En France, un SDF sur quatre a un emploi

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Deux sans-domicile sur cinq recherchent activement du travail. / DR
Deux sans-domicile sur cinq recherchent activement du travail. / DR (Crédits : DR)
Nombre de sans-domicile travaillent mais leurs emplois sont souvent peu qualifiés et précaires, révèle une étude de l'Insee. Ceux qui cherchent du travail rencontrent de nombreuses difficultés, surtout liées à l'utilisation des transports.

Un quart des sans-domicile a un travail régulier ou "un petit boulot", dont deux tiers dans une entreprise ou chez des particuliers. Neuf sur dix ont déjà travaillé au cours de leur vie et deux sur cinq sont activement à la recherche d'un emploi, apprend-on d'une étude publiée par l'Insee mardi, qui a notamment récensé, dans les agglomérations de 20.000 habitants et plus, 66.300 adultes francophones utilisant des services d'hébergement et de distribution des repas pendant deux mois en 2012 .

Les emplois occupés sont toutefois, pour la grande majorité, peu qualifiés et très précaires.

Un salarié sans-domicile sur cinq n'a pas de contrat de travail

93% des sans-domicile salariés sont employés ou ouvriers, contre seulement une personne sur deux pour l'ensemble de la population occupée en France. 31% sont d'ailleurs des ouvriers non qualifiés, contre 7% de l'ensemble des Français. Près de la moitié des hommes travaillent dans le bâtiment ou l'hôtellerie et la restauration, alors que quasiment la même proportion des femmes est employée dans les services aux particuliers.

L'ancienneté dans l'emploi est faible : deux tiers des sans-domicile travaillent pour le même employeur depuis moins d'un an. 15% occupent des emplois temporaires et 22% n'ont carrément pas de contrat de travail. Le CDD concerne seulement un quart des salariés sans-domicile et le CDI (dont bénéficie 87% de la population française) deux sur cinq d'entre eux.

85% des sans-domicile gagnent moins de 1200 euros par mois

Près de la moitié des sans-domicile en emploi est à temps partiel et 16% d'entre eux cherchent un autre emploi pour compléter. C'est encore plus souvent le cas des femmes : bien qu'elles occupent des emplois un peu plus stables que les hommes, elles sont deux fois plus souvent à temps partiel que l'ensemble de la population féminine.

La rémunération des sans-domicile qui travaillent est, en conséquence de tous ces facteurs, particulièrement faible : 85% touchent moins de 1200 euros par mois.

Les transports, premier obstacle à la recherche d'un emploi

Les sans-domicile qui cherchent un emploi, dont plus des deux tiers ont déjà travaillé au moins cinq ans, avaient effectué en moyenne trois démarches en ce sens au cours du seul mois précédent l'enquête : la majorité avait pris contact avec pôle emploi ou s'était adressée directement à un employeur. Cependant,  43% sont au chômage depuis plus de deux ans (contre 20% des chômeurs de France).

La plupart rencontrent en effet de nombreuses difficultés dans leur recherche d'emploi, dont les principales citées sont l'absence ou le coût des transports, suivies par les frais à assumer, le manque de vêtements convenables, ainsi que par des problèmes de santé ou une mauvaise maîtrise de la langue et de l'écriture.

Moins d'un chômeur sans-domicile sur cinq perçoit une allocation chômage

Seulement 16% des sans-domicile en recherche d'un emploi perçoivent une allocation chômage, les restants n'étant pas inscrits ou ayant épuisé leurs droits. Le RSA reste ainsi le premier revenu déclaré (30%), suivi par les revenus du travail (25%). 

Le nombre total de sans-domicile adultes francophones utilisant des services d'hébergement et de distribution des repas a augmenté d'un tiers entre 2001 et 2012, met en garde l'Insee. Presque deux tiers sont des hommes, 41% sont des étrangers et la moitié a entre 30 et 49 ans.

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Commentaires
a écrit le 19/04/2014 à 7:31 :
c'est l'illustration parfaite qu'on ne peut pas vivre dans certaines régions avec moins que le smic or ces régions sont justement celles où le bassin d'emploi est le plus important, que Lamy vive avec que le smic devrait lui mettre du plomb dans la tête.
a écrit le 09/04/2014 à 12:57 :
Près de deux sans-domicile sur cinq sont des femmes. Elles bénéficient de conditions d’hébergement plus stables que les hommes. Ces derniers constituent la quasi-totalité de la population des sans-abri. Un quart des sans-domicile ont un emploi, près de la moitié sont au chômage et plus du quart sont inactifs. La possibilité de travailler varie selon la stabilité des conditions d’hébergement : 5 % des personnes sans abri ou des sans-domicile hébergés dans un centre qu’il faut quitter le matin travaillent, contre 45 % de ceux qui sont hébergés dans un logement. Il n’y a pas de différences notables entre hommes et femmes. Les hébergements en hôtels ou en logements accueillent une plus forte proportion de femmes et de personnes, en couple ou non, accompagnées d’enfants. Les personnes seules sont plus nombreuses dans les hébergements collectifs
D'autre part un indicateur INSEE existe ,c est le taux de pauvreté selon le type de ménage : famille monoparentale, couple sans enfant, couple avec enfants, ménage complexe, femme seule, homme seul ;a partir duquel on peut extraire d’autres chiffres. Mais mettre en avant une inégalité H/F est toujours sujet à controverse : Le taux de pauvreté féminin était de 8,1 % en 2010, tous âges confondus, contre 7,4 % pour les hommes. Les femmes représentent 53,8 % de la population pauvre Cependant, la pauvreté ne touche pas les hommes et les femmes de la même façon. L’écart est particulièrement marqué chez les plus âgés : après 75 ans, il y a près de trois fois plus de femmes pauvres que d’hommes, pour deux raisons principales. Les hommes, et encore davantage les plus démunis, ont une espérance de vie inférieure à celle des femmes. Surtout, de nombreuses femmes de cet âge n’ont pas occupé d’emploi et perçoivent des pensions très faibles, une mince pension de réversion ou le minimum vieillesse.
a écrit le 09/04/2014 à 11:08 :
"Presque deux tiers sont des hommes" : curieux que personne ne crie à la discrimination ? A un tel niveau ne faut-il pas analyser les causes d'une telle disparité avec les femmes au détriment des hommes ?
Réponse de le 10/04/2014 à 6:05 :
Et tous les bobos socialistes ne s'offusque pas de cette iniquité. A quand la parité quant au SDF ?.
a écrit le 09/04/2014 à 10:04 :
Nous ne pourrons pas rester compétitif avec un taux de de chômage de 75% des SDF.
a écrit le 08/04/2014 à 21:31 :
Aucune cartographie des SDF en France... il y a fort à parier qu'ils sont nombreux à vivre dans la bulle parisienne!
a écrit le 08/04/2014 à 19:50 :
....voilà, l'avenir des Français! perspective très optimiste...!!

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