Budget 2014 : les entreprises craignent le pire

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La faiblesse de la croissance devrait obliger Bercy à relever une nouvelle fois la pression fiscale pesant sur les entreprises. Pour atteindre son objectif de réduction du déficit public, le gouvernement est à la recherche de 12 à 14 milliards d'euros.

Le gouvernement est confronté à un sérieux dilemme. Comment réduire de 4% à 3,5% le déficit public entre 2013 et 2014 lorsque la croissance est en berne ? Ce n'est pas simple, d'autant plus que la fiscalité, qui fut l'arme préférée des récents gouvernements, a déjà été employée à tour de bras ces dernières années. Notamment celle frappant les entreprises. Selon les documents du Budget, l'effort de ces dernières est estimé à 16,3 milliards en 2013 quand celui fourni par les ménages est évalué à 15,1 milliards.

Et pourtant. Même si le gouvernement de Jean-Marc Ayrault s'est bel et bien engagé dans une réduction inédite de la dépense publique de l'Etat en 2014, cet effort sera insuffisant. Parce que l'Etat et ses opérateurs, les collectivités locales et les régimes spéciaux n'économiseront "que" 14 milliards d'euros en 2014 , les recettes fiscales et notamment celles versées par les entreprises devront encore augmenter l'année prochaine sachant que Bercy est à la recherche de 12 à 14 milliards. Un effort qui s'ajoute à celui déjà fourni ces dernières années. Selon les calculs des organisations patronales, la pression fiscale des entreprises a augmenté de 34 milliards depuis 2011. Un montant que ne compense pas les 20 milliards du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) en vigueur depuis février.

Trois options pour le gouvernement

Dans un rapport introductif au débat d'orientation des finances publiques, Christian Eckert, le rapporteur général du budget à l'Assemblée national estime "probable" que la prévision de croissance du PIB en 2014 du gouvernement, actuellement de 1,2 %, "soit revue à la baisse". Selon le député socialiste de Meurthe-et-Moselle, une croissance de seulement 0,7 %, comme l'envisage l'OCDE, augmenterait le déficit public de 0,2 à 0,3 point de PIB. Parce que la faiblesse de la croissance ne peut permettre au produit des impôts et taxes actuels d'augmenter, il reste donc trois solutions pour le gouvernement : relever les taux actuellement en vigueur, augmenter la base imposable ou créer de nouveaux impôts.

Déjà peu sûr de récolter les 51,4 milliards d'euros versés au titre de l'impôt sur les sociétés (IS) prévus en 2013, le gouvernement songerait à élargir la base imposable de l'IS en réintégrant par exemple une partie des bénéfices réalisés à l'étranger par les entreprises ayant une activité hors de France. De son côté, le renforcement de la lutte contre la fraude fiscale des ménages et des netreprises rapporterait entre 2,5 et 3 milliards d'euros. 

Une hausse des taux de l'IS est-elle envisageable ? Rien n'est tranché. Alors que les PME attendent toujours la modulation de l'IS promise par le candidat Hollande - celle-ci devant leur être favorable -, cette initiative serait très certainement mal reçue. De nouvelles taxes seront-elles intégrées au projet de loi de finances 2014 ? C'est certain. « Nous n'alourdirons pas la pression fiscale des Français en cours d'année » a déclaré François Hollande lundi dans Ouest France. En revanche, rien n'indique que les Français, et en particulier les chefs d'entreprises seront épargnés l'année prochaine.

Un relèvement de la fiscalité écologique ?

De nombreuses pistes sont déjà retenues, notamment le relèvement de la fiscalité écologique. Des réflexions sont en cours pour la création d'une taxe carbone et un rééquilibrage de la taxation de l'essence et du diesel. Si ces deux mesures toucheraient les ménages et les entreprises, ces dernières seraient les seules impactées par une taxe sur le traffic des poids lourds.

La CGPME montre les dents

Pour l'instant, le Medef, dont le nouveau président sera élu ce mercredi 3 juillet, n'a pas encore fait part de son inquiétude. En revanche, la CGPME sonne déjà le tocsin. « Depuis 2011, les entreprises se sont vues ponctionnées de plus de 30 milliards d'euros supplémentaires. Les impôts et taxes produisent des effets mais pas ceux attendus. Ainsi la Cour des Comptes elle-même pointe du doigt le risque de moins-value qui pèse sur l'impôt sur les sociétés en 2013.

De même, la hausse du forfait social passé de 2 % en 2009 à 20 % en 2012 a entraîné des changements de comportement dans les entreprises : le rendement de la mesure est donc inférieur à celui escompté. Quant au marché immobilier, les mesures et contre-mesures ont eu pour conséquence d'entraîner une paralysie aux effets dévastateurs pour les professionnels », résume la Confédération. Et de poursuivre.

Qu'à cela ne tienne. Le rapporteur général du budget à l'Assemblée suggère "d'utiliser l'outil fiscal pour mettre en ?uvre les priorités du gouvernement et de la majorité ... si l'urgence budgétaire oblige à nouveau à recourir aux prélèvements obligatoires". En clair si les impôts ne rapportent pas assez il n'y a qu'à les augmenter.

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a écrit le 06/07/2013 à 22:33 :
Si on continue comme ça , les entreprises françaises vont faire faillite sans possibilité de retour et ce sera la spirale déflationniste . Il faut réajuster le traitement des fonctionnaires notamment leur régime de retraite .
Ce régime très favorable n'a plus lieu d'être car le contexte a changé depuis les années 70 .
Les salariés du privé sont maintenant bien moins payés que le public donc l'avantage sur les retraites n'est plus justifié.
a écrit le 03/07/2013 à 13:10 :
4 français sur 5 contre la politique conduite, révolte ! Il est anormal d empêcher le travail ! à quoi théodule! Rassemblons-nous! formons des bataillons! Il faut protester! Sabre au clair!
Réponse de le 03/07/2013 à 13:24 :
En plein accord. LES PME, PMI, TPE, sont EN PHASE TERMINALE. Le cimetière les attend, les une après les autres. La Question: Combien de Français seraient prêts à suivre ? J'attends les réponses ?
a écrit le 03/07/2013 à 13:03 :
Va-t-on exploser comme l Espagne ? 30% de chômage, 6,5% de déficit et récession? fiou, ça c du bon boulot !
Réponse de le 03/07/2013 à 13:33 :
Mais l'on va faire beaucoup mieux que l'Espagne. 50 % de chômage. 8% ou 10 % de déficit, la déflation, la récession, la misère... C'est bien ce que veulent les Français..?
Réponse de le 03/07/2013 à 23:10 :
Vous rigolez mais c est pas uns scénario impossible. Notre crédibilité sur les marches ne pas être loin de zéro La parole de notre capitaine de pédalo idem. Il suffirait de peut de choses pour que nos taux s envolent et la ça pourrait être terrible
a écrit le 03/07/2013 à 12:56 :
On en arrive à 6 points de dette pour 0 de croissance? Si on ne réduit pas le déficit, c la sudification. On nous dit qu on tombe dedans. Alors c est le défaut de paiement. Des millions de chômeurs de plus comme en Argentine par exemple. Il faut bien sanctionner cela, c est monstueux ! Sur les dépenses, on aimerait bien savoir la trajectoire. Pour la réduction des dépenses, on parle de 60, c est sur combien 360 ou bien 1000, c est pas la même chose. Vous dites qu il y a trop de public, faites donc un parti des salariés. Un tiers seulement arrive à l age de la retraite en activité et on parle de reculer l âge. Ils vont courir après une retraite qu ils ne toucheront jamais. Et pour le calcul ? Et les jeunes à 70 ans ? Pourquoi n a-t-on pas de fond suffisant ? Pour ce qui est des entreprises, vous dites prélèvements pour l an prochain. Prend-on les profits ? Est-ce que les investisseurs étrangers resteront alors que l épargne est moins rémunérée qu en Europe et qu il parait que la moitié sort du pays. C est le radeau de la méduse ce pays, 18% de chômage. C est du toc cette économie. alors ça lache?
a écrit le 03/07/2013 à 11:49 :
Réforme d'urgence de l'état, de la fonction publique et collectivités territoriales avec ses agents en surnombre à faible productivité ou sans tâches de travail et administrations publiques sans utilités ou en doublons etc, etc, etc... Ainsi vogue la France vers son déclin...
a écrit le 03/07/2013 à 11:05 :
Je ne sais pas si les Français se rendent bien compte de la GRAVITÉ de la situation ?
Réponse de le 03/07/2013 à 23:12 :
Les. Gens fonds des économies ils sentent bien l ouragan arriver. Il faut pas être devin pour voir que le président bricole et n a aucune stragie si ce n est d espérer la reprise.
a écrit le 03/07/2013 à 10:14 :
Quel secteur va-t-il être impacté? J'étais sur le point de quitter un boulot bien rémunéré après avoir monté pendant plusieurs mois un projet qui est pour l'instant en attente des décisions fiscales envisagées par le gouvernement. En fonction du tour de vis, c'est toute la viabilité du projet (et plusieurs mois de travail personnel) qui serait compromis!
a écrit le 03/07/2013 à 9:32 :
ah cela promet les prochaines élections , vu qu'ils n'ont toujours pas traduit le message de la dernière partielle , on va en remettre des louches avec leurs programmes de serrage de ceinture tous azimuts et la soumission a l'euro absolu , on a perdu déjà dix ans et je me rappelle d'un referendum de jacque chirac promis a l'époque sur l'euro et qui n'a jamais eu lieu , les avertissements d'économistes a l'époque en cas de crise grave , finalement on est pris dans la nasse et pour en sortir ce sera violent , soit la rue , soit les urnes , les élections européennes seront horribles pour ce pouvoir autiste et qui ne jure que 3% , 3% et 3% au point de ruiner les entreprises , les particuliers et les plus pauvres aussi indirectement ...
a écrit le 03/07/2013 à 9:16 :
Ne sont pas une variable d ajustement , alors... il faut racler partout ailleurs et plus facilement les entreprises puisqu'on leur fait "cadeau" du CICE
a écrit le 03/07/2013 à 9:05 :
La solution serait de faire passer l'Assemblée à droite lors d'élections législatives partielles et arriver à une cohabitation. Cela permettrait de neutraliser cette politique d'amateurs et d'idéologues malfaisants jusqu'à la fin du mandat de Hollande en 2017. C'est la seule issue pour ne pas entrer dans le même club de pays que la Grèce.
Réponse de le 03/07/2013 à 22:22 :
Votre proposition est irréalisable . Regardez la répartition des sièges... La seule solution c'est de descendre dans la rue et le blocage du Pays pendant un mois. Le Pays sera économiquement mort en 2017.
a écrit le 03/07/2013 à 8:11 :
ils se trompent de guerre... maintenant s'ils veulent des delocalisations massives de sieges sociaux, ils sont sur la bonne voie... on dirait un gars qui s'agit dans un sable mouvant...
a écrit le 03/07/2013 à 8:11 :
La politique de rigueur-décroissance continue. Il est urgent de lancer la rigueur-croissance, autrement dit se mettre sur un chemin de croissance équilibrée à deux ans. N'importe quel spécialiste du redressement sait faire cela. Sauf le gouvernement de la France élu par 39% contre 37%. Pas de chance.
a écrit le 03/07/2013 à 7:59 :
Avec les impots qui s'annoncent encore pour 2014 ....! il va faire ça, françois 2eme tous les ans, jusqu'en fin de mandat, pour pouvoir tenir jusque là, il SAIT qu'il ne sera pas réelu ! en attendant il s'en met plein les poches, lui et ses sbires! c'est toujours tout ça de pris !!
a écrit le 03/07/2013 à 5:41 :
La confiscation, en cas de crise bancaire, est devenue le principe pour tous les grands pays, même si certains, comme la France, font semblant de s?y opposer pour ne pas susciter une fuite des dépôts. Ce que le gouvernement français ne vous dit pas sur les risques de confiscation de l?argent que vous croyez à l?abri dans les banques http://www.atlantico.fr/decryptage/que-gouvernement-ne-dit-pas-risques-confiscation-argent-que-croyez-abri-dans-banques-bruno-bertez-774501.html
a écrit le 03/07/2013 à 5:23 :
Budget 2014 : les entreprises craignent le pire; Les employés aussi.
a écrit le 02/07/2013 à 23:46 :
la pensée quotidienne du gouvernerment et du petit francois est de qu elle taxe allons nous parler aujourd hui
on pourrait faire une marche arriere revenir sur tous les emplois fonctionnaires et toutes les dépenses faites depuis 10 ans apres tout on était pas si mal
ca rapporterait une 100 de milliards
bon je sais c est trop simple pour nos énarques
mais pour un foyer ca marche tres bien !!
les buralistes la tva sur la restauration supression des nouvelles chaine tv de France télévisions etc......
a écrit le 02/07/2013 à 22:27 :
Il faut que les citoyens empêchent la faillite de l Etat ce qui est une évidente catastrophe. Dans le système suédois, c est le remboursement de la dette et le chômage total, la suppression massive d emplois publics, la misère pour tous et le pib à terre qui perd 20 points parfois. C une question de salut publique comme celle du niveau technologique ou de la compétitivité pour l industrie. Avec le déficit, c est pareil aux USA, les factures tombent, qui paye ? La perdition est-il le but de la société ? C est l enfer qu on nous fait!
a écrit le 02/07/2013 à 21:58 :

L Etat est-il entrain de prendre les profits ? Quand on parle réduction de dépenses, en fait on augmente les recettes, enfin jusqu à présent. Allons-nous à la cessation de paiement ? Pour la réduction des dépenses, si on a 80 milliards de déficit, c est quelles dépenses ? Sur les dépenses de l Etat ou sécu incluse ? Réduire de 10 sur 100 ou sur 1000, ça n est pas la même chose ! Le français ont le droit de savoir ! La croissance des dettes n est pas de l accroît.
a écrit le 02/07/2013 à 21:36 :
C est une question d intérêt général. L intérêt corporatiste du public n est pas l intérêt général qui réside dans la croissance et l emploi. Or l Etat dysfonctionne quand on fait de la récession et du chômage et qu on ferme les usines. Le secteur productif est-il autorisé en France ? On parle de faillite de l Etat. Alors c est une question qui concerne les citoyens puisque ce n est pas d intérêt général comme on supprime les emplois publics. L industrie automobile est empêchée de fabriquer parce qu il lui manque des robots et qu on fait trop de bureaucratie. Alors question l Etat va-t-il exploser et avons-nous un mécanisme funeste de Lafer enclenché ? On fait du théodule mais on n applique pas? alors le droit au travail n existe pas ? Nous avons là un fonctionnaire qui disfonctionne, un tyran papiétomane en pantoufle qui empêche nombre de nos diplômés de travailler par sa papeterie. Un Etat qui écrase la société est illégal. Un Etat en faillite ruine les citoyens. Minutemens et humanistes up in arms ! On n arrête pas le progrès et on ne fait pas condamner Galilée : et pourtant elle tourne !
a écrit le 02/07/2013 à 21:13 :
les intelligent arrête il ne restera plus que les cons et les endettes .bon courage
a écrit le 02/07/2013 à 20:34 :
La dernière de l'année. Je viens d'entendre à la radio qu'ils envisagent une visite médicale annuelle pour tous les permis de conduire sans question d'age. Il est pas beau le changement ?
Réponse de le 02/07/2013 à 21:34 :
et le loyer pour les proprio!!!
a écrit le 02/07/2013 à 19:40 :
les Français aussi craignent le pire , le batho va couler
a écrit le 02/07/2013 à 19:19 :
il reste donc trois solutions pour le gouvernement : soit ceux qui payent, déjà payent plus;; soit ceux qui ne payent pas encore, paient aussi;;soit un crée un nouvel impôt, ce qui est un mix des 2 options précdentes. Et bien, c'est DEPRIMANT TOUT CA!!!! voire REVOLTANT!!!!
Réponse de le 02/07/2013 à 19:36 :
ceux qui payent pas ne paieront pas vous rigoler la , ceux sont des assister du socialisme
a écrit le 02/07/2013 à 18:39 :
Le travail de ce gouvernement est de désendetter la France sans déprimer l'économie.
Il doit pour cela tout miser sur l'augmentation de la productivité Publique et Privée.
Moderniser très fortement le secteur Public pour faire autant avec moins de moyens.
Créer un climat des affaires très favorable aux entreprises, à l'initiative privée, à la recherche de qualité à tous les niveaux, au gain d'argent.
Or ce gouvernement ne fait ni l'un, ni l'autre.
La seule solution qu'il a trouvée est de diminuer la dette en diminuant la production Publique (moins de dépenses) et Privée (plus d'impôts).
Le chômage est garanti.
a écrit le 02/07/2013 à 18:16 :
quand les entreprises seront mortes, et les particuliers guère mieux, ce gouvernement fera quoi ?
@alicia: + 100
Réponse de le 02/07/2013 à 18:36 :
Il fera ceci :
http://www.atlantico.fr/decryptage/que-gouvernement-ne-dit-pas-risques-confiscation-argent-que-croyez-abri-dans-banques-bruno-bertez-774501.html
a écrit le 02/07/2013 à 17:30 :
Ils vont ponctionner 1% du PIB supplémentaire à un pays qui est en récession et en même temps ils disent faire tout pour la croissance. L'effort sur les dépenses est beaucoup trop limité.
a écrit le 02/07/2013 à 17:02 :
Quelques propositions au gouvernement socialiste : réduction du nombre d'élus, réduction du mille-feuilles territorial, réduction du nombre de fonctionnaires, révision des régles d'attribution du social. Que des propositions qui favoriserait la croissance.
Réponse de le 03/07/2013 à 17:58 :
Vous avez raison mais il s'en fout le gouvernement. Il est persuadé de détenir la vérité en économisant sur les gommes et les crayons... Tant que les Français ne descendront pas dans la rue afin de bloquer le Pays pendant un mois, il ne se passera rien, sauf la lente descente en enfer de la FRANCE..!

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