Ce qu'il faut retenir du nouveau plan pour l'Innovation

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Le gouvernement mise sur l'innovation
Le gouvernement mise sur l'innovation (Crédits : Reuters)
Un plan en 40 mesures visant à créer une "Nouvelle donne pour l'innovation". Plusieurs sont nouvelles, d'autres moins, et certaines restent un peu floues. Revue de détail du nouveau bébé d'Arnaud Montebourg, Fleur Pellerin, et Geneviève Fioraso.

Après les 35 mesures du Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l'emploi , les 34 mesures de la Nouvelle France industrielle, voici les 40 mesures de la Nouvelle donne pour l'innovation, le nouveau plan gouvernemental présenté ce mardi par Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, Fleur Pellerin, la ministre des PME et du Numérique et Geneviève Fioraso, la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.

Pourquoi ce plan ? « La France n'a pas qu'un récit politique à adresser au reste du monde mais aussi un récit économique. Elle doit reprendre le cours de ce récit, interrompu ces dernières années », a déclaré Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, citant les inventions, les innovations de rupture nées en France depuis la première révolution industrielle, notamment la machine à vapeur, la montgolfière, l'avion, le cinéma, le pneumatique, le train à grande vitesse, la carte à puce ou encore l'ABS.

Trop de mesures ?

Fallait-il 40 mesures pour stimuler l'innovation en France, sachant qu'un certain nombre d'entre elles étaient déjà connues ? A force d'être taxé d'immobilisme, le gouvernement a décidé de frapper fort, quitte à ce que ses messages passent aux yeux de certains pour de simples moulinets de bras, voire de la gesticulation.

Plusieurs mesures devraient être saluées par les chefs d'entreprises et les entrepreneurs innovants en herbe. Comme l'avait dévoilé La Tribune, le code des marchés publics sera bientôt réformé pour que les entreprises, et en particulier les plus innovantes d'entre elles, bénéficient davantage du matelas de sécurité que représente la commande publique qui s'élève à 200 milliards d'euros par an.

Des fesses seront bottées prévient Arnaud Montebourg !

« Il va falloir que l'on botte les fesses des acheteurs publics. A cause de leur professionnalisme juridique, des champions de demain sont abandonnées en rase campagne, faute de pouvoir gagner des marchés publics », a tonné Arnaud Montebourg. Cette envolée typiquement montebourgienne peut sembler un rien injuste, les acheteurs publics étant incités par le code des marchés publics à se montrer d'une extrême prudence dans leurs décisions d'achats. Ne sont-ils pas responsables pénalement et personnellement trois ans après leur décision d'achat ?

Pour soutenir les entreprises innovantes en cas de litige avec l'administration, les entreprises pourront désormais compter sur le soutien de Pierre Pélouzet. L'actuel médiateur des relations interentreprises voit son périmètre s'agrandir puisqu'il endossera aussi la fonction de médiateur de l'innovation.

Autre bonne surprise de ce plan, le crédit impôt recherche (CIR) reste non seulement sanctuarisé mais il sera adapté aux entreprises innovantes.

La question du financement à l'honneur

Dans le domaine du financement, plusieurs mesures ont été annoncées. Le gouvernement a décidé la création de plusieurs outils pour couvrir tout le spectre des besoins en fonds propres des entreprises innovantes : le fonds Large venture lancé par Bpifrance et doté de 600 millions d'euros doit favoriser la transformation des start-up à fort potentiel en ETI leaders au niveau mondial.

Quant au fonds de fonds de 600 millions d'euros dédié notamment à des interventions sectorielles, il sera géré par Bpifrance dans le cadre du Programme des investissements d'avenir (PIA). Pour soutenir les start-up, la compétence et le renforcement des FIP et des FCPI seront bientôt renforcés. Les investissements des grands groupes, via la création de joint-venture, seront également encouragés. Enfin, les montants unitaires des investissements des business angels seront augmentés.

Si ces mesures semblent pouvoir être rapidement opérationnelles, d'autres paraissent plus aléatoires. Toujours dans le domaine du financement, le gouvernement souhaite mener une action ciblée pour faire venir les grands fonds d'investissement étrangers en France. Au regard de la dégradation du climat économique et social actuel, alimentée par la polémique sur la pause fiscale que le gouvernement a lui-même déclenchée, le pari n'est pas gagné.

Une bourse pour les nouveaux entrepreneurs est également lancée. Ce dispositif consiste en  une dotation pouvant aller jusqu'à 30.000 euros permettant de financer les premières étapes d'un projet innovant porté par un entrepreneur modeste. Cette bourse est dotée d'une enveloppe de dix millions d'euros.  

Le retour de l'immigration choisie

Imitant les initiatives prises en ce sens lors du quinquennat précédent, le gouvernement souhaite mettre en place une immigration choisie en attirant les talents étrangers à « haut potentiel », via une procédure simplifie et accélérée. En 2007, lors de la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy avait émis le souhait que 50% des entrées migratoires aient un motif professionnel.

Une véritable politique de transfert

Directement inspirées par le rapport Beylat-Tambourin publié en avril, plusieurs mesures doivent accroître l'impact économique de la recherche publique par le transfert. Il s'agit notamment de multiplier les passerelles entre la recherche publique et la recherche privée et de favoriser les échanges entre ces deux mondes encore cloisonnés.

Beaucoup de mesures déjà connues

Parmi les autres mesures, nombreuses sont celles qui étaient déjà connues, notamment celles qui doivent développer la culture de l'entrepreneuriat et de l'innovation. La plupart d'entre elles avait été dévoilées lors des Assises de l'Entrepreneuriat.  

Quelques décisions… inédites

Plusieurs mesures du plan Innovation laissent songeurs. Évoquons la mise en place d'un programme de « Maisons de l'international » pour favoriser l'accès à l'international aux entreprises innovantes ou encore la création d'un programme de designers en résidence dans les pôles de compétitivité. L'initiative est intéressante, même si la capacité des pôles de compétitivité à avoir un effet d'entrainement sur l'économie est encore sujette à caution.

Huit ans après leur création en 2005, en cohérence avec la décision n°10 du Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l'emploi, les 71 pôles de compétitivité pôles doivent se tourner davantage vers les débouchés économiques et l'emploi durant la période 2013-2018. Comment ? En devenant des « usines à produits d'avenir » qui transforment les efforts collaboratifs des travaux de R&D en produits, procédés et services innovants mis sur le marché.

Quant à la mise en place des parcours d'accompagnement des start-up et des entreprises innovantes à fort potentiel, on se demande à qui sera confiée cette mission. A l'administration ? A des chefs d'entreprises ? A des business angels ?

Enfin, le gouvernement espère faire revenir en France des entrepreneurs français qui ont réussi à l'étranger. Le document ne précise pas comment il compte s'y prendre. Ni si ce sont des entrepreneurs qui ont réussi à l'étranger et qui y sont restés pour des raisons fiscales…  

 

 

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Commentaires
a écrit le 06/11/2013 à 13:37 :
Il faut cesser de raconter des mensonges....et de créer des commissions, des coordinations, des stratégies, et j'en passe !!! qui ne servent en définitive qu'a placer les petits copains aux frais des contribuables !!!!!!!! et en sachant qu'au bout il n'en ressortira rien de concret....sinon des dépenses inutiles.......(pas pour tout le monde.
a écrit le 06/11/2013 à 12:22 :
Tout cela fleure bon le "plan calcul", grande plantade des années passées. Et si les gouvernements de notre bon pays, incompétents par essence puisque non issus de la société civile, laissaient les entreprises et R&D diverses s'occuper de l'innovation? Et seulement accompagner par des mesures de financement et/ou de support règlementaire les innovations qui donnent de vrais résultats?
a écrit le 06/11/2013 à 10:16 :
Confier un plan d'innovation à oseo, une entreprise condamnée à plusieurs reprises pour harcèlement moral, licenciements abusifs, qui finance des projets de boutiquiers pour faire du chiffre, a une gouvernance défaillante par la faute de son directeur délégué Joël Darnaud et le DRH de BPI Jérôme Lesseure, qui créent un mauvais climat au sein du groupe et font le vide autour d'eux, c'est un échec annoncé.
a écrit le 06/11/2013 à 8:34 :
Est-il question de confier ce plan a Oseo? Dans ce cas, ça craint, vu les zigotos sur place.
a écrit le 06/11/2013 à 7:17 :
que de la com!moi j'ai un plan B:tous les virer.
a écrit le 06/11/2013 à 6:59 :
que de la com!moi j'ai un plan B:tous les virer.
a écrit le 06/11/2013 à 5:17 :
sept ministres en charge, trente exécutifs régionaux, et pas un mec qui saurait changer une roue crevée. Le traitement social du chômage par l'emploi public montre ses limites...
a écrit le 05/11/2013 à 22:59 :
Une vraie innovation serait qu'ils (les 2 de la photo) changent de métier.
Réponse de le 06/11/2013 à 9:21 :
Les pieds nickelés à l'œuvre. On est foutu
a écrit le 05/11/2013 à 22:31 :
Vison soviétique : on met en place un plan et après on verra ! Ce pays est foutu.
a écrit le 05/11/2013 à 22:20 :
Rien du tout...
a écrit le 05/11/2013 à 21:00 :
Plus l'UMPS s'agite, plus il y a de chomeurs. Alors attention à vos fesses.
Réponse de le 05/11/2013 à 22:30 :
Ils n'ont pas encore compris que l'innovation ne se décrète pas, elle se favorise par une fiscalité attractive permettant la libre entreprise.
a écrit le 05/11/2013 à 20:45 :
40 mesures sur l'innovation, et RIEN ne concerne ceux qui font l'innovation, c'est à dire les chercheurs et les inventeurs déposant des brevets... Comme si l'innovation se faisait toute seule, par magie... Tout ce plan sera stérile et inutile si l'on oublie ceux qui font tout le travail !!!! Le fait qu'ils ne soient même pas mentionnés montre à quel point ils sont méprisés dans ce pays, contrairement à l'Allemagne, la Chine, etc, où ils sont fortement motivés et récompensés !!! Incroyable !!!
a écrit le 05/11/2013 à 20:13 :
Encore un PLAN............ On dirait que ce gouvernement est en stage d´ecole a Paris pour faire des exercices pratiques. Un jour c´est la discertation sur l´avenir de la fonction publique, l´autre jour l´exercice sur les Eco-taxes, puis encore un essai exploratoire sur les rettraites, etc...., mais au bout du compte, que dalle! Que du papier a se torcher.
a écrit le 05/11/2013 à 20:04 :
quelle crédibilité pour ces rigolos ? Jamais on a vu un gouvernement composé d'autant d'amateurs et d'irresponsables
Réponse de le 05/11/2013 à 20:49 :
Au contraire, depuis le début des années 2000 nous n'avons eu droit qu'à des rigolos RPR UDF UMP Nouveau Centre UDI PS ... les mêmes toujours bien maquillés.
a écrit le 05/11/2013 à 19:19 :
Avez vous remarqué que les seuls qui rient dans ce pays sont les membres du gouvernement ???
Leur avenir est assuré la place est bonne la paye et tous les avantages aussi !!!
a écrit le 05/11/2013 à 19:12 :
que c'est du flan, une fois de plus
a écrit le 05/11/2013 à 19:12 :
que c'est du flan, une fois de plus
a écrit le 05/11/2013 à 18:46 :
L'idée peut être louable, on pourrait accorder une forme de sincérité à Arnaud Montebourg et à Fleur PELLERIN,

mais Ayrault Moscovici et Cazeneuve ont conservé tous les outils bons à rien et mauvais à tout du Chirquisme et Sarkozysme...

Avec une caisse à outils obsolète, des chignoles grillées, des visseuses grippées et des burins bottés, rien de bon n'est à attendre.
a écrit le 05/11/2013 à 18:01 :
Il faudra un peu moins d'annonce et de plans de toute sorte, mais un peu plus de réalisations pratique.
a écrit le 05/11/2013 à 17:34 :
quand c'est flou c'est qu'il y a un loup
a écrit le 05/11/2013 à 17:28 :
Un récit à adressé? vous diriez: un récit à transmIS ou à transmETTRE?
a écrit le 05/11/2013 à 17:24 :
Tant que ça marche, que ce soit de gauche ou de droite cela me va. Rien à redire

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