Crédits aux entreprises : les banques ont serré la vis en 2012

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En 2012, les crédits aux entreprises n'ont progressé que de 1,7% selon la Banque de France. Une augmentation à comparer au 4,4% de hausse observée en 2011.

Chargée de mettre de l'huile dans les rouages du financement des PME, la Banque publique d'investissement (BPI) ne va pas chômer... En 2012, les crédits aux entreprises hors secteur financier ont progressé de 0,8% en décembre 2012 en rythme annuel en France, selon des statistiques publiés lundi par la Banque de France. Si ce rythme dépasse le taux de croissance annuel de l?économie, proche de 0,1%, il reste très inférieur à celui observé un an plus tôt. En 2011, les crédits accordés à ces entreprises avaient bondi de 4,4%, et de 1,2% en 2010.

Moins de financement de trésorerie

D?une part, les banques ont continué à financer les projets d?investissement. Les crédits de moyen-long terme accordés pour financer une augmentation de capacité de production, une modernisation de l?appareil productif ont augmenté de 2,9% pour atteindre 562 milliards d?euros. En revanche, les crédits de court terme permettant d?apaiser les tensions de trésorerie ont chuté de 4,2% à 174 milliards! Pour mémoire, la BPI disposera d'une force de frappe d'une quarantaine de milliards. Quant au crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE), qui permettra aux entreprises d'alléger une partie de leur masse salariale, il s'élèvera à 20 milliards...

Le serpent se mord la queue

Les établissements financiers ne prêteraient-ils qu?aux riches, qu?aux seules entreprises capables de porter encore des projets a priori rentables? C'est assez logique. Les banques ne sont pas des philanthropes. Mais la crise aggrave la situation des PME qui auraient des projets sérieux mais qui n'auraient pas les moyens de les auto-financer. Parce que les relations entre les grands groupes, publics et privés, et les TPE-PME restent trop souvent basées sur les rapports de force ?la fameuse loi du plus fort?-, les entreprises les plus petites déplorent régulièrement un allongement des délais de paiement qui pèsent sur leur trésorerie. Parce qu?elles servent de banques à leurs donneurs d?ordres, les TPE-PME peuvent voir leurs trésorerie fondre comme neige au soleil. Qu?ils aient des projets de développement rentables ou non, leur survie peut se trouver mise en jeu car leurs partenaires financiers mettent en doute leur capacité à rester rentables.

Pour Steen Jakobsen, le chef économiste de Saxo Bank, la situation doit changer. «La France est au pied du mur. Elle possède les atouts pour sortir par le haut de la crise. Mais, pour y parvenir, plusieurs conditions sont requises. Il faut que le gouvernement comprenne enfin que l?avenir de l?économie française repose essentiellement sur le dynamisme de ses TPE et PME, les seules entreprises capables d?innover et d?embaucher, à condition qu?elles évoluent dans un environnement plus serein», explique-t-il.

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a écrit le 29/01/2013 à 14:31 :
Je partage totalement l'avis de Sherpa. Il faut le redire : en France, en 2012, les crédits aux entreprises ont progressé de 1.7 %. Il faut d'autant plus le noter qu'en France, la part des dettes bancaires au passif des comptes des entreprises françaises est l'une des plus élevées en Europe alors qu'on aurait pu craindre, à la faveur de la crise, que les banques françaises réduiraient leur part du financement des TPE.
Cela dénote aussi à la fois la faiblesse des autres leviers accessibles et la nécessaire augmentation de taille moyenne de nos entreprises. En Allemagne, une entreprise (et pas uniquement les ETI) peut solliciter une cotation, et faire ensuite appel public à l'épargne sous forme d'obligations.
Et la création de la BPI ne va rien arranger à la situation du financement qui, somme toute, reste médiocre en France. L'Etat croit bien faire, ... mais il contribue à maintenir une situation déjà défavorable.
a écrit le 28/01/2013 à 16:30 :
je ne comprend pas non plus l'orientation du titre..ni les questionnements. Oui, une banque prête plus facilement à une entreprise qui à un projet porteur à moyen terme, plus qu'a celles qui sont en impasse de trésorerie quasi systématique..et qui ont donc toutes les chances de ne pas pouvoir faire face aux échéances. D'ailleurs , quand les banques agissent différemment et prêtent sans contrôle, on les taxe de joueurs de casino...même si on peut regretter un réel manque de discernement face à certains dossier. Sinon, les stats montrent que finalement, les banques continuent bien de financer les projets,contrairement à ce qu'on entend souvent, et plus qu?avant. Et que la BPI en fera 14 fois moins....
a écrit le 28/01/2013 à 14:15 :
Mais pourquoi ce titre critique, invoquant un serrage de vis ? Pour la mécanique raison d'un taux de progression des volumes de crédit estimé insuffisant et très inférieur à celui de l'année précédente ? A-t-on définitivement abandonné toute capacité de réflexion en se formatant à la seule manipulation de chiffres ? Et si la raison d'une décrue provenait d'une réduction du besoin, corrélé à la baisse d'activité ? Certes, les gouvernements, tellement impériaux, nous ont habitu , quelle que soit leur couleur politique, à ne raisonner qu'en termes de courbes de chiffres ! Et puis, n'a-t-on pas si longtemps abusé du crédit au prétexte qu'il était meilleur marché que la rémunération du capital ? N'a-t-on pas aboli l'idée ringarde d'épargner avant d'emprunter pour mesurer ses capacités ? N'a-t-on pas abusé du crédit inter-entreprises, et créé ainsi une chaîne de soumission des petits aux gros ? Il n'y a pas de serrage de vis, il n'y a que le résultat d'une situation qui succède aux précédentes, plus spéculatives que constructives.
a écrit le 28/01/2013 à 13:58 :
" Il faut que le gouvernement comprenne enfin que l?avenir de l?économie française repose essentiellement sur le dynamisme de ses TPE et PME,"
C'est très très mal parti. Ce gouvernement a une politique anti TPE PME depuis le début. Tout ce qui est fait est fait pour les grandes entreprises et contre les TPE PME.

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