Le "oui mais" de la CFDT à la réforme des retraites

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Laurent Berger, secrétaire général dela CFDT
Laurent Berger, secrétaire général dela CFDT (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2013. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, a apporté un appui mesuré à la future réforme des retraites. Il salue la prise en compte de la pénibilité et les facilitations décidées pour acquérir des trimestres de cotisation. En revanche, il regrette que davantage de petites pensions ne soient pas épargnées par certains points de la réforme. Il revendique aussi le droit de participer au débat sur le financement de la protection sociale qui ne doit pas concerner seulement le Medef. Une fois encore, la réforme des retraites fait ressortir une ligne de fracture entre les syndicats.

 

A l'occasion de la conférence de presse de « rentrée » de son syndicat, Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, l'a parfaitement assumé : il apporte son soutien à la réforme des retraites présentée la semaine dernière par le gouvernement. Pour lui, donc, pas question de descendre dans la rue le 10 septembre pour rejoindre les défilés organisés sous l'égide de la CGT, FO et Solidaires qui contestent, eux, la prochaine réforme.

>> Lire aussi : Les syndicats majoritairement opposés à la nouvelle réforme des retraites

Pour autant, le soutien de la CFDT n'est pas total. Si Laurent Berger se félicite d'avoir été entendu, lors de la phase de concertation, sur la nécessité de ne pas désindexer les pensions ou de ne pas augmenter la CSG, il regrette cependant plusieurs autres dispositions du futur projet.

Pour la CFDT, toutes les petites retraites doivent continuer d'être revalorisées le 1er avril

Ainsi, il aurait souhaité que le maintien de la revalorisation des pensions au 1er avril concerne l'ensemble des retraités sous le seuil de pauvreté, soit 1,5 million de personnes percevant moins de 970 euros par mois, et pas seulement ceux qui touchent l'Aspa (le minimum vieillesse) d'un montant de 787 euros mensuels, soit environ 600.000 personnes. De fait, la ministre des Affaires sociales Marisol Touraine avait annoncé dimanche 1er septembre que dans le projet de loi sur les retraites, le report de l'indexation au 1er octobre -au lieu du 1er avril-, ne concernera pas seuls les retraités percevant le minimum vieillesse.

>> Lire aussi : Réforme des retraites, ce que Jean-Marc Ayrault ne vous a pas dit

Pour Laurent Berger, ce public est trop limité : « le minimum vieillesse concerne 600.000 personnes, or il y a aujourd'hui 1,6 million de retraités qui sont en-dessous du seuil du pauvreté. Nous souhaitons que ce million de salariés ne soient pas non plus impactés par le report".

La centrale veut peser dans le débat sur le financement de la protection sociale

Par ailleurs, Laurent Berger s'est dit d'accord pour participer à la concertation (qui débutera en septembre a annoncé Pierre Gattaz après avoir été reçu par le ministre des Finances Pierre Moscovici) organisé par le gouvernement sur le financement de la protection sociale. On sait, en effet, que pour faire avaler la pilule au Medef d'une augmentation des cotisation retraites des salariés et des entreprises, Jean-Marc Ayrault a proposé à Pierre Gattaz de transférer une partie des dépenses consacrée à la politique familiale, assurées jusqu'ici par les cotisations des entreprises, vers un autre mode de financement. De manière à ce que, in fine, le coût du travail soit réduit. Dans ce cas, affirme Laurent Berger, il faudra que toute nouvelle mesure soit "à coût neutre pour les salariés en terme de pouvoir d'achat".

>> Lire aussi : La France, championne du monde des dépenses de protection sociale

La CFDT serait ainsi favorable au transfert d'une partie des cotisations familiales (3,2 points sur un total de 5,4) sur la CSG à condition que le coût de la hausse des cotisations vieillesse prévue par le projet de loi soit assuré par le seul patronat. Actuellement le projet Ayrault prévoit une augmentation des cotisations retraites des salariés et des entreprises de respectivement 0,15% en 2014, puis de 0,05% entre 2015 et 2017, soit un rendement de 4,4 milliards.

La CFDT regrette aussi que le future projet de loi sur les retraites ne pose pas les « germes » d'une réforme systémique, comme le souhaitait le syndicat. Pour autant Laurent Berger ne se prive pas d'ironiser sur l'UMP qui propose maintenant cette réforme systémique… Alors qu'elle n'était pas à l'ordre du jour quand ce parti était dans la majorité.

Nouvelle fracture syndicale

En tout état de cause, la CFDT se félicite de l'instauration d'un compte pénibilité et des facilitations décidées pour valider des trimestres pour la retraite. Ainsi, avec la CFTC et l'Unsa, elle forme un « front » en faveur du texte. Ces trois centrales veulent continuer de peser en obtenant des nouvelles avancées d'ici l'adoption par le Parlement du projet de loi.

A l'inverse, la CGT, Sud et Solidaires ont dit tout le mal qu'elles pensaient de ce texte et notamment du rallongement de la durée de cotisation. Ces trois organisations descendront dans la rue le 10 septembre. Elles espèrent que cette date marquera le début d'un mouvement plus large. Il n'est pas encore certain que ce soit le cas. Surtout que le gouvernement a pris soin d'épargner les régimes spéciaux et la retraite des fonctionnaires…

 

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Commentaires
a écrit le 06/09/2013 à 2:53 :
C va leur faire tout drôle aux socialistes aux municipales quand ils vont s'appercevoir que les retraités n'ont pas voter pour eux.

Un retraité de gauche
a écrit le 04/09/2013 à 10:06 :
Je fais un rêve : celui d'un monde Humain et Juste , où l'on n'aurait plus 2 Millions de vieux survivant avec moins de 1000 E. par mois , quand d'autres se gavent de voyages et de
culture ...la" petite noblesse" n'a donc pas disparu en france ...elle s'est juste déplacée...
a écrit le 03/09/2013 à 19:28 :
Il est bon ce syndicaliste de se reveiller après s'etre comporté comme un béni-oui-oui. Pauvre homme à la recherche d'adhérents qui l'ont fui après un comportement de syndicat MAISON et d'irresponsable.
a écrit le 03/09/2013 à 17:57 :
avec 3% de représentattivité, comment osent ils négocier ?? de plus nos soit disants syndicats ne sont que des tentacules des partis politiques : cfdt = PS, CGT = PC, SUD : ultra gauche ...ils ne trvaillent pas pour la défense des travailleurs mais pour la mise en place de leur idéologie...il faut arréter cette mascarade dictatoriale sur le monde du travail
Réponse de le 03/09/2013 à 22:47 :
+1, une caricature de syndicalisme, rien à voir avec le spays nordiques, 80% de syndiqués, mais du sérieux des 2 cotés, patrons et synidcats, on recherche le concensus constructif... ça fait réver
Réponse de le 04/09/2013 à 13:14 :
les fréres syndicalistes ne sont là que pour faire appliquer la charia de gauche, pas pour défendre les travailleurs, l'esprit sombre de l'idéologie bornée, aucune concession, aucun compromis, hollande hagbar !
a écrit le 03/09/2013 à 17:16 :
OPACITE & ENFUMAGE! maîtres mots des syndicats et gouvernement ....
a écrit le 03/09/2013 à 14:30 :
On nous parle dans la presse d un accord au niveau syndicats pour faire baisser les salaires des salariés d entreprise, on passe les retraites sous l inflation pour les réduire mais on ne baisse pas ceux des fonctionnaires, enfin on supprime des postes, on baisse les dépenses sociales, certaines allocations ne sont pas payées, les droits fondamentaux ne sont pas appliqués, on laisse les gens à la rue, et ce sont des syndicats non représentatifs des aspirations des salariés. Le sud européen est démoli par les erreurs de gouvernance.
a écrit le 03/09/2013 à 12:32 :
Alors la cgt fait sa chochotte?Déja gatés pourris par les gouvernements précédents ils font monter les enchères pour rafler quelques formations bidons en plus!Toujours ça de plus pour payer leurs camping cars de préretraités
a écrit le 03/09/2013 à 11:33 :
Il faut sortir la CFDT de la gestion des retraites et rebâtir les caisses retraites avec un pôle ouvrier, car c'est devenu n'importe quoi , on est face à un système qui fait ce qu'il veut dans l'opacité et surtout qui vous impose des concepts idiots , il faut tout remettre à plat et revoir ce qui a été fait depuis des années dans le détail car ils en ont peur je pense.
a écrit le 03/09/2013 à 9:37 :
Les syndicalistes Français défendent avant tout leurs petits intérêts personnels, le summum c'est représenter la CGT à EDF, ça c'est le pied ! et je sais de quoi je parle. Leur pseudo manifestation du 10 septembre pour faire semblant, personne n'est dupe dans le privé VENDUS !.
a écrit le 03/09/2013 à 9:28 :
ce Mr s'est félicité publiquement à la télé que la réforme épargnait les fonctionnaires et affiliés des régimes spéciaux, d'où son soutien au Gouvernement sur la réforme des retraites proposée .
les syndiqués CFDT du secteur privé n'ont plus qu'a déchirer leur carte syndicale, ou à virer au plus vite ce secrétaire général qui défend si mal les salariés du privé , sinon leurs cornes vont continuer de pousser !
a écrit le 03/09/2013 à 9:21 :
Une fois de plus avec quelques miettes obtenues sur les petites retraites et la pénibilité la CFDT va signer un accord avec le MEDEF qui va pénaliser l'ensemble des salaires moyens et préserver les plus aisés. Il est normal de prendre en compte la pénibilité mais pb comment la définir,? les juristes vont encore se faire du fric! M BERGRER devrait s'interroger sur la réalité des petites retraites. il y a des personnes qui ont des petites retraites mais des patrimoines conséquents: ex agriculteurs, commerçants artisans et qui ont des petites retraites parce qu'ils ont peu cotisé voir se sont constitués un patirimoine avec le "black". Est-ce que ces personnes doivent bénéficier de la solidarité nationale et ne pas apporter leur contribution à l'effort nécessaire?
a écrit le 02/09/2013 à 22:26 :
C'était pas Chéreque qui trinquait avec Thibault à la garden party en 2007 ?...
a écrit le 02/09/2013 à 20:00 :
Oui mais...Oui non...Faux vrai problème...Vrai faux problème... Ceux qui n'ont pas conscience de jouer avec les mots sont toujours dépassés par les réalités que ces mots recouvrent. C'est ainsi que les jeux de mots de 1968 ont accouché de Vrais Gros Problèmes Bien Réels. En Allemagne , les syndicats sont bien plus RESPONSABLES et COMPETENTS. Ils font leur JOB. Certains pas.
Réponse de le 04/09/2013 à 13:26 :
le syndicalisme allemand est en recul , tout simplement parce qu?il est tout aussi corrompu que le syndicalisme français....
a écrit le 02/09/2013 à 19:51 :
que devient Nicole Notat ?
a écrit le 02/09/2013 à 19:22 :
cfdt vendue , ces syndicalistes ne servent à rien sauf à leur prendre interet comme tous les politiciens pour entretenir leur chateau
a écrit le 02/09/2013 à 18:37 :
il n'y a eu aucune reforme, vu qu'augmenter les cotisations, c'est pas une reforme... quand les taux francais vont remonter a 4.5 voire plus, certains vont arreter leurs conn....

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