Le paradoxe de la colère bretonne

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En Bretagne, le chômage est inférieur à la moyenne nationale.
En Bretagne, le chômage est inférieur à la moyenne nationale. (Crédits : Reuters)
L'agitation de la Bretagne peut paraître surprenante rapportée aux indicateurs du dynamisme de la région. Mais la fièvre trouve ses sources dans les racines mêmes de l'économie et de l'identité bretonnes, explique une analyse de l'Ifop.

La Bretagne s'embrase… et pourtant, elle ne va pas si mal, rappelle une analyse publiée par l'Ifop. Non seulement sa population augmente de manière régulière, mais le chômage, qui a crû récemment, y est néanmoins inférieur à la moyenne nationale. Les Bretons propriétaires de leur logement sont plus de 7 sur 10, contre moins de 6 sur 10 pour l'ensemble des Français.

D'autres critères pertinents pour mesurer le développement d'un territoire (taux de réussite au baccalauréat, nombre d'enfants obèses) confirment la bonne santé de la société bretonne qui, jusqu'à présent, s'était d'ailleurs montrée peu encline à voter FN ainsi que favorable au développement de l'UE lors des scrutins européens.

Frappée au coeur

Alors, que s'est-il passé en Bretagne pour que cette région devienne le fer de lance de la contestation ? L'attaque du cœur de l'économie régionale et le traumatisme qui a suivi sont la principale explication de la conflagration, selon l'Ifop. L'agroalimentaire, dont plusieurs sites ont fermé en quelques mois (Doux, Gad, Marine Harvest, Tilly Sabco…), représente en effet un tiers des emplois de la région.

Pas étonnant du coup que la confiance dans l'avenir local ait reculé de 43 points depuis décembre 2012 (déscendant à 33%) et que la crise du secteur agricole et agro-alimentaire soit désormais citée parmi les deux principaux points faibles de la Bretagne par 76% des habitants (contre 45% fin 2012).

Le diagnostic des causes est d'ailleurs très lucide, observe l'Ifop : 56% des Bretons interrogés pointent la concurrence des pays aux bas salaires, plutôt que le ralentissement de la consommation ou les erreurs stratégiques de la filière.

Les principaux points faibles de la Bretagne
Question : Quels sont aujourd'hui, selon vous, les deux principaux points faibles de la Bretagne?

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Les raisons des difficultés dans le secteur de l'agro-alimentaire
Question : Selon vous, les graves difficultés auxquelles est actuellement confronté le secteur de l'agro-alimentaire breton (entreprises Gad, Doux, Marine Harvest, etc.) sont dues d'abord …?

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Union romantique

La tradition de coopération des milieux socio-économiques bretons (par des réseaux comme le Comité d'étude et de liaison des intérêts bretons ou Produit en Bretagne) et le recours à de symboles historiques (comme les bonnets rouges, en référence au soulèvement de 1675) ont permis de fédérer diverses catégories sociales et de jouer sur l'imaginaire d'une Bretagne unie (bien que, remarque l'étude, des conflits internes se soient manifestés).

Surtout, la lutte contre l'écotaxe a permis de mettre en lien le traumatisme des licenciements dans l'agro-alimentaire (secteur très dépendant des transports) avec la tradition antijacobine, sur fond de ras-le-bol fiscal (qui, lui, n'a rien de spécifiquement breton…). Ce qui n'a fait qu'accélérer et amplifier les réactions, notamment en Basse-Bretagne, plus touchée par la crise de l'agro-alimentaire.

Le feu n'est pas éteint

Face à cet enracinement des causes de la colère, la suspension de l'écotaxe annoncée par le gouvernement pourra peut-être calmer les esprits quelques temps, mais n'éteindra pas le feu, estime l'Ifop. L'angoisse semble plutôt s'incarner politiquement, à en juger par un récent sondage réalisé par le même institut pour Valeurs Actuelles, selon lequel 35 % des Bretons se diraient « très proches » ou « assez proches » des idées de Marine Le Pen ( 34% pour l'ensemble des Français).

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>>> ETUDE Lire aussi l'étude de l'Ifop : pourquoi la Bretagne s'enflamme ?

 

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Commentaires
a écrit le 16/11/2013 à 17:47 :
L'idendité bretonne n'est pas une invention.A preuve l'essor récent de l'enseignement du Breton,l'attachement au récent drapeau ( Gwen-a-du ) et à la musique ( bagad de Lann Bihoué).
Réponse de le 05/07/2014 à 11:32 :
Les Bretons sont un peuple issus de la Grande-Bretagne actuelle et ont débarqué en France vers l'an 600. C'est un peuple étranger à la France à la base.
a écrit le 16/11/2013 à 17:32 :
On est frappé par le fort taux de Bretons propriétaires de leurs logements.Cet attachement a un revers : pour travailler,il faut deux voitures pour un couple et leur survie professionnelle est pour aisi dire indexée sur le prix du gaz-oil...
a écrit le 16/11/2013 à 11:51 :
Les entreprises agro-alimentaires ont de l'avenir pour l'instant ces les règles Européenne qui leur bouche l'avenir . Alors faisons ce qu'il faut aux prochaines élections Européenne que l'on en finisse.
a écrit le 16/11/2013 à 11:42 :
Notre société n est pas un malade imaginaire, Molière nous le dirait bien, mais le médecin pratique la phlébotomie et voila l hémorragie de chômage ! Maître Aliboron fait la leçon d économie et l âne de Buridan ! Et le meunier dort et on joue à chat perché pourtant la mère Michelle crie par la fenêtre ! Le chômage augmente, mais la fonction a droit à une carrière à vie…
a écrit le 16/11/2013 à 11:07 :
"Le paradoxe de la colère bretonne"... la colère n'est pas que Bretonne ... elle est nationale ... ne vous en déplaise Mesdames , Messieurs les journalistes !
a écrit le 16/11/2013 à 11:06 :
On apprend dans la presse que la majorité des français souhaite une dissolution, on dissout la société ou bien on envoie un nettoyeur ou un noyeur du peuple? On fait dans les poussins, alias Titi que Grominet veut manger, le jeune d études supérieures sans emploi. On parle de croissance potentielle… On oublie les Rossignols qui lorsqu ils chantent fabriquent le chômage et les corbeaux qui s engraissent au fromage et le gerfaux… On apprend que 64% de la population considère que la dissolution n aurait pas d effet positif. On fait dans l effet de manche ? Alors que c est dans le maquis que l on trouve des aigles de maux ou bien de mots ! Il existe aussi des abeilles, on fait tout le bestiaire ? Qu ils roulent à vélo ! On ferait bien d éviter de jouer aux tulipes financières ! Entre la lèpre ou le choléra le français au travail est un preux ! On joue a Laurel et Hardy et le jeune français est un petit prince à la plante.
a écrit le 16/11/2013 à 10:51 :
Les bretons ont de la chance, on double leurs subventions, mais pas pour les autres ? Pourtant les plans sociaux sont nombreux et les citoyens laissés pour compte ! On fait dans l as de la destruction des foyers et des emplois ! Le message adressé aux français est : on ferme, suicidez-vous !
a écrit le 16/11/2013 à 10:30 :
Les indignés espagnols ont-ils attrapé une insolation qui les rend paresseux ou bien est-ce la faute du Pape ? Les bretons font-ils la sieste et le temps serait au beau fixe alors que les sanglots sont longs ? Et le doublement des subventions, n est ce pas une ristourne généreuse pour fait d émeute organisée ? Pourquoi on a bien emplafonné un tractopelle dans une préfecture. L Etat serait assiégé par la société non protégée dans les bastilles des préfectures et administrations locales. On administre la misère, on répand des allocations dont l argent s étiole dans la machine infernale bureaucratique et les aides n arrivent pas par complexité administrative. Pourquoi ne pas doubler la fonction publique et faire des retraités par millions au lieu d offrir aux petits français un noel sur la bouche de métro ? On hisse, on hihanne, on caquette ! Si on taxait l air, on dirait moins de bétises… l avantage c est que dans un seul mot on dit vrai-ment ! Le préfet n est-il pas logé au frais de la princesse, et les cantines couteuses ?
a écrit le 16/11/2013 à 9:53 :
Puisqu on fait dans la volaille, cotcot, puisque les oies critiquent le QE, puisqu on ne vent pas d automobiles, pouet pouet, les brebis galeuses, pourquoi les salariés en précarité devraient subir les vexations économiques et les privilèges des fonctionnaires dont certains en surnombre ont le droit de ne rien faire ? On appelle cela politique de l emploi ou bien de justice sociale ? Pourtant dans les sondages, on est bien en colère contre le parasitisme du travail… on parle de comités théodules, de Lisbonne sur l innovation non appliqué ou de comités de croissance ! Et pourquoi le distributeur de papiers de la assemblée aurait droit à 7000 brut, et quid des emplois fictifs improductifs ?
a écrit le 16/11/2013 à 9:40 :
Nous avons là une administration de type fasciste qui écrase la société : suppression d emplois publics et de sites de production !
a écrit le 16/11/2013 à 9:36 :
On compte une majorité de français contre l écotaxe… On nous annonce que 2/3 de la population serait prête à mobiliser contre la politique de chômage. Alors pourquoi ne pas former des bataillons ? Rappelons que pour nombre de jeunes français sortis des écoles ou universités, c est l exclusion à vie, on se demande bien pourquoi ? Une petite manif, c est quand vous voulez !
a écrit le 16/11/2013 à 9:23 :
On nous publie un tiers des 18-35 ans veulent partir… L Europe débloque des fonds pour l emploi des jeunes, mais qui a envie de travailler jusqu à 70 ans quand le baby looser a droit à la retraite à 55 ans ? Une Europe malade sans croissance et qui dans certains pays balaye entre 25 et 50% d une génération, une paille ! S il existe des injures, il existe aussi une discrimination aux jeunes pour la question de l expérience. Salaires en baisse, inflation et cherté des logements… Il existe une corrélation entre compétitivité et chômage, ou bien esclavage des jeunes, surtout dans le sud ! Chez les jeunes on compte aussi ceux qu on envoie à l hôpital par excès de pression ou encore les salariés qui se suicident sur lieu de travail, dans l administration aussi. Et il faudrait subventionner la volaille ? Et si on parlait des appartements et des précaires ou bien des gens qu on laisse sur les bouches de métro ou du vrai faux social alors qu il n y a pas de revenus avant 25 ans ? Si en Espagne on manifeste en général, il semble normal de s indigner ! Et la société française doit payer pour les banques en faillite… alors lesquelles peuvent faire faillite, lesquelles sont subventionnés, lesquels sont en précarité et lesquels en sécurité d emploi ?
a écrit le 15/11/2013 à 22:13 :
On lit dans le parisien que les français sont en colère et désapprouvent la politique du gouvernement. On y trouve le témoignage d une infirmière de près de 40 ans qui touche 2000 euros nets… seulement que fait-on alors que la croissance est nulle et le pmi est plombé des fameux tanguys qui sortent de nos écoles qui vivent en exclusion sociale, au chômage à vie ? Que fait-on de nos diplômés employés en quart temps précaire dans l éducation, de nos ingénieurs employés à mi temps prof en classe de 5ème pour des salaires de 1400 brut en plein temps ? Où est la justice, où est la croissance, où est l emploi ?
a écrit le 15/11/2013 à 19:41 :
"L'agroalimentaire, dont plusieurs sites ont fermé en quelques mois (Doux, Gad, Marine Harvest, Tilly Sabco…), représente en effet un tiers des emplois de la région."

C'est faux, faux et archi faux ! Combien de fois faudra-t-il le dire : l'agro-alimentaire représente une tiers des emplois INDUSTRIELS bretons ? Comme il n'y a pas que des emplois industriels en Bretagne, l'agro-alimentaire représente au final 11% du total de emplois bretons.
a écrit le 15/11/2013 à 18:41 :
la colere gronde depuis plusieurs mois dans le secteur public et prive
a écrit le 15/11/2013 à 18:35 :
"Il faut sauver le soldat HOLLANDE" EST CE LA MISSION des journalistes de la tribune ???
a écrit le 15/11/2013 à 18:26 :
la colère bretonne.... est nationale !!!!!!!!!!!!!!! nuance !!!!!!!!!!!
a écrit le 15/11/2013 à 18:18 :
la colère Française gronde ... nuance ... socialo tu vas te réabiller !!!!!!!!!!!!!!!! la colère fronde !!!!!!!!!!

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