Emplois d'avenir : un job pour trois ans c'est bien, avec une formation c'est beaucoup mieux

Alors que l'objectif de la mise en place des contrats d'avenir est de tenter de remettre de façon pérenne sur le chemin de l'emploi des jeunes qui en sont actuellement éloignés, la question de la formation de ces jeunes est un enjeu majeur. Un diplôme, obtenu au terme des 3 ans de contrat d'avenir, étant un sésame de plus pour décrocher un emploi. Pour réussir à financer ces formations aux jeunes qu'elles embauchent, les entreprises peuvent s'appuyer sur des organismes nationaux mais aussi régionaux.
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Combien d'emplois d'avenir* seront créés d'ici la fin de l'année 2014 ? Faut-il réorienter le dispositif vers les entreprises privées ? Cibler davantage les jeunes les moins qualifiés ? Ce contrat créé à l'automne 2012 fait débat et a même récemment fait l'objet de critiques de la part du Conseil d'Analyse Economique. Derrière ces questionnements la préoccupation essentielle : la pérennité des emplois créés.

Or le gouvernement considère que les jeunes signataires d'un contrat de génération doivent profiter de cette période de trois ans pour non seulement acquérir une expérience professionnelle, mais également valider leurs connaissances et savoir-faire par un diplôme. L'objectif affiché : se "vendre" plus facilement une fois confronté à une recherche d'emploi classique. Encore faudra-t-il trouver les financements pour former ces juniors.

37% des jeunes recrutés dans une entreprise différente à l'issue de leur contrat aidé

Au moment de la mise en oeuvre des emplois-jeunes (sur la période 1997-2002), la question de la formation de ces jeunes avait était jugée cruciale par certains, comme ce fut exprimé par des jeunes lors d'un bilan d'étape survenu en mars 1999 auprès de la ministre de la Jeunesse et des Sports de l'époque (Marie-Georges Buffet), ainsi qu'auprès du Ministère de l'Education nationale. Une Marie-Georges Buffet qui s'était d'ailleurs elle-même engagée auprès du syndicat majoritaire des instituteurs à ne pas recruter de nouveaux "aides-éducateurs" tant que le problème de la formation et des débouchés n'auraient pas été résolus.

Selon un rapport de la DARES publié en novembre 2006, 85% des jeunes ayant bénéficié d'un emploi-jeunes avaient un emploi un an et demi plus tard et 72% étaient en CDI. Toutefois, seuls 63% d'entre eux ont été recrutés par le même employeur à l'issue de leur contrat, d'où l'intérêt d'avoir un diplôme à faire valoir.

Le rôle des OPCA

Bien que les dispositifs ne soient pas tout à fait similaires, celui des emplois-jeunes et des emplois d'avenir ont ceci en commun qu'ils durent trois ans - sauf dérogation - et ont pour objectif de mettre un pied dans l'emploi à des jeunes peu ou pas diplômés. Pour apporter une solution au  financement de leur formation pendant leur contrat aidé, l'Etat signe des conventions de partenariat avec des Organismes Paritaires Collecteurs Agréés (OPCA), chargés de récolter les contributions financières des entreprises dans le cadre du financement de la formation professionnelle continue des salariés.

Lors de son audition au moment de la présentation du projet de loi, le ministre délégué à la formation professionnelle et à l'apprentissage, Thierry Repentin, avait souligné que plusieurs OPCA seraient associés à la mise en ?uvre des emplois d'avenir. Il a cité l'Agefos-PME, ainsi qu'Uniformation, l'OPCA de l'économie sociale, et Unifaf, celle de la branche sanitaire, sociale et médico-sociale à but non lucratif. Par ailleurs, "le Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP) financera notamment l'élaboration de référentiels interbranches relatifs à l'accueil des jeunes et la transmission des savoirs. Pas moins de 245 millions d'euros seront consacrés cette année à ces actions", déclarait Thierry Repentin le 29 janvier dernier.

De leur côté, les OPCA s'organisent. Le 4 avril a été signée une convention d'engagement entre l'USB (Union Syndicale des employeurs de la branche de l'aide, de l'accompagnement, des soins et des services à domicile) et Sylvia Pinel, ministre de l'Artisanat, du Commerce et du Tourisme et Benoît Hamon, ministre délégué chargé de l'économie sociale et solidaire et de la Consommation. Elle concerne 3.000 emplois d'avenir dans la branche aide à domicile non lucrative sur deux ans, pour des recrutements avant le 31 janvier 2014.

Uniformation accompagnera 5.000 à 6.000 jeunes sur ses fonds propres

Uniformation, l'OPCA spécialisée dans l'économie sociale, prépare de son côté la signature d'une convention de partenariat avec l'Etat. "Les négociations sur ce point sont en phase finale. Le financement partiel par l'administration centrale de ces formations en complément de nos propres financements devrait être acté d'ici le 15 mai", confie Thierry Dez, directeur général d'Uniformation. L'organisme consacrera une enveloppe de 30 millions d'euros exclusivement pour la formation de jeunes ayant signé un contrat d'avenir dans un secteur non marchand.

"Sur 2013, nous devrions accompagner 5.000 à 6.000 jeunes sur nos fonds propres et jusqu'à 10.000 en tenant compte des cofinancements" poursuit Thierry Dez. Il explique que l'objectif est de former ces jeunes "pendant 800 heures en moyenne" afin qu'ils puissent ensuite bifurquer vers une autre branche d'activité à l'issue de leur contrat. Animateur socio-éducatif, jardinier, cuisinier, médiateur, employé à domicile, télé conseiller... sont autant de métiers vers lesquels les jeunes seront orientés en priorité, car "ce sont des métiers en tension, qui permettent une insertion durable dans l'emploi" d'après Uniformation.

Pour sa part, l'Agefos-PME - premier gestionnaire privé des fonds de la formation professionnelle en France - a répondu à l'appel à projet du FPSPP (Fonds Paritaire de Sécurisation des Parcours Professionnels) dans le cadre des emplois d'avenir. '"Si notre dossier est accepté, nous nous engagerons sur l'accompagnement à la formation de 3.600 jeunes" indique Olivia da Silva, déléguée projet emploi-formation au sein de cet OPCA. Elle compte sur une convention spécifique avec le FPSPP et les Conseils régionaux.

Le rôle des Conseils régionaux

Ces conventions d'amplitude nationale sont en effet complétées par des aides au niveau régional, en Normandie ou en Rhône-Alpes par exemple. Les conseils régionaux mettent en place des dispositifs pour les demandeurs d'emploi, notamment pour accompagner la création d'une entreprise, ainsi qu'autour des métiers du développement durable, de l'aide à la personne, du sanitaire et social et des technologies numériques.

"Pendant l'exécution de leur contrat, les régions vont accompagner ces jeunes en mettant en place une ingénierie de formation très souple pour qu'ils acquièrent une qualification (...) A la fin du contrat, les régions aideront aussi les jeunes à obtenir un CAP" expliquait Jean-Paul Denanot, Président de la région Limousin, vice-président de l'Association des Régions de France en charge de la formation professionnelle; au sujet de l'accompagnement des emplois d'avenir dans un entretien accordé fin octobre à La Tribune. "En cas d'échec, les régions tenteront de continuer à prendre en charge les jeunes dans un parcours de formation complémentaire" poursuivait-il.

En pratique, les jeunes doivent s'adresser à la Mission Locale de leur région qui les orientera vers les offres d'emploi d'avenir, et les conseillera quant au choix et au financement de la formation en continue. 

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>> Les emplois d'avenir donnent la priorité à l'économie sociale

* Un contrat d'avenir s'adresse aux jeunes de 16 à 25 ans peu ou pas diplômés, dont le salaire est assuré à 75% par l'Etat. Le but est de remettre sur le chemin de l'emploi des publics qui en sont éloignés.

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Commentaires 13
à écrit le 12/08/2014 à 10:50
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bonjour je suis actuellement en contrat d'avenir en tant que aide animatrice et j'aimerai savoir si ils peuvent me financer une formation autre que le contrat d'avenir que je fais je voudrais être dans la petite enfance

le 24/09/2014 à 11:30
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Je me pose la meme question avons nous , le droit de faire un formation et il y a t'il des aide ?

à écrit le 03/12/2013 à 6:10
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Vive les contrats d avenir ! Sauf qu allocataire du rsa avec un enfant sans experience professionnelle vous vous retrouvez a 22 ans à vous voir refuser des emplois alors que l employeur veux vous prendre, vous vous avez envie et besoin de travailler,...

à écrit le 07/10/2013 à 13:19
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Je possède l'équivalent du bac et je vis en commune. Je ne rentre donc pas dans les critères d'éligibilité. Malgré cela, ma conseillère n'a pas hésité à me demander de mentir sur mon adresse afin de signer un contrat. J'ai refusé et ma conseillère me...

à écrit le 22/07/2013 à 14:52
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Moi j'habite une citée et j'ai un bac+3 en statistiques, malheureusement très peu d'offres dans ce domaine ! Donc sans emploi depuis 12 moins minimum. J'habite en région Nord et je viens de trouver un contrat d'avenir proche d'Avignon, le personne es...

à écrit le 20/07/2013 à 10:46
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Idem pour moi, trop diplômée alors que j'ai juste un bac L , nos bacs ne servent à rien ! Faut-il arriver jusqu'à mentir sur nos diplômes en cachant notre bac ? Sinon je corresponds à tous les critères demandés.Bref, vraiment dégoûtée moi aussi. .

à écrit le 30/05/2013 à 20:18
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j'ai 23 ans je suis à la recherche d'un emploi, j'ai un bac secrétariat mais pas d?expérience dans ce domaine, j'ai postuler aux emploi d'avenir on m'as envoyer bouler car trop diplômée (dans les cités on accepte jusqu?à bac +3) . je veux bosser mais...

à écrit le 06/05/2013 à 13:03
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Quelle tristesse de voir que le journaliste qui a écrit cet article a si peu creusé son sujet qu'il n'a même pas réalisé que contrat de génération et emplois d'avenir sont deux dispositifs totalement distincts...

à écrit le 03/05/2013 à 20:08
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1 job c'est bien, une formation c'est mieux et recevoir un salaire sans rien faire, c'est encore mieux, non ? Faut arrêter toutes ces aides diverses qui ne seront jamais assez pour les jeunes qui jalousent leurs parents sans jamais se mettre au taf !...

à écrit le 03/05/2013 à 16:13
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Dans mon université, on a essayé de trouver des étudiants volontaires pour les emplois d'avenir enseignement en mathématiques. Bilan : quasiment aucun volontaire... Ce sont des jobs de sous-profs sous payés, encore moins bien payé qu'un vrai prof... ...

le 03/05/2013 à 20:42
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@ Problème : bien sur on ne trouvent pas d'étudiants volontaires pour les emplois d'avenir en enseignement en mathématique, les étudiants volontaires ne vont pas se décarcassez pour des jeunes qui préfèrent s'amuser ces étudiants préfères attendre qu...

le 04/05/2013 à 10:44
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Franchement, pour un salaire minable, ça ne vaut pas le coup de donner des cours à des jeunes qui ne respectent pas les profs, ni les adultes, qui n'écoutent pas, qui bavardent, qui crient, qui se croient tout permis. Et un prof ne peut plus punir ni...

le 04/05/2013 à 14:29
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@ jeunesse : comme vous avez raison c'est évident que le métier de pro est pire que bas pour se faire respecter par les jeunes qui n'ont rien à faire d'être scolarisé (pour la plupart) qui en plus n'ont aucun respect devant un pro qui vient d'avoir s...

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