Laurence Parisot "heureuse" dans son job

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Laurence Parisot a demandé la saisine du comité statutaire du Medef pour étudier une réforme des statuts visant à harmoniser la durée des mandats à la tête de l'organisation : actuellement deux mandats sont possibles, un premier de cinq ans, un deuxième de trois ans. Selon la réponse, l'actuelle présidente pourra, ou non, conserver son poste. En attendant, cette initiative, que plusieurs en interne dénoncent comme une "manœuvre", bloque totalement le processus électoral au sein du Medef.

La présidente du Medef, Laurence Parisot, est triplement "heureuse". Heureuse, d'abord, de l'accord sur l'emploi finalisé le 11 janvier. Un accord "potentiellement historique » s'il est repris tel quel dans la loi. Heureuse, ensuite, que le débat sur les retraites revienne sur le devant de la scène car elle a « toujours estimé que la réforme de 2010 ne suffirait pas ». Et de rappeler qu'il faudrait inexorablement aller vers un relèvement de l'âge pour bénéficier d'une retraite à taux plein, peut-être 66 ou 67 ans... Heureuse, enfin, d'avoir demandé au Comité statutaire du Medef de réfléchir, puis de remettre ses conclusions, sur une éventuelle réforme des statuts de l'organisation... qui lui permettrait de prolonger son mandat à la tête du Medef.

"Je n'ai pas pris au moment où je vous parle ma décision", a-t-elle déclaré lors de sa conférence de presse mensuelle mardi 15 janvier, alors que des candidats sont déjà en lice pour sa succession en juillet 2013 et contestent tout changement des règles à l'approche de l'élection.

Laurence Parisot veut deux mandats de cinq ans

Elue en 2005 pour un premier mandat de cinq ans puis reconduite en 2010 pour un deuxième d'une durée de trois ans, conformément aux statuts actuels de l'organisation, Laurence Parisot doit quitter son poste le 1er juillet prochain. Oui mais, selon elle, « il y a quelque chose de sérieusement bancal dans les actuels statuts du Medef ». ce qu'elle met en cause c'est « la possibilité de faire deux mandats, mais le premier dure cinq ans et le deuxième dure trois ans", ce qui constitue, selon elle, quelque chose de "profondément inégalitaire", puisqu'un candidat sortant ne fait pas campagne pour la même chose que ses concurrents qui se présenteraient, eux, pour un premier mandat.

Priée de dire pourquoi elle n'y a pas songé au cours de ses huit années de présidence, elle a admis s'être "déjà posée la question en 2010" au moment de se présenter pour un deuxième mandat mais a estimé qu'il "n'y avait pas de moment particulier qui aurait été mieux que d'autres et que, de toute façon, en 2010, il n'y avait pas eu d'autres candidatures que la sienne ». Et puis, plus récemment, "il n'était pas question pour moi d'aborder cette question tant que la négociation si importante" sur le marché du travail "n'était pas terminée", a-t-elle ajouté.

Le comité statutaire du Medef saisi

Donc, l'actuelle présidente du Medef a demandé au comité statuaire de se pencher, entre autres (il y aussi d'autres sujets sur les limites d'âge), sur la réforme suivante : ne serait-il pas opportun que les deux mandats possibles à la tête de l'organisation aient la même durée", soit trois ans, soit cinq ans. Sachant que Laurence Parisot songe certainement putôt à une durée de cinq ans, puisque, selon elle, pour être efficace, l'action du président (ou de la présidente) « doit s'inscrire dans la durée ».

La saisine du comité statutaire bloque donc pour l'instant le processus électoral. On ne sait pas quand ce comité, dont la composition doit être révélée prochainement, rendra ses conclusions. Une seule chose est certaine. Les statuts prévoient que la campagne officielle doit être lancée deux mois avant le vote. Si celui-ci intervient fin juin, les règles doivent donc être clarifiées pour la fin avril au plus tard.

Au moins deux scénarios possibles

On peut alors imaginer au moins deux scénarios. Soit le comité statutaire maintient les règles actuelles. Dans ce cas, Laurence Parisot termine le 1er juillet son deuxième mandat de trois ans et se retire. Soit le comité statutaire décide que le deuxième mandat présidentiel doit en effet être porté à cinq ans, comme le premier (ou alors il autorise plusieurs mandats de trois ans). Dans ce cas, deux interprétations sont possibles:

. le processus électoral prévu pour juillet 2013 n'a plus lieu d'être et Laurence Parisot reste en poste, sans nouvelle élection, encore pour deux ans. Ainsi elle aura exécuté un deuxième mandat complet de cinq ans.

. ou alors le processus électoral est maintenu et l'actuelle présidente, si elle le souhaite ... se représente pour un nouveau mandat de cinq ans. Sachant, dans ce cas de figure, qu'elle risque de se trouver en compétition avec d'autres candidats déjà déclarés, tels le président du Groupe des fédérations industrielles (GFI), Pierre Gattaz (le fils d'Yvon Gattaz, ancien président du CNPF), et l'ex-médiateur de la sous-traitance Jean-Claude Volot.

En tout état de cause, c'est une assemblée générale du Medef (555 votants) qui doit entériner à la majorité des deux-tiers une éventuelle réforme des statuts, en fonction de ce qui lui sera proposé par le Conseil exécutif du Medef. Or, ce sont les grosses fédérations patronales (métallurgie, bâtiment, services) qui détiennent la majorité des mandats. Laurence Parisot va devoir les amadouer. Ce n'est pas gagné quand l'on sait qu'il y a peu encore la présidente du Medef caressait l'espoir de modifier les statuts pour permettre aux entreprises d'adhérer directement au Medef sans être préalablement obligées d'adhérer à l'une des fédérations...Celles-ci avaient peu apprécié. Le feuilleton va donc continuer.
 

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Commentaires
a écrit le 18/01/2013 à 11:01 :
l'avenir su pays ce sont les PME, pas le CAC40, le medef et les "syndicats" qui représentent 5% des salariés (les tentacules des parties de gauche), ils sont à coté de la vraie vie et des problèmes opérationnels. Ce sont les PME qu'il faut aider.
a écrit le 16/01/2013 à 20:39 :
Je rappelle a ces joyeux critiques que cette fonction est bénévole contrairement aux patrons des autres syndicats. Par ailleurs je pense que la fortune de Mde PARISOT n a rien de commun avec celle de ses prédécesseurs. Alors évitez de calomnier quand vous ne savez pas.
a écrit le 16/01/2013 à 9:55 :
Et un CDD de plus pour la "Ben Ali" du MEDEF.
a écrit le 16/01/2013 à 6:06 :
Quelqu'un voudrait bien nous rappeler, La Tribune le pourrait certainement, les thèmes de la campagne initiale de notre chère présidente du Medef?
a écrit le 16/01/2013 à 3:17 :
Le pouvoir rend fou ! Elle ne se rend même pas compte de l énormité de sa demande, tellement elle se croit indispensable.
J avais pense que poutine n etait pas un democrat, mais au moins lui n a pas modifie la constitution, il y a finalement pire chez nous.
a écrit le 15/01/2013 à 19:42 :
Même dans les pires républiques bananières, on n'a jamais vu ça. Changer les statuts pour s'accrocher à son fauteuil. Belle image pour le patronat !!!!
a écrit le 15/01/2013 à 19:30 :
Il faut de la flexibilité. Plus personne ne peut faire le même métier toute sa vie. N'est-ce pas, Laurence ?
a écrit le 15/01/2013 à 19:25 :
tu parles !!! elle a de quoi, la madame!
a écrit le 15/01/2013 à 19:23 :
La soupe doit être bonne
a écrit le 15/01/2013 à 18:46 :
parisot = poutine
Réponse de le 15/01/2013 à 19:22 :
oui de plus elle doit pas sans faire pour c fin de mois ou sa retraite celle la

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