L'économie française est-elle « visqueuse » ?

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Selon l'institut COE-Rexecode, elle se distinguerait par sa capacité à résister aux chocs en période de crise et à redémarrer moins vite que les autres lorsque la croissance mondiale repart.

Visqueuse, vous avez dit visqueuse ? Selon la dernière étude de l?institut COE-Rexecode, l?économie française se distinguerait des autres économies développées par sa « viscosité » !

« La France est avec le Canada le pays où la ?perte? de PIB, c?est-à-dire l?écart de PIB entre le pic de la période d?expansion et le creux de la récession, a été la plus faible : quatre points pour la France contre près de cinq pour les Etats-Unis, six pour le Royaume-Uni, sept pour l?Italie et l?Allemagne. Mais c?est aussi un des pays où le rebond - un peu moins de quatre points de PIB pour la France - s?est avéré le plus modeste, certes plus élevé que celui du Royaume-Uni et de l?Italie, mais loin derrière celui des Etats-Unis [près de 7 points] ou de l?Allemagne [9 points] », explique Michel Didier, le président de l?institut et auteur de ce billet.

Une perte de vitesse qui date au début des années 2000

Pour expliquer ce phénomène, l?institut évoque la perte de vitesse de la France dans le commerce mondial entamée au début des années 2000 qui se serait soldée par un taux d?ouverture en baisse.

Après avoir baissé tout au long des années 2000 avant de remonter un peu en fin de période, ce ratio de la somme des importations et des exportations rapportée au PIB était en 2011 au même niveau qu?en 2000 alors qu?il a augmenté de 12 % en Italie, de 16 % au Royaume-Uni, de 44 % en Allemagne.

La France, un pays plus fermé au monde que les autres ?

« Résultat, après plus de dix ans de perte de compétitivité, la France est devenue un pays relativement plus fermé aux échanges extérieurs. Cette « fermeture » relative explique en partie la résistance à la crise mondiale. Mais elle explique aussi la résistance au rebond de l?économie mondiale et elle constitue un handicap pour notre croissance potentielle » poursuit l?économiste qui revient par ailleurs sur l?effet attendu du crédit d?impôt pour la compétitivité et l?emploi (CICE) dévoilé en novembre par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Selon Michel Didier, ce dispositif ouvert à toutes les entreprises ne fera que desserrer « un peu » la contrainte des coûts.

« Pour en apprécier l?enjeu, il est utile de le resituer dans son contexte global. L?année 2012 a été marquée par une hausse historique des prélèvements obligatoires. Pour les entreprises, les prélèvements supplémentaires seront de l?ordre de 18 milliards d?euros en 2013, puis d?environ 15 milliards les années suivantes. En contrepartie, en termes de flux réels, le CICE se traduira par un allégement de 10 milliards d?euros en 2014, 15 en 2015 et 20 à partir de 2016. Le bilan global des prélèvements et allégements de charges sera donc négatif jusqu?en 2015 », calcule-t-il. Dans ce contexte, il estime que la reconstitution des marges, à leur plus bas niveau en 2012, est encore « lointaine ». Entre 2011 et 2012, le taux de marge a reculé de 0,3 point pour toucher un plancher historique de 28,2% selon l'Insee Il s'élevait à 38,3% en 2000...
 

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a écrit le 06/01/2013 à 16:24 :
C'est un paradoxe, on se dit ouvert mais le nombre d'entreprises qui exportent se réduit. Quand la croissance mondiale est à 4 voire 5, nous on fait 1 alimenté par la dette. On s'entend dire que la dette française augmente plus vite que nos voisins. On dit que la France exporte, certes, les échanges ont doublé depuis 80, seulement la balance est négative de 2 points, ce qui fait notre croissance. L'endettement n'est pas éternel. Donc notre système ne fonctionne pas... on marche sur la tête. Le déficit paye le salaire des fonctionnaires, mais si l'entreprise doit couvrir le déficit, on passe à 58 de prélèvements. Le gouvernement ne réduit pas les dépenses, il augmente les prélèvements...
a écrit le 04/01/2013 à 21:05 :
C'est plus grave,l'économie Française est nébuleuse.
a écrit le 04/01/2013 à 16:55 :
ca serait pas ' le temps que les 35 heures crachent leurs effets a plein'?
Réponse de le 14/04/2013 à 9:12 :
Si clairement et depuis pour toutes les entreprises en concurrence l'effet ne fait qu'empirer. Elles ont toutes des plans réduction des coûts par transfert en pays ´low cost´ années après années on en voit le résultat.
a écrit le 04/01/2013 à 16:20 :
une economie à l'image de flamby
a écrit le 04/01/2013 à 14:12 :
Le crédit d'impôt est une vaste fumisterie. Premièrement, un CI ne sert à rien pour démarrer une entreprise. Deuxièmement, il ne sert à rien pour aller chercher de la croissance. Troisièmement, la plupart des entreprises l'utilisent pour payer moins d'impôts mais pas pour innover. On est en train de faire fuir les potentiels investisseurs (ceux qui ont de l'argent) et on veut faire diminuer le chômage sur le long terme sans tour de passe-passe comme le fait actuellement ce gouvernement. On peut être inquiet.
Réponse de le 04/01/2013 à 15:02 :
Vous mélangez tout. L'objectif du crédit d'impôt est bien de baisser la pression fiscale pour que les entreprises aient plus de marges financières pour innover ou baisser le prix des produits qu'elles fabriquent, de sorte à ce qu'elle soient plus compétitives. Après toute la question est de savoir si elles le feront vraiment. Par contre je vois pas en quoi baisser (pour une fois!) les impôts des entreprises ferait fuir les investisseurs.....
Réponse de le 04/01/2013 à 16:00 :
"Baisser les impôts des entreprises" Ben non si on veut baisser la fiscalité des entreprises, on la baisse point, ça a l'avantage d'être stimulant car la fiscalité affichée baisse. Là le taux reste décourageant et on ne peut qu'esperer en dégrêver une partie par le biais d'un tour de passe passe fiscal hasardeux et qui peut être révoqué aussi vite qu'il est venu. Absurde, contre-intuitif et donc contre-productif. Un pur produit de l'élitisme législatif fiscal à la française.
a écrit le 04/01/2013 à 13:21 :
Non l?économie française est la plus conservative et stable au monde, avec aucune prise de risque, donc aucun bénéfice.
Réponse de le 04/01/2013 à 14:57 :
Ni aucune perte. La routine rend médiocre mais c'est plus confortable.
Réponse de le 04/01/2013 à 15:27 :
Si des pertes immenses, car excès de retraités et de fonctionnaires et donc d impôts.
Réponse de le 04/01/2013 à 15:52 :
et les fonctionnaires. Par ailleurs en nombre total de fonctionnaires nous sommes tout juste devant le royaume uni et derrière la finlande et la Norvège. Alors par pitié révisez vos stats http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20110209trib000599988/trop-de-fonctionnaires-en-france-la-verite-par-les-chiffres.html
Réponse de le 04/01/2013 à 22:18 :
La vraie question, ce n'est pas le pourcentage de fonctionnaires, mais si on en a les moyens ! La Norvège a les moyens de payer ses fonctionnaires, car ils ont du pétrole. L 'Allemagne aussi car ils exportent beaucoup. La Finlande est morte économiquement, comme le Royaume-Uni et la France etc.
a écrit le 04/01/2013 à 13:11 :
c est vrai il se passe jamais rien en france, chomage haut,deficits structurels , aucune conjoncture ne change jamais le tableau
a écrit le 04/01/2013 à 13:03 :
Je ne suis pas un inconditionnel de De Gaulle qui n'est plus tout à fait un contemporain, mais déjà il disait : "La mollesse française est d'une extrême épaisseur. Mais même en France, elle n'a pas l'Avenir, qui est aux forts." Nous en avons l'illustration économique depuis déjà quelques années.
a écrit le 04/01/2013 à 12:36 :
L'économie française est une des plus stable du monde. les taux de marges des entreprises ne s'érodent qu'a dizième de point de %, la perte de marché des entreprises françaises dans le commerce internationale sera stagnante pour la première depuis nombreuses années dans un contexte de croissance atone, le pouvoir d'achat des français ne commence qu'à baisser très lentement, les prix de l'immobilier ne s'effondrent toujours pas vraiment, les déficits des assurance santé et retraites augmentent mais d'une manière modérée et la croissance stagnera en 2012 exactememt (et miraculeusement?) juste à + 0.1 % pour continuer dans la même "dynamique" en 2013. Les taux d'intérêts pour la dette publique sont relativement bas et le spread avec l'Allemagne ne varie peu. Le gouvernement est confiant dans l'avenir et ne proçédera à aucune réforme structurelle et il communiquera encore mieux avec les français. Mais qui fermera la porte dernière nous et éteindra la lumière? zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz
Réponse de le 04/01/2013 à 12:55 :
c'est beau je "like"
Réponse de le 04/01/2013 à 13:59 :
Cette stabilité est notamment le fruit de notre formidable capacité à conserver un chômage structurellement élevé à savoir supérieur à 8% dans les périodes de croissance. Il faut en celà remercier l'état pompier pyromane schizophrène qui par le truchement d'un code du travail contraignant et de prélèvements records contribue à ce que l'activité soit peu créatrice d'emplois ce qui lui permet d'intervenir par le biais des revenus de redistribution. L'état, de par sa capacité à freiner l'emploi par ces 2 vecteurs se rend donc indispensable puisqu'il lui revient d'amortir la précarité qu'il a lui même généré, c'est magique, en terme de clientèle captive c'est encore plus fort qu'Apple.
Réponse de le 04/01/2013 à 14:50 :
Oui, comment j'ai pu oublier le plus important facteur de stabilisation de l'économie française; le chômage qui monte doucement et qui redescend de temps en temps encore plus doucement, le chômage structurel, le chômage des jeunes et les nombreuses tentatives de stabilisation de l'état?
a écrit le 04/01/2013 à 12:11 :
Un marche plus ou moins etatise (planifie) en perte de vitesse: moins de perte mais aussi moins de gain, evidemment... Le bilan en fin de compte n'est pas brillant surtout pour les gens sur le carreau... Tels les tres nombreux chomeurs... Tragedies humaines ironiques pour un pays si obsede par le social et finalement piege par les monstrueux syndicats politises... Ces derniers font plus de mal que de bien...
a écrit le 04/01/2013 à 11:42 :
très belle photo !

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