Les laboratoires pharmaceutiques veulent retrouver la confiance des Français

Confronté avec les pilules de troisième et quatrième génération, à une énième crise sanitaire, le LEEM, qui fédère 270 entreprises de l'industrie pharmaceutique propose plusieurs leviers d'actions pour apaiser les relations entre le monde de la santé et les citoyens.
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)

C'est un défi très ambitieux que s'est fixé Hervé Gisserot, le nouveau président du LEEM, le syndicat qui regroupe les entreprises du médicament. Confronté avec les pilules de troisième et quatrième génération à une énième crise sanitaire, les entreprises du secteur pharmaceutique sont une fois de plus le collimateur des pouvoirs publics, des autorités sanitaires et des citoyens. « En ce début d'année, le climat dans lequel évoluent les entreprises du médicament est une nouvelle fois marqué par de fortes interrogations sur la sécurité d'une catégorie de produits, et par extension, sur la responsabilité des autorités de santé, des prescripteurs et des entreprises du médicament », explique Hervé Gisserot. « Tout accident lié à la prise d'un médicament, quelles qu'en soient les causes, interpelle toujours, et profondément les industriels », poursuit-il. Petit rappel, le LEEM regroupe 270 entreprises représentant ensemble 94% du chiffre d'affaires du secteur pharmaceutique.

Eviter les procès d'intention

Pour apaiser les tensions et surtout éviter ce qu'il appelle les « procès d'intention », le président du LEEM, qui a pris ses fonctions le 1er janvier, souhaite renforcer les collaborations, les transversalités entre le secteur industriel, les citoyens, via le monde associatif, et les pouvoirs publics. « C'est essentiel. Nous ne sommes pas seuls à être mis en cause lorsqu'un accident survient. L'opinion public doute de tout le monde », martèle-t-il.

Pour limiter les risques liés à la prise de médicaments et à leurs effets secondaires, Hervé Gisserot souhaite que chaque entreprise se dote d'une structure de pharmacovigilance et déclare aux autorités sanitaires tout effet indésirable grave signalé par un professionnel de santé ou par un patient. Bref, alors que le laboratoire allemand Bayer qui fabrique la pilule Diane 35 acvtuellement mise en cause est étonnament discret, le LEEM souhaite que les entreprises communiquent davantage pour "briser l'ère du soupçon".

Accéder aux bases de données

Il réclame également l'ouverture et le partage des bases de données publiques en santé pour développer la pharmaco-épidémiologie, notamment celle de l'assurance-maladie, l'amélioration de la formation des médecins au médicament tout au long de leur vie professionnelle comme le prévoyait la loi Bertrand. Or, le décret n'a toujours pas été publié... L'Etat aurait aussi un rôle à jouer. « Il revient à l'Etat de jouer un rôle de pédagogie 'à froid' vis-à-vis de l'opinion, sans attendre les situations de crise », espère Hervé Gisserot.

 

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 16
à écrit le 04/02/2013 à 7:27
Signaler
Dans tous les scandales en cours ou à venir, le délit dont se rendent coupables les entreprises du médicament est celui de promouvoir ou de "laisser passer" des prescriptions "hors AMM". Seules des structures totalement indépendantes peuvent prévenir...

à écrit le 03/02/2013 à 20:51
Signaler
Evidemment nous sommes les premiers consommateurs d'Europe..donc ils ne veulent pas perdre leur fond de commerce.....de plus avec les multiples scandales qui ont éclaté et continuent d'éclater, les conflits d'intérêts entre les labos, l'ANSM , l'EMA...

à écrit le 03/02/2013 à 19:11
Signaler
Inacceptable ! En fait, le LEEM exige des moyens légaux pour contrôler encore un peu plus les autorités sanitaires et pouvoir museler à loisir les organismes de pharmacovigilance. Loin de vouloir plus de transparence, il oeuvre pour ses propres intér...

à écrit le 01/02/2013 à 20:13
Signaler
Des médicaments fait à base de pétrole, qui nous intoxique, je préfère avoir mal à la tête et aller faire un footing pour m'aérer les neurones, les colorants des médicaments je m'en sert pour repeindre mon garage. Les médicaments du business pour s'a...

à écrit le 01/02/2013 à 20:08
Signaler
C'est très simple je ne veux plus prendre de médicaments, en plus en 2006 ces multinationales du médicaments ont fait voter à Bruxelles par leur lobbyistes chèrement payés, des restrictions sur l'usage des compléments alimentaires en Europe et oblige...

à écrit le 01/02/2013 à 16:35
Signaler
Les pilules de 3eme et 4eme génération présentent un surcroit de dangers , connu depuis très longtemps ,et n'auraient pas dû être prescrites du moins pendant tant d'années ! Que dire aussi des officiels qui pourtant devraient ou auraient dû avertir ...

à écrit le 01/02/2013 à 12:20
Signaler
L'industrie pharmaceutique ayant besoin de beaucoup de capitaux pour développer de nouveaux médicaments est aussitôt la cible des bien-pensant : le riche a toujours tort, il est méchant et doit être taxé. C'est trop facile. Nous avons gagné des di...

à écrit le 31/01/2013 à 19:21
Signaler
des labos "honnetes et transparents", le jour ou les poules auront des dents ! ça rime, en + !

à écrit le 31/01/2013 à 16:30
Signaler
Et bien cela va dans la bonne direction, des industriels honnêtes et transparents, des citoyens informés et confiants. Pourquoi faire des procès d'intention. Voyons s'ils vont être aussi transparents qu'ils le disent. C'est quand même mieux que l...

le 31/01/2013 à 16:57
Signaler
Revenez sur terre, Good. Je vous sens partir en vrille, sur ce coup. Vous travaillez pour quel labo..??

à écrit le 31/01/2013 à 15:51
Signaler
concernant le laboratoire bayer, 2 choses: 1-sa discretion loin d'etre étonnante me semble judicieuse: un mea culpa ou une défense trop appuyée alors se serait haro sur le baudet et c'est bien connu, parfois il vaut mieux "se faire petit". 2-sa pilul...

à écrit le 31/01/2013 à 14:41
Signaler
Business is business. Quand le vent tourne pour les labos on sort les collabos. C'est peine perdue l'Etat ne prendra jamais ses responsabilités et c'est bien pour cela que seul Servier a été condamné pour l'affaire du Médiator. Aucun médecin, aucun ...

à écrit le 31/01/2013 à 13:30
Signaler
Et réclamer que l'état fasse du lobbying pour les aider dans leur campagne de pub, faut le faire, quand-même. Les labos ne vont SURTOUT pas réclamer à l'état de faire ce qu'il faut, soit de VRAIS contrôles.

à écrit le 31/01/2013 à 13:27
Signaler
"Bizarrement", (comme c'est étrange), cette déclaration tombe pile poil au même moment que la parution de la revue Prescrire qui fait un classement des médicaments particulièrement alarmant... Le hasard fait bien les choses, non..??

le 31/01/2013 à 16:17
Signaler
...sont machiavéliques, les mecs et ne perdent jamais le Nord! + 1

à écrit le 31/01/2013 à 12:34
Signaler
Il faut savoir que bon nombre de multinationales pharma ont quitté l'Hexagone depuis belle lurette notamment en R&D ainsi que pour la production. Tout se passe désormais en Asie (Singapour, Inde, Chine). En Europe les anciens pays de l'Est ont ramass...

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.