New Delhi : Naina de Bois-Juzan dévoile le charme de la 'bistronomie'

 |   |  763  mots
Naina de Bois-Juzan a créé son premier restaurant bistronomique l'année de ses 25 ans.
Naina de Bois-Juzan a créé son premier restaurant bistronomique l'année de ses 25 ans. (Crédits : DR)
En ce début d'année, La Tribune publie chaque jour le portrait d'un ou d'une Français(e) qui connaît le succès à l'étranger. Aujourd’hui, Naina de Bois-Juzan, franco-indienne de 25 ans, qui a ouvert un bistronome à New Delhi qui conjugue l’authenticité d’un bistro à la française à l’excellence de la cuisine gastronomique.

S'expatrier et profiter de la dynamique indienne, oui, se passer de l'ambiance des bistros parisiens, non ! Quand elle est partie vivre en Inde à l'âge de 17 ans, Naina de Bois-Juzan a vite été happée par l'effervescence de ce pays en pleine croissance. Un baccalauréat français en poche, elle s'inscrit au Lady Sri Ram College de New Delhi et prend vite goût à l'ambiance bouillonnante des rues de la capitale indienne.

Mais quelque chose lui manque, et c'est d'ailleurs ce qu'elle retrouve avec plaisir à chacun de ses retours à Paris : l'ambiance chaleureuse et rassurante des bistros à la française. Les petites tables rapprochées, le menu du jour sur une simple ardoise, le brouhaha ambiant…

Née à Paris à la fin des années 1980 d'un père français, couturier de profession, d'une mère indienne, Naina a grandi en France mais a découvert l'Inde dès son enfance. « Ma mère est originaire de la région du Pendjab, et j'ai eu la chance de découvrir l'Inde, la vraie, dès mon plus jeune âge à travers différents voyages», confie cette rayonnante jeune femme brune. Petit à petit, des liens d'attachement forts ont émergés avec le pays de sa mère.

De la bistronomie à New Delhi

Ses études supérieures de sciences politiques achevées, Naina de Bois-Juzan travaille durant deux ans au sein d'une société d'évènementiel. Une première expérience professionnelle qui l'enrichit mais, rapidement, le goût d'entreprendre la titille. Pourquoi ne pas monter son propre bistro en plein New Delhi ? L'idée la séduit rapidement mais pas question de se lancer à la va-vite. « Je n'avais pas de passé dans la restauration, j'ai pris soin de rencontrer de nombreux patrons de restaurants 'bistronomiques' à Paris afin de murir mon projet », raconte-t-elle.

« J'ai décidé d'introduire le concept de 'bistronomie' en Inde, car cela correspond au contexte économique actuel, les gens sont à la recherche d'un certain confort rassurant », précise la patronne du Bistro du Parc, tout juste âgée de 25 ans. Le bistronomique, c'est ce restaurant qui allie la convivialité et la décontraction d'un bistrot à la qualité de cuisine d'un grand restaurant gastronomique. Dès lors un seul mot d'ordre pour la déco comme pour la cuisine : l'au-then-ti-ci-té ! Les spécialités du Bistro seront préparées avec des produits frais et locaux, amateurs de foie gras, passez votre chemin !

Un second bistro à Bombay ?

Six mois plus tard, le concept du Bistro du Parc était sur pieds. Il lui en faudra six de plus pour passer du papier au concret et le 4 juillet 2013, l'inauguration avait lieu dans un quartier situé tout au sud de l'animé capitale indienne, Defense colony. Un début d'activité non sans quelques obstacles : « En tant que femme, j'ai eu tendance à être moins prise en sérieux, les gens avaient l'impression que j'étais forcément épaulée par un homme ».

Pour officier en cuisine, Naina de Bois-Juzan a misé sur une équipe d'Indiens chapeautés, jusqu'à il y a quelques semaines, par un cuisinier Français. « Je suis à la recherche d'un nouveau chef Français ! » lance-t-elle au passage. Rapidement, la sauce prend. Le bouche à oreilles fonctionne et contrairement à ce que l'on pourrait croire, les clients de Naina de Bois-Juzan ne sont pas seulement des expatriés en mal de rillettes de porc et de crème brûlée.

La jeune patronne l'assure : « En Inde, pour qu'un établissement prenne vraiment de la valeur, il ne faut pas qu'il soit uniquement l'apanage des expatriés, il doit être adopté par les Indiens eux-mêmes, ce qui était pour moi un vrai chalenge ». Mission réussie puisque la jeune femme pense déjà à la suite : l'ouverture d'un deuxième établissement « probablement à Bombay ou éventuellement à Madras ».

Lire également dans notre série :

 

Londres: Nathalie Dauriac-Stoebe, banquière d'élite et vigneronne de luxe

Moscou: Alexandre Stefanesco, la Russie pour passion, le recrutement pour mission

Dubaï: Caroline Tasse, une business woman qui voit l'innovation en 3D

New Delhi: Clara Kanner, l'entrepreneuse hôtelière

USA : David Fattal, le modeste inventeur d'un écran 3D pour smartphone (et sans lunettes)

Turquie: Fabrice Delaneau, l'entrepreneur nomade qui aime créer du réseau

Singapour : Masha Ley cultive son amour du vin et des Batignolles

Bangkok : Frédérick Besson, l'homme aux parfums

New Delhi : Alexandre Souter, entre recommerce et "Bootstrapp"

Afrique du Sud : Arnaud Blanchet mise sur un marché d'avenir... les towsnhips

Brésil : Alexandrine Brami, la normalienne qui cultive les start-up

Tel Aviv : Joel Bloch, créateur de startups dans la Silicon wadi

 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 18/01/2014 à 8:25 :
Bravo naina.
Je suis trop content pour toi.
Xxxx
a écrit le 10/01/2014 à 1:11 :
Pourquoi avoir lancé son affaire en Inde mais pas en France? J'ai bien peur que cela soit lié à la discrimination bien ancrée dans la culture française. Le problème pour cette fille est double car en étant d'origine métissée, elle ne bénéficie d'aucune complaisance entre sa patrie d'origine (la France) et une culture (l'Inde) qu'elle découvre toujours à 25 ans. Espérons qu'elle trouvera sa place entre les deux car tout n'est pas gagné en Inde, l'herbe étant toujours plus verte ailleurs...
a écrit le 08/01/2014 à 12:44 :
Super ca donne envie, Pas de doute elle va cartonner.
Réponse de le 09/01/2014 à 10:46 :
ce qui ne gâche rien
Réponse de le 10/01/2014 à 1:19 :
L'exotisme est toujours plus chouette dans son lit, n'est-ce pas messieurs? Auriez-vous fait autant d'éloges pour l'entrepreneuriat de ses frères et cousins. Pas si sûr. Sachez que cette fille est probablement bien entourée pour assurer son succès.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :