CICE représentera l?équivalent d?une baisse d?environ 6 % du coût du travail. En l?absence de précisions sur le barème, nous supposons qu?un crédit d?impôt de 6 % de la masse salariale brute serait accordé pour les salaires compris entre 1 et 2 SMIC, puis qu'il diminuerait progressivement de 1 point par dixième de multiple du SMIC à partir de 2 SMIC pour devenir nul à 2,5 SMIC », explique l?Institut préalablement.

Dans l?hypothèse où le montant total de CICE accordé aux entreprises serait de 20 milliards d?euros, c?est-à-dire au bout de trois années de montée en puissance de la mesure, les branches qui bénéficieraient des montants de crédit d?impôt les plus élevés seraient l?industrie (20 % du montant total) et le commerce (19 % du montant total).

A terme, l?industrie bénéficierait d?un allègement des charges sociales de 1,6 milliard d?euros au titre des emplois dont la rémunération est comprise entre 1 et 1,5 SMIC ; 1,75 milliard d?euros pour les emplois rémunérés entre 1,5 et 2 SMIC ; et, 0,71 milliard d?euros pour les emplois rémunérés entre 2 et 2,5 SMIC ; soit un montant total de près de 4,1 milliards d?euros. Viennent ensuite les services aux entreprises, les services aux particuliers et la construction.

Les services aux particuliers, les grands gagnants.

En revanche, c?est dans les services aux particuliers que l?impact sur le coût du travail est le plus élevé. Selon COE-Rexecode, la baisse serait de 4%. Elle s?élèverait à 3,3% dans la construction et le commerce. Dans l?industrie, elle ne serait que de 2,4%. Au regard de ces calculs, force est de constater que le CICE bénéficie surtout aux secteurs peu délocalisables, et relativement bien protégés de la concurrence internationale.

Dans ce contexte, avec le CICE, c?est bel et l?emploi qui serait la priorité du gouvernement, la compétitivité étant reléguée au second plan. C?est bien le drame de la rigueur. Entre sauver le présent ou préparer l?avenir, le gouvernement a dû malheureusement faire un choix.

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Commentaires
a écrit le 28/11/2012 à 14:01 :
Ce crédit d'impôt va se superposer aux exonérations fiscales des salaires entre un smic et 1,6 smic qui représentent 22 milliards chaque année. On aide les toujours les mêmes personnes et les mêmes emplois. Ceci a conduit a pour effet un nivelement vers le bas des salaires.
a écrit le 28/11/2012 à 12:03 :
cette usine à gaz de résout rien.... et il est à craindre qu'elle ne génère aucun emploi.....

le mic mac fiscal et social est entrain d'atteindre l'incompréhension totale...... pour de sombres raisons de politique....

pendant ce temps la, nos constructeurs de voitures fabriquent ailleurs les voitures qu'ils veulent nous vendre, l'europe va mette fin à la taxe sur les briquets chinois (dangereux).... et l'europe et la franc es'enfonce inexorablement par manque de vision et de courage de nos dirigeants politiques, et quelque part, avec la complicité tacites... des grandes entreprises....

pour mémoire, les 35 h tant décirées, avaient été négociées par l'UIMM avc aubry, en échange du financement des pré-retraites par l'état.....

les mêmes nous disent qu'il faut travailler jusqu'à 67 ans.... et hurlent contre les 35 heures..... nous expliquent qu'il nous faut de l'industrie mais disent en même temps que ce sont les services qui nous sauverons.... mais se dépêchent des les délocaliser en inde, dans les pays de l'est et en tunisie......
a écrit le 26/11/2012 à 21:41 :
A cette allure la France sera bientot une vaste maison de retraite ne produisant plus rien. Sinon des fonctionnaires et encore des fonctionnaires. On comprend qu'Allemands et Anglais commencent a s'inquieter.
Réponse de le 26/11/2012 à 22:11 :
Et aussi des domestiques pour les fonctionnaires. Ils sont sympa les fonctionnaires, ce sont de bons patrons très exigents et reconnaissants pour les services rendus.
Réponse de le 26/11/2012 à 22:52 :
Dans 10 ans, la France sera une maison de retraite : les plus de 50 ans auront la majorité absolue en nombre de votes exprimables. Avec cette capacité, le plus de 50 ans vont-ils favoriser l'avenir du pays ou leur propre présent ? Regardons les FAITS : depuis bientôt 40 ans, la France s'endette pour s'enrichir (à plus de 50% du PIB, clairement, cet endettement a bénéficié et bénéficie à une majorité de Français). Sauf que, la valeur ajoutée qui aurait du être produite par cet endettement n'a jamais été réalisé : nous nous sommes donc endettés collectivement sans création de la valeur ajoutée en rapport avec cet endettement. Ces créances françaises sont passées, en partie, dans les patrimoines privés des Français, qui manifestement ne se sont pas, moralement, posés la question de savoir, si depuis presque 40 ans, cet "enrichissement" (qui est virtuel) était légitime ou pas. Après tout, les morts n'ont pas à rembourser leurs dettes ;-) Que les vivants se démerdent avec cette situation pourrie ! Les faits nous apprennent donc que les Français préfèrent protéger leur présent au détriment de l'avenir : les gouvernements successifs, démocratiquement élus, en sont le reflet politique. C'est surement cela la solidarité entre générations.... Notre génération, quant à elle, va morfler à rembourser les intérêts de la dette (puisque pour le capital, on ne remboursera jamais les 1800 milliards de dette...), celles de nos enfants aussi, peut-être que nos petits enfants, si notre génération consent un sacrifice, pourront recommencer à penser progrès et amélioration sociale par le travail et le mérite en France (et pas uniquement par les transferts sociaux de toute sorte ou l'héritage).
Réponse de le 28/11/2012 à 12:32 :
Avec 7 mois de trésorerie pour les caisses de retraites et leurs faillites programmée en 2017, elle sera belle la maison de retraite France! A moins que notre joli pays devienne un club de vacances pour Qatari, asiatiques et brésiliens....si notre climat leur convient!
a écrit le 26/11/2012 à 20:10 :
ou plutot dela nouvelle usine a gaz!!!
moi TPE j'ai trop a faire que de me plonger dans les ecrits de nos élus,de l'administration et autre. J'ai besoin que l'on me simplifie la relation avec l'administration, le droit du travail et les charges etc Tout le reste n 'est que gesticulation ....
Réponse de le 26/11/2012 à 20:30 :
Mais enfin, une simple idée française est forcément compliquée, sinon, c'est une mauvaise idée...
Réponse de le 26/11/2012 à 20:39 :
merci de ne pas utiliser les accents sur Iphone : ça devient illisible !!
a écrit le 26/11/2012 à 19:32 :
On me dit parfois : "mais comment pouvez-vous donc, vous le 0,01% d'ultra riches continuer à concentrer autant les richesses sans que l'immense majorité, les 99,99%, s'en émeuvent ?" La question est amusante pour nous les ultra riches et je la repose différemment à mes interlocuteurs : " si vous étiez à ma place, un ultra riche, sur quelle caractéristique de l'être humain compteriez-vous le plus : l'absence de lucidité face à la complexité croissante du monde ? la cupidité qui sommeille en chacun de nous ? l'agressivité qui gouverne les rapports à peine sociaux entre les individus ?". Je laisse un petit temps d'arrêt à la personne qui est généralement abasourdie puis je réponds à sa place : "les trois bien sûr". Nous les ultra riches, réunissons de manière paroxystiques les 3 caractéristiques : nous ne comprenons rien au monde si ce n'est que l'être humain est cupide et agressif. Nous sommes plus cupides et plus agressifs que la moyenne des individus sur cette planète, donc nous la dominons. Mais contrairement à la majorité, nous assumons toutes nos caractéristiques, sans états d'âme. Alors oui, nous amassons des fortunes de manière croissante, oui nous savons que le monde court à la guerre mais l'avantage est notre temps d'avance sur tous, qui je le crois, nous assurera toujours la domination après la grande perdition...
Réponse de le 27/11/2012 à 7:54 :
@Arnault: Allons, Bernard! On se calme! Tu ne vas pas nous faire une crise de Belgique? Tu sais bien que nous t'envions pour la maestria que tu montres dans la gestion de LVMH, et que nous sommes fiers de te voir dans le groupe des dix plus fortunés au monde. Retourne au piano, pour te reposer les nerfs!
a écrit le 26/11/2012 à 18:48 :
Nous les ultra riches, nous échappons toujours aux crises, aux guerres ainsi qu'aux révolutions ! Mieux : nous les provoquons par notre conduite. Déjà en 1789, nous avons su tirer partie de la colère populaire pour chasser les aristocrates et prendre le pouvoir. Même les répliques de 1830 et 1848 ont été l'occasion de définitivement tuer l'ancien régime. Depuis lors, malgré les tentatives soit-disant humanistes d'une certaine haute bourgeoisie, voir l'illusion fordiste, nous engrangeons les dividendes de notre prise de pouvoir. Nous savons comment capter la richesse depuis les progrès techniques issus de la révolution industrielle. Nous avons en plus mis en place depuis la grande dérégulation financière des années 70, 80 (qui se poursuit) les mécanismes de concentration croissante. Alors oui, le système économique occidental s'effondre du fait de l'endettement généralisé qui ne produit aucune croissance solide, hormis celle de nos fortunes. Oui le monde s'en va t'en guerre. Oui personne n'a retenu les leçons de l'histoire, si tant est qu'elle existe et qu'elle a un sens... sauf nous ! Nous les ultra riches avons compris que la cupidité dirige l'espèce humaine. Nous sommes juste un peu plus cupides que la moyenne, mais ceci fait toute la différence...
Réponse de le 26/11/2012 à 23:00 :
Ce que vous décrivez est très facilement contournable (et me semblerait correctement en terme de mérite) : faire disparaître le droit du sang (au sens TRES large) et favoriser le droit de l'effort et du travail ;-)
Néanmoins, ce que sous entend ma remarque, est probablement inaudible pour une majorité d'humains. Regardez la fiscalité dans le monde entier, et vous comprendrez que la plupart des peuples ne rechignent pas à s'enrichir grâce à la chance et le hasard issus du droit du sang... Mêmes les plus libéraux ne veulent pas renoncer à ce droit séculaire :p
Pourtant, n'importe quel héritier (même moi quand le jour arrivera) n'a AUCUN mérite à s'enrichir et à bénéficier d'une meilleure fiscalité que le premier des travailleurs. Hypocrisie, quand tu nous tiens...
a écrit le 26/11/2012 à 18:40 :
2 remarques : tout d'abord, quid de l'hotellerie et restauration ... les hôtels et les restaurants ne sont pas délocalisables .. mais les clients : SI !! alors eux, on les considère comment ? et les services associés aux tourisme , (boutiques de souvenirs, musées, tour eiffel, etc ???) d'autre part, pour les autres activités de services particulièrement créatrice d'emplois (car même entre 1 et 1.6 fois le smic, ça reste mieux que le chômage, non ?), si elles se voient surtaxer le travail, alors soient elles ne pourront pas tenir , soit les prix s'en ressentiront !!! Nb simple exemple : dans l'auto-école, ma boite tourne à 33 euro de l'heure (prix de vente TTC, hors forfait -dans les forfaits, c'est encore plus bas !) ... mais ceux qui passent le permis se plaignent TOUS que ça leur coûte trop cher, à tel point que certains politiciens ont même annoncés que le permis devrait se passer à l'école (chic: je vais devenir fonctionnaire !) !!!
a écrit le 26/11/2012 à 18:18 :
Le CICE favorise les industries de main d'oeuvre peu qualifiée. Il n'y a aucun espoir de concurrencer les pays émergents dans ce domaine. Ce qu'il convient de favoriser, c'est l'emploi de la main d'oeuvre qualifiée dont une grosse partie est actuellement au chômage : c'est elle qui conçoit, fabrique l'investissement, fait la recherche développement, fournit les services haut de gamme pour la mise sur le marché. Les cotisations sociales devraient être plafonnées à 2 fois le SMIC. Il en coûterait ainsi assez peu à l'entreprise d'employer du personnel plus qualifié.
Réponse de le 26/11/2012 à 18:39 :
Oui, mais pour cela, il faudrait revenir sur le fameux "modèle social francais" que le monde nous envie, avec ses 5 millions de chomeurs et ses 10 millions de pauvres.
a écrit le 26/11/2012 à 18:11 :
pendant 10 ans les bonapartistes au gouvernement se sont trompés et ont coulé la france avec leur démagogie
a écrit le 26/11/2012 à 18:05 :
cela fait 6 mois que le gouvernement se trompe et coule la france avec leurs impots
a écrit le 26/11/2012 à 17:58 :
qui veut faire encore des crédit d'impots avec ces incompétents , il faut les couler ces socialos , tous des mauvais
Réponse de le 26/11/2012 à 19:10 :
Copé va nous sauver : la cocos aura la charge des statistiques économiques ..... Dans un an elle ne décomptera plus aucun chômeur et 10 % de croissance du PIB.

MErci COPE, merci la COCOE
a écrit le 26/11/2012 à 17:43 :
Mais quelles que soient les réformes, les intérêts ne baisseront pas. Les réformes ne conduiront qu'à une hausse des taux d'intérêt. C'est inévitable car les marchés n'ont rien à gagner à une baisse de la dette. Mais que se passera t-il quand le travail de 7 milliards d'individus ne suffira plus à payer les intérêts? Voir http://laphrasedeshabillee.blogspot.fr
a écrit le 26/11/2012 à 17:21 :
<<Entre sauver le présent ou préparer l?avenir, le gouvernement a dû malheureusement faire un choix>>
C'est le présent qui est choisi juste pour se faire réélire.
a écrit le 26/11/2012 à 16:57 :
Les secteurs non délocalisables n'existent pas. Tout, absolument tout est délocalisable. Il suffit pour cela de pousser les individus à pratiquer l'exil intérieur à haute dose en augmentant les impôts au-delà du supportable. En revanche, les secteurs peu concurrentiels existent bel et bien au sein des secteurs publics. Mais ces secteurs ne sont pas naturellement exempts de toute concurrence. Leur rattachement artificiel au secteur public tue la concurrence (santé, retraites, éducation, énergies, transports, logement, culture, etc.)
Réponse de le 26/11/2012 à 19:06 :
LA concurrence en matière d'éducation ferait hurler tous les français : les salaires des enseignants du privé sous contrat (95 % des établissements privés du primaire au secondaire) sont payés par l'ETAT ! et les rémunérations sont les mêmes que dans le public. Sans cette aide extraordinaire, les parents devraient payer entre5 000 ? dans le primaire et jusqu'à 10 000 ? dans le secondaire par an et par enfant !!!!!!
Désolé mias tout n'est pas délocalisable, sauf dans les utopies ultra libérales.
Réponse de le 26/11/2012 à 21:53 :
@ exil : vous dites que "les secteurs non delocalisables n'existent pas " ; comment faites vous pour les aides à domicile, les nounous...les coiffeurs...vous faites avec des chinois par internet pour votre coupe de cheveux ? Vous prenez l'avion à chaque fois ?
Il existe bien des secteurs protégés de la concurrence étrangère comme ceux évoqués plus haut. Pour ces secteurs, les rendre plus compétitifs ne changera pas la balance commerciale de la France. Rêxecode ne dit pas autre chose. Il aurait été d'après cet institut patronal plus utile de cibler les mesures de compétitivité sur les entreprises en concurrence avec les pays à bas coût de main d'?uvre.
a écrit le 26/11/2012 à 16:46 :
n'importe quoi. Vous pensez bien que nos bons ministres(sapin, moscovici, montebourg, cahuzac) ont bien réfléchi à la question et n'ont pu se tromper d'objectif
Réponse de le 26/11/2012 à 19:08 :
Il suffit de demander à la cocoe ..... le décompte sera réalisé par de vrais professionnels (ou plus rapide : demandons aux guignols de l'info ils seront tout aussi efficace) !
a écrit le 26/11/2012 à 16:20 :
Dans cette analyse, il serait pertinent de considérer ensemble l'industrie et les services à l'industrie car, même non-délocalisables (?), ces derniers dépendent bien de leur donneur d'ordres !
a écrit le 26/11/2012 à 16:16 :
Il faut impérativement se méfier des analyses et supputations de Rexecode qui est un organisme de noyautages des politiques et des médias appartenant au Medef. Toute mesure qui déplaît au Medef est démolie par Rexecode. Alors prudence!
Réponse de le 26/11/2012 à 16:49 :
vous pensez que le medef est contre l'amelioration de la competitivité?
a écrit le 26/11/2012 à 15:39 :
Dans la mesure où nombre d'entreprises industrielles ont externalisé de nombreux services dont les salariés sont désormais décomptés, justement, dans les services, la cible n'est peut-être pas tant ratée : sans leurs donneurs d'ordres, ces services - certes non-délocalisables - disparaîtraient vraisemblablement, purement et simplement !

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