Pacte de responsabilité : la CFDT sceptique sur l'engagement du patronat

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(Crédits : © 2009 AFP)
Laurent Berger, le secrétaire nationale de la CFDT it avoir "beaucoup de doutes" à propos de la volonté d'engagement du patronat en terme d'emploi. Si le patronat ne le fait pas, il n'y aura pas de pacte, a-t-il dit au Monde.

Le pacte de responsabilité proposé par François Hollande, qui vise à supprimer les cotisations familiales patronales d'ici à 2017 (soit environ 30 milliards d'euros) en contrepartie d'un effort des entreprises pour l'emploi, laisse perplexe Laurent Berger. Dans un entretien au Monde, le secrétaire général de la CFDT, dit avoir "beaucoup de doutes" à propos de la volonté d'engagement du patronat en terme d'emploi.

"Nous ne sommes pas en désaccord sur le transfert des cotisations familiales, mais les aides aux entreprises supposent en échange des engagements de leur part. J'ai beaucoup de doutes sur la volonté d'engagement du patronat", fait valoir Laurent Berger.

L'effort des entreprises pour l'emploi n'a toutefois pas été chiffré.

"Si le patronat ne s'engage pas dans un dialogue social dans les branches, voire les territoires, qui fixe des engagements pour l'emploi, il n'y aura pas de pacte qui vaille pour la CFDT ! Je dirais alors qu'on ne peut pas alléger les charges des entreprises car leurs représentants sont incapables de s'engager", a déclaré Laurent Berger.

Hors de question de manifester le 18 mars

Pour autant, ce dernier ne veut pas se rallier à FO qui a appelé à manifester le 18 mars pour exprimer "la colère" des salariés contre le pacte de responsabilité. "Hors de question" que la CFDT y participe, explique Laurent Berger. "Nous ne partageons pas la même approche sur le pacte de responsabilité. Cette journée du 18 mars était d'abord un mouvement dans la Sécurité sociale, sur ses problématiques propres. Elle doit le rester", affirme-t-il.

"Ne pas dénoncer le pacte"

S'agissant des relations avec la CGT, plutôt tendues, Laurent Berger estime que les deux syndicats peuvent faire "un bout de chemin" ensemble si la première organisation syndicale accepte de faire des "propositions et pas seulement (..) du commentaire". La CGT, la CFDT, mais aussi la FSU et l'Unsa ont signé mi-janvier un texte selon lequel ces organisations syndicales porteront des revendications et objectifs communs lors du débat sur le pacte de responsabilité.

"Cela signifie ne pas le dénoncer (le pacte, NDLR) a priori mais y entrer pour essayer de nourrir une dynamique sociale. Si la CGT s'engage avec nous là-dessus, nous le porterons ensemble et nous serons plus forts", dit Laurent Berger.

Syndrome de Stockholm

Le leader de la CFDT se désolidarise des récentes critiques faites à l'encontre de François Hollande par les numéros un de FO, Jean-Claude Mailly, et de la CGT, Thierry Lepaon. Le premier a estimé que François Hollande souffrait du "syndrome de Stockholm" vis-à-vis du patronat. Le second a, quant à lui, jugé que le président de la République était "souvent sous les jupons d'Angela Merkel", la chancelière allemande.

"Non. Cette vision de soumission par rapport à M. (Pierre) Gattaz (patron du Medef, NDLR) ou à l'Allemagne me paraît complètement erronée, compte tenu de la situation économique et sociale de la France (...) Pour que le pacte marche, il faut assumer une vision social-démocrate qui se caractérise par la capacité d'engagement de chacun et par le dialogue social", dit Laurent Berger.

Hue dit ne pouvoir soutenir en l'état le pacte

Par ailleurs, Robert Hue, président du Mouvement unitaire progressiste (MUP) qui réunissait samedi au Sénat 200 délégués départementaux et régionaux a déclaré que son mouvement ne pouvait soutenir "en l'état" le pacte de responsabilité de François Hollande.

"Nous ne boudons pas la proposition de pacte de responsabilité mais, en l'état, elle ne peut recueillir le soutien du mouvement", a déclaré Robert Hue, dans un communiqué.

"Refusant que le Pacte de responsabilité se transforme en puits sans fond, en chèque en blanc qui pourrait devenir un chèque en bois en matière d'emploi", le MUP, qui fait partie de la majorité, demande au président Hollande "un rééquilibrage social du Pacte de responsabilité avec, en toute transparence, une clause de conditionnalité en faveur de l'emploi".

Cette demande "s'inscrit dans la droite ligne de l'engagement de Robert Hue et du MUP en faveur de l'évaluation des aides publiques accordées aux entreprises", a ajouté le parti. Lors de cette rencontre nationale du MUP, Robert Hue a également "lancé un appel à la gauche et aux républicains afin qu'ils se rassemblent avec force et détermination pour combattre tous ceux qui aujourd'hui allant jusqu'à des formes factieuses et fascisantes, mettent à mal les valeurs de la République et en cause la légitimité de l'expression du suffrage universel".

 

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Commentaires
a écrit le 03/02/2014 à 11:17 :
Les entreprises embauchent quand elles en ont besoin, pas quand on leur donne des sucettes. Le besoin est créé par les commandes que les entreprises reçoivent, ou ne reçoivent pas....
a écrit le 02/02/2014 à 17:50 :
Das deutsche Jobwunder machte die Hartz-Reformen zum Vorbild für die Krisenländer Europas. Eine neue Studie räumt mit diesem Mythos auf: Nicht die Agenda 2010 habe Deutschland zum ökonomischen Superstar gemacht, sondern die Unabhängigkeit der Betriebe und der Gewerkschaften vom Staat.
Les réformes Hartz n'auraient rien à voir avec le miracle économique allermand. Ce phénomène résulterait uniquement de l'indépendance du patronat et des syndicats vis-à-vis du gouvernement. A méditer.
a écrit le 02/02/2014 à 16:31 :
Depuis que Nicole Notat a quitté la direction de la CFDT, celle ci est devenu une succursale du PS. Avec Chérèque cela commençait à se voir, mais avec Bergé, là, elle ne se cache pas. Il suffisait d'entendre au lendemain de l'épilogue de Florange, alors que les salariés s'étaient fait met..e, Laurent Bergé, vanter l'accord arraché bec et ongles par le gouvernement à Mittal, pour comprendre que ce monsieur Bergé, son mandat terminé, aura une place toute chaude dans l'organigramme du PS.
Réponse de le 02/02/2014 à 17:52 :
Le responsable CFDT local sera député européen socialiste. Belle fin de carrière plutôt que Pôle Emploi. Il a été placé en tête de liste. On ne sait jamais.
a écrit le 02/02/2014 à 15:11 :
et bien , moi, je crois à l'engagement de la CGT !!!!
Réponse de le 02/02/2014 à 15:23 :
Pour vous en remettre ainsi à la CGT, vous devez être un sacré looser, sans avenir ni talent.
Réponse de le 02/02/2014 à 18:00 :
Avec la CGT vous êtes au moins sur de pourvoir des chômeurs à Pole emploi
et cela par ville entière comme ST Nazaire,que vous venez de mettre à l"agonie car Carnaval/MSC ne va certainement plus consulter les Chantiers et orienter ses prochaines commandes de bateaux vers la COREE
quand on fait du syndicalisme aussi pauvre il ne faut pas s'étonner des faillites.
a écrit le 02/02/2014 à 15:11 :
Sur la volonté des syndicats de bloquer toute évolution et de continuer à saboter l'économie française. Ce qu'ils veulent, c'est toujours plus d'allocs et toujours plus de fonctionnaires.
a écrit le 02/02/2014 à 14:45 :
Si le patronat n'embauche pas le million de chômeurs prévu dans les délais prévus, que pourra faire le gouvernement? Incarcérer les patrons, les trainer devant les tribunaux? Leur réimputer les allègements consentis?
Ne rêvons pas, les patrons ne licencient pas par vice, pour faire ch... le socialo, ni n'embauchent par vertu. Si les socialistes se contentent d'alléger les charges des entreprises, ce ne sera qu'un préalable. Il faudra que le gouvernement crée les conditions d'une véritable reprise et non se contenter d'attendre qu'elle vienne des US ou de lAllemagne, tranquillement le c.l sur sa chaise
a écrit le 02/02/2014 à 12:55 :
La France est dans la lutte de classes. C'est au pouvoir de décider (patrons ou état comme sous l'ancien régime), puis c'est au peuple de se révolter contre les décisions prises. Ensuite c'est le rapport de forces qui détermine le résultat.

La France est un pays assez arriéré. Ses politiques sont à l'image de son peuple...
Réponse de le 02/02/2014 à 15:51 :
Vous dites que la France est un pays arriéré. C'est vrai, votre commentaire sur la lutte des classes et la révolution en est l'illustration
a écrit le 02/02/2014 à 12:21 :
n'écoutez pas la CFDT qui a ruiné vos retraites !
a écrit le 02/02/2014 à 12:12 :
hue a raison ?, qui est le plus menteur le patronat ou le gouvernement,? maisi quoi il en soit il faudra qu ils s entendent car nous somme tous sur le meme bateau???
a écrit le 02/02/2014 à 11:22 :
Après avoir tout signé, il veut faire croire qu' il a des convictions , à mourir de rire.
a écrit le 02/02/2014 à 11:21 :
par contre , pas sceptique , sur la CGT ???
a écrit le 02/02/2014 à 10:45 :
Je suis moi sceptique de l'utilité des syndicats en France et qu'il sont même toxique pour l'économie! Ils sont surtout utiles à eux-même et aux fonctionnaires!!! Les salariés du privé, eux se débrouillent actuellement tout seuls.
Réponse de le 02/02/2014 à 12:12 :
@cjesus ...faut arrêter de colporter n'importe quoi. Dans le privé, la CGT est présente et heureusement d'ailleurs sinon le patronat aurait déjà bousillé 100% du code du travail !
Réponse de le 02/02/2014 à 13:53 :
c'est sur que la CGT a fait du bon boulot chez GOODYEAR !!!!! parlez en aux pauvres gars qui vont aller s'inscrire au chomage.
Réponse de le 02/02/2014 à 14:53 :
Les entreprises françaises qui ont disparu en France à cause de ces irresponsables se comptent par centaines. Le chômage, c'est grâce à la CGT qu'on m'y a mis.
Ils représentent moins de 5% des employés du privé et ils se foutent de leur g... Par contre, leurs protégés fonctionnaires sont bien mieux traités. Il est vrai qu'ils ne risquent pas le chômage, eux...

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