Mais où sont donc passés les syndicats ?

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Depuis l'arrivée de François Hollande à l'Elysée, les syndicats ont bien du mal à mobiliser
Depuis l'arrivée de François Hollande à l'Elysée, les syndicats ont bien du mal à mobiliser (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2013. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Les premières années du quinquennat de François Hollande sont marquées par une relative apathie syndicale, un classique quand la gauche est majoritaire. Mais d'autres facteurs viennent également expliquer ce phénomène.

Mais ils sont où les syndicats ? La réforme des retraites initiée par Jean-Marc Ayrault est passée à l'automne dernier comme une lettre à la Poste. Pour la quatrième année consécutive, la valeur du point dans la fonction publique n'a pas été revalorisée. Le pouvoir d'achat est en berne et les plans sociaux s'accumulent. Le gouvernement , à travers le pacte de responsabilité, décide de favoriser l'offre en allégeant le coût du travail…. Autant de faits et de motifs pour déclencher l'ire syndicale. Et pourtant, non. Rien, ou presque. La CGT appelle bien à une nouvelle " journée d'action la plus unitaire possible"  le 6 février prochain mais il y a de fortes chances qu'elle connaisse un simple succès d'estime, à l'instar des précédentes journées de mobilisation que la centrale Thierry Lepaon a tenté d'organiser à l'automne dernier sur les retraites.

Globalement, dans le camp syndical, au niveau national du moins, c'est l'apathie. Comment interpréter un tel phénomène. Est-il consécutif a la présence d'une majorité socialiste aux commandes du pays ? Sans doute, si l'on regarde l'histoire récente. Les débuts des septennats de François Mitterrand ou lorsque Lionel Jospin est arrivé à Matignon en 1997 ont été, de fait, des périodes relativement " tranquilles" sur le front social. Du moins, ce n'étaient pas les syndicats traditionnels qui défilaient dans la rue. Un état de fait qui pose la délicate question des rapports compliqués qu'entretiennent ceux-ci avec la gauche au pouvoir.

Les syndicats ont participé à la défaite de Nicolas Sarkozy

D'abord, il est certain que les syndicats ressentent une sorte de gène. Les plus importants, soit la CGT, la CFDT et même FO, ont largement participé à la défaite de Nicolas Sarkozy en 2012. Refusant la vraie-fausse neutralité qu'ils adoptaient lors des récents scrutins présidentiels antérieurs, CFDT et CGT ont assez clairement appelé à battre le président de la République en place. L'heure de la revanche avait sonné alors que Nicolas Sarkozy n'avait rien voulu lâcher en 2010 sur les retraites, alors que les syndicats avaient jeté des millions de personnes dans la rue.

Difficile dans ces conditions de mobiliser contre la politique de François Hollande, une fois celui-ci arrivé au pouvoir. On ne peut pas, du moins dans un premier temps, renier celui-que l'on a porté. Et même quand l'heure des désillusions sonne, par exemple à la suite de la décision de François Hollande d'augmenter de 0,4 point la TVA, la mobilisation reste compliquée. Tout simplement parce que les tensions internes se font jour. Ainsi, à FO dont les militants sont les plus hétérogènes quant à leur préférence politique, si la frange la plus à gauche rêve d'en découdre, la direction, incarnée par son secrétaire général Jean-Claude Mailly, plutôt proche des socialistes, freine des quatre fers… derrière les postures. On retrouve les même dilemmes au sein de la CGT où les proches du Front de Gauche s'impatientent, alors les sympathisants socialistes font preuve de davantage de tolérance. Bref des divisions internes qui ne facilitent pas la constitution de grands cortèges.

"L'instrumentalisation" des syndicats par le pouvoir

Le savoir-faire politique ajoute à la confusion des syndicats. Depuis son arrivée à l'Elysée, François Hollande n'a eu de cesse de vouloir associer les syndicats et le patronat aux prises de décision… Un positionnement très "social-démocrate", diront certains… d'autres parleront "d'instrumentalisation". Chaque année une grande Conférence sociale est ainsi organisée  au début de l'Eté. Un agenda social est ainsi fixé. Résultat, les organisations syndicales passent d'une négociation ou d'une concertation à l'autre : accords sur la rénovation du marché du travail, sur la qualité au travail, sur la formation professionnelle, sur le contrat de génération, sans parler des retraites complémentaires et de l'assurance chômage. Avec un tel malstrom, difficile de penser à descendre dans la rue.

Le gouvernement lâche du lest pour calmer les esprits

D'autant plus que le gouvernement est assez malin pour calmer les esprits. Quand la ministre de la Fonction publique Marylise Lebranchu annonce aux syndicats de fonctionnaires que le point d'indice ne sera pas, encore une fois, revalorisé, elle lâche immédiatement que la très décriée journée de carence sera supprimée et que les grilles salariales de la catégorie " C " seront revues. Ça calme les esprits. Idem avec la réforme des retraites. Jean-Marc Ayrault annonce certes une augmentation de la durée de cotisation nécessaire… mais, en contrepartie, il crée un compte pénibilité qui pourrait permettre potentiellement à 3 millions de salariés de partir plus tôt à la retraite. Les syndicats sont obligés de ne pas bouder leur plaisir... c'est un point qu'ils revendiquaient depuis des années.

Le compagnonnage bienveillant de la CFDT...

D'autres facteurs entrent encore en ligne de compte pour tenter de comprendre ce relatif calme syndical. Autant Nicolas Sarkozy et sa politique pouvaient favoriser une certaine unité syndicale, autant il en va autrement avec François Hollande et sa majorité qui disposent de davantage de "relais" au sein des organisations. Ainsi, la CFDT de Laurent Berger n'est absolument pas dans le choc frontal avec le pouvoir politique, à la différence de la CFDT de François Chérèque avec Nicolas Sarkozy. Mieux, comme d'habitude quand la gauche est au pouvoir, le programme de la CFDT, qui sert souvent de laboratoires d'idées - on l'a vu surtout quand l'incarnation de la deuxième gauche, Michel Rocard, est arrivé à Matignon en 1988 - est largement repris. Ainsi, le ministre du Travail Michel Sapin a repris à son compte l'idée des " droits rechargeables" pour les chômeurs ou encore l'instauration d'un compte individuel de formation. Même sur le "Pacte de responsabilité", la CFDT se montre conciliante avec le pouvoir… mais moins avec le Medef. Bref, on ne voit pas la CFDT appeler à descendre dans la rue contre la " politique d'austérité" du gouvernement.

... Les difficultés de la CGT

Quant à la CGT, elle a encore manifestement bien du mal à se remettre de la bataille de succession de Bernard Thibault. Son secrétaire général Thierry Lepaon ne parvient pas a totalement asseoir son autorité. Ainsi, a titre personnel, il aurait bien voulu que son organisation sorte de son splendide isolement en paraphant l'accord sur la formation professionnelle, mais les instances de la centrale en ont décidé autrement. Dans ce contexte, quand ca tiraille en interne, difficile de mobiliser en externe. Surtout quand s'instaure une véritable méfiance face au syndicalisme, comme le révèle le dernier baromètre de la confiance politique réalisé par le Cevipof (Sciences Pô) : en décembre 2013, seuls 28% des Français exprimaient leur confiance envers les syndicats, soit une perte de… sept points en un an. Comme si les traditionnelles actions syndicales ne trouvaient plus d'écho dans une population soit désabusées, soit convaincue que la France doit se serrer la ceinture.

 Ce calme au niveau national cache une mobilisation au niveau local

Mais attention cependant, ce calme apparent au niveau national, ne doit pas cacher les fortes mobilisations au niveau local, notamment là où des plans sociaux d'envergure, voire des suppressions de sites, ont été annoncés. Ainsi, sous la houlette de son délégué syndical Jean-Pierre Mercier, la CGT mène une bataille obstinée à l'usine PSA de Aulnay. Idem à Amiens chez Goodyear. C'est aussi vrai en Lorraine chez Arcelor Mittal où les syndicats n'ont pas caché leur amertume de ne pas voir l' Etat venir à leur rescousse. A cet égard, le fait que le charismatique leader CFDT de Florange, Edouard Martin, prenne la tête de liste socialiste "Grand Est " pour les élections européennes a fait dire au président de l'UMP Jean-François Copé : "On est dans la collusion complète entre les syndicats et la gauche au pouvoir"… L'occasion était trop belle. Mais il est exact que cette nomination a fait grincer quelques dents au sein du Parti socialiste et chez plusieurs ministres. Chez le transporteur Mory Ducros non plus les syndicats ne lâchent pas prise…

 

François Hollande a donc bien de la chance de ne pas avoir ,en plus de ses autres difficultés à gérer,  une très forte opposition syndicale. Certes, il a de nombreux opposants dans les rues, mais d'une toute autre nature. Et il y a peu de risques que ces cortèges soient à l'avenir grossi par les cohortes syndicales. Sauf dérapage incontrôlé, le président devrait continuer à jouir de cette relative tranquillité. Certes, mais comme le dit Jean-Claude Mailly le leader de Force ouvrière : "ce qui ne s'exprime pas dans la rue, s'exprimera dans les urnes". C'est en effet le risque.

 

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Commentaires
a écrit le 08/02/2014 à 8:53 :
LES syndicats sont ceux qui ont fais evoluees le plus la societe francaisse? tous les pays qui non pas de syndicat sont des dictatures ,???
a écrit le 03/02/2014 à 11:03 :
Ce n'est pas une découverte. ce cinéma dure depuis quarante ans , sinon plus. Les va et vient gauche/droite se confondent parfaitement :il suffit de faire un demi-tour pour que la droite devienne la gauche, et vice-versa. En plus, il y a 7 millions de chômeurs recensés ou pas, totaux ou partiels sans le moindre syndicat.
a écrit le 03/02/2014 à 9:22 :
les syndicats ne vont pas manifester contre la refomre des retraites alors que celle ci acte le retour a 60 ans, et rajoute plein de nouveaux acquis !!! ( penibilite, etc...)
a écrit le 02/02/2014 à 18:58 :
Au moins les étrangers ne pourront plus dire que la France est bloquée par les grèves.
a écrit le 02/02/2014 à 18:24 :
Les syndicats!??, ils ont passé un accord avec Hollande. Ils jouent en sourdine en echange de l'enterrement du financement des syndicats. Un scandale
a écrit le 02/02/2014 à 17:54 :
Les syndicats sont bien présents,malheureusement!!!!!
Quand StNazaire ne peut pas signer 2 bateaux de croisière MS C,à cause d'un refus syndical,lesquels ne veulent absolument pas faire d'effort,et prennent une position style Corse, la casse est prévisible,car l'armateur va susciter chez les Coréens du S>ud,une étude d'équipement,et la prochaine commande sera pour l'Asie au prix de l'acheteur.
Dans 2 ans St Nazaire sera au chômage.
Merci QUI?????
a écrit le 02/02/2014 à 11:30 :
Ils bossent tos pour les patrons et les gouvernements... Après tous c'est eux qui les paies maintenant...
a écrit le 02/02/2014 à 11:15 :
Le journaliste tourne autour du pot, les syndicats passés les postures savent très bien que le statut quo n est plus possible. Alors ils font leur vrai job, négocier et négocier encore. Ils en ont la possibilité avec le gouvernement actuel et il vaut mieux négocier maintenant qu avec l opposition actuelle. On sent que ça fait mal au journaliste mais pour le coup sur ce sujet le président et son gouvernement bien, même si on aimerait que ça aille plus loin plus vite plus fort.
Réponse de le 02/02/2014 à 22:54 :
Les inepties qui sont légion dans votre commentaire laissent à penser que venez d'atterrir après 18 mois satellisés. Les syndicats sont inexistants à commencer par celui de Laurent Bergé qui doit chercher un maroquin à l'instar de Chérèque ancien secrétaire général de la CFDT, aujourd'hui président du conseil d'administration du think tank de gauche Terra Nova et de l'Agence du service civique.
a écrit le 02/02/2014 à 11:03 :
Des entreprises ferment ou bien licencient et les syndicats ne bougent plus du tout. Silence radio,....les pompiers du gouvernement éteignent le feu partout où il le feu.
Coups de balai....
a écrit le 02/02/2014 à 10:57 :
Ils sont cachés car grassement payés pour calmer le jeu, pour maîtriser les troupes et c'est tant mieux!
Les français n'ont jamais eu besoin d'eux c'est 20 dernières années!
Bons à rien......!
Réponse de le 02/02/2014 à 15:31 :
Exactement comme sous Mitterrand et il y a des Français qui se laissent encore avoir.
a écrit le 02/02/2014 à 10:42 :
Les nouveaux syndicats sont les femen, antifas et la elledéji (je l'écris ainsi sinon censure...). Protégés et subventionnés par les socialistes pour profaner, casser la tête des opposants ou jouer les provocations dans les manifs citoyennes. Le hic c'est que ça commence à se savoir, de même que les valises en liquide pour arroser les syndicalistes traditionnels (ou les recyclages sur liste électorale comme Edouardo Martinez)
a écrit le 02/02/2014 à 10:11 :
les syndicats qui ne représentent qu'eux mêmes, la preuve comme dit Eric Zemmour : « Édouard Martin, l’Amélie Poulain du socialisme français »
a écrit le 01/02/2014 à 20:30 :
les syndicats roupillent comme toujours avec la gauche au pouvoir.
Réponse de le 01/02/2014 à 21:23 :
@ rico .
C' est mieux que d' avoir 3 millions de gens dans la rue. Et de la façon dont tu parles des syndicats tu me parait être un profane....la France c' est un tout.....
Réponse de le 02/02/2014 à 8:50 :
les syndicats ne représentent rien et plus personne Ils sont irresponsables et ignares des préoccupations des Français et de leur environnement économique.
a écrit le 01/02/2014 à 17:38 :
Tous des vendus...!
Réponse de le 01/02/2014 à 19:43 :
Identiques aux politiques,tous vendus au MÉDEF
a écrit le 01/02/2014 à 17:05 :
Le Medef a su mobiliser les entrepreneurs pour imposer ses points de vu comme lors des "pigeons". Les syndicats proposent des journées de manifestations si ils pensent que la mobilisation sera suffisante, et les personnes acceptent de moins de perdre une journée de salaire en allant manifester. Seuls ceux qui sont concernés directement par des licenciements se mobilisent encore. L'attitude des salariés d'un groupe qui avaient protestés contre leurs propres collègues venus manifester contre la fermeture de leur entreprise est symptomatique.
a écrit le 01/02/2014 à 16:39 :
Car ils ne sont plus représentatifs de rien du tout et ils se nourrissent de nos impôts (cf nouveaux décrets). Il faut les mettre rapidement en dehors du système social et gouvernemental puisqu'ils ont choisi un parti politique qui nous précipite dans la ruine. Et enfin, ils gèrent aussi mal leur organisation que le gouvernement le pays
a écrit le 01/02/2014 à 16:28 :
Tout le monde sait que le PS est aux mains du PS et la CGT aux mains du PC. Pourquoi faire semblant de ne pas le savoir? Ce sont des syndicats politiques (comme FO et SUD du reste) pour lesquels on OBLIGE les salariés à voter lors des élections CE/DP où le quorum est rarement atteint....
a écrit le 01/02/2014 à 15:53 :
l'exemple d' Edouard MARTIN qui passe sans sourciller de la CFDT au parti socialiste est l'exemple flagrant de la collusion du pouvoir de gauche avec les syndicats
a écrit le 01/02/2014 à 15:46 :
Ils ont été "shootés" par le PS, et n'osent même plus manifester de peur de faire le jeu du FN...De plus ils sont souvent perçus comme les vassaux du système ..et ne représentent plus grand monde, les ouvriers devenant rares (délocalisation, désindustrialisation, fermeture) la crise économique est passée par là, et il n'y a plus de blé à moudre...
Les classes populaires, chômeurs, précaires, exclus n'y croient plus...
a écrit le 01/02/2014 à 15:22 :
Ils sont en train de couler les CCE et de pactiser avec le MÉDEF, il faut bien qu'ils s'occupent d'eux.
a écrit le 01/02/2014 à 15:21 :
@volaye !Pourquoi cette haine contre les syndicats ? Les partis politiques ont leurs frais de campagne électorales remboursés;les journaux sont subventionnés et les journalistes ont une niche fiscale importante ,les associations de toutes sortes sont subventionnées par l'état et les collectivités locales ,vous vous bavez votre haine contre les syndicats .Vous devez etre surrement patron pour les hair ainsi !Il y a peu de syndiqués à cause de patrons retrogrades et d'ailleurs les pays du nord de l'Europe ou le taux de syndicalisme est trés élevé (y compris l'Allemagne) ont le niveau de vie le plus important, mais puisqu'en France on a le patronnat le plus bete du monde faut pas compter les rejoindre .Les syndicats ont globalement une trés bonne image dans l'opinion publique ,les sondages le montrent .La haine viscerale ça se soigne trés bien avec des medicaments psychotiques mais pour cela il faut pas avoir les oeilleres que donnent la haine .
Réponse de le 01/02/2014 à 18:11 :
@fred: Votre diatribe à l'égard de @volaye ressemble à un amphigouri.
Réponse de le 01/02/2014 à 21:15 :
ilsont signe pour fiscaliser la part patronale pour la mutuel entreprise ca ce sont les syndicalistes qui defende les salarier il y aura augmentation de des impots et sur l'impot 2013
Réponse de le 02/02/2014 à 9:56 :
J'espère que vous payez votre cotisation syndicale grâce à vous les délégués syndicaux et toute leur famille passerons de belles vacances à Maurice. Pour vous il voir restera la plage sur les rives de seine si vous habitez dans la région parisienne ou la promenade en forêt avec votre paquet de biscuits secs.
a écrit le 01/02/2014 à 14:32 :
Cet article est un vrais bidouillage !Jeter des millions de gens dans la rue !Et pourquoi pas des milliards ,l'enflure verbale discredite ceux qui l'utilise .Les syndicats sont le reflet des syndiqués.Et les syndiqués et sympathisants ont le moral dans les chaussettes avec la crise et de ce faits sont impossibles à mobiliser .Il en va de meme pour les greves revendicatives dans les boites .Quand aux fonctionnaires decriés de toutes parts vivant sur le budget de l'état ,de nos impots donc ,ils sont perçu comme trés favorisés ce qui ne les incitent pas à revendiquer!Vous imaginez actuellement une greve des fonctionnaires et des manifs dans la rue ce qu'ils vont prendre dans les dents !Impensable à l'heure actuelle .
a écrit le 01/02/2014 à 13:45 :
Les syndicats parlons en
05/12/11
A la demande du gouvernement, les députés UMP se sont abstenus de voter le rapport de la commission parlementaire d’enquête sur le financement des organisations professionnelles et syndicales permettant ainsi d’enterrer ce rapport sur le financement des syndicats. C’est la première fois dans l’histoire de la Chambre des députés qu’un rapport issu d’une commission d’enquête n’est pas adopté, et la transparence sur le financement des syndicats n’est toujours pas d’actualité.
Au plus fort de la crise, les confédérations syndicales affichent une insolente santé financière. Toutes les centrales sont propriétaires de vastes locaux parisiens : le siège du Medef est valorisé 24 millions d'euros, l'UIMM dispose d'un trésor de guerre de près de 505 millions d'euros, selon le rapport. François Chérèque, à la tête de la CFDT, avoue avoir du mal à cacher ses économies de plus de 350 millions d'euros, dont 34,7 millions de « trésorerie disponible ». Celle de la CGT est de 42 millions d'euros. Les fruits d'une «gestion de père de famille» ont expliqué, sans rire, plusieurs responsables syndicaux...
Des rentiers? Ils fonctionnent en tout cas très bien indépendamment de leur manque de représentativité. Inutile de grandir pour s'enrichir ! À l'extrême, ils n'auraient guère besoin d'adhérents.
Ils touchent 4 milliards par an de la collectivité pour 8 % de syndiqués. Subventions à gogo, permanents par milliers, gabegie... Un rapport parlementaire lève le voile. Décapant !
Gonflé? Non, une pratique plutôt ordinaire dans une France qui n'aime pas ses syndicats mais les nourrit grassement. Car si le syndicalisme n'a jamais été aussi peu représentatif dans notre pays - seuls 8 % des salariés (public et privé confondus) adhèrent à une organisation, la machine syndicale, elle, se porte bien, très bien même. Et pour cause: elle vit aux crochets des autres ! C'est la démonstration choc que font les députés dans un rapport rendu public cette sem
Réponse de le 01/02/2014 à 14:31 :
Pas mieux !!!
Et vous ne parlez pas de leur influence dans les entreprises au moment des plans sociaux (eux ne craignent rien car ils sont protégés, mais le choix des repreneurs en fonction de la reprise des copains et autres compromis ...)
Et leur belle "gestion" des organismes sociaux !

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