Valls : les allègements de cotisations doivent aller à l'emploi, pas aux dividendes

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Le Premier ministre espère que tous les députés socialistes voteront le programme de stabilité, comprenant le pacte de responsabilité
Le Premier ministre espère que tous les députés socialistes voteront le programme de stabilité, comprenant le pacte de responsabilité (Crédits : reuters.com)
Devant un parterre de préfets et de fonctionnaires territoriaux, Manuel Valls a défendu la logique du pacte de responsabilité: les allègements consentis aux entreprises doivent servir à l'emploi et à la compétitivité.

Tout le monde sur le pont pour faire vivre le pacte de responsabilité. C'est, en substance, le message délivré par le Premier ministre ce 28 avril devant un parterre de ministres, de préfets et de fonctionnaires territoriaux réunis à Paris.

Mais pour Manuel Valls, la première des priorités du pacte de responsabilité - qui prévoit de nouveaux allègements de cotisations sociales et une baisse de la fiscalité des entreprises-  doit être l'emploi.  Il l'a martelé de façon explicite:

"Je vais être très clair: les marges dégagées par les entreprises doivent servir à l'investissement et à l'emploi, elles n'ont évidemment pas vocation à être consacrées aux dividendes versées aux actionnaires ou à la rémunération des dirigeants... Ces marges sont le carburant de la reprise économique nationale."

Les préfets doivent être vigilants sur les engagements pour l'emploi

Et d'ajouter que les représentants de l'Etat dans les territoires devront être vigilants sur ce point même s'il ne s'agit pas "d'introduire une  conditionnalité administrative aux baisses de cotisations et d'impôts, mais de s'assurer que les engagements sont connus, compris et tenus. Les entreprises doivent savoir que cette question leur sera posée",

Très concrètement, le Premier ministre a prié les représentants de l'Etat de réunir localement "les forces vives économiques - entreprises, unions syndicales locales, chambres consulaires, experts-comptables -, notamment pour traduire les engagements en embauche" et "expliquer le pacte".

Attention aux relations interentreprises !

Manuel Valls a aussi insisté sur un point très important, notamment pour les PME sous-traitantes. Il demande aux préfets: 

"d'être vigilants quant aux relations interentreprises. Les donneurs d'ordre doivent agir dans le respect de leurs sous-traitants. Il n'est pas acceptable qu'un grand donneur d'ordre capte par sa pratique commerciale l'intégralité des baisses de coût des fournisseurs, qui doivent eux aussi conserver les moyens d'investir et de se moderniser. Je vous demande d'être attentif sur d'éventuelles pratiques déraisonnables dans vos territoires".


De fait, depuis la création du Crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE), il est en effet apparu que certains donneurs d'ordre demandaient des "ristournes" abusives à leurs sous-traitants tenant compte de de la baisse des coûts de production provoquée par le CICE.

Faciliter l'accès des entreprises aux crédits, notamment de la BPI

Last but not least, Manuel Valls a incité les acteurs locaux de l'Etat a être très attentifs dans "l'accompagnement des entreprises pour les aider à financer leurs investissements". Il a prié les banques "de faire les efforts nécessaires pour apporter aux TPE et PME une réponse adéquate à leurs besoins de crédits".

S'agissant plus particulièrement du rôle de la Banque publique d'investissement (BPI), il a souhaité que l'accès aux financements qu'elle propose ne "relève plus du parcours du combattant". Et de rappeler que BPI-france a un budget 2014 "extrêmement ambitieux. Il s'agit d'augmenter de 50 % les prêts de trésorerie, de 40 % les prêts de développement, et de 25% les tickets sur l'investissement en fonds propres."

Un message aux parlementaires socialistes

Bien entendu, ce discours de Manuel Valls avait aussi pour mission de rassurer les parlementaires socialistes tentés de ne pas voter demain mardi 29 avril le programme de stabilité des finances publiques (qui comprendra le pacte de responsabilité et les 50 milliards d'euros d'économies) qui sera ensuite envoyé à Bruxelles. Le Premier ministre veut rassurer "sa gauche" en montrant que l'emploi reste sa priorité et que les allègements de cotisations consentis doivent permettre de " redonner de la force économique (...) pas pour faire je ne sais quel cadeau aux employeurs, nous avons besoin que nos entreprises retrouvent des marges et de la croissance d'activité, gagnent à nouveau des parts de marché".

Le président du Medef, Pierre Gattaz, a certainement apprécié.

 

 

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Commentaires
a écrit le 30/04/2014 à 14:56 :
il y a un nombre important d'entreprises qui ne versent plus de dividendes on l'oublie aussi ...
a écrit le 29/04/2014 à 17:15 :
Pourquoi raconte t'il ça aux préfets et fonctionnaires territoriaux et pas devant les patrons?
a écrit le 29/04/2014 à 16:56 :
Des mots rien que des mots. Les entreprises ne feront que celle qu'elles voudront de ces cadeaux. L'état n'a aucun moyen, d'imposer quoique ce soit.
a écrit le 29/04/2014 à 13:13 :
Une bonne foi pour toute :
une entreprise qui distribue des dividendes rémunèrent ses actionnaires qui y ont placé leur épargne, ce en quoi il n'y a rien de choquant et ce quelque soit leur montant.
Pour autant l'état n'a pas à financer directement ou indirectement ces distributions de dividendes
Dès lors qu'une entreprise distribue des dividendes elle devrait donc rembourser à hauteur du même montant distribué et dans la limite des avantages sociaux et fiscaux obtenus, en d'autres termes, l'état et les organismes sociaux devraient être en droit de reprendre des aides données, dans une certaine limite, pour développer l'emploi et l'entreprise.
a écrit le 29/04/2014 à 11:58 :
le pacte va bientot etre vidé de son contenu ex il faut des economies mais hier il promets 470 euros a certains fonctionnaire ou son les economies ? haujourd'hui il critique les dividendes
a écrit le 29/04/2014 à 11:55 :
il oublie que les capitaux viennent de l'etranger et sans dividende pas d'emploi ou ils vont ailleurs
a écrit le 29/04/2014 à 11:04 :
nia nia ,, pendant des années la droite et gauche ont fait des cadeaux aux grandes entreprises a coup de milliards ils ont laisser partir toute notre grosse industrie et la il jette les bras en l air pourquoi mittal a acheter la sidérurgie française a votre avis par ce qu elles sont performante a tout les niveaux
a écrit le 29/04/2014 à 7:42 :
Et le communisme stalinien, c'est pour quand. Avec les seuls avantages pour la nomenclatura
Réponse de le 29/04/2014 à 11:16 :
@Manuelovitch
Peut-être pas stalinien, mais l'idée marxiste de base fait son chemin. Vous êtes tranquille encore pour quelques temps... pour quelques temps seulement.
a écrit le 28/04/2014 à 22:27 :
Et qui fournit des capitaux aux entreprises si ce n'est les actionnaires? Le gouvernement, lui, assèche l'argent des entreprises par des taxes et impôts !
Réponse de le 29/04/2014 à 6:40 :
le coût du capital devrait-il être si élevé. En plus, les actionnaires n'apportent de l'argent aux entreprises que sur le marché primaire. Le secondaire c'est juste des gens qui s'échangent des parts de propriété des entreprises. Ils n'apportent rien à ladite entreprise sauf un prix pour une hypothétique emission.
a écrit le 28/04/2014 à 22:23 :
Si on veut que les baisses d'impôt n'aillent pas aux dividendes, il suffit de faire un taux différent entre IS sur bénéfices distribués et bénéfices réinvestis !!
a écrit le 28/04/2014 à 19:43 :
Je crains que M VALLS ne soit un dogmatique mantiné à la même école que les autres socialistes qui n'ont jamais été 1 jour dans une entreprise :
1/ L'état français ne demande-t-il pas aux entreprises ou il est actionnaire de lui verser des dividendes. Demandez à la SNCF, à EDF et aux autres
2/ dans un monde libaral ou vont chercher les capitaux nécessaires les grands groupes mondiaux....si ce n'est les actionnaires, qui sont les vrais moteurs de l'économie mondiale. Ne leur versez plus de dividendes et ils iront placer leurs fonds sur d'autres pays.....
Nous sommes gouvernés par une bande de nuls, incompétents notoires, qui trompent les français depuis deux ans et ceux-ci, en dehors des urnes ne réagissent pas.......nous courons à notre perte et nos enfants et petits enfants vont en payer le prix fort.....
Français levez-vous et réagissez.....
Réponse de le 29/04/2014 à 11:19 :
@Titou2014
"Français levez-vous et réagissez..... " Là, vous prenez un gros risque....
a écrit le 28/04/2014 à 19:05 :
J'ai beaucoup de pognon. Même en travaillant comme une bête, jamais je ne gagnerai autant qu'en rentrant au capital d'entreprises rentables et en touchant les dividendes. C'est plus facile de payer des impôts âpres défiscalisation que de bosser.
a écrit le 28/04/2014 à 18:37 :
Plus de dividendes... ça va attirer les investisseurs!! Et ça va améliorer la valorisation boursière des boites françaises... Pourtant l'Etat c'est bien l'actionnaire type qui réclame des dividendes même à des boites qui ne peuvent pas en fournir. Valls aussi doué pour faire fuir le capital que Hollande et son ennemie "la finance" nous voilà sauvé!!
a écrit le 28/04/2014 à 17:44 :
Sans contrôles strictes, les allègements iront comme d'hab dans les poches du patronat !
a écrit le 28/04/2014 à 17:39 :
François Hollande, 60 ans, dans la vie active depuis l’âge de 26 ans.
Nombre d’années passées en entreprise : 0.
▪ Manuel Valls, 52 ans, dans la vie active depuis l’âge de 21 ans.
Nombre d’années passées en entreprise : 0.
▪ Laurent Fabius, 58 ans, dans la vie active depuis l’âge de 28
ans. Nombre d’années passées en entreprise : 0.
▪ Ségolène Royal, 61 ans, dans la vie active depuis l’âge de 27
ans. Nombre d’années passées en entreprise : 0.
▪ Benoit Hamon, 47 ans, dans la vie active depuis l’âge de 24 ans.
Nombre d’années passées en entreprise : 0.
▪ Christiane Taubira, 62 ans, dans la vie active depuis l’âge de 26
ans. Nombre d’années passées en entreprise : 0.
▪ Michel Sapin, 61 ans, dans la vie active depuis l’âge de 28 ans.
Nombre d’années passées en entreprise : 0.
▪ Arnaud Montebourg, 51 ans, dans la vie active depuis l’âge de 28
ans. Nombre d’années passées en entreprise : 0.
▪ Marisol Touraine, 55 ans, dans la vie active depuis l’âge de 25
ans. Nombre d’années passées en entreprise : 0.
▪ François Rebsamen, 62 ans, dans la vie active depuis l’âge de 25
ans. Nombre d’années passées en entreprise : 0.
▪ Jean-Yves Le Drian, 66 ans, dans la vie active depuis l’âge de 24
ans. Nombre d’années passées en entreprise : 0.
▪ Najat Vallaud-Belkacem, 36 ans, dans la vie active depuis l’âge
de 23 ans. Nombre d’années passées en entreprise : 0.
▪ Marylise Lebranchu, 66 ans, dans la vie active depuis l’âge de 26
ans. Nombre d’années passées en entreprise : 0.
▪ Aurélie Filippetti, 40 ans, dans la vie active depuis l’âge de 24
ans. Nombre d’années passées en entreprise : 0.
▪ Stéphane Le Foll, 54 ans, dans la vie active depuis l’âge de 23
ans. Nombre d’années passées en entreprise : 0.
▪ Sylvia Pinel, 36 ans, dans la vie active depuis l’âge de 25 ans.
Nombre d’années passées en entreprise : 0.
▪ George Pau-Langevin, 65 ans, dans la vie active depuis l’âge de
23 ans. Nombre d’années passées en entreprise : 0.
Réponse de le 28/04/2014 à 18:04 :
Et pourtant ils dirigent la France car la France n'est pas une entreprise.
Réponse de le 28/04/2014 à 18:32 :
Que des winner !!!
Si encore ils avaient brillé dans une autre vie (docteur, chercheur ...), mais là rien !!!
Que du dogmatisme de réseau et de la petite politique. A l'ump c'est pas mieux, on en sort avec le résultat que l'on connait. En tout cas, l'umps c'est fini ! "Tout sauf eux !!!" doit être le mot d'ordre.
Réponse de le 28/04/2014 à 18:32 :
Heureusement que ce n'est pas une entreprise car elle aurait fait faillite (dans le rouge depuis 60 ans). La France peut toujours lessiver ses contribuables pour se maintenir à flot. Mais on sent bien que ça commence à râler.
Réponse de le 29/04/2014 à 5:11 :
La France n' est pas une entreprise, mais nos dirigeants devraient connaître le monde de l'entreprise avant de verser dans le dogmatisme. Peut être qu'au lieu d'être démagogues ils deviendraient pragmatiques et un peu plus libéraux...
Pour 61 ans, Sego reste très en beauté, surtout si elle se tait.
Réponse de le 30/04/2014 à 12:41 :
« La France n’est pas une entreprise » alors pourquoi un ministre (avocat de formation) intervient-il avec un positionnement marqué dans les négociations entre Numéricable – SFR – Bouygues Télécom ? Pourquoi ce même ministre, ce qui étonne beaucoup à l’étranger, revient-il dans les négociations de la cession d’Alsthom ?

Aucune expérience entrepreneuriale: il pourrait bénéficier de l’apprentissage pour les seniors en entreprise promise par Hollande.
a écrit le 28/04/2014 à 17:33 :
C'est tellement bête comme phrase... on voit bien qu' il n'a jamais été petit entrepreneur.... les dividendes perçus sont souvent la seule base financière des investisseurs...
Réponse de le 28/04/2014 à 17:47 :
En l'occurrence, avec ces baisses de charges, l'investisseur, c'est l'Etat, donc le contribuable!!
Et le dividende espéré, la contrepartie,, c'est la création d'emplois!!

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