Soutien aux PME : autre chose que des mots...

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L'offre réduite de crédits de trésorerie aux PME a suscité un rappel à l'ordre du gouverneur de la Banque de France. Bernard Cohen-Hadad est président du Think Tank Etienne Marcel. Jacques Fournier est directeur Général des statistiques de la Banque de France


Personne ne le conteste, la vitalité des PME est cruciale pour l'emploi. Elle l'est aussi pour le redressement de notre industrie et du commerce extérieur principaux vecteurs de la croissance. Et dans la chaine des valeurs ajoutées qui aboutit à un bien fini, ce sont souvent nos PME qui apportent le plus de maillons véritablement français. Osons le dire, grâce aux PME et aux ETI la situation peut être redressée alors qu'à fin septembre 2012 le déficit des transactions courantes représente 2,3 % du PIB et celui des biens 3,5 %. Acteurs privés et publics se disent déterminés. Mais il faut plus que des mots pour y arriver. C'est pourquoi deux ressources sont nécessaires: le financement et l'information.

La solution de l'autofinancement


Le financement doit devenir de l'autofinancement. Trop de financement externe fragilise les entreprises et amplifie la phase basse du cycle économique. En Allemagne, le taux d'endettement externe (emprunts bancaires et titres émis sur le marché) par rapport au PIB des sociétés non financières est de 43 % (hors prêts et emprunts intra groupes) à fin septembre 2012 contre 106 en Espagne, 78 % en Italie et 67 % en France. Certains accusent l'Europe de tous les maux, mais en réduisant les taux d'intérêt, la politique monétaire de la zone euro a soutenu les entreprises dans la crise. De son coté, la Banque de France, en élargissant fortement le périmètre des prêts bancaires éligibles à son refinancement a contribué au maintien du financement des entreprises. Mais un taux excessif d'endettement reste une source de fragilité. Il réduit la contrainte apparente de rentabilité, celle des capitaux propres, et permet de reporter les choix structurels. Ceux-là mêmes qui amélioreraient la compétitivité.


A contrario, une raréfaction des financements externes pénalise l'activité des entreprises et par contagion le développement économique. La France, et les chiffres récents sont là, n'a connu aucune rupture de financement du fait de la crise à l'inverse de l'Espagne (- 8,1% en rythme annuel fin 2012), du Royaume-Uni (- 4,2%), et de l'Italie (-2,3%). Pour les PME, l'augmentation des crédits bancaires en 2012 a été de 2,1%, soit davantage que la croissance du PIB. Sans doute, les entreprises attendaient beaucoup plus, on est loin cependant du crédit crunch. 3000 PME interrogées par la Banque de France voient, au dernier trimestre 2012, 83 % de leurs demandes de crédit à l'investissement satisfaites en totalité. Un taux élevé, comparable à ce qui est observé en moyenne en Allemagne. Mais ne nous trompons pas d'analyse, la progression des crédits reste faible. Et l'offre de crédits de trésorerie semble se restreindre pour les PME. Seulement 53 % des demandes sont satisfaites en totalité. Un niveau inquiétant, en diminution régulière, depuis quelques trimestres. Conscient de cette évolution, le Gouverneur de la Banque de France a solennellement attiré l'attention des banques. Qui peut s'en plaindre ?

L'information: un bien précieux


Autre ressource, l'information. Nos décideurs, sans connaissance précise, rapide, fiable et actuelle de la réalité économique peuvent-ils effectuer des choix justes, rationnels et corriger des déséquilibres naissants ? Dans une économie numérique et mondialisée l'information économique est désormais un bien précieux et un enjeu de la compétition internationale. Les pays émergents l'ont bien compris. Ils développent activement des productions statistiques multiples et de qualité. Et l'information première réside aujourd'hui dans les entreprises. Elles seules connaissent la réalité de leurs fournitures, leurs volumes de production, de ventes ou leurs ressources de natures diverses. Les établissements financiers n'ont, en revanche, qu'une vision partielle, quantitativement et qualitativement, de l'économie réelle.

La Banque de France, qui établit la quasi-totalité des statistiques financières l'a bien compris. Elle s'est rapprochée des PME et procède par enquêtes afin d'alléger le plus possible la charge pour les entreprises. Elle effectue ensuite des traitements statistiques et publie des informations, accessibles à tous, de façon agrégée mais détaillée. Pour aider au financement des PME nous avons tous besoin d'en savoir plus sur elles, sans passions. Et même si cela ne va pas de soi, les PME sont prêtes à jouer le jeu de la transparence et de la publication de leurs données. Encore faut-il garantir une protection de ces données, les plus sensibles, face à la concurrence. Nous en avons conscience et c'est pourquoi nous travaillons ensemble en toute clarté. Car en contribuant à affiner l'information économique, indissociable d'une action publique adaptée aux grands enjeux actuels, les banques rendront service à l'économie française et les PME se rendront service à elles-mêmes.
 

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Commentaires
a écrit le 24/04/2013 à 23:05 :
Enfin un article dans la presse eco qui souligne la relative absence de credit crunch pour les PME françaises. Encore un petit effort et nous arriverons enfin à défendre l'idée que le problème des TPE françaises réside essentiellement dans le tassement de leur capacité d'autofinancement, c'est à dire dans l'érosion de leurs marges. Cette éclairage relativise l'importance de la création d'une nouvelle banque, la BPI, présentée, à tord, par notre gouvernement comme LA solution aux maux dont souffrent nos PME ! désolent !
a écrit le 24/04/2013 à 10:38 :
N'ayant pas compris grand-chose à cet article , et plutôt que de dire "quel pataquès " il me semble que l'information protégée des PME est indispensable en effet et à développer , mais qu'elle ne saurait suffire . Il me semble que nous devons développer aussi leur financement par d es fonds "privés" "directs" qui existent , certes , déjà , mais sont très insuffisants en l'état actuel
a écrit le 19/04/2013 à 7:33 :
Que de bla-blas dans cet article!!! J'invite vivement Bernard et Jacques a creer leur propres PME de facon a ce qu'ils puissent enfin ecrire un article sur les PME avec substance!... Incroyable d'etre tellement eloigne des simples mechanismes economiques Main Street! Le financement eat certes important mais il y a une myriade de raisons pour lesquelles cela ne marche plus en France. C'est bien d'etre pro-business. C'est encore mieux de laisser faire les choses economiques et les TPE naitre librement. Le dirigisme qui favorise les grosses boites fini par creer un tas d'employes socialistes et donc anti-business. Par contre les TPE responsabilisent les entrepreneurs et leurs employes (typiquement en nombre tres limite) qui votent plutot pro-business...
a écrit le 18/04/2013 à 16:47 :
En réalité, nous devrions parler de la juxtaposition de l'économie réelle et de l'économie des finances qui est aussi réelle que toutes activités humaines. Il n'y a aucune dichotomie dans la matière. Toute activité réelle a besoin d'être financée; en interne par des capitaux propres ou en externe par le marché du crédit. Et vice versa, l'activité réelle et rentable produira du capital et ainsi des moyens de financement. Par contre , j'ai toujours des difficultés à imaginer que la république française a un président qui voit un problème de moralité (ou de la méchanceté?) dans l'activité du financement! Avons-nous élu une personnalité sectaire et illuminé d'une spiritualité spécifiquement opposé au concept du capital et du financement?

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